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Interview   

MEGADETH : ENTRETIEN AVEC JAMES LOMENZO


James Lomenzo a eu la chance de rencontrer le Doc’ au Hellfest…euh… pardon, on va la refaire. Le Doc’ a eu la chance de rencontrer James Lomenzo, bassiste de Megadeth depuis peu, au Hellfest. C’était l’occasion de parler de sa relation avec l’ogre Dave Mustaine, de son métier de musicien et plus généralement de sa vie avec le groupe de Thrash. Si tu es fan de basse cette interview est pour toi ! Et si ce n’est pas le cas ? Et bien elle est pour toi quand même !

Radio Metal : Lorsque Dave Mustaine t’as demandé de faire partie du groupe en 2006 quelle a été ta réaction? As-tu accepté tout de suite?

James Lomenzo : Oui bien sûr ! Après avoir joué dans BLACK LABEL SOCIETY pendant cinq ou six mois, j’étais à la recherche d’un groupe. Et comme je suis habitué à jouer avec des icônes du Metal et que j’ai un certain bagage, je cherchais donc un groupe assez important…Alors un ami à moi, qui travaillait à ce moment-là pour l’entreprise ESP Guitars, m’a appelé et m’a dit : « Je t’ai trouvé un groupe. C’est un très grand groupe de Thrash Metal ! ». Je supposais qu’il s’agissait de MEGADETH mais il ne pouvait pas me dire qui c’était ! Quoiqu’il en soit, il m’a demandé de lui donner un enregistrement de mon travail afin de le transmettre à Dave qui m’a appelé et m’a dit : « J’aime beaucoup ce que tu fais, je te trouve excellent et j’aimerais sincèrement que tu fasses partie du groupe car j’ai besoin de quelqu’un qui a de l’expérience comme toi ». Donc je l’ai rencontré avec les frères Drover (NDLR : guitariste et batteur de MEGADETH). Nous avons par la suite tenu une réunion au cours de laquelle nous avions décidé de faire un test lors du premier concert à Dubaï pour voir si cela fonctionnait. Je n’avais que deux semaines et demie pour apprendre la musique et, après cela, nous sommes montés sur scène. Après cette expérience nous avons alors jugé que c’était une bonne chose pour tout le monde !

Donc pour toi c’était vraiment une bonne nouvelle !

Aussi étrange que cela puisse paraître, je ne m’en rendais pas trop compte en fait. Il faut comprendre que pendant toutes ces années, je n’ai jamais été un vrai fan de MEGADETH comme certains peuvent l’être. Ou de n’importe quel autre groupe d’ailleurs… Alors à chaque fois je m’écriais : « Pas mal du tout cette chanson ! ». Néanmoins, j’ai eu la chance de voir MEGADETH au Japon, en 1995, quand je tournais avec SLASH’S SNAKEPIT. Je dois dire qu’ils m’avaient laissé une très bonne impression. Et maintenant, après tout ce temps, je sais ce que cela fait de faire partie de ce groupe. Tu sais, ce qui m’a frappé c’est que d’un point de vue musical il y avait chez eux une vraie diversité. Et puis ils semblaient extrêmement soudés. Ils assuraient vraiment tous ensemble sur scène…C’était l’image que j’avais retenu. Donc oui c’est vraiment un grand honneur pour moi de faire partie du groupe. D’être devenu un membre de MEGADETH.

Si tu le permet une question que doivent sûrement se poser tous ceux qui ne pratiquent pas d’instruments de musique… Tu jouais auparavant avec BLACK LABEL SOCIETY, un groupe de Heavy Metal, n’est-ce pas difficile pour toi de jouer au sein d’un groupe de Thrash comme MEGADETH ?

