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Live Report   

Mélange des genres au Ninkasi



Artistes : Living ColourYakuza
Salle : Le Ninkasi Kao
Ville : Lyon
Date : 15-12-2009

Live Reports :
Yakuza : Seb
Living Colour : Spaceman

Photos : Seb


Les Yakuza pas à leur place

« Au fait, tu sais qui ouvre pour Living Colour ce soir ? » « Euh attend, c’est qui…ah oui un groupe au nom japonais… Yakuza ! » « Ah, les américains qui font un truc un peu barré ? »

Eh bien non ! Il ne s’agissait pas du Yakuza américain, au metal expérimental à la croisée entre Pelican et Napalm Death, mais du Yakuza français qui, lui, officie plutôt entre Indochine et Placebo…hélas.

Le groupe n’est pas à mettre en cause, le concert est bien mené, les musiciens sympathiques et carrés. Mais que font-ils en première partie de Living Colour ?! Certes, la diversité des styles c’est sympa pour une soirée, mais dans le cas présent, passer d’un rock aux relents punk à de la fusion, ça ne marche pas. Les Yakuza ont beau durcir le ton sur les derniers titres du set, la musique ne prend pas et l’accueil du public reste réservé.


Y a quoi au menu ?

C’est un Corey Glover vêtu d’un tablier de cuisine jaune qui investit les planches avec ses acolytes. Living Colour est un groupe qui a toujours cultivé et revendiqué sa différence, jusqu’à la couleur de peau de ses musiciens (ils avaient d’ailleurs repris, dans cette optique, le titre « Back In Black » de AC/DC sur Collideøscope). Cette démarche et cet état d’esprit, font, justement, toute la différence ! Généralement associée à la mouvance funk rock, la musique de Living Colour ne s’arrête pourtant pas là et ne s’encombre pas des limites qu’on aime lui apposer. Le concert qu’ont proposé les quatre New-Yorkais en est la preuve éclatante.


Vernon Reid

On peut s’arrêter dans un premier temps sur les étonnantes facilités des musiciens. Doug Wimbish, entre slap, tap et doigts de velours, possède un jeu étonnant et détonnant. Même si parfois l’utilité de certaines de ses pédales d’effets reste contestable, donnant plus l’impression de les rentabiliser plutôt que de réellement servir la musique (les à-coups de whammy sur « Bi » étant par exemple totalement dispensables). Mais qu’importe, le groove est bel et bien là, surtout que le monsieur dégage une réelle élégance. Et c’est surtout un redoutable duo qu’il forme avec son complice Will Calhoun, maître dans l’art du fond de temps, celui-là même qui écrase les notes pour mieux les faire rebondir. Corey Glover, dont on parlait plus haut, a, quant à lui, une véritable voix en or, dotée d’une sensibilité soul qui hérisse les poils, d’une précision et d’une justesse époustouflante. Ensuite, il y a le cas Vernon Reid : le guitariste possède une technique certaine, mais pourquoi diable s’entête-t-il à toute allure dans ces chromatismes sans saveur ? Quel dommage, car sans ça, le tableau musical aurait été complet et le mélomane comblé.


Wimbish dans la fosse

Alors certes, tout ce beau monde sont des stars dans leur domaine respectif (Wimbish a travaillé avec Madonna, The Rolling Stones/Mick Jagger, Seal, etc. et Calhoun avec de nombreuses pointures du jazz) et certainement que le public se serait contenté de leurs brillantes interprétations. Mais c’est sans compter sur cette fameuse « différence » que nous évoquions.

Tout d’abord, en plein milieu de set, Wimbish enclenche sa pédale whammy à fond pour donner à sa basse une tessiture de guitare, puis descend de scène, dans la fosse, pour s’exécuter à un long solo endiablé. Ce n’est pas tant le solo – psyché et assez hendrixien dans l’esprit – que l’on retiendra mais bel et bien cette vision du bassiste au milieu de la foule blottie et dansant autour de lui. Un véritable moment de pure folie qui aura marqué le point de non retour de cette prestation incendiaire. Calhoun a également le droit à son moment de gloire en nous invitant à faire le tour de sa batterie grâce à un solo particulièrement démonstratif.

