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Chronique   

Metal Allegiance – Volume II: Power Drunk Majesty


Quoi qu’on en dise, Metal Allegiance aura du mal à se défaire de son étiquette de supergroupe. Il faut dire que la formation a un noyau de stars en la présence du guitariste Alex Skolnick (Testament), du bassiste David Ellefson (Megadeth) assisté de Mark Menghi à la production et de l’inépuisable Mike Portnoy (ex-Dream Theater, Sons Of Apollo) derrière les fûts. Ces derniers s’étaient déjà illustrés via un album sans titre (2015) et un EP de reprises, Fallen Heroes (2016). Vol. II : Power Drunk Majesty est donc leur troisième fait d’arme, pourtant il n’obéit pas tout à fait à la même logique que son prédécesseur. Si ce dernier présentait un panel varié de ce que le heavy metal peut proposer, Power Drunk Majesty se veut plus « cohérent », avec une approche plus centrée sur un seul type de son.

Metal Allegiance a ce souci de mettre les choses au clair : Power Drunk Majesty n’est pas un opus composé par échange d’emails. Skolnick, Portnoy, Menghi et Ellefson ont répété de nombreuses fois les titres tous ensemble avant d’entrer en studio. Il y a un esprit « garage-band » que le groupe souhaitait insuffler à son deuxième album. Il y a aussi un souci thématique, Power Drunk Majesty évoque les dérives de la société américaine contemporaine qui emprisonne de manière très insidieuse. Une œuvre plus proche d’une formation classique en somme, avec une recherche de son moins éclectique. En effet, les premières secondes du slayerien « The Accuser » qui accueille Trevor Strnad (The Black Dahlia Murder) au chant plante le décor. Power Drunk Majesty est majoritairement un album de thrash, ce qui conviendra parfaitement à Alex Skolnick, cela va sans dire. Les leads de guitare de « The Accuser » ne tromperont personne, rappelant justement ce que celui-ci propose avec Testament : une forme de grandiloquence dans les riffs amples et une exécution incisive dès qu’il s’agit de relever le tempo. « Bound By Silence » avec John Bush (Armored Saint, ex-Anthrax) obéit à la même règle, avec un riff plus lourd et axé sur la rythmique. Metal Allegiance se permet des arrangements plus audacieux, notamment avec une descente harmonique laissant plus d’espace à la basse de David Ellefson agrémentée de wah-wah.

L’un des intérêts majeurs de Power Drunk Majesty réside non pas dans son approche plutôt classique dans la composition, mais dans le choix des guests : Trevor Strnad (The Black Dahlia Murder) ; John Bush (ex-Anthrax) ; Bobby Blitz (Overkill) ; Mark Tornillo (Accept) ; Max Cavalera (Soulfly, Cavalera Conspiracy) ; Troy Sanders (Mastodon, Gone Is Gone) ; Johan Hegg (Amon Amarth) ; Mark Osegueda (Death Angel) et Floor Jansen (Nightwish). La formation respecte le style musical de ses chanteurs, c’est très flagrant sur le cryptique « Voodoo Of The Godsend » et ses percussions et voix tribales (on appréciera le travail de Mike Portnoy dès que ce dernier revient à des élans plus progressifs) qui accueilleront au chant, vous l’aurez deviné, Max Cavalera. Tout comme Mark Tornillo est comme un poisson dans l’eau sur le très Accept « Terminal Illusion » (lâchers d’accords sur double grosse caisse sur le refrain, batterie binaire qui marque le temps sur le couplet) ou Bobby Blitz sur « Mother Of Sin » qui n’aurait pas dépareillé sur un album d’Overkill. « King With A Paper Crown » avec le massif Johan Hegg (Amon Amarth) parvient même à surprendre, le chanteur se trouvant très à l’aise dans un registre plus thrash qu’à l’accoutumée. Le titre transite ensuite vers une direction plus nuancée et heavy dans la veine de ce que connaît habituellement Johan Hegg, qui ferait penser à The Rime Of The Ancient Mariner d’Iron Maiden avec ce tapis de basse et un lead ambiant. Parfois l’alchimie ne prend pas nécessairement, le mid-tempo de « Liars & Thieves » qui compte la présence de Troy Sanders en fait un titre pataud comparé aux compositions qui l’environnent. Même l’accélération amorcée une nouvelle fois par l’inspiration d’Alex Skolnick peine à lui insuffler de la dynamique. Power Drunk Majesty se clôture par un « Power Drunk Majesty » en deux parties, une avec Mark Osegueda et la deuxième avec Floor Jansen. Metal Allegiance emploie un registre de heavy thrash épique pour la première moitié, avec des samples de voix et un soin apporté à la diversité des arrangements, à l’instar des leads atmosphériques qui viennent ponctuer une ligne de basse encore une fois mis à l’honneur. Tout ceci afin de permettre à Floor Jansen de prendre le relais avec son aisance habituelle et de terminer ce Power Drunk Majesty avec un titre aux allures hymniques.

La communauté de l’anneau du metal s’est resserrée. Une nouvelle fois, beaucoup de protagonistes l’ont aidé dans sa quête. Néanmoins, c’est un album qui n’a pas l’effet de son prédécesseur. Il est plus monotone, et compte trop d’inégalités dans les compositions malgré l’exécution chirurgicale de ses musiciens. Une nouvelle fois, c’est divertissant mais lorsqu’on le compare aux projets individuels de chacun des membres de la formation, on peine à y apporter davantage de considération.

Clip vidéo de la chanson « Bound By Silence » (feat. John Bush) :

Clip vidéo de la chanson « Voodoo Of The Godsend » (feat. Max Cavalera) :

Clip vidéo de la chanson « Mother Of Sin » (feat. Bobby Blitz d’OVERKILL) :

Album Volume II: Power Drunk Majesty, sortie le 7 septembre 2018 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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