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Interview   

Masterplan maintient le rêve vivant


Vivre de sa musique et de sa passion reste, indéniablement, un art délicat. Et si Masterplan reste aujourd’hui actif, c’est sans doute parce que Roland Grapow, guitariste fondateur de la formation allemande, ne manque pas de passion. Un passionné vivant pour la musique serait d’ailleurs ici une définition plus complète. Et c’est bien le minimum dont a besoin ce groupe qui a souffert de nombreuses mutations de line-up, voyant même partir le charismatique Jorn Lande une nouvelle fois, en 2012, après la sortie de Time To Be King (2010).

Masterplan est propice à une instabilité malheureuse. La faute à une notoriété qui, selon les dires de Grapow, lui était promise à la suite des albums Masterplan et Aeronautics mais qui toutefois lui échappe aujourd’hui encore.

Mais la formation a un nouveau line-up, véritable vent de fraîcheur sur ce Novum Initium sorti en juin dernier. Ce nouveau départ ne vise pas à démonter l’édifice construit par Masterplan. Il souhaite conserver le style, l’attitude et, bien entendu les éléments typiques de Masterplan. Grapow, confiant, nous exprime qu’il voit en cette nouvelle formation un line-up stable susceptible d’écrire de nombreux albums.

Le guitariste revient sur tout ceci et nous explique également sa vision de Jorn Lande, précisant que d’autres horizons auraient pu être atteints avec celui-ci mais qu’il a, finalement, fait plus de mal au groupe que de bien.

« Si nous avions eu plus de succès et gagné beaucoup plus d’argent, beaucoup d’anciens membres seraient toujours présents ! (rires) »

Radio Metal : Peux-tu nous dire comment Rick (NDLR : Rick Altzi, le nouveau chanteur) a rejoint le groupe ?

Roland Grapow (guitariste) : Rick est un vieil ami. Ce n’est pas un ami proche, mais je le connais depuis sept ans. Il a vu Masterplan live plusieurs fois et j’ai toujours été en contact avec lui par e-mail, MySpace ou Facebook, et donc quand nous avons dû chercher un nouveau chanteur, parce que Jorn Lande ne voulait plus rester avec nous, je lui ai envoyé un e-mail et il a été très intéressé. Rick est un gros fan de Masterplan : c’était important pour nous de voir que quelqu’un soutenait le groupe comme cela.

Votre batteur, Martin Marthus Sharoupka, joue dans Cradle Of Filth : est-ce que son background, à savoir le metal extrême, a eu une influence sur le nouvel album ?

Oui, vraiment. Martin est un gros fan de metal mélodique aussi, il aime des groupes comme Helloween, Stratovarius, Gamma Ray et Masterplan. Les gens le connaissent car il est dans Cradle Of Filth, bien sûr, et donc ils s’attendent à une sorte de gars très « dark metal », mais ce n’est pas le cas. Son background a eu un léger impact comme son style de batterie. Ce style « Cradle Of Filth » et le fait qu’il puisse faire des trucs comme des blast beats, que nous n’utilisons pas d’ailleurs et dont nous n’avons pas besoin, lui donne plus de puissance qu’un batteur moyen. Cela amène quelque chose de frais.

Treize chansons figurent sur le nouvel album, mais il semble qu’il y en avait vingt au départ. Que peux-tu nous dire des chansons qui n’ont pas été retenues : allez-vous les sortir un jour ?

Elles n’étaient pas réellement finies. Nous avions vingt idées, mais en fait seules quatorze chansons étaient terminées. Nous ne nous sommes même pas penchés sur certaines d’entre elles, nous en avons laissé une de côté et une autre n’était pas finie.

Les terminerez-vous un jour ?

Oui. Je pense qu’elles ne figureront pas sur le prochain album, mais peut-être sortiront-elles comme bonus tracks pour la prochaine fois. Une d’entre elles est vraiment chouette : c’est une sorte de, comment dire, ce n’est pas vraiment une ballade, mais une power-ballad avec orchestre. Cela m’a rappelé Metallica. Ce n’est pas du 100% Masterplan mais je l’aime tellement que je pense vraiment qu’elle sortira en bonus track.

