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Conférence De Presse    Studio Report   

Meshuggah ouvre les portes de sa cathédrale


Découvrir un nouvel album de Meshuggah, c’est toujours la garantie de plonger dans un univers inconfortable et hostile, quasi extraterrestre, mais aussi, pour certains, étrangement fascinant. C’est plus que jamais le cas du nouvel album Immutable que nous avons pu découvrir en avant-première à l’occasion d’une session d’écoute. Pas de doute, dès que « Broken Cog » commence, on reconnaît les codes des Suédois et ce martellement rythmique caractéristique. On comprend vite comment le terme « immuable », traduction du titre de l’album, peut s’appliquer à la musique de Meshuggah.

Pourtant, très vite le morceau prend une tournure plus malsaine qu’agressive, bien aidée par la prestation vocale susurrée incarnée de Jens Kidman. Ainsi Meshuggah décline sa marque de fabrique sous des formes diverses tout au long de l’album, que ce soit lors de la longue instrumentale « They Move Below » que le groupe considère comme son « Orion », d’un « Black Cathedral » aux relents de black metal amputé de sa batterie ou d’un « Past Tense » final purement ambient. La dynamique – enfin, une conception toute personnelle de celle-ci, pour un groupe qui joue toujours autant sur la répétition rythmique et polyrythmique – et une expérience d’écoute immersive sont les maîtres mots d’Immutable.

A l’issue de l’écoute, le batteur Tomas Haake a pris une petite heure pour répondre aux questions des journalistes. Nous vous rapportons ci-après une sélection d’extraits pertinents sur la conception de ce nouveau méfait, réaménagés et réorganisés en thématiques par nos soins.

A propos de l’approche musicale :

Tomas Haake (batterie) : L’album est plutôt long, autour de soixante-huit minutes. C’est probablement le plus long que nous ayons jamais sorti. Il y a treize titres. En gros, nous voulions faire quelque chose de nouveau avec cet album, tout en renouant avec nos racines à certains égards, c’est-à-dire en ayant quelques parties très calmes et en le laissant vraiment respirer. Ça, dans une certaine mesure, c’est un petit peu plus old school. Par exemple, sur nos premiers albums, on tombait tout d’un coup sur une partie calme, et peut-être que l’album se terminait sur une partie calme ou quelque chose comme ça. Evidemment, compte tenu du groupe que nous sommes, c’est aussi à bien des égards pas old school, mais nous voulions mettre de la dynamique là-dedans, afin que ce ne soit pas constamment à fond et à plein volume.

Après, quand je dis « old school », je ne parle pas seulement de revenir à ce que nous faisions au début, car si nous faisions ça, c’était parce que nous étions influencés par les albums que nous avions l’habitude d’écouter. Un bon exemple serait Master Of Puppets. Master Of Puppets a été une référence pour nous, d’une certaine façon, sur cet album. Nous avons même surnommé « They Move Below », qui est un morceau instrumental au milieu de l’album, « Orion II ». C’est vraiment lié aux albums avec lesquels nous avons grandi. A l’époque, les groupes avaient le droit de balancer des parties calmes, par exemple, et ils étaient audacieux, parce que personne n’avait un format en tête. Dernièrement, surtout depuis les années 2010, avec la majorité des albums de metal que j’entends, j’ai l’impression qu’ils ont presque peur de faire ça parce qu’ils se disent qu’ils vont casser le rythme de l’album. Je comprends cette position aussi, mais à la fois, une des raisons pour lesquelles nous écoutions des albums entiers, plutôt que juste des enchaînements de titres comme aujourd’hui… C’est aussi ce que je veux dire par « old school » : on veut quelque chose fait pour être écouté comme un tout, pas juste un morceau par-ci et un morceau par-là. Le seul endroit où j’écoute des CD, c’est dans ma voiture, mais j’en écoute tout le temps. Oui, je comprends, c’est une époque différente aujourd’hui, mais nous ne venons pas de cette époque et nous adorons toujours cette manière d’écouter et de percevoir un album comme un tout. Ce qui importe, ce n’est pas juste les morceaux isolés, mais l’album dans son ensemble, la composition, les durées, etc.

