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Interview   

Me And That Man : le gang de Nergal


En 2017, Adam Darski alias Nergal, surprenait tout le monde en sortant Songs Of Love And Death, premier album de son projet folk/blues/country à des années-lumière du black-death metal qui a fait sa réputation avec Behemoth. Un an plus tard, patatras ! Le duo qu’il formait avec son complice John Porter volait en éclats, celui-ci quittant le projet, les deux hommes ne pouvant plus se supporter. Qu’allait bien pouvoir devenir ce groupe fondé sur l’idée de binôme, sans son « me » ou sont « that man » ?

C’est finalement avec une refonte complète de Me And That Man que Nergal revient aujourd’hui et un nouvel album, New Man, New Songs, Same Shit, Vol. 1, qui démontre que l’homme est loin d’être à court d’idées puisque, comme le nom de l’opus l’indique, un second volume est déjà en préparation en parallèle d’un nouvel album de Behemoth. Cette fois-ci, l’idée de la collaboration a été largement étendue. Plus qu’un groupe, Me And That Man devient un projet collectif, chapeauté par Nergal, entre de multiples personnalités de la scène metal.

Nous nous sommes entretenus avec le principal intéressé pour qu’il nous explique tout ça.

« Imagine si nous avions fait cet album, disons, en 95 : je n’aurais pas pu trouver l’argent ou les fonds pour inviter tout le monde au studio ou pour voyager à travers le globe pour faire tous les morceaux. Ça aurait nécessité un budget dix fois plus important que celui que nous avons utilisé pour cet album et dix ans de plus. »

Radio Metal : La dernière fois qu’on t’a parlé, au sujet de la séparation avec John Porter, tu as fait remarquer qu’il avait presque soixante-dix ans, soit quasiment le même âge que ton père, or tu ne t’imaginais pas avoir un groupe avec ton père. Du coup, c’était l’écart générationnel qui faisait que ça ne pouvait pas fonctionner entre vous deux ?

Nergal : (chant & guitare) : Je ne veux pas trop laver mon linge sale en public, mais sur le plan personnel, c’était impossible de continuer. Artistiquement, nous avions un bon feeling et c’était inspirant. On peut en entendre le fruit sur le premier album qui était solide et honnête. C’était très cool, mais peu de temps après, j’ai appris que je ne pouvais pas travailler avec ce gars dans le projet. Il n’y avait aucun moyen que je puisse continuer comme ça. Il me mettait à cran et causait trop de stress. J’allais d’ailleurs me séparer de lui, mais il m’a devancé et s’est lui-même viré du groupe. Ça a été un soulagement.

Le premier album était un album très intime entre deux hommes, alors que le nouveau est un véritable effort collectif avec de nombreux invités. Comment le concept de Me And That Man a-t-il évolué ou changé dans ton esprit après le départ de John Porter ?

Tout d’abord, j’avais besoin d’être sûr que je n’allais pas répéter la même formule. Pour moi, c’était hors de question. Ça ne m’intéressait pas trop de simplement prendre un autre gars pour remplacer John. J’avais besoin de tout un gang pour le remplacer. Du coup, les gens ne peuvent pas vraiment comparer les deux albums, car ils sont très différents. Les énergies sont très différentes. Enfin, nous faisons à peu près le même style de musique, mais je voulais m’assurer que ça ait l’air d’un nouveau groupe.

Je suis un grand fan des Desert Sessions de Josh Homme, mais aussi de Probot de Dave Grohl et l’album solo qu’a fait Tony Iommi avec un tas d’icônes du rock. J’ai donc eu l’idée de faire quelque chose dans cette veine et j’ai demandé à mes amis et à d’incroyables artistes multi-talentueux de m’accompagner. Je suis super fier et je me sens très privilégié d’avoir de si bons amis sur cet album. Ça compte beaucoup pour moi. Mais du coup, c’est moins intime maintenant. C’est plus extraverti, car je suis un extraverti. John est très tourné sur lui-même et ce qu’il fait, ce sont des chansons très épurées, très blues et country. Alors que cette fois, je pense avoir été plus loin. L’album possède un éventail de saveurs et de paysages musicaux bien plus large. Quelqu’un m’a dit que c’était plus cinématographique et je suis bien obligé d’être d’accord. Cet album contient des passages qui auraient facilement pu apparaître sur des BO de film. J’en suis très content.