L’album s’appelle Novum Initium, ce qui veut dire « nouveau départ ». Est-ce une métaphore ? Considères-tu cet album comme un nouveau départ ?

Oui. Avec Mike DiMeo (NDLR : un des anciens chanteurs du groupe) sur MKII, c’était un nouveau commencement, mais là, maintenant, c’est tout frais : nous souhaitons conserver notre style, notre attitude et, bien entendu les éléments typiques de Masterplan. Nous ne voulons pas être totalement différents. Le line-up a tant changé, alors on le prend comme un tout nouveau départ. L’idée pour le titre est venue de Rick, Jari (NDLR : Jari Kainulainen, le bassiste de Masterplan) et de Martin pour être honnête. Je leur ai demandé de choisir le nom de l’album. Je pense que nous avons un line-up qui devrait être stable pour beaucoup d’années et nous devrions faire beaucoup d’albums ensemble.

« Je pense qu’Axel [Mackenrott, claviériste du groupe] est un des patrons. […] Il reste dans les coulisses et donc les gens croient que c’est un simple claviériste, mais c’est mon plus fidèle partenaire dans le groupe jusqu’à présent. »

Masterplan a connu beaucoup de changements de line-up : comment l’expliques-tu ?

Il y a deux ou trois raisons : une des principales, c’est que si nous avions eu plus de succès et gagné beaucoup plus d’argent, beaucoup d’anciens membres seraient toujours présents ! (rires) C’est la raison la plus évidente. Jorn Lande était toujours plus intéressé par son travail en solo, donc lorsque Masterplan ne gagnait pas beaucoup, pourquoi rester avec nous ? A la base, l’argent a compté : Uli (NDLR : Uli Kusch le premier batteur du groupe) a quitté le groupe car il n’avait pas de rentrée régulière d’argent et ne pouvait pas s’occuper de sa famille. Il a maintenant un job à plein temps en Norvège et ne fait plus de musique. Jan (NDLR : Jan S. Eckert, le premier bassiste du groupe) est parti pour les mêmes raisons. Il a un super job maintenant et gagne plus d’argent que tout le monde dans le groupe : il travaille pour LED, une compagnie qui fabrique des écrans pour les gros évènements. Il conduit un gros camion à travers toute l’Europe et voyage dans le monde entier pour son travail. Il m’avait demandé de trouver un autre bassiste, car il ne pouvait être à 100% avec nous. L’argent est la raison principale de toute ceci.

Beaucoup de groupes auraient tout laissé tomber : pourquoi as-tu continué et comment as-tu fait pour avoir toujours confiance en ton projet ?

Tu as besoin de musiciens qui sont des passionnés et qui vivent pour la musique. Par exemple, Jari est un bassiste et n’a rien d’autre : il vit pour la musique. C’est un mec du style : « Hey, partons et allons jouer en concert, car j’ai besoin d’argent ». Rick, au contraire, a un très bon job et il fait de la musique pendant son temps libre, donc il est très relax par rapport à l’argent : il n’a pas de problème pour en gagner car il a un revenu stable et régulier. Je pense que c’est la meilleur situation qui soit : tu sais, j’ai aussi mon studio et je peux en vivre. Cela me donne un peu de liberté. Avec tout cela, nous pouvons nous concentrer sur Masterplan et faire de très bons albums.

Le premier single s’intitule “Keep The Dream Alive”. Est-ce aussi une métaphore concernant tous ces changements de line-up ?

Non, ce n’en est pas une. Nous aimons mettre certains messages politiques dans nos chansons à l’intention de nos fans. Ensuite, c’est à eux de construire leur propre vision de la chose. Cette chanson parle de ton job, de ta famille, de ta relation : cela peut être tout. Tout le monde a des rêves. Certains ne deviendront jamais réalité, mais tu dois croire en eux. Mon rêve, c’est de faire de la musique : cela n’a aucun rapport avec ces changements de line-up. Je suis juste content de ce que je fais.