Non, pas de problème ! C’est une question pertinente, d’ailleurs on me pose souvent cette question, surtout de la part de ceux qui apprennent la basse. En ce qui concerne le rythme rapide et les notes, ce n’est pas bien difficile et si tu joues depuis un certain temps, tu peux ensuite jouer sur n’importe quel genre de musique. Ce qui est difficile, c’est vraiment de se souvenir de tout, surtout dans la musique de MEGADETH car il y a des changements de rythmes incessants. Ce qui a été le plus difficile pour moi, encore une fois, c’est de ne pas avoir été un fan de MEGADETH assidu, de ne pas avoir assez écouté du MEGADETH – à part quand j’étais plus jeune – de ne pas connaître assez leurs chansons. Du coup j’ai d’abord dû toutes les apprendre pour me mettre au point. Et même après tout ce temps cela me joue parfois des tours. Mais ce n’est pas si difficile à jouer. Il s’agit simplement d’être assez rapide.

Le travail principal d’un musicien étant de tout mémoriser, cela doit donc être plus difficile si tu as des problèmes de mémorisation ? (NDLR : Bien vu le Doc’ !!!)

Tout a fait. Parfois des groupes m’ont appelé pour jouer avec eux presque du jour au lendemain. Je prends encore l’exemple de SLASH’S SNAKEPIT : je n’avais qu’un délai de deux semaines pour apprendre trente chansons qu’ils jouaient pendant la tournée. Et en plus c’était une décision de dernière minute parce que Mike Inez, qui était leur bassiste à ce moment-là, venait juste de rejoindre ALICE IN CHAINS. Il me semble que c’était en 1995…Donc je devais apprendre ses chansons qui, tout comme l’album, n’étaient pas très en vogue à cette époque. Alors pour remédier aux problèmes de mémorisation, j’ai dû coller quelques partitions sur la scène pour certaines sections qui auraient pu m’échapper. Ainsi, tu peux te souvenir de la partie la plus entraînante de la chanson, la première partie qui est plus répétitive, et tu imprimes bien cette structure dans ton esprit. Après cette structure, il y a souvent un changement que tu as du mal à saisir. Alors dès que tu arrives à une partie plus évidente pour toi, c’est là que tu dois essayer de faire quelque chose de plus recherché. Si tu le fais bien, après une ou deux dates, cette partie étant renforcée reste imprimée dans ta mémoire. Donc oui, je pense simplement que la musique ne te demande pas tant d’efforts que cela. Et puis tout dépend du musicien…

Parlons de Dave Mustaine. La plupart des gens ont peur de se joindre à MEGADETH à cause de la forte personnalité de Dave… Mais ce n’était pas ton cas je présume ?

Non, comme je l’ai dit, j’ai l’habitude de jouer avec des icônes comme Ozzy Osbourne ou David Lee Roth. C’était donc vraiment le dernier de mes soucis concernant ma venue dans le groupe ! Ma principale préoccupation était de me montrer à la hauteur, de satisfaire Dave en tant que musicien. C’est tout ce qui m’importait.

En connaissant le passé glorieux de MEGADETH qui est un groupe phare de la scène Metal, n’est-il pas trop difficile pour toi de succéder à Dave Ellefson au poste de bassiste. En effet, Dave Ellefson était l’autre figure emblématique du groupe et il marquera à jamais l’histoire de MEGADETH…

Je pense que c’est d’ailleurs pour cela que je suis devenu fan de ce groupe. Je n’ai jamais vraiment prêté une attention particulière au bassiste car je prenais en considération le groupe tout entier. De plus, en fouillant dans le passé, j’ai vraiment été très impressionné par tout le travail qu’ils ont fourni sur leurs albums. Je suis en fait une sorte de chercheur. Je suis comme un chirurgien qui cherche à tout prix tout disséquer…

Et tu as participé à la conception de l’album United Abomination…

C’est exact.

