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Live Report   

Meshuggah est chirurgical


Le 27 novembre était une date importante. Meshuggah se produisait. La réputation des Suédois en live n’est plus à faire et les expérimentations de leur début de carrière (un son approximatif voire inaudible lors de prestations obscures) ne sont désormais qu’un lointain souvenir. Meshuggah est un rouleau compresseur, insatiable. La production du groupe est l’une des plus conséquentes d’Europe, personne ne doutait ainsi que leur concert allait être l’occasion d’une prestation sans failles. Tout le monde avait raison.

Pourtant, quelques doutes pouvaient s’immiscer quant au bon déroulement de la soirée, malheureusement motivés par la prestation d’High On Fire. Les pointures du sludge se chargeaient d’ouvrir pour Meshuggah, ce qui laissait perplexe quant à la combinaison des styles (pour paraphraser certains dires des spectateurs à base de « What » et de « Fuck »). La réputation des Californiens n’est plus à faire et ceux qui ont eu l’occasion d’apprécier leur dernier album en date Luminiferous (2015) étaient en droit de s’attendre à un set burné à souhait.

Artistes : Meshuggah – High On Fire
Date : 27 novembre 2016
Salle : Transbordeur
Ville : Lyon [69]

En réalité le concert d’High On Fire s’est avéré « caillon » pour le qualifier trivialement. Les riffs brouillons, les guitares acres et l’aspect presque vulgaire d’un Mike Pike torse-nu ennuient très rapidement. High On Fire est censé donner le pas, ce qu’il ne parvient pas à faire malgré des titres comme « Blood From Zion ». Impossible de réellement dégager une cause quant à la piètre prestation du groupe. Que ce soit l’incompatibilité avec la tête d’affiche, une production douteuse ou simplement l’impatience du public, High On Fire n’a pas connu son heure de gloire. Constat triste, confirmé par les dires du frontman de Meshuggah Jens Kidman à l’issue de sa prestation qui a dû rappeler qu’ « High On Fire était un groupe génial » à un public sceptique…

Autant le dire tout de suite, la première partie fut vite oubliée dès lors que la salle fut plongée dans l’obscurité. On se rappelle alors les quelques vidéos des shows de cette tournée pour The Violent Sleep Of Reason et le soin apporté au jeux de lumière. Ce soir ne fait pas exception. Meshuggah, à l’image d’un Cult Of Luna par exemple, mise tout son jeu de scène sur un set lumineux à la précision chirurgicale, calé sur les riffs et l’intensité croissante des compositions. En résumant simplement : à chaque break son light-effect.

Pour ce qui est du jeu, Meshuggah semble ne plus accuser de limites, s’efforçant de ne rien laisser au hasard. Jens Kidman ne tremble pas, Thomas Haake (batterie) fait douter quant à son humanité, Marten Hagstrom (guitare) et Dick Lovgren (basse) profitent d’une production sonore bluffante, aussi nette que massive. Le set s’ouvre sur l’un des titres phares du dernier album, « Clockwork » et assoit la salle tout simplement. Oui, Meshuggah ne fait pas d’erreurs. Ou alors elles ne sont pas perceptibles pour nous.

Le groupe propose une expérience viscérale (fortement déconseillé aux épileptiques, en témoigne jeu de spots sur le très doux « The Hurt that Finds You First ») et la même formule se répète inlassablement : les frissons montent en attendant les riffs phares, que ce soit les petits nouveaux immédiatement adoptés ou les classiques. « Bleed ». « Dancers To A Discordant System ». « Demiurge ». Leur prestation est à l’image des premières écoutes de leurs albums : à rendre ternes la musique que l’on peut écouter ailleurs pour un court temps, tant l’intensité proposée est épuisante. Il faut dire que les Suédois enchaînent sans vraiment faire de pause, Jens Kidman se permettant seulement quelques remerciements épars histoire de ne pas briser l’atmosphère d’un set plus cérébral que convivial.

Meshuggah conclut son live par le classique « Future Breed Machine » et nous laisse abasourdis, épuisés, les yeux détruits et avec un sourire presque malsain. Aucun écueil, aucun faux pas. Meshuggah n’accusait ce soir-là aucune faiblesse. Il faut rendre mérite à Base Production d’avoir permis aux Suédois de s’exprimer à Villeurbanne et de démontrer un savoir-faire unique, presque clinique.

Setlist (sous réserve) :

Clockworks
Born In Dissonance
Sane
Perpetual Black Second
Stengah
The Hurt That Finds You First
Lethargica
Do Not Look Down
Nostrum
Violent Sleep Of Reason
Dancers To A Discordant System
Bleed
Rappels :
Demiurge
Future Breed Machine

Live report : Thibaud Bétencourt
Photos : Nicolas Gricourt



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