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CR De Festival   

METAL FEMALE VOICES FEST 2009 (WIEZE) : LADIES FIRST !



Festival : Metal Female Voices Fest[/urlb]
Lieu : Wieze
Date : 17 et 18-09-2009
Public : 4 000 personnes environ

Après une longue aventure sur les chemins de fer que, par dignité, nous refusons de vous relater, nous arrivons enfin à Wieze (et non pas Vize…), un pittoresque petit village près d’Aalst, à quelques dizaines de kilomètres de Bruxelles (et non pas de Liège…). Wieze, c’est mignon, mais il n’y a pas grand chose à faire… En cas d’ennui, on peut néanmoins aller voir Doro, Tarja et Epica à l’Oktoberhallen.


L’Oktoberhallen

Premier constat : au MFVF les classiques stands de merchandisings sont bien entendu de la partie. Les articles sont bien entendu adaptés à l’ambiance du festival : corsets, porcelaine, robes, etc. Nous faisons un premier arrêt dans l’espace VIP/presse dans lequel on ne trouve que 15% de journalistes. Car cet espace sert essentiellement aux fans qui souhaitent se prendre en photo avec presque tous leurs artistes préférés, à l’exception de Tarja qui s’avérera totalement intouchable.


Whyzdom
(Photo : Olivier Gestin)

Nous y croisons tout d’abord Teyla de Whyzdom, toujours aussi demandée, à la voix fatiguée et un peu déçue : selon ses dires et ceux des autres membres, le concert du groupe ayant eu lieu quelques heures plus tôt, s’est déroulé dans des conditions difficiles : cordes (vocales et de guitare) qui cassent, caisse claire qui ne répond plus… A noter que des choristes étaient présents, comme lors du show parisien en première partie de Delain.


Dylath Leen

Au détour de nos pérégrinations, nous apercevons également Dylath Leen se livrant à une habituelle séance de photos et de dédicaces. Le clip de « Adorning Wounds » ainsi que des extraits de leur prestation au Raismesfest 2009 sont d’ailleurs largement diffusés sur les écrans géants de la salle.


Flowing Tears
(Photos : www.gothicpictures.tk)

Il est surprenant de voir un grand comme Flowing Tears si tôt dans l’affiche, surtout par rapport à d’autres formations plus jeunes. Le changement de chanteuse est pour beaucoup dans la perte de notoriété du groupe. C’est d’ailleurs avec un nouveau line-up que les allemands se présentent à nous : nouveau guitariste, nouveau batteur. Flowing Tears, c’est un metal gothique accrocheur avec sa dose de gros riffs (écoutez moi ce « Thy Kingdom Gone », titre éponyme du dernier album !) et même quelques voix gutturales. Un dosage efficace donc avec une prestation scénique correcte. La vocaliste est charismatique, les musiciens bougent bien. Contrastant avec le reste de l’affiche, Helen Vogt chante essentiellement dans les graves, un peu trop par moments ! On notera un manque de diversité vocale usant sur les parties de chant clair. Dommage également que les titres s’enchaînent si vite et que les interventions entre les morceaux soient si conventionnelles. Le concert se conclut par un « Merlin » efficace avec pour fil conducteur une mélodie entêtante à la boite à musique.


Krypteria
(Photo : www.partys.bei.uns.de)

Il n’en manquait qu’un. La chanteuse aux traits asiatiques de Krypteria complète la liste des clichés de l’environnement du Metal à chanteuses en arrivant sur scène en… robe de mariée. Un décalage intéressant avec le jeu de scène de Ji-In-Cho qui, sans être viril, est énergique et incisif. Elle ne gardera sa robe que le temps de la première chanson, laissant la place à une tenue en cuir rappelant le look de Floor Jansen (Ex-After Forever, Revamp). A l’instar de cette dernière ou d’une Doro Pesch, la chanteuse a une attitude rock n’roll dans l’âme. Sa voix couillue certes entraînante s’avérera néanmoins quelque peu fatigante sur la durée.