Etait-ce plus un travail de groupe avec tes musiciens ?

Oui, mais c’était même plus que ça ! Il y avait même des gars extérieurs au groupe qui ont apporté des chansons. Par exemple, Mat McNerney de Grave Pleasures a écrit « Burning Churches » du début à la fin, alors qu’il ne fait même pas partie du groupe ! Mat était l’un des premiers gars à qui j’ai pensé pour cet album, car nous sommes amis depuis avant même que le premier album ne soit sorti ; je lui ai même joué des chansons à l’époque et je lui demandais son avis sur des trucs. Je l’ai donc contacté pour le nouvel album, et il m’a dit : « Pas de souci, envoie-moi la chanson. » Mais avant même que je ne songe à une chanson pour lui, il m’a envoyé une démo en disant : « Mec, j’ai pensé à Me And That Man, à ton personnage, à ton attitude, et j’ai fait cette chanson. Prends-la si tu veux ! » Je l’ai entendue et j’étais impressionné ! J’ai donc évidemment décidé de la prendre parce qu’elle est géniale ! Mais oui, même notre batteur Lukasz [Kumański] a écrit « Metswo », la chanson chantée en polonais. Le guitariste Sascha [Boole] a écrit deux chansons. Une chanson a été écrite par Matteo [Bassoli], le bassiste, mais il n’avait pas fini quand l’album était prêt, donc ça sera sans doute sur le prochain album. Comme tu vois, ça a effectivement été un vrai travail collectif.

Les chanteurs présents sur cet album viennent de partout dans le monde et ont des styles différents. Comment as-tu travaillé avec eux ? Comment le processus collaboratif a-t-il fonctionné ?

C’était très facile ! De nos jours, on peut envoyer des fichiers aux gens, ils utilisent leur home studio et ils te renvoient ça. C’est vraiment hyper-facile, je dois dire ! C’est cool, fluide et pratique. Et ce n’est pas cher, ce qui est très important. Imagine si nous avions fait cet album, disons, en 95 : je n’aurais pas pu trouver l’argent ou les fonds pour inviter tout le monde au studio ou pour voyager à travers le globe pour faire tous les morceaux. Ça aurait nécessité un budget dix fois plus important que celui que nous avons utilisé pour cet album et dix ans de plus. Il est clair qu’il y a des avantages à la digitalisation du monde, ceci en est un, le fait que l’on puisse faire ce genre de chose en un clin d’œil.

« Nous sommes tous des gens et des artistes très émotionnels. Or nous nous imposons beaucoup de limites quand nous jouons avec nos groupes principaux. Enfin, avec Behemoth, je suis également très émotionnel, on peut l’entendre dans la musique, mais Me And That Man, par la nature de la musique, est très épuré, donc tout est mis à nu. »

Ensuite, j’étais très ouvert par rapport aux collaborations. Si les gens voulaient changer quelque chose, j’y étais ouvert. Il s’agissait donc d’être totalement flexible. Par exemple, j’envoyais des démos avec du chant complet, or Niklas [Kvarforth] de Shining n’a gardé que deux mots de ce que je lui ai envoyé [rires]. Il a donc tout réécrit et ça ne m’a pas posé de problème parce qu’il a gardé l’esprit. Je trouve qu’il a même fait du meilleur boulot que moi ! Corey Taylor, à l’inverse, n’a strictement rien changé. Tout le monde a eu une approche différente. Certains d’entre eux ont dit : « Hey mec, est-ce qu’on peut réécrire cette partie ? » J’étais là : « D’accord, propose quelque chose. » Puis le gars chantait chez lui et réécrivait un couplet. J’avais écrit deux couplets et lui en avait réécrit un, parce qu’il trouvait que ça sonnait mieux, et ça m’allait. Il y avait un respect mutuel et une ouverture d’esprit. C’est l’un des gros avantages de cet album : il est très varié, il est multicouche et il part dans tous les sens en termes de styles de musique, et c’est cool !

Est-ce la direction musicale d’une chanson qui dictait qui contribuerait ou avais-tu déjà en tête certains contributeurs au moment de la composition ?