De quelle façon le groupe travaille-t-il ? Les membres participent tous à la composition ou bien c’est Dave Mustaine qui s’en charge en premier ? Dans le cas de United Abomination, Dave avait déjà pas mal de compositions de côté. Donc notre travail a été de l’aider à concrétiser ses idées. Pour certaines des chansons, il y avait pas mal de choses à compléter. Je pense que sur l’album, le titre « Washington Is Next ! » en est le meilleur exemple : nous avons ainsi élaboré avec un regard neuf la structure de la chanson que nous avions cadrée. Avec de tels musiciens comme Glen et Shawn Drover, nous essayions d’agir en tant que spécialistes de MEGADETH. Nous avons réuni toutes nos compétences tout en essayant de respecter l’histoire du groupe. C’était donc tout un processus car parfois Dave m’écoutait jouer de la basse sans rien dire. Et d’autres fois il me demandait de seulement suivre les guitares parce qu’il avait quelque chose en tête qu’il nous réservait pour plus tard. C’est cela qui fait l’identité de MEGADETH: tu fais ce qu’on te dit. J’étais totalement en accord avec ce processus car je voulais être sûr de faire les choses correctement pour le bien de MEGADETH. Au festival hollandais Fields of Rock la semaine dernière (NDLR : Entretien réalisé le 24 juin 2007) la set-list de MEGADETH était composée de chansons très Thrash. Par exemple, il n’y avait aucun titre de l’album Youthanasia. Etait-ce un choix ?

Oui il y avait très certainement une intention derrière cela. Lors de certaines dates, nous n’avons pas pu jouer 90 minutes comme cela était normalement prévu. Nous avons alors dû coupé quelques parties de la set-list. Nous voulions jouer quelques nouveaux titres car c’est ce qu’attend le public et nous voulions choisir des chansons bien entraînantes. Lorsque tu joues sur la même scène que des musiciens plus jeunes, c’est comme une compétition : tu veux te précipiter pour planter et déployer le drapeau de MEGADETH ! C’est comme si l’on jouait contre ou avec des équipes données. Dans cet environnement, il faut que ta musique soit plus rapide et plus violente : c’est exactement ce que nous devons faire. Peut-être que cela changera à l’avenir. Cela deviendra peut-être plus raisonnable. Tout dépend des groupes avec qui tu joues…

En parlant de compétition, certains pensent que celle-ci est intrinsèquement mauvaise. Qu’en penses-tu ?

Non au contraire, la compétition est en soi très bénéfique car elle pousse à se surpasser. Et lorsque nous nous surpassons, nos fans sont heureux !

Est-ce une façon de prouver que MEGADETH est encore vivant ?

Oui tu as absolument raison car on a tendance à penser de groupes comme MEGADETH que leur heure de gloire est passée. Mais c’est un groupe différent avec une toute nouvelle énergie mise à contribution pour le maintien de MEGADETH. Quand tu y penses, c’est quelque chose de formidable d’avoir des gens qui pensent au groupe et non à leur propre personne…

Dernière question James est-ce difficile pour MEGADETH de ne pas jouer vraiment en tête d’affiche d’un festival ? Par exemple, pour le Hellfest il semble étrange qu’un groupe comme EMPEROR soit en tête d’affiche… et pas MEGADETH.

Tu sais, cela n’a pas d’importance pour nous. Ce n’est pas notre position sur l’affiche qui nous importe. Nous y voyons seulement une chance d’être en plein milieu de tout ce monde, de faire partie de l’évènement. C’est un super spectacle pour les fans. Nous avons joué un peu plus tôt. Oui avant que tout le monde ne soit déchiré et avant que nous ne soyons déchirés aussi en fin de la soirée !!! Parce que parfois, cela nous permet de profiter du temps après le concert pour s’amuser un peu avec d’autres groupes ! Donc ce n’est pas si mal que ça ! Je sais que certains, pour des questions d’ego, accordent beaucoup d’importance au fait d’être en tête d’affiche. Mais nous n’avons pas besoin de cela… vraiment.

Traduction : Céline et Estelle PALAIS

Site Internet MEGADETH : www.megadeth.com



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