Qui sont, pour toi, les membres clés de Masterplan ?

Je pense qu’Axel (NDLR : Axel Mackenrott, le claviériste du groupe) est un des patrons. Il est dans le groupe depuis Aeronautics et il est devenu encore meilleur depuis. Quand Uli est parti, il a pris sa place en ce qui concerne le processus de composition. Il écrit 50% des chansons et nous sommes responsables de tous les arrangements. J’ai besoin d’avoir une bonne équipe avec moi mais, vraiment, Axel est la personne dont je me sens le plus proche et il est un de mes meilleurs amis, sinon mon meilleur ami. Il est incroyable. Il reste dans les coulisses et donc les gens croient que c’est un simple claviériste, mais c’est mon plus fidèle partenaire dans le groupe jusqu’à présent.

A propos de Jorn Lande : « Il n’a jamais vraiment été un membre du groupe. […] S’il avait donné à Masterplan ce qu’il donne à son travail en solo, je pense que Masterplan aurait été un des groupes avec le plus de succès au niveau mondial. »

La semaine dernière, nous avons interviewé Jorn Lande. Il nous a déclaré qu’il avait quitté Masterplan car il pensait que le groupe méritait plus de soutien et de promo de la maison de disques. Il était un peu amer en raison de ce qui s’est passé à l’époque de Time To Be King. Qu’en penses-tu ?

C’est intéressant, car il ne m’a jamais rien dit et je ne lui ai pas parlé en l’espace de trois ans. Il était très énervé après la sortie de l’album et quand le premier clip est sorti, c’était un peu tard, je crois un mois après la sortie, et donc le timing n’était pas parfait. Il s’attendait à un gros succès à cause de son retour au sein du groupe et comme cela ne s’est pas produit, il s’est immédiatement désintéressé du groupe. Je pense que ce n’est pas la bonne attitude, tu sais : c’est la manière la plus anti-professionnelle de se comporter au sein d’un groupe. Il n’a jamais vraiment été un membre du groupe, peut-être croyait-il que Masterplan l’aiderait à être plus célèbre, je ne sais pas. Je suis très frustré par rapport à tout cela. Masterplan aurait pu atteindre d’autres horizons avec Jorn. S’il avait donné à Masterplan ce qu’il donne à son travail en solo, je pense que Masterplan aurait été un des groupes avec le plus de succès au niveau mondial. On a eu un super départ avec les deux premiers albums. Je tiens cependant à être clair : on ne s’est pas parlé pendant trois ans, mais Jorn et moi sommes toujours de bons amis. Je l’ai rencontré il y a trois semaines lors d’un festival en Belgique et nous avons parlé et bu des bières ensemble. Il n’y a aucun problème entre nous.

Jorn Lande a aussi déclaré : « On se retrouvera, dans le futur ». La question est : oui ou non ?

Je ne sais pas, car je pense que cela serait un manque de respect par rapport au fait d’avoir un nouveau line-up. Pour moi, Rick est le nouveau chanteur. Bien entendu, Jorn, c’est le big guy depuis le début : c’est quelqu’un de très gentil et tout le monde sait que c’est un chanteur incroyable, mais en tant que membre d’un groupe, il est chaotique ! (rires) Je crois qu’il a plus fait de mal à Masterplan qu’avoir apporté quelque chose de positif à celui-ci. Nous avons aujourd’hui un nouveau line-up : c’est trop tard.

Interview réalisée par téléphone le 29 mai 2013
Retranscription et traduction : Jean Martinez – Traduction(s) Net
Introduction : Alastor

Site internet officiel de Masterplan : www.masterplan-theband.com

Album Novum Initium, sorti le 14 juin 2013 chez AFM Records.



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