Ça dépend. Je ne peux pas vraiment te dire parce que chaque chanson a une histoire différente. Chaque chanson a pris un chemin différent, depuis le premier brouillon juste qu’au dernier rythme que nous avons posé sur la chanson. Avec certains gars, ce qu’on entend aujourd’hui est exactement ce que je voulais au départ, et avec d’autres, c’était de la pure expérimentation. Par exemple, avec Niklas de Shining, c’était une expérimentation. Je ne savais pas à quoi m’attendre. Il m’a complètement scotché ! Jørgen [Munkeby] de Shining, ce qu’il a fait avec son chant, j’étais là: « Bordel de merde! Ça sonne différent. » En plus, il a ajouté du saxophone sur la guitare, ce que je n’avais pas prévu. C’est pourquoi j’ai décidé de sortir cette chanson comme premier single, car pour moi, c’était vraiment bluffant, rafraîchissant et différent.

Certains des chanteurs les plus expressifs et touchants sur l’album sont en fait ceux venant d’une musique extrême : Ihsahn, Niklas Kvarforth et même Corey Taylor dans une certaine mesure. Penses-tu que ça dit quelque chose sur le metal extrême ?

Oui, peut-être. Je pense que nous sommes tous des gens et des artistes très émotionnels. Or nous nous imposons beaucoup de limites quand nous jouons avec nos groupes principaux. Enfin, avec Behemoth, je suis également très émotionnel, on peut l’entendre dans la musique, mais Me And That Man, par la nature de la musique, est très épuré, donc tout est mis à nu. Avec Behemoth, il y a plein de métaphores, de voix, d’orchestrations, etc. Il faut creuser très profondément pour atteindre le cœur de l’émotion de la musique. C’est lié à la nature des styles. Ceci étant dit, cet album est assez inédit. Je n’ai pas en tête d’autres albums où des gars du metal extrême se réunissent pour faire un album qui n’est pas metal. J’ai réussi à pas mal pousser certains de ces gars. Je veux dire qu’Ihsahn ne savait pas trop ce qu’il pouvait apporter au départ, mais au final sa prestation est vraiment légendaire ! Car les gens qui écoutent sont là : « Bordel ! Je ne savais pas que ce mec pouvait chanter avant autant d’émotion ! » Enfin, c’est une légende du black metal qui chante du blues, et on dirait qu’il a fait ça toute sa vie ! C’est extraordinaire. Et même les gars eux-mêmes, comme Ihashn justement, sont là : « Ouah ! Je suis étonné d’avoir réussi à faire ça » [rires]. Je trouve que Corey Taylor aussi a chanté un peu différemment, mais sa chanson reste dans la veine de ce qu’on pourrait attendre de lui. Comme je l’ai dit, c’est très varié. On trouve tout ce qu’on veut dans cet album.

Toutes les chansons sont loin du metal extrême que tu joues avec Behemoth, sauf pour une chanson : « Confession » avec Niklas Kvarforth. C’est un drôle d’hybride entre le folk/blues et le black metal !

[Rires] A l’origine, la chanson se terminait là où la partie de blast commence. Quand nous étions en studio, tout d’un coup, j’ai eu cette idée de faire quelque chose d’absolument surprenant et fou à la toute fin de la chanson, et j’ai suggéré de faire ça. Nous avons commencé la partie de blast, et ce faisant, ça a déterminé le fait que la chanson clôturerait l’album, parce que ça avait du sens. Ça laisse l’auditeur déboussolé une fois l’album fini, et il se dit : « Putain, mais c’était quoi ça ?! » Et ensuite il relance l’album. Ça prouve aussi que Me And That Man est peut-être un groupe qui n’a aucune limite [rires].

Peut-être que cette partie pourrait faire le lien avec le prochain album de Behemoth…

Peut-être ! On ne sait jamais. Il y a des choses que je prévois à l’avance et pour lesquelles je sais quoi faire, et il y en a d’autres pour lesquelles je laisse de la place pour la spontanéité, donc je suis là : « D’accord, je n’ai aucune idée comment terminer ça ou quoi mettre après, donc laissons l’adrénaline faire quand on sera en studio. » Ensuite, je dois prendre ma décision et je veux être surpris par ma décision. Je trouve ça cool ! Enfin, c’est de plus en plus dur de me surprendre moi-même, évidemment [petits rires].

