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METAL CAMP 2008 : LES CARNETS DE VIRGINIE


Evénement : Metalcamp 2008
Ville : Tolmin (Slovénie)
Date : 03/09-07-2008


Metalcamp 2008 : nous voilà !
Photos : Imm3moria

Le Metal Camp dessine différentes particularités. Ce que promet celui-ci diverge de tous les autres festivals que le voyageur a pu connaître. Tolmin propose des vacances métalliques, à savoir, de la bière, les bars de la ville accordés aux notes des plus grands groupes, de la musique très forte avec des acouphènes promises, une rivière à l’eau bleu azur, une scène juchée dans les reins d’une vallée et embrasée de rayons de soleil…


Un cadre très agréable…?
Photos : Imm3moria

Vos yeux se sont fermés, vos zygomatiques on dessiné un sourire au coin de vos lèvres humides et vous rêvez déjà de cet autre monde qui pourrait être le vôtre ? Laissez-moi souffler votre fumée et abattre vos images faussement idylliques… Je lève le rideau.

Vous vous réveillez à 8h par une chaleur qui vous sangle le crâne. Cette matinée ennuyeuse où les yeux vous sont lourds et cette chaleur insupportable ne cessera seulement qu’à 16h30 où le festival va tenter de s’abandonner (enfin) à la musique. Il est trop tard, la fatigue, la marche et les coups de soleil auront eu raison de vous. Soudain, une idée lumineuse (pour celui qui n’a pas encore achevé ses neurones au houblon) jaillit en vous. Vous descendez le petit chemin de pierres jusqu’à la rivière qui vous offre une superbe perspective sur l’entrejambe de la vallée. Vous engagez votre cheville dans ce bleu limpide lorsqu’une douleur s’empare de votre mollet puis de votre jambe. Vous retirez votre membre dans un rictus de douleur et comprenez que l’eau ne fait pas plus de 12°C. Il est 20h, un orage gronde et éclate. La pluie inonde la scène ; vous sortez votre parapluie et à ce moment, un homme habillé en noir, le regard sombre vous agrippe. Il n’est pas en possession d’une faux mais d’une lampe torche. Ce représentant de la sécurité vous explique en allemand (langue que vous ne comprenez pas) qu’il est interdit de se protéger de l’humidification en cours. Vous êtes condamné.


Toute l’équipe de Radio Metal s’est donnée rv au Metalcamp 2009 !
Photos : Imm3moria

Laissez-moi maintenant vous emmener à quelques conférences de presse comme si vous y étiez. Celles-ci ont été données dans une pièce lugubre aux couleurs écoeurantes et aux murs de miroirs barbouillés de multiples empreintes humaines. Ce sont des canapés roses en velours qui ont accueilli les célèbres et belles croupes du metal. Des bouteilles de bière, de vin pour certains étaient disposées sur une grande table en verre. Nous, assis en tailleur, devions attendre dans un silence religieux et respectueux l’entrée des artistes. Nous avions l’ordre de poser nos questions chacun notre tour, dans un ordre plus qu’arbitraire et dans un anglais compréhensible. Je vous offre le programme de cette célébration :

Vendredi, 16h30 : Carcass

Samedi, 15h00 : Meshuggah
16h00 : Amon Amarth
18h30 : Apocalyptica

Dimanche, 16h00 : Ministry

Lundi, 17h30 : Soilwork
18h30 : Morbid Angel


Les membres de Carcass backstage !