Signing Session de Delain

Le heavy metal des allemands fait mouche grâce à d’excellents refrains typés FM, notamment sur « Never Say Die ! ». Le jeu de scène est en adéquation avec cette efficacité musicale. Le groupe est charismatique, mention spéciale au jeu scénique du batteur qui fait régulièrement virevolter ses baguettes. A noter qu’au moment où Krypteria nous fait passer un moment de rock n’roll nécessaire à ce stade de la journée, Delain est en session de dédicaces non loin de là.


Midnattsol

Allergiques au côté « politiquement correct » et lisse du Metal symphonique à chanteuses, fuyez Midnattsol. Le concert des germano-norrois et les interventions exaspérantes de la chanteuse nous feront l’effet d’un mauvais discours politique. Carmen Elise Espaenes (soeur de Liv Kristine) répètera une bonne trentaine de fois que « c’est le meilleur public qu’on aie jamais eu ». Une langue de bois qu’il n’y a pas de mal à utiliser de temps à autre. Nous aurions été les premiers à jouer le jeu si tout le show n’avait pas reposé là-dessus. Lorsque l’organisation lui remettra, à la fin du concert, l’award du meilleur groupe espoir, Carmen donne l’impression d’avoir trouvé le Graal. Donnez à la formation encore 15 minutes et Carmen aurait fondu en larmes. Ce trop plein d’enthousiasme fait passer Midnattsol pour un groupe qui veut éviter à tout prix de faire des vagues.

Cela dit, et c’est à mettre à leur crédit, à aucun moment nous n’avons douté de leur sincérité. Musicalement, Midnattsol s’inscrit dans une mouvance metal symphonique classique plutôt de bonne facture. Carmen est d’ailleurs parfaitement compétente au chant. A noter qu’à l’occasion de la première apparition d’Alex (guitare) sur scène avec le groupe, le chanteuse demandera à l’audience s’il mérite sa place. Le public (qui est, il faut le rappeler, le meilleur public depuis l’invention du concert, voire même de la musique) approuvera. Le show s’achève par un bon titre à la longue intro en crescendo accompagnée de lights hivernaux. Le morceau développe une ambiance de type indien plaisante. Midnattsol nous quitte en nous informant, au cas où, que nous avons été le meilleur public du monde.


Delain
(Photo : Olivier Gestin)


Charlotte nous avouait à Strasbourg être soulagée de l’annulation du Tatoo The Mind. Il est vrai que Delain avait vraiment besoin d’une pause après une tournée vocalement difficile pour la jeune chanteuse. Martijn nous confiera une heure avant le début du concert que cette interruption a permis à la vocaliste de récupérer « 85% de ses capacités ». Loin du visage fatigué mais toujours souriant de la semaine passée, c’est à une Charlotte radieuse que les fans demanderont des autographes. Premier groupe à utiliser la pyrotechnie dans cette 7ème édition du Metal Female Voices Fest, Delain investit les lieux avec l’habituel « Invidia » dont les claviers font penser à ceux de « Ever Dream » de Nightwish.

Comme à l’accoutumée, les hollandais sont communicatifs et signent une performance enthousiaste et sincère. Un concert de Delain, c’est très agréable dans le sens où les musiciens installent une atmosphère conviviale et rassurante. Le bassiste et le guitariste/chanteur ont un bon jeu de scène, seul le claviériste est rendu invisible par l’éclairage, dommage. Quant au batteur, il n’a pas le droit à l’erreur (et n’en commettra pas) tant il est bien sonorisé. Si les 2 albums de Delain, franchement conventionnels, ne nous ont pas convaincu, les titres prennent une toute autre ampleur sur scène et leur impact sur le public est indéniable. Impossible de ne pas taper des mains sur « Sleepwalker’s Dream », de remuer les fesses sur le pêchu « Go Away », de jumper sur « The Gathering ».

A noter la présence de l’excellent « Control The Storm », un des meilleurs titres d’April Rain, à l’origine chanté avec Marco Hietala (Nightwish, Tarot, Ex-Sinergy). Dommage d’ailleurs que ce dernier n’aie pas été là, le refrain perd du coup en intérêt. Après une pause acoustique, les hollandais interprètent « Sever », dont le refrain sera chanté par Ronald dans une version death metal peu convaincante. Le guitariste rencontrera également quelques difficultés sur le refrain de « The Gathering ». Il s’en sortira en revanche très bien sur « Vertue Of Vice ». A noter quelques soli de guitare simples mais qui passent bien sur « Nothing Left », un des titres préférés de Charlotte.