« Je pense qu’on peut entendre que je suis un gars qui apprend. Peut-être que je ne suis pas le plus rapide pour apprendre, mais peut-être que je ne suis pas non plus le plus lent. J’apprends [petits rires]. »

On peut entendre du banjo et de l’harmonica sur « Deep Down South », un solo de guitare blues très expressif sur « By The River », etc. C’est épanouissant pour toi de pouvoir utiliser des instruments ou jouer de manières différentes ce dont tu as l’habitude ou ce pour quoi tu es connu ?

C’est très libérateur ! Pour être honnêtes, nous avons déjà utilisé du banjo dans Behemoth, mais c’est très libérateur d’utiliser tous ces instruments. Je suis fan de tout ça et ça colle bien. Ceci étant dit, c’est Ihsahn qui joue le lead sur « By The River ». Là encore, il a fait du super boulot. C’est d’ailleurs une histoire marrante, parce que je me souviens, c’était censé être une bataille entre les guitares, un échange, genre A-B-A-B-A-B. Je lui ai envoyé la chanson en lui expliquant mais il ne m’a pas bien compris. Il a joué son solo sur toute la partie ! Alors je lui ai réexpliqué ce que je voulais au départ et il a dit : « Oh d’accord, je vais le refaire. » Mais j’étais là : « Pas question ! Le solo est tellement parfait ! Je ne vais pas te laisser le foutre en l’air ! » [Rires].

Est-ce que réaliser un tel album nécessite une forme d’apprentissage de ta part ?

Même si je ne chante que sur une chanson sur ce nouvel album, si tu compares mon chant sur Songs Of Love And Death et ce que j’ai fait maintenant sur cet album, je pense qu’on peut entendre que je suis un gars qui apprend. Peut-être que je ne suis pas le plus rapide pour apprendre, mais peut-être que je ne suis pas non plus le plus lent. J’apprends [petits rires].

Tu l’as mentionné plus tôt : il y a quelque chose de très cinématographique dans ces chansons, et ce n’est pas étonnant que tu aies fait autant de clips pour cet album. Te vois-tu parfois comme une sorte de réalisateur ou scénariste ?

Oui, j’adore ce boulot ! Non seulement j’ai parfois des images en tête quand j’écris les chanson – pas toujours –, mais j’aime aussi me poser derrière la caméra. Certaines histoires que vous voyez sur les vidéos sont mes histoires, mes scénarios – pas toutes, mais certaines. Comme « Run Like The Devil », c’était en majorité mon idée. « Burning Churches » était mon idée. Donc c’est cool de concevoir une histoire et ensuite, cette histoire est récupérée par un professionnel qui peut la concrétiser sous forme visuelle. C’est génial.

Tu chantes sur une seule chanson cette fois, « Mestwo » (qui renvoie au fait de devenir un homme, un adulte), sur laquelle tu chantes dans ta langue maternelle, le polonais, ce que tu as rarement fait…

J’ai déjà chanté en polonais par le passé, y compris dans Behemoth – on peut trouver quelques chansons de Behemoth en polonais. Mais même dans le premier album, Songs Of Love And Death, il y a une chanson qui s’appelle « My Church Is Black », et il y a une version polonaise qui circule sur YouTube qui s’appelle « Cyrulik Jack ». Je l’ai fait délibérément pour que la radio polonaise puisse la jouer. Donc ce n’est pas la première fois, mais je suis d’accord, je le fais rarement. Et oui, je chante sur une seule chanson cette fois, même si sur les autres chansons, pratiquement chacune d’entre elles, on retrouve des chœurs et on peut m’entendre dedans. Je suis assez satisfait de mon chant sur Songs Of Love And Death. Il n’est pas extraordinaire, mais ça va. Cette fois, j’ai juste décidé de laisser la place sur l’album à des gars qui savaient vraiment chanter [petits rires]. Mais si j’ai chanté cette chanson, c’est parce que c’est un texte qui me définit vraiment. C’est très simple, très direct, mais aussi très beau. Il me dépeint comme un être humain indépendant qui refuse de se plier à quoi que ce soit et notamment à la moindre autorité. L’attitude de cette chanson, c’est très : « Va te faire foutre ! » Dans un monde bourré de préjugés et de gens qui font semblant d’être ce qu’ils ne sont pas, ce gars dans la chanson parle sincèrement, avec ses tripes. C’est une chanson très belle et personnelle.