A propos de la structuration de l’album :

Etant d’une certaine génération, nous concevons intuitivement les morceaux à l’ancienne, c’est-à-dire que normalement, tu vas de l’intro de la chanson au couplet, puis tu as une transition entre le premier et le second couplet, puis le second couplet arrive, puis tu as un genre de refrain, puis tu pars un peu en vrille et tu balances un solo de guitare, puis tu entames la partie de fin ou tu reviens aux couplets… C’est un peu ce que nous avons tendance à faire, mais évidemment, vous avez écouté nos albums, finalement ils ne sont généralement pas comme ça. Je dis juste que nous tendons naturellement vers ça, et vous entendrez dans notre discographie beaucoup de chansons qui ont une partie d’intro qui évolue vers le premier couplet.

C’est aussi le truc au sujet de cet album : nous avons essayé de diversifier un peu plus les choses. Même si nous avons toujours ce genre de structure, une fois que nous avons des chansons à moitié finies, nous commençons à avoir une idée de l’album. Si on démarre toutes les chansons avec une partie d’intro pour enchaîner sur le couplet, ça devient vite lassant. Donc peut-être qu’au départ nous avons plein de chansons qui démarrent comme ça, mais à la fin, quand l’album est terminé, elles ne sont pas comme ça, parce que nous avons beaucoup réfléchi à la construction du disque, à ce que nous voulons avoir dans un album et comment tel morceau transitionne vers tel autre morceau. Le passage des trente dernières secondes de telle chanson aux trente premières secondes de la suivante est presque plus crucial que les chansons elles-mêmes, car on a tous entendu plein d’albums de metal qui ne sont que des enchaînements de chansons et où les transitions n’ont pas été très réfléchies. Pour nous, en tant que groupe, les transitions sont aussi importantes que les morceaux eux-mêmes. Quand tu as une chanson heavy, tu n’as pas envie que ça enchaîne directement sur une autre chanson heavy, c’est une évidence, la cadence, mais il y a aussi : « Comment cette chanson se termine ? Comment cette chanson commence ? Non, ça va faire bizarre quand on jouera cette première note, donc n’utilisons pas celle-là. »

A propos de la composition :

Parfois c’est plus cérébral, parfois c’est plus intuitif, et parfois c’est très audacieux, mais souvent, notre manière de composer a un côté très visuel. Je crois que nous visualisons tous les chansons et peut-être même chaque riff, sans que nous ayons forcément besoin de nous dire quelle image nous nous en faisons. Ça peut être différent pour chacun des membres du groupe, mais je pense que notre moteur, c’est vraiment le ressenti, et le côté visuel en fait partie. Si tu écoutes les musiques de grands films, les grands compositeurs de bandes originales, etc., c’est aussi quelque chose qui nous parle. C’est presque comme si nous composions pour quelque chose que nous voyons. Mårten, plus que n’importe qui dans le groupe, a tendance à composer de manière très cinématographique et visuelle, et il se trouve que son apport musical a été plus important sur cet album que sur tous les autres. C’est pourquoi on retrouve peut-être encore un peu plus cet aspect ici que sur les albums précédents. Après, je ne peux pas parler à la place de Mårten parce que, même si nous sommes un groupe, nous ne connaissons pas forcément l’intention de tout le monde sur tout. Nous savons si nous aimons ci ou ça, ou : « Non, on ne veut pas de ceci sur l’album, mais cela on aime bien. » Par exemple, nous avons tous approuvé « Black Cathedral ». C’est un morceau sur lequel c’est une torture d’attendre l’entrée de la batterie, car on s’attend à entendre le premier blast beat de Meshuggah à cause de ce riff en tremolo qui fait très black metal, mais évidemment, ça ne vient pas. Et il y a une très bonne raison bien précise pour ça : je ne peux pas jouer vite. C’est comme ça. Je ne vais même pas essayer d’apprendre à jouer vite à ce stade.