Tous les membres de Carcass sont présents. Leur entrée figure leur état d’esprit, ils sont d’une bonne humeur surprenante. Toutefois, l’allure et la démarche de Ken Owen, le batteur d’antan, m’interpelle. Ce dernier souffre en fait d’une maladie dégénérative mais à la vue de sa silhouette mon empathie chuchote. Une fois assis, le chanteur Bill Steer s’amuse à poser des questions et à y répondre naturellement : « Alors, votre premier album c’est de la merde, pouvez-vous nous expliquer ? Et bien…». Son rire résonne dans la pièce et termine de mettre mes voisins en confiance. Le sourire aux lèvres, la finesse d’individus intelligents, Carcass nous dresse son bilan avec un regard plus que lucide : « Quand le groupe s’est arrêté il n’y avait plus de place pour le Metal Extrême. Maintenant, il y a des festivals, plus de fans et nous sommes fiers d’être à nouveau là. Notre but n’est pas de revenir à de quelconques sources. Notre musique est issue d’une évolution naturelle. Nous jouons de l’extrême, point. Je crois que nous n’avions pas idée de la popularité du groupe jusqu’à notre reformation. Au moment où nous nous sommes séparés nous sommes devenus encore plus amis qu’auparavant. Nous nous sommes quittés car nous n’avions pas le même plaisir qu’au début à monter sur scène, ou à jouer de la guitare. » Vous vous demandez ce que les papis du Death et du Grind pensent du Metal actuel ? « Beaucoup de groupes créent un style qui leur est propre par le biais d’influences comme Carcass, Death, Morbid Angel ou Suffocation. Il y a beaucoup de bons groupes aujourd’hui. » Quelle va être l’issue de tous ces concerts donnés ? « Nous ne réfléchissons pas à la prochaine sortie d’un DVD ou d’un Live, de toute manière nous jouons mal lorsque nous sommes en présence d’une camera ! » Quant à l’enregistrement d’un nouvel album dans un futur proche ? « Tous nos albums sont enregistrés et nous avons fait tout ce que nous avions à faire. Notre retour n’est pas né d’un plan business pour refaire parler de nous et amorcer la sortie d’un nouvel album. Nous ne nous sommes pas reformés parce que c’était dans l’air du temps. »


Jens Kidman (Meshuggah) sur scène !
Photos : Imm3moria

Seul le batteur de Meshuggah, Tomas Haake, a daigné se déplacer. Désigné comme le porte-parole du groupe, sa personnalité est à l’image glaciale de leur musique. Tomas nous livre une analyse cartésienne de leur dernier album « Obzene » : « Les paroles sont similaires au jeu de mots du titre de l’album. L’histoire de ce dernier est à la fois Zen et Obscène. Elle décrit l’ambivalence qui règne chez l’Homme, son vice opposé à sa vertu. Quoiqu’il arrive, le discours d’un Homme demeure un paradoxe. Une paix intérieure, nous l’avons trouvée grâce à Obzene. Je crois que nous essayons de trouver une certaine tranquillité dans le chaos de notre musique. Nous traduisons ce qui nous vient des tripes. » S’ensuit alors une explication savante de leur manière de composer : «Nous sommes fans de musique d’endroits où nous ne voulons pas aller, voilà notre paradoxe. Nous ne voulons pas de format schématisé et formaté avec un couplet suivi d’un refrain. » La sphère financière n’est pas occultée : « Les groupes reçoivent l’argent après les ventes. Nous, nous donnons de l’argent pour enregistrer. Il nous provient plus du merchandising et des concerts que nous donnons, que des ventes de nos albums. » Puis, à raison, nous évoquerons ce mystérieux album « Catch 33 » modelé autour d’une seule chanson: « Nous avons déjà joué des morceaux de « Catch 33 » sur scène, nous le ferons encore dans la prochaine tournée. Pour la composition de cet album, nous avons utilisé une boîte à rythme de la façon la plus naturelle qui soit. Nous travaillons sur le même ordinateur et nous avons programmé ensemble la batterie. Chaque riff a longtemps été réfléchi et nous avons voulu axer l’album autour de la guitare. La batterie était une simple béquille, un appui. Rien n’était planifié. Cependant, il est vrai que l’utilisation d’une boîte à rythme est tabou dans le milieu du Metal. Nous nous fichons de la manière dont les autres groupes écrivent et remercions les nouvelles technologies. » Enfin, une question universellement reconnue a été posée : est-ce à la mode, cool, d’écouter Meshuggah ? « Il est évident que peu de personnes peuvent comprendre notre complexité. Peu s’y intéressent. D’autres oui, mais sans en saisir souvent l’essence … »


Les Amon Amarth veulent de la bière !