L’album se termine sur la chanson « Confession ». Si tu devais confesser un péché, lequel ce serait ?

Eh bien, je ne me confesserais pas, parce que ça va à l’encontre de… Enfin, qu’est-ce qu’un péché ? [Rires] La confession n’est qu’une métaphore dans cette chanson. Je détourne beaucoup de significations et de vocabulaire chrétien car je trouve ça excitant. Ce que le christianisme ou le catholicisme définit comme étant un péché est en réalité une grosse indulgence voire une incitation à le faire [rires]. Mais sur cette chanson, Niklas adresse ces paroles à sa famille et ses parents, en disant « Oh, vous avez échoué, parce que vous avez créé ce petit monstre. Vos espoirs étaient sûrement très différents du résultat que vous avez devant vous. » C’est très Niklas [rires].

« Toute l’expérience a été très instructive et éclairante, à bien des égards. J’ai appris que je pouvais peut-être réussir dans un style de musique qui n’est pas du metal. »

Puisqu’il y a tant d’artistes qui ont participé à cet album, crois-tu à l’idée d’une fraternité dans la communauté metal ?

Absolument, oui. C’est une famille ! Nous sommes un gang. Nous nous soutenons les uns les autres. Je ne parle pas forcément à tout le monde dans la scène, mais dans le cas présent, je dois dire que je suis ami avec tous les gens sur cet album, certains plus que d’autres mais nous avons au moins une histoire commune, nous avons fait des fêtes ensemble, etc.

Parmi tous les gens présents sur cet album, qui a été le plus facile à convaincre et qui a été le plus difficile ?

Ils ont tous été faciles à convaincre. Il s’agissait juste de savoir comment nous allions gérer la logistique, mais ils ont tous voulu le faire. Corey Taylor n’était pas le plus dur à convaincre, il voulait participer à l’album, mais parmi tous les gars, c’est probablement le plus gros businessman. Je veux dire qu’il a deux énormes groupes, il tourne beaucoup, il a une vie de famille… Donc c’était très difficile de trouver le bon moment, mais il l’a trouvé. J’en suis très reconnaissant.

Qui t’a le plus surpris ?

Probablement Ihsahn ! Et j’ai été surpris que Corey Taylor soit fan du groupe [petits rires], et aussi qu’il soit si humble et disposé à prendre part au petit projet blues d’un Polonais qui fait du metal extrême, étant lui-même très occupé. C’était épatant.

Qui t’a le plus impressionné ?

Ihsahn, encore, et Mat McNerney en apportant une chanson complète, un produit fini. C’était putain de brillant !

Avec qui est-ce que ça a été le plus dur de travailler ?

Ce n’était pas le plus dur, mais c’était le plus pointilleux sur les détails, ce qui nous a fait prendre plus de temps que prévu, mais Jørgen Munkeby est tellement pro ! Il ne faisait pas toute la chanson, il faisait juste un tiers et disait : « D’accord, je suis content de ça. Est-ce que ça te plaît ? » Puis il procédait par morceaux. Du coup, ça a pris plus de temps, mais il voulait s’assurer d’être vraiment parfait.

Qui t’a donné la plus grande leçon durant ce processus ?

Je pense avoir beaucoup appris de tout le monde, vraiment. Toute l’expérience a été très instructive et éclairante, à bien des égards. J’ai appris que je pouvais peut-être réussir dans un style de musique qui n’est pas du metal, que je pouvais faire de la qualité dans un style qui est assez nouveau pour moi. La Pologne n’est pas un pays avec une grosse tradition blues et americana. Ça n’existe pas ici. Il faut donc que je me tourne vers des artistes américains et anglais pour apprendre comment la musique blues-rock doit sonner. Puis j’apporte ceci, Me And That Man, et j’espère vraiment que c’est un produit légitime, authentique et plaisant.

Quel a été le plus gros défi à faire cet album ?