Effet garanti lorsque les lumières s’éteignent et que le batteur enfourche des baguettes luminescentes, dessinant des courbes colorées dans les airs pour un rendu hypnotique ! Même Corey aura le droit à son « solo » en gratifiant à une assistance émerveillée des vocalises soul/gospel de toute beauté. Et compte tenu des regards que se lançaient ses acolytes, il semblerait que ce fut totalement improvisé ! A l’instar d’une setlist qui ne suivait pas tout à fait celle qui se trouvait au pied des musiciens…


Calfoun, maître du fond de temps

Living Colour s’en est donné à c?ur joie pour revisiter son répertoire, incluant de nombreux jams sulfureux mais aussi en réarrangeant ses titres. Ce fut le cas lorsque le groupe s’est embarqué dans un délire totalement électro/techno, changeant le Kao en véritable boite de nuit. Un exercice qui témoigne d’un vrai goût pour l’expérimentation, chaque musicien étant équipé de pads et autres appareils électroniques.

Le concert aura été long (plus de deux heures) tout en montant perpétuellement en intensité. Et la setlist fut irréprochable. En effet, même si le dernier album est particulièrement bien représenté – et force est de constater qu’il passe haut la main l’épreuve du live – aucun opus de la formation n’a été oublié. Tous les classiques ont été interprétés : Funny Vibe, Bi, Love Rears Its Ugly Head, etc. Et surtout, un rappel en feu d’artifice avec la surprenante reprise du « In Bloom » de Nirvana, voyant Calhoun s’en donner à c?ur joie derrière les futs, ou encore l’inévitable « Cult Of Personality » qui verra l’assistance entière chanter son refrain.

C’est un show presque parfait qu’a offert Living Colour à ses fans, à la fois rempli de classiques et de rebondissements. Le groupe a réussi le tour de force de tenir son public en haleine jusqu’à la fin…et même au-delà ! En effet, à peine dix minutes après être descendus de scène, les quatre musiciens sont sortis des loges pour aller, la banane aux lèvres, à la rencontre des fans pour signer des autographes, tailler la bavette, etc. Living Colour : des musiciens non seulement très talentueux, mais aussi tout ce qu’il y a de plus accessible. C’est rare.


Show presque parfait



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  • Metal'o phil/RM dit :

    Bof, je ne vois pas ce qu’il y a de si craignos !

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  • les photos du live sont vraiment craignos ! encore un amateur …..pffffoouuuu

    [Reply]

  • Ah la la, vous ne comprenez pas ce que j’ai voulu dire :
    d’un point de vue global, la musique proposée par Yakuza était pas mal foutue (rien d’extraordinaire non plus) mais n’appréciant pas ce style s’il est joué sans originalité, ou des compos ultra entrainantes, je dis bien que là, ici, en ouverture de L.C., c’est naze.

    Je les aurais vu en ouverture d’un groupe plus rock, ou sur une scène découverte ou dans un café, j’aurais trouvé ça plus sympa.

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  • Franchement comparer Yakusa de ce soir là, à un mélange entre Indochine et Placebo, s’est avoir de grosses lacunes musicales.
    Et puis sans être relou, Yakusa s’écrit avec un « s » et non un « z ».
    Après tu as le droit de ne pas aimer, mais pour quelqu’un qui écrit une chronique pour un site, il serait bien que tu puisses argumenter un peu plus ton ressenti baveux.

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  • Ah c’est marrant les avis, les opinions…
    Moi par exemple je considère qu’il faut être un gros connard pour dire qu’un groupe, quel qu’il soit, « c’est de la merde »…!
    Petit filou de Seb : si tu ne peux pas écrire ça dans ton report, comme tu le dis toi-même, c’est qu’en effet une connerie pareille ne pourra jamais passer. Car c’est tout simplement stupide de penser des trucs pareils !
    Suis-je démago ? Eh bien non ! Moi y’a plein de trucs que je déteste et pourtant je dis pas que « c’est de la merde » (ou alors pour titiller mon interlocuteur (trice) mais là n’est pas le problème…:) )

    La phrase « Mais pour moi, c’est de la merde. » ne fait pas honneur à celui qu’il l’écrit…et surtout qu’il le pense.

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  • Franchement, je ne veux pas allumer Yakuza mais c’était pas génial…
    Quand après t’as Living Colour qui fait un des meilleurs concerts qu’il m’ait été donné de voir (hormis Vernon Reid , quel casse pied quand il se met a faire ses impros sans queue ni tête) forcément c’est dur d’ouvrir.

    C’est pour cela que je ne les allume pas. Je dis pas « c’est de la merde » dans ma chronique, car ce pop rock c’est pas mon truc et cela plait a d’autre.
    Mais pour moi, c’est de la merde.

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  • « passer d’un rock aux relents punk à de la fusion, ça ne marche pas. »
    Eh ben pourquoi ? Si les groupes sont de qualité ? Où qu’il est le problème, hein, où qu’il est ? Je vous le demande ?

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