En guise de conclusion, Delain interprète un extrait de Lucidity, « Pristine », dont le son de clavier et la voix death rappellent le premier album de Within Temptation. C’est assurément un excellent titre pour conclure, avec ce final lancinant en crescendo (un peu de double pédale n’aurait d’ailleurs pas été de trop). Il ne manque plus qu’un coucher de rideau sur le groupe en train de jouer pour que l’effet soit maximal. Seul l’attendu « April Rain » manquera à l’appel. Etant vocalement exigeant, Charlotte, à peine remise, a préféré ne pas s’y risquer. Quelques heures plus tôt, on nous distribuait des flyers concernant l’information qui sera révélée par la principale intéressée elle-même entre le show de Delain et d’Epica : Floor Jansen monte un nouveau groupe avec Waldemar Sorychta (Eyes Of Eden) et Joost Van Den Broek (claviériste de feu After Forever). Information certes limitée puisque pas de myspace, pas de groupe au complet, pas d’indices sur l’orientation musicale. Mais la perspective de revoir Floor sur le circuit reste enthousiasmante.


Epica
(Photo : Julie Gardon)

Epica a la fâcheuse habitude d’avoir tout le temps de l’actualité : lives, EP, bandes originales, albums… Un prétexte pour tourner en permanence. De ce fait, même en cherchant à les éviter, on finit par devoir subir un de leurs shows. Shows qui, par ailleurs, se font de plus en plus longs. C’est la fin de cette première journée et cette heure quarante nous semble interminable. Cela dit, pour être honnête, votre serviteur n’est pas le plus grand adorateur d’Epica.

Tête d’affiche des têtes d’affiche du festival, Epica a voulu mettre les petits plats dans les grands : chorégraphies, effets pyrotechniques, déguisements – à noter un beau déguisement de sorcière entourée de flammes pour Simone – et invités : c’est avec les plaisir que les fans verront revenir Ad Sluijter, ancien guitariste de la formation, sur l’epic « Consign To Oblivion ». Floor Jansen sera également de la partie et apportera sa plus-value sur « Follow The Cry ». Un moment indéniablement émouvant pour le fan. Cela dit, pour un concert qui se voulait spectaculaire en vue d’une sortie en DVD, on reste un peu sur notre faim d’un point de vue visuel. Le fait est que des groupes tels que Within Temptation nous ont déjà habitué à plus de surenchère.

On constate, avec la sortie du nouvel album Design Your Universe, un important remaniement de la setlist. Beaucoup de classiques passeront à la trappe. Signalons également la présence du thème de Star Wars (que l’on pouvait déjà écouter sur le dernier live des hollandais). Nous avions évoqué les progrès scéniques du groupe lors de notre compte rendu du Raismesfest , ce show ne fait que le confirmer. Si Simone a gardé cette fâcheuse habitude de disparaître pendant les parties instrumentales au lieu de nous gratifier de son déhanché si sexy, Mark est un bon frontman, souriant et imposant. Triste à dire, mais c’est lui qui fait tout le travail et qui entretient l’ambiance. Le nouveau guitariste évolue comme un poisson dans l’eau. Selon les dires de Coen Janssen (claviers) quelques heures plus tôt, ce nouvel élément leur apportera beaucoup au niveau des soli et de par la diversité de ses influences. Avec un nouvel album sur lequel on trouve plus de gros riffs et de parties extrêmes, Epica prouve également sa compétence scénique dans le domaine.