Amon Amarth, dans une transparence naïve, se dévoile aussi attendrissant qu’un nounours en cotte de maille. Malgré sa carrure olympienne et sa barbe arborescente, le chanteur Johan Hegg répond avec tendresse et aménité aux questions concernant la composition des chansons : « J’aime boire de la bière, ce n’est plus un secret. Ecrire m’a toujours intéressé, et la bière pour moi est un super sujet. Mais rassurez-vous, il n’y aura pas de concept sur la bière ou sur quoique ce soit d’autre d’ailleurs sur le prochain album. Je n’ai pas honte de tout ce folklore qui enrobe le groupe ; de cette manière les gens apprennent davantage sur les vikings. J’adore les histoires, en particulier celles contées dans la mythologie grecque. ». Le mot « bière » a été énoncé à de nombreuses reprises, même si cette autodérision n’empêche en aucune manière d’aborder en profondeur les idées véhiculées dans leur musique : « Nous devons revenir à une croyance païenne et nous ne devons pas faire de la Religion, nuisible en tout point à l’évolution d’un individu et d’une société. Nous devons croire en ce qui nous entoure et nous protège comme la Nature, notre famille, nos proches. Je crois qu’en conséquence, c’est plus une philosophie qu’un mode de vie. Notre inspiration nous vient de l’environnement et de la famille. » La base du groupe et ses influences ainsi que leur avenir sont même abordés avec une très grande humilité : « Nous avons des influences très basiques : Kiss, qui d’ailleurs nous a largement inspirés par son folklore, Metallica ou encore Rob Halford. Nous avons l’intention de continuer les combats de viking sur scène. Vous n’êtes pas sans ignorer que cela nous coûte de l’argent et c’est pour cette raison que nous ne faisons pas encore tout ce que nous aimerions faire. » La conférence finie, je m’élance en sa direction pour qu’il me fasse un câlin et me raconte une histoire, il ouvre les bras avec un grand sourire… il est tellement grand !


Apocalyptica : un groupe qui a chopé la grosse tête ?
Photos : Imm3moria

Le Metal a son propre showbiz. Il n’est donc pas étonnant de rencontrer des artistes qui ont plus ou moins les pieds sur terre. Je ne vous cache pas quelle fut ma déception à la vue et à la rencontre de Perttu Kivilaakso, l’un des violoncellistes charismatiques d’ Apocalyptica. Sa posture nonchalante, ses regards de mépris et ses rires sarcastiques auront eu raison de l’estime que j’accordais aux membres du groupe. Heureusement, les autres membres, probablement gênés par son attitude, n’ont pas hésité à répondre aux questions qui lui étaient destinées et qui avaient été relancées aux journalistes comme un boomerang. Sans surprise, le thème de la conférence de presse s’est axé autour de la reprise dans sa généralité. Tout naturellement, je les interroge sur ce leitmotiv fatiguant : « Nous ne renierons jamais nos racines. Ces reprises ont façonné la notoriété du groupe. Elles peuvent être comparées à un homme, le quatrième Homme du groupe. Nous avons quatre albums studio et il est difficile pour un journaliste de faire abstraction de cet homme. Il aura toujours tendance à le suivre et à l’espionner. Notre public se divise en deux parties, j’en suis conscient. La première nous écoute pour le côté fun de la reprise, peut-être par nostalgie ou par curiosité pourquoi pas. La seconde partie s’intéresse particulièrement à nos compositions. Je ne peux en aucun cas renier l’une des parties puisqu’elles nous représentent toutes les deux et je suis fier des deux. Cependant, nous avons fait de nombreuses reprises, assez pour le moment pour être franc. Nous nous concentrons donc, actuellement, plus sur les compositions.» Viennent alors les éternelles questions sur les diverses participations : «Vous voulez savoir le nom de notre prochain invité, c’est ça ? Pour le moment nous sommes encore entrain de réfléchir sur son sexe, c’est un bon début. Est-ce que ce sera un homme, une femme, ou même une chimelle, je ne sais pas. ». Pour finir, voici leur réponse lorsqu’un journaliste leur demande comment ils en sont arrivés là : « Rien n’était prévu, tu peux voir notre arrivée dans le Metal comme un gros accident. Nous avons gravé les échelons doucement et progressivement. Je crois que nous avons aussi eu de la chance. Rien n’était décidé au départ. Nous ne savions même pas alors que nous ferions des reprises de grands groupes et encore moins des compositions… »