A propos de l’impact de la pandémie :

Evidemment, ça a eu un impact. Peut-être pas tellement sur l’atmosphère de l’album ou sur les paroles. La majorité avait été écrite avant la pandémie, et l’essentiel de la musique avait probablement commencé à prendre forme avant également. Tout était à peu près défini déjà début 2020. Mais il y a eu des impacts plus directs. Pendant un moment, Dick et moi travaillions sur un paquet de chansons et j’allais le chercher en voiture, nous allions au studio et nous travaillions comme ça au quotidien. Tout d’un coup, tout le monde a pété un câble et nous avons arrêté de nous voir physiquement pendant des mois durant. Je continuais à aller au studio parce que c’est là-bas que je travaille, mais lui restait chez lui et nous continuions ce que nous faisions comme ça, car nous pouvions toujours nous échanger des fichiers. Donc lui travaillait de chez lui et moi du studio. Ça a fonctionné. Ça a clairement ralenti le processus, mais ça n’a pas eu plus d’influence que ça. Quand la pandémie est arrivée, l’impact, c’était plus : « Oh, on ne peut plus se voir. D’accord, soyons prudents et restons à la maison. »

A propos de l’implication réduite de Fredrik Thordendal :

Evidemment, quand tout le monde dans le groupe compose, si tu retires vingt pour cent de ces contributions ou de ces influences, ça sonne forcément différent. Donc il est clair que ça mène à un album différent, que ce soit au niveau des chansons ou du son. Fredrik a toujours été le gars vers qui nous nous tournions et qui avait toujours la mainmise sur l’enregistrement lors de nos albums précédents. Pour une très bonne raison : c’est un super technicien de studio. C’était toujours celui sur qui nous nous reposions pour que les choses sonnent comme elles sonnaient. C’est à double tranchant. La certitude et l’assurance qu’il avait en matière de son nous manquaient, mais à la fois, ça donnait au reste du groupe un peu plus de liberté, genre : « D’accord, cette fois on peut faire peut-être ça un peu plus de cette manière. » Avec l’âge, on réécoute de vieux albums et on se met à vraiment s’intéresser aux sons qu’on… On se demande : « Est-ce que ce sont des sons qu’on a tous toujours cherché à avoir ? Ou bien est-ce parce que maintenant, on a un point de vue et un état d’esprit un petit peu différents par rapport à l’orientation du son, notamment des guitares, de la basse, etc. ? » Donc c’est sûr que c’était différent.

Je veux dire que Fredrik n’a pas composé pour cet album. Il joue les solos, évidemment ; je pense que vous entendrez ses solos caractéristiques, mais il n’a pas fait partie du processus de réalisation. Il n’était pas non plus au studio d’enregistrement avec nous. C’était Mårten, Dick et moi qui sommes allés au Sweetspot Studio à Halmstad – ils n’ont pas enregistré beaucoup de groupes de metal là-bas, mais Arch Enemy en fait partie. Donc nous sommes allés là-bas, et là aussi c’était différent pour nous. C’est un tout nouveau studio, avec des gens avec qui nous n’avions jamais travaillé avant, Fredrik ne prenait pas vraiment part au processus avec nous et nous avons vraiment pris notre temps cette fois. Tous les albums précédents ont été compressés, genre : « Voilà la deadline. Il faut que ce soit terminé à telle date. » C’était toujours dans la précipitation, alors que cette fois, la date de livraison était un peu plus flexible. Nous avions l’impression d’avoir un peu plus de temps et nous l’avons utilisé à bon escient en studio. Il y a donc plusieurs choses qui entrent en ligne de compte sur cette question de l’apport de Fredrik, du fait que nous avons enregistré sans lui et ainsi de suite. Enfin, je trouve que le résultat final est vraiment super. C’est comme d’habitude un petit peu différent, mais peut-être que cette fois l’écart est un peu plus grand, si on compare, peut-être pas tant la musique, mais le côté production. C’est probablement une conséquence directe de son absence, là où en temps normal il contrôle l’environnement.