Le point noir de ce concert est inhérent aux compositions du groupe, qui délaissent les mélodies ou les riffs au profit d’une surcharge de couches. Epica, c’est touffu et varié, mais les riffs ou les mélodies n’ont en eux-mêmes rien de formidable (ni rien de vraiment mauvais d’ailleurs !). Pour aller plus loin, on a l’impression que les compositions sont plus le fruit d’un synopsis préalable, d’une réflexion plus cinématographique que musicale. Certaines parties ne s’insèrent à un endroit que pour répondre à un agencement intellectuel défini à l’avance et ne découlent pas d’un véritable feeling. C’est pourquoi certains riffs thrashy, qui, dans un premier temps dupent l’auditeur par leur habile répartition dans les titres épiques, manquent au final de conviction. Un constat d’autant plus flagrant sur le dernier opus. Epica brasse de l’air, mais le fait bien, ce qui rend le concert à la fois plaisant et ennuyeux. On notera malgré tout quelques moments de bravoure tels que l’introductif « Resign To Surrender », l’agressif « Martyr Of The Free World » et le classique « Cry For The Moon ».

Setlist Epica :

Samadhi
Resign To Surrender
Unleashed
Martyr Of The Free World
Fools Of Damnation
Imperial March
Burn To A Cinder
Sensorium
Follow In The Cry (invitée : Floor Jansen)
Tides Of Time
The Phantom Agony

Rappels :

Sancta Terra
Cry For The Moon
Kingdom Of Heaven
Consign To Oblivion (invité : Ad Sluijter)


To-Mera
(Photo : www.deadbysunrise.co.uk)

Les yeux de votre serviteur n’étant pas encore tout à fait fonctionnels du fait de l’horaire matinal, ce sont les rythmiques progressives syncopées de To-Mera qui nous guideront vers l’entrée de l’Oktoberhallen en ce dimanche 18 octobre. Avant toute chose, précisons que la vocaliste remportera la palme, à titre personnel, de la plus belle chanteuse du week end. Dommage que les anglais aient été placés si tôt : de bon matin, le prog de To-Mera, c’est un peu rude. Nous étions néanmions curieux de voir comment les compos de l’excellent Delusions allaient passer le cap de la scène. Et ce n’était pas gagné. Il est clair que la formation s’adresse à un public alerte. Les titres sont denses, mais composés de manière intelligente et cohérente. Un break jazzy s’insère par exemple à merveille dans un « The Lie » pourtant quasi death-metal !

Quelques rythmiques plus communes, quelques mélodies plus accrocheuses viendront libérer l’auditeur d’une insoutenable concentration, comme sur « Inside The Hourglass », qui concluera logiquement le set. Côté jeu de scène, les anglais ne sont pas là pour prouver qu’ils sont des bêtes de scène. L’objectif est de ne pas interférer dans la concentration de l’audience. C’est donc polis et souriants qu’ils assurent un show, tout en honnêteté et en sobriété.


Coronatus

Il est alors 11h40 quand les allemands de Coronatus commencent. Le groupe a la particularité d’évoluer avec deux chanteuses. Ce concert ne nous laissera pas un grand souvenir, que ce soit d’un point de vue musical (leur metal symphonique est inoriginal au possible) ou scénique. A noter le « Hey!Hey!Hey!Hey! » le moins énergique du monde de la part de Carmen R. Schafer, vocaliste blonde du groupe. Qui plus est, le chant n’est pas toujours d’une justesse irréprochable. On remarque néanmoins un bassiste qui se fait plaisir sur scène et qui se fait remarquer par ses mimiques ou en s’amusant avec son manche (de basse, les amis, de basse…).


Lahannya
(Photo : www.art-in-black.com)

Lahannya est à l’origine le projet d’une personne, à savoir la vocaliste elle-même, que l’on remarque pour ses cheveux bleus. Mis à part cet élément capillaire et quelques bons riffs dansants, rien d’extraordinaire chez cette formation anglaise de goth/électro metal. Si la frontwoman ne manque pas de charisme, sa voix laisse à désirer : lignes de chant peu enlevées et qui manquent de diversité, problèmes de justesse… Côté setlist, les personnes qui suivent le groupe de près auront le plaisir d’entendre la première interprétation live de « Open Your Eyes » ainsi que des titres du nouvel album Defiance sorti au mois de septembre. Le concert s’achève par « Inside The Machine », un des tubes du groupe.