Probablement le fait d’assembler toutes ces chansons qui sont très variées, établir un ordre et décider quelles chansons ne seraient pas sur l’album, parce que je ne voulais pas que l’album soit trop long. Je voulais qu’il soit intéressant et qu’il ait une bonne dynamique. Faire que, même si chaque chanson a un chanteur différent, ça ait l’air d’un ensemble cohérent.

Qui aurais-tu aimé avoir comme contributeur sur une chanson mais n’as-tu pas réussi à avoir ?

Ville Valo de H.I.M.

« Nous avons été bien traités sur la tournée de Slayer et c’était un public plus proche du nôtre, mais je dois dire que le public de Slipknot était encore plus réceptif. Donc cette tournée a été un pur plaisir ! C’était l’une de mes trois tournées préférées effectuées dans ma carrière. »

Ceci est considéré comme un premier volume, ce qui implique évidemment un second volume. Est-ce que ça a d’emblée été pensé comme un projet en deux parties ?

Oui, parce que nous avons fait bien plus de musique que nécessaire ! Mais évidemment, à notre époque, sortir un double album serait absolument inutile, donc nous avons décidé de choisir les meilleurs morceaux restants pour le prochain album et en faire d’autres en plus. Il y a quelques chansons qui sont finies, d’autres qui sont en cours de travail et puis il y en a qui attendent d’être écrites. J’ai déjà quelques gars qui m’ont donné leur accord, ce qui est génial. Ça sera encore une fois un projet vraiment excitant. Je pense que ça vaut le coup d’attendre. Le premier volume aura clairement une suite à un moment donné, et le second volume serait tout aussi palpitant que le premier, si ce n’est plus !

La dernière fois qu’on t’a parlé, à propos du premier album de Me And That Man, tu nous disais que « c’était très rafraîchissant d’aller ailleurs et faire quelque chose de complètement différent. Ça [t]’a permis de revenir dans [t]a caverne black metal avec une énorme faim de nouvelle musique à composer, mais aussi l’envie d’aborder ça différemment. » Penses-tu que cet album pourrait avoir le même effet sur le prochain album de Behemoth ?

En fait, je suis en train de travailler simultanément sur le nouvel album de Behemoth et je peux dire qu’il y a peut-être des liens, mais il n’y a pas de parallèles littéraux entre les deux albums. Il y a peut-être des atmosphères ici et là… C’est un projet et une approche tellement différents que c’est dur à dire. Inconsciemment, oui, mais je ne pense pas que vous l’entendrez. J’ai déjà un titre pour ce nouvel album de Behemoth, j’ai déjà pas mal de démos de prêtes, etc. Donc je pense que vous pourrez vous attendre à le voir sortir l’an prochain ! A chaque fois que nous avons sorti de la nouvelle musique, nous nous sommes surpassés pour faire quelque chose de remarquable. Cet album ne fera évidemment pas exception. Et s’il ne correspond finalement pas à ce que nous voulons, nous ne le sortirons pas, c’est aussi simple que ça.

Vous revenez d’une grosse tournée avec Slipknot. Comment ça s’est passé pour vous ? Ce n’est pas exactement le même public que Behemoth…

C’était précisément la raison pour laquelle nous avons fait cette tournée ! Nous ne voulions pas jouer pour des gens qui nous connaissent. Nous voulions être exposés à un nouveau public, à de nouvelles personnes, qui pourraient à leur tour être converties. C’est ce que nous avons fait ! Je dois dire que j’ai été surpris, ces gens étaient très ouverts d’esprit. Je veux dire que même… Nous avons été bien traités sur la tournée de Slayer et c’était un public plus proche du nôtre, mais je dois dire que le public de Slipknot était encore plus réceptif. Donc cette tournée a été un pur plaisir ! C’était l’une de mes trois tournées préférées effectuées dans ma carrière. C’était énorme, rien que par le fait que Behemoth n’avait jamais fait de concert dans des arènes en Europe, c’étaient nos premiers. Presque tous les soirs nous jouions dans des arènes pleines, à guichet fermé. Les gars de Slipknot ont été extraordinaires, c’était de super hôtes. C’était tout simplement génial de les accompagner sur cette tournée.

Interview réalisée par téléphone le 18 mars 2020 par Nicolas Gricourt.
Retranscription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Grzegorz Golebiowski.

Site officiel de Me And That Man : www.meandthatman.com.

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