A propos de l’identité de Meshuggah et de la notion d’« immuable » :

Le fait que nous conservions un certain son, c’est inhérent aux musiciens du groupe et au fait que nous avons tendance à écrire de la musique dans la continuité de qui nous sommes, et nous avons fait ça sur tellement d’albums que ça transparaît forcément, même si on fait quelque chose qui se démarque un peu. Evidemment, nous ne cherchons pas non plus à le cacher. Nous voulons que, au moins, les gens qui connaissent le groupe voient immédiatement que c’est nous. Mais, par exemple, prenez le morceau instrumental vers le milieu, « They Move Below ». Tu retires l’un des éléments les plus caractéristiques, c’est-à-dire le chant de Jens, mais malgré tout, tu te dis : « C’est forcément Meshuggah. » On reconnaît l’atmosphère. Même si la musique a un côté plus stoner et que ce n’est pas un morceau de Meshuggah typique, selon moi, ça reste tout suite identifiable, ça ne peut pas être un autre groupe. Même si ce n’est pas évident, on se dit quand même que ça doit être Meshuggah, car personne ne fait vraiment ça. Cette identité immédiate est quelque chose que nous recherchons tout le temps, à chaque album.

Parfois tu te poses des questions. Tu fais un album, tu composes, tu assembles le tout, et parce que tu as tellement la tête dans le guidon, tu as tendance à te demander : « Est-ce que c’est nous sans ambiguïté ou bien est-ce que c’est ‘peut-être’ nous ? Car on ne veut pas d’un ‘peut-être’, on veut que ce soit sûr. » Quand ça fait aussi longtemps que tu officies dans un groupe, et que tu ne fais pratiquement rien d’autre que ça, tu t’y habitues et ça devient très dur de prendre du recul et de se dire : « Comment les autres vont le percevoir ? Est-ce que ça sonne quand même comme nous ? » A la fois, il arrive que nous nous disions : « Oh ça sonne super bien ! Mais ça paraît familier, c’est quoi ? » Et nous remarquons : « Oh, c’est cette chanson sur l’album Nothing ! On ne peut pas faire ça. » Les fois où nous avons remarqué de telles redites, elles ont été immédiatement rejetées. Nous ne sommes pas AC/DC, nous ne sommes pas le genre de groupe à faire deux fois la même chose. Il se peut que nous l’ayons fait quelques fois, mais nous essayons vraiment de ne pas nous copier. Donc rien qu’en tant que musiciens, nous nous remettons constamment en question, mais à un moment donné, nous devons nous réunir et dire : « Oui, on approuve tous. On part là-dessus. » Tu sors le disque et tu espères que les gens ressentiront la même chose.

Donc même si nous essayons de faire quelque chose de nouveau à chaque album, nous essayons au moins d’être immédiatement identifiables. Même si nous changeons un petit peu d’un album sur l’autre, nous travaillons quand même au sein d’un cadre et, peut-être pas notre musique, mais en tout cas notre direction est immuable, dans le sens où nous ne dévions pas de notre trajectoire. Mais ce n’est qu’un aspect du terme [qui sert de titre à l’album]. L’autre aspect serait plus lié au contenu des paroles et à ce que suggère l’artwork, c’est-à-dire que l’être humain est immuable et poursuit sur sa route vers l’autodestruction, d’où la personne qui brûle, tout en tenant un couteau dans sa main, toujours prêt pour la violence. C’est donc un commentaire sur le groupe, mais c’est peut-être plus encore une référence au sens des textes de l’album.

A propos des paroles :

Concernant les paroles, d’une certaine façon, c’est encore plus mélangé, c’est-à-dire que là encore, Mårten a écrit plus de textes sur cet album qu’auparavant. Par exemple, il a écrit les paroles de « Light The shortening Fuse » et « Ligature Marks », et parmi les chansons dont j’ai écrit les paroles, il y a « I Am That Thirst » et « The Faultless ». Mais pour ce qui est du contenu, c’est en grande partie un commentaire sociétal sur notre situation aujourd’hui, mais il y a aussi quelques textes un peu plus personnels. Par exemple, le texte de « Phantoms » que j’ai écrit : les fantômes symbolisent le mal qu’on a fait aux gens, ou ce qu’on a dit ou fait dans le passé et qui revient nous hanter. En dehors de ça, la majorité des albums que nous avons sortis étaient principalement des commentaires sociétaux sur des sujets qu’on observe et qui changent ou impactent nos vies à un instant donné.