Deadlock
(Photo : www.stephanscherer.com)

Une voix robotique annonce l’arrivée de Deadlock à l’aide de tous les superlatifs possibles et imaginables (« the brave, the wise, the magnificent »…) avant de casser cette atmosphère solennelle par un « Please move your fucking ass » d’autant plus jouissif qu’il est dit sur ce même ton monocorde. S’ensuit un sample électro/indus sur lequel on aperçoit le batteur en train de danser dans l’ombre. Après cette intro originale et décalée, Deadlock arrive et donne du punch à ce Metal Female Voices Fest avec un metalcore efficace servi par un binôme de chanteurs. Et, aussi douloureux que ce fût pour nous autres hommes de l’assemblée, ce ne fut que justice pour le public féminin. Oui, ce conn… euh ce chanteur est plutôt beau gosse. Cela dit, nous n’étions pas en reste avec la chanteuse, dont le look peut faire penser à celui d’une présentatrice de la météo sur M6. Une prestation pleine d’énergie juvénile, néanmoins le constat global s’avère être le même que sur album, à savoir trop de redondance dans les mélodies et les riffs. « Awaken By Sirens » (de l’album Earth.Revolt de 2005) constituera un moment prenant avec son final minimaliste piano/chant.


Stream Of Passion
(Photo : www.llukygallery.nl)

Stream Of Passion fait partie de ces groupes que l’on a découvert par le biais d’Arjen Lucassen. En effet, ce dernier ayant particulièrement apprécié le travail de Marcela Bovio dans The Human Equation d’Ayreon, a décidé de monter un groupe avec elle. Après le premier album Embrace The Storm (2005), Arjen quitte l’équipe afin de la laisser voler de ses propres ailes. Joli coup de pouce ! Malheureusement, comme pas mal de side projects d’Arjen (avec l’exemple récent de l’ennuyeux Guilt Machine), le résultat n’est que très moyen. Les mélodies, certes originales et travaillées, tombent à plat et le show s’avère, comme sur album, mou du genou. Une véritable déception lorsqu’on a en tête le brillant résultat de cette collaboration sur The Human Equation.


Darzamat

Il est alors 15h40 et Darzamat vient assombrir le ciel avec son dark metal de qualité. Il s’agira, avec Trail Of Tears, du groupe le plus sombre du week end. Les polonais sont sur le circuit depuis 14 ans et allient mélodies gothiques inquiétantes à des riffs empruntés au metal extrême. Avec ses deux frontmen, Darzamat alterne entre un chant féminin grave et un chant guttural death metal. Une prestation et une démarche musicale qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler… Trail Of Tears !


Van Canto

On pouvait s’y attendre. Si les premières minutes du show de ce groupe entièrement A Capella (mis à part la batterie) sont intéressantes pour la curiosité, le reste s’avère lassant. On applaudit l’exploit vocal indéniable, on est presque dupé par moments par cette imitation parfaite de la basse ou des soli. On sourit à l’écoute des « Rakataka » qui font office de guitares. C’est le syndrôme Apocalyptica. La performance est impressionnante, mais ne sonne pas très bien d’un point de vue artistique. Néanmoins, les quatre frontmen, très drôles par ailleurs, ont une excellente maîtrise de la scène. Le set sera garni de reprises qui ne manqueront pas de fédérer la foule : « Wishmaster » de Nightwish, « The Trooper » d’Iron Maiden, « The Bard’s Song » de Blind Guardian. Seule « Battery », qui a fait connaître le groupe, manque à l’appel, dommage ! D’un point de vue purement musical, les compos de Van Canto, dans un registre heavy/speed mélodique, ne sont pas extraordinaires, mis à part un « The Mission » au refrain fédérateur, qui concluera le set.

Trail Of Tears

Le concert de Trail of Tears nous fera la même excellente impression que celui de Darzamat. Il faut dire que les styles musicaux sont proches et que les atmosphères génèrent les mêmes émotions. Avec une interprétation carrée, un charisme imposant, une musicalité digne de Moonspell (le frontman dégage une aura qui n’est pas sans rappeler celle de Fernando Ribeiro), Trail Of Tears réalise l’une des meilleures prestations de ce MFVF.


