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Chronique   

Megadeth – The Sick, The Dying… And The Dead!


« Pour la première fois depuis longtemps, tout ce dont nous avions besoin sur l’album est à sa place. » Si l’on suit les dires de Dave Mustaine, le seizième album studio de Megadeth intitulé The Sick, The Dying… And The Dead! devrait se tailler une place de choix dans la discographie du groupe et entériner le succès de Dystopia (2016), l’une des plus belles réceptions d’une œuvre de Megadeth depuis Countdown To Extinction (1992). The Sick, The Dying… And The Dead! s’inspire d’un contexte bien particulier : il célèbre la victoire de Dave Mustaine sur son cancer de la gorge, détecté pendant la phase de préproduction. Les séances de chimiothérapie n’ont pas empêché le guitariste de respecter ses engagements et d’être présent à toutes les sessions studio. Qu’on apprécie ou non le personnage, Dave Mustaine est un battant. The Sick, The Dying… And The Dead! le respecte pleinement. Megadeth a définitivement embrassé ce qui lui a permis sa longévité : un thrash/heavy mélodique parfaitement orné qui ne dévie jamais de sa trajectoire.

The Sick, The Dying… And The Dead! est le premier album de Megadeth qui accueille à la fois le guitariste Kiko Loureiro déjà à l’œuvre sur Dystopia, le batteur Dick Verbeuren et le bassiste Steve DiGiorgio qui a ensuite laissé sa place à James LoMenzo. Dave Mustaine a réemployé les services du producteur Chris Rakestraw (Danzig, Parkway Drive), l’un des artisans de Dystopia. Dans sa conception, The Sick, The Dying… And The Dead! s’envisageait donc comme une suite de Dystopia, « profitant » de la pandémie pour peaufiner les moindres détails, jusqu’au plus petit cosmétique. « The Sick, The Dying… And The Dead! » introduit l’opus par des sonorités de clocher lugubre et l’alerte du fossoyeur « Bring out your dead! » (qui rappelle une célèbre scène de Monty Python : Sacré Graal!), suivies d’arpèges dramatiques. L’atmosphère est vite brisée par un riffing mid tempo et ses nombreuses articulations. Megadeth ne démarre pas en trombe, il préfère démontrer progressivement l’intégralité de ses atouts. Dave Mustaine n’hésite pas à conférer une dimension plus « cinématographique » à son titre d’ouverture à travers un pont en arpèges qui fait presque office d’interlude. « Life In Hell » élève le tempo et permet de constater que si Dave Mustaine a toujours la même présence, son phrasé vocal est – logiquement – plus monolithique qu’à l’accoutumée. La véritable énergie de l’opus provient du jeu de guitare chirurgical, autant pour le riffing extrêmement chiadé que pour la rapidité des soli.

En réalité, The Sick, The Dying… And The Dead! dévoile des structures relativement complexes. Même un titre en apparence « old-school » comme « Célebutante » et son riff épuré n’hésite pas à introduire des plages heavy plus aériennes et des phrasés plus facétieux. « Dogs Of Chernobyl » s’ouvre par des arpèges acoustiques et des voix murmurées avant d’enchaîner riffing solennel et élancées survitaminées. Les dissonances de « Sacrifice » tranchent avec l’harmonie d’ensemble de l’opus et évitent intelligemment une trop grande homogénéité. Megadeth parvient à introduire suffisamment de variété sans changer un seul de ses ingrédients. « Soldier On! » a des allures plus entraînantes – presque martiales justement – que le registre développé sur les autres compositions. Preuve de cette volonté de ne pas rester ancré dans une musique extrêmement codifiée, « Night Stalkers » profite de la participation (trop brève) du rappeur iconique Ice T, mais aussi d’un interlude acoustique/orchestral inattendu enchaîné à un riff de basse. « We’ll Be Back » aux légers accents à la Motörhead est une conclusion qui s’appréhende comme un message. Le titre est un condensé de ce que Megadeth fait de mieux : des guitares de gymnaste, des rythmiques sans cesse en évolution et un goût pour la multiplication des leads à chaque instant. De quoi rejoindre les propos de Dave Mustaine qui affirme que Megadeth est loin, très loin de rendre son tablier.

The Sick, The Dying… And The Dead! profite de l’élan apporté par Dystopia, il a conservé cette production clinique qui empêche un riffing vieux de presque quarante ans de devenir obsolète. Dave Mustaine s’efforce de ne pas seulement profiter de son cachet « à l’ancienne » et de l’aura de formation culte : les compositions veulent créer de véritables atmosphères et accordent un soin immense aux phrasés de six-cordes. Le bilan de santé de Megadeth a effectivement de quoi rendre optimiste.

Clip vidéo de la chanson « Soldier On! »

Clip vidéo de la chanson « Night Stalkers » (avec Ice T) :

Clip vidéo de la chanson « We’ll Be Back » :

Album The Sick, The Dying… And The Dead!, sortie le 2 septembre 2022 via Universal Music. Disponible à l’achat ici



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