Al Jourgensen (Ministry) et la chanceuse Virginie !
Photos : Imm3moria

C’est dans une bonne surprise générale que tous les membres de Ministry se sont déplacés à la conférence de presse. Al jourgensen paraît bien plus reposé que lors de ses précédents concerts. Un canapé est rajouté pour sa femme qui veillera tout le long de l’entretien aux dires et au confort de son cher et drôle mari. Oui, Al est d’humeur comique, probablement légèrement éméché par la bouteille de vin qui trône sur la table. Commence alors une discussion enflammée sur le sujet qu’Al Jourgensen affectionne particulièrement, la politique. « Les américains sont stupides et ont élu quelqu’un qui les représente bien. A présent, nous voulons un président qui a du sens et qui donne du sens à notre pays. Notre Histoire politique a connu trop de Bush. Le moment de changer est venu. J’en ai marre de hurler ma haine après Bush. Je suis fatigué, assez c’est assez. Je ne veux plus créer contre lui. Obama, par exemple, est un super type. Notre pays va enfin retrouver sa crédibilité, ce ne sera plus un clown qui sera au pouvoir quoiqu’il arrive. C’est le moment parfait pour moi d’arrêter. Et si un autre descendant de Bush est élu, je fuirai au Canada. Non, je ne composerai pas de nouvel album pour cracher mon venin, je prendrai la fuite. De cette manière, il n’y aura jamais de reformation de Ministry, jamais, vous m’entendez ? Je stop au Top comme le font les vraies légendes. Beaucoup reviennent mais c’est l’argent qui les guide. Moi, je ne serai jamais pauvre puisque, regarde, vous continuerez à acheter mes tee-shirts. Qui plus est, j’ai deux studios qui m’occuperont bien assez.». Cette bouteille de vin m’intrigue. Je lui pose alors ma question française, à savoir, quel est pour lui le meilleur vin au monde : « Je suis désolé si je choque certains journalistes ici présents. Je sais que les vins italiens et les vins espagnols sont bons, mais je suis désolé pour eux, les vins français sont les meilleurs. La cuvée 2003 et 2005 des Bordeaux est une cuvée excellente. Personne ne peut mieux faire que les français en matière de vin ! » Ma question aura l’effet d’un lavage de cerveau, Al continuant la conférence et s’imaginant être en France. Un journaliste le relance une nouvelle fois sur une éventuelle reformation : « Je vais avoir cinquante ans, j’ai mal au dos, les soirs je dois retourner dans le tour bus et j’ai encore beaucoup de choses à faire. J’ai passé l’âge pour tout ça. Donc Non : N – O – N » Pour son cinquantième anniversaire, Al a vu simple : « Je vais boire du vin et je vais dire à mes chiens de me reconduire à la maison. Je leur ai appris. L’un de mes chiens se nomme Lemmy et croyez-moi, il a un très bon sens de l’orientation. Maintenant, mon vice c’est de boire du bon vin, celui d’ici (ndlr : il parle bien entendu de la France). Lors de la composition de Psalm 69, que je n’ai d’ailleurs pas aimé écrire, j’étais complètement drogué. Tout le monde a aimé cet album qui était pourtant emprunt de toutes ces drogues. Maintenant je bois, c’est tout. Ainsi, je suis moins énervé et j’ai d’autant plus conscience de la drogue qu’est notre société et ses medias. De cette manière, tout se rejoint, je suis plus lucide pour composer et critiquer. » . Une demi-heure plus tard, je recroise, seule, Al qui me propose un verre de vin et un strip-tease. Il m’embrasse sauvagement les deux joues, me serre dans ses bras et me propose de discuter…


Speed, chanteur de Soilwork, live !

Speed, le chanteur de Soilwork, est une tête de chien. Il est venu dépareillé des autres membres du groupe. Imbus de sa personne de la manière la plus exaspérante qui soit, convaincu sûrement qu’il est chevronné pour faire tomber toutes les femmes à ses pieds et pas dans se bras, Vitesse s’est livré à un entretien monotone et monocorde : « En ce qui concerne le guitariste je vais vous éclairer, il n’a jamais quitté le groupe, nous l’avons viré. Cela n’a pas été une décision facile, mais nous devions la prendre pour la santé du groupe. Malgré tous les groupes que je porte et dont je fais partie je me focalise sur Soilwork. C’est difficile de tout faire, j’en suis conscient, mais il y a des jams sympas. Je ne me plains pas de cette quantité de travail. D’autre part, en Suède il y a tellement de bons groupes que s’est installée une compétition. Nous devons donc encore plus chiner. Il est temps de nous occuper de notre composition, nous avons beaucoup trop tourné lors des trois derniers albums. Je crois que c’est aussi pour cette raison que les anciens membres sont partis et qu’ils ne voudraient pas revenir. Je suis fier de ce que nous avons fait. Même si beaucoup de gens préfèrent moins de voix claire, ils recherchent quand même une musique intéressante et passionnante. Nous avons développé notre son qui devient meilleur au fil du temps, mais dans notre évolution naturelle ; il n’y gagnerait rien dans un retour en arrière. L’essentiel est d’avoir un son unique et un style singulier. Je n’ai pas besoin de tout expliquer aux fans. Ils savent décrypter nos paroles et nos messages. » Une question capitale (pour le journaleux qui la pose) est alors posée : « Votre musique est loin d’être extrême mais la plupart de vos tee-shirts sont noirs » Simple et précise, la réponse ne se fait pas attendre : « Déjà, je ne crois pas qu’il faille être énervé pour composer ou créer. La couleur noire n’est pas extrême et les gens viennent aux concerts, c’est le point essentiel. »