Leave’s Eyes

Cette année, pas de bâteaux de pirates pour Leave’s Eyes, Liv Kristine déclarant qu’elle l’a oublié chez elle. L’ancienne chanteuse de Theatre Of Tragedy a également oublié son homme chez elle, puisque le grunteur Alexander Krull d’Atrocity est également aux abonnés absents. Normal, me direz-vous, puisque Leave’s Eyes nous propose ce soir un court show acoustique d’une vingtaine de minutes. Il paraît que c’est ainsi que l’on perçoit la véritable valeur d’une mélodie. Mission accomplie avec des morceaux qui prennent une dimension intéressante, avec notamment un petit côté irlandais sur… « Irish Rain ». Le seul bémol reste ce sourire automatique de Liv Kristine, digne d’un spectacle de natation synchronisée et qui peut sonner comme hypocrite. Un côté gentillet qui nous procure la même impression que sur la prestation de sa soeur dans Midnattsol. Néanmoins, encore une fois, il s’agit d’une attitude débordante de sincérité et donc qui inspire le respect.


Doro ou l’ode au Heavy Metal
(Photo : www.metal-experience.com)

La pause acoustique a été stratégiquement placée juste avant le show de la Metal Queen pour que son arrivée n’en soit que plus éclatante. Parler d’énergie ou de pêche serait un euphémisme tout à fait insuffisant. On a affaire au concert de loin le plus rock n’roll du week end. Plus que cela, ce spectacle, qui célèbre les 25 ans de la carrière de Doro Pesch, est un hommage au heavy metal. Dans son discours, Doro se rapproche parfois et dans une certaine mesure, de Manowar. A propos de discours, qu’est-ce qu’elle est bavarde ! Si son enthousiasme à être sur scène est plaisant à voir et si ses propos dithyrambiques à propos de l’audience semble venir droit de ses tripes, son interminable blabla sur le fait qu’il faut faire vivre le heavy metal, etc. est à la longue lassant.

Niveau chant, Doro a par ailleurs tendance à un peu trop gueuler et à délaisser parfois les mélodies vocales. Ce qui constituera l’unique point noir de cette prestation rentre dedans au possible, garnie d’hymnes rock n’roll et heavy comme on les aime. Le batteur nous gratifiera d’un efficace solo, sans qu’il soit non plus d’une technicité rebutante. Côté setlist, on aura droit, en plus des classiques, à une reprise de « Painkiller » de qui vous savez. Au niveau des surprises (qui, à ce stade du week end, n’en étaient plus), on aura droit à un duo avec Tarja Turunen ainsi qu’à un trio avec Liv Kristine et Floor Jansen. Doro de rendre d’ailleurs la pareille à Tarja en venant l’accompagner sur un de ses titres.


Tarja
(Photo : Hélène Muessler)

Un détail attire notre attention lors du montage du matériel de scène du groupe de Tarja. Les cymbales chinoises de la batterie sont placées très en hauteur : « mais où ai-je déjà vu ça? ». La réponse s’impose à nous dès le début du concert lorsqu’on aperçoit la frimousse de Mike Terrana, le mercenaire de la batterie au jeu toujours aussi visuel. Dès ce moment, nous comprenons qu’il nous sera impossible de nous focaliser sur Tarja, ce qui était pourtant l’objectif d’un groupe portant son nom. Le fait est que dans la sphère metal, les instrumentistes ont tendance à être sur le devant de la scène. Le public metal n’est donc pas à l’aise avec ce concept d’artiste central accompagné de musiciens relégués au second plan. Terrana nous prouvera sa capacité de musicien de session à donner du feeling à la musique, peu importe le style dans lequel il évolue. Nous aurons également droit à son traditionnel solo où Mike, toujours aussi inspiré combine grooves et jongleries.