Dans les paroles, mais ça vaut aussi pour la musique elle-même, il y a une forme de tristesse. Peut-être que, dans une certaine mesure, ça vient du fait que nous sommes dans un coin du monde, à essayer de faire ce truc, pendant que tout un tas de choses se passent autour de nous, et nombre d’entre elles sont menaçantes. Peut-être que le caractère morne de notre situation mondiale est voué à toucher chaque membre du groupe de telle façon que ça a une influence directe sur la musique que nous écrivons. Enfin, il est clair que si tu es un auteur insouciant, tu ne tomberas pas dans ce piège ou peu importe, mais si tu es un être humain attentif qui observe constamment le monde actuel, c’est forcé d’arriver. Donc, à bien des égards, les textes exposent un point de vue sombre et triste.

A propos du chant :

D’abord, il y a cet aspect : Jens n’écrit pas forcément les textes du groupe. Pour un chanteur, c’est probablement un petit peu inhabituel. Sur les derniers albums, il y a eu de plus en plus un dialogue pour essayer de bien faire passer mon idée ou celle de Mårten d’un texte auprès de Jens, car c’est lui qui, sur scène, devra non seulement prononcer les mots, mais aussi les ressentir. C’est un aspect de notre manière de travailler qui est un petit peu différent de plein d’autres groupes. Mais aussi, Jens a enregistré tout le chant chez lui. Il a mis en place un joli studio, dans une pièce insonorisée avec de bons micros et tout. Il n’était pas avec nous au Sweetspot Studio où nous avons enregistré la batterie, les guitares et la basse. Il n’est venu que deux ou trois jours pour dire bonjour et vérifier des trucs, mais il a enregistré tout son chant dans sa maison. Il a donc fait ça en parallèle de nos enregistrements. Quand nous avions enregistré un morceau – les deux guitares, la basse et la batterie –, nous l’envoyions à Jens et il enregistrait et produisait son chant chez lui. Nous n’avions jamais fait ça avant.

Une chose qui se démarque sur cet album, à mon sens, c’est le chant. Au lieu de faire comme d’habitude, où nous sommes hyper stressés et où nous nous disons « oh, il faut que ce soit terminé maintenant »… Surtout avec Violent Sleep Of Reason où nous avons insisté pour tout enregistrer live : Jens chantait à chaque prise que nous faisions, il était là à crier, même si… Arrivait un moment où il était déglingué. Nous gardions quand même cette prise et c’est ce qui se retrouvait sur l’album, genre : « Non, on ne va pas refaire le chant ou quoi que ce soit. On va laisser tel quel parce que c’est authentique. » Mais cet album, quand je l’écoute, j’arrive vraiment à entendre le temps et l’effort qu’il y a mis. Le chant est vraiment d’un autre niveau.

A propos de l’influence de Meshuggah sur la scène metal :

Nous ne faisons pas du tout attention aux groupes qui font des choses qui nous ressemblent, que nous avons influencés ou quoi que ce soit. Nous n’avons pas le temps de réfléchir à ça. Avec la longévité du groupe, ça fait tellement longtemps que nous faisons ça que nous avons de plus en plus tendance à nous concentrer sur ce que nous faisons et à nous couper de presque tout le reste. Les gens qui sont fans de Meshuggah et d’un tas d’autres groupes, qui s’intéressent à ce qui se fait aujourd’hui et qui sont sur internet sont bien plus au courant de ce qui se passe dans la scène musicale, des groupes qui font ci ou ça, ou qui sonnent comme nous. Nous, nous ne savons pas du tout. Nous sommes dans notre petit compartiment musical et nous y restons. Nous n’écoutons pratiquement rien dans le nouveau metal ou nous ne faisons pas de recherche pour savoir ce qui émerge, ce qui se passe, etc. Ce que nous faisons nous suffit. Enfin, s’il y a des groupes que nous avons inspirés, qui sont nés dans notre sillage ou peu importe comment on qualifie ça, ça rend humble et c’est génial. Eux et leurs fans ont tout notre amour. Si nous avons fait quoi que ce soit pour qui que ce soit, si nous les avons inspirés à faire quelque chose et qu’ils ont leurs propres adeptes, ça nous fait très plaisir, mais nous n’avons vraiment aucune idée de ce qui se passe en dehors de notre petite bulle.

Propos recueillis le 14 janvier 2022.



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