Morbid Angel sur scène : la claque.
Photos : Imm3moria

C’est le fondateur de Morbid Angel, Trey Azagthoth, qui vient se battre dans l’areine. Il nous teste, nous regarde profondément droit dans les yeux en nous serrant la main puis s’assoit, très sûr de lui. Le décor est placé, Trey est le maître de tout ce qui va se passer. Il sera inutile de le tester ou de le piéger, cet homme connaît ses limites et a une maîtrise totale de ce qui l’entoure. Fascinant. Les trois premières questions qui lui sont posées le froissent : « Ce n’est pas une question intelligente, cela ne relève que du détail. Passe à la suite, tout le monde se fiche pas mal de cette question. Et si tu veux savoir si les groupes sont meilleurs en Floride, je n’en sais rien, je fais mon truc et je ne me pose pas ce genre de questions idiotes… ». Peu à peu, des sourires jaunes se dessinent et une gène se découvre. C’est à moi de poser une question et je dois avouer qu’une certaine pression se fait palpable. Il s’approche, il ne me comprend pas. Je répète ma question : « Voilà une question intéressante ! ». Soulagement. « Tu évoques les thèmes sumériens abordés à l’époque où David Vincent n’était plus là. Je crois que depuis le début les gens lisent nos paroles et s’arrêtent au sens premier que leur offre leur lecture ; ils ont tendance à oublier que Lovecraft est une fiction. Nos paroles évoquent la société en général et nous ne jouons pas sans cesse des paraboles. Il faut avoir une force de caractère, une morale, une philosophie. Il faut dépasser les barrières que nous nous sommes fixées pour trouver la vérité. Il ne s’agit pas de critiquer le christianisme, par exemple, mais d’en faire une analyse subtile, en étudier les fondements et les faiblesses. La société est une sphère que je ne comprends pas, et je crois que les foules sont conditionnées par ce qu’elles voient. Au final, nous véhiculons peu de messages ; nous distillons des idées, des couleurs, des éléments qui ne sont que très peu emprunts de l’idéologie sumérienne. Il faut penser par soi, mais mon discours n’a aucun sens, personne ne le fait. » Se succèdent des questions un peu plus terre-à-terre : « Le prochain album sortira l’année prochaine, date qui m’est encore inconnue. » , « Je préfère les derniers albums aux autres, il y a plus de feeling. » , « Peut-être que je vais mourir ce soir, dans le cas contraire nous continuerons peut-être jusqu’à Z. Avoir nos albums qui utilisent toutes les lettres de l’alphabet n’est pas une mission, je le fais parce que j’ai envie. Ce n’est pas un plan ». Trey s’est levé, a serré les mains de tous les journaliste et quand il est arrivé à moi, m’a serré des deux mains en me disant « thank you ». Quel charisme…


Les journalistes à l’écoute.
Photos : Imm3moria

Songez maintenant que la plupart des journalistes présents portaient les tee-shirts qu’il fallait au bon moment. Deux questions ont été posées, à chaque fois, à chaque artiste, dans n’importe quel conteste comme un poil sur la bière.

La première : « Que pensez-vous du sublime décor que propose le Metal Camp ? ».

La réponse n’est pas du tout suggérée. Mais enfin, que pouvaient-ils répondre? « C’est vilain, j’ai eu des nausées quand j’ai regardé par la fenêtre du bus ; mais surtout, en arrivant, j’ai pleuré en appelant ma maman et j’ai couru le plus vite possible loin d’ici. » Non, cela n’est pas crédible. Fantasmez donc les innombrables «C’est magnifique, nous avons fait un tour avant d’arriver , c’est très beau… » Quelle originalité ! Seul Johan Hegg (Amon Amarth) s’est esclaffé d’un « la bouffe est ignoble ici !»

La deuxième question était plutôt une sorte d’amorce :

« Voici ma question de fan », ou « Entant que fan » … Etonnant …

Oui … la prochaine fois je sais, je me munirai d’une immense valise et je changerai de tee-shirt quatre fois par jour, en fonction des conférences proposées. Enfin, je rigolerai au dérisoire plissement de paupière de l’artiste et je glousserai à la moindre de ses blagues ratées… Ou alors… Il n’y aura peut-être pas de prochaine fois.



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