Tarja ou le degré zéro de la spontanéité, à l’inverse d’une Doro plus qu’honnête, malgré sa longue carrière. Cet ultime concert de ce MFVF est préparé (jusque dans ses interventions entre les titres) à tel point qu’il en est puant. Cet enthousiasme béat que l’on reprochait à Midnattsol ou à Leave’s Eyes sonne dans le cas présent comme de l’hypocrisie. Une consensualité druckerienne que l’on ne pensait jamais retrouver lors d’un concert de metal. Ainsi, lorsque Tarja reçoit un award de la part de l’organisation, son air ébahi et son « olala, je ne m’y attendais pas du tout » sont pathétiques, dignes d’une diva de variété internationale et nous rappelle ce que l’on fuit dans les médias grand public. Son jeu de scène est suffisant : la diva ne joue que sur sa présence et sa notoriété. Qui plus est, sa voix est loin d’être aussi brillante que ce qu’on en dit, notamment dans les parties graves. Ce Metal Female Voices nous a montré de bien plus grands talents vocaux.

Côté spectacle, le show est très travaillé, voire trop. Ainsi, on s’ennuie d’avoir systématiquement droit à de longs interludes entre les chansons. Si les compositions de Tarja ont le mérite d’être originales, d’avoir du potentiel et de s’éloigner des influences de Nightwish (avec notamment un côté jazzy intéressant), elles ne laissent pas pour autant un souvenir intarissable. On touchera le fond avec un « Poison » d’Alice Cooper qui, si on peut lui accorder le fait de l’avoir retravaillée à sa sauce, désammorce tout le côté fédérateur que nous aimons tant dans ce tube. Comme on pouvait s’y attendre, les trois reprises de Nightwish, « She Is My Sin », « Deep Silent Complete » et « Nemo » feront mouche. Rien à dire, ça fait plaisir d’entendre à nouveau ces titres avec la voix de Tarja…




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  • Super ce reviex du MFVF…
    Je ne trouve pas le review du greoupe que j’aime bien et qui a joué l’année passée… Manic Movement

    merci

    [Reply]

  • Très bien ce report du MFVF! Je ne sais pas si vous avez eu les mêmes
    problèmes de train que moi mais il est vrai que le Thalys que j’ai
    emprunté est tombé en panne à 200 mètres de la gare de Bruxelles-Midi,
    ce qui m’a fait rater la correspondance prévue pour Aalst. Fort
    heureusement, j’ai rattrapé au vol un autre train faisant la liaison
    vers cette ville, train lui-même… en retard! Bilan: j’ai manqué le
    premier set (celui des Japonais de Pinky Doodle Poodle) mais je suis
    arrivé tranquillement pour bien profiter du set de Whyzdom.
    * Whyzdom
    Il est vrai que le groupe parisien qui a remporté le Warm Up du festival
    en 2008 a joué dans des conditions difficiles entre un temps
    d’installation très court sur scène, les problèmes de gorge de Telya,
    Vynce qui a cassé une corde de sa guitare en pleine prestation (mais
    changera fissa d’instrument) et des problèmes de son côté scène.
    Néanmoins, Whyzdom a assuré une performance tout à fait correcte,
    donnant un aperçu concis de son univers sur les 40 minutes qui leur
    étaient allouées et ce, grâce à un choix de titres bien taillés pour le
    live (« Everlasting Child », « The Witness », « The Train », « Atlantis » et
    « Daughter of the Night »). Malgré ses soucis de voix, Telya a assuré le
    show de manière très professionnelle et enthousiasmante. Ne parlant pas
    au public afin de donner le meilleur d’elle-même pour le chant (c’est
    Vynce qui a communiqué avec les spectateurs), sa performance vocale,
    malgré quelques couacs au niveau des modulations, a été très appréciable
    (et très appréciée): j’accroche toujours autant à sa tessiture très
    particulière qui la distingue de ses (nombreuses) cons?urs officiant
    dans le genre et alterne avec finesse puissance et sensibilité. Quant à
    sa présence scénique, elle est indéniable entre des headbangs
    impressionnants à rendre jalouse une Floor Jansen, des chorégraphies en
    apesanteur et des expressions théâtrales prouvant qu’elle est aussi une
    excellente comédienne, le tout étant exécuté avec une énergie et un
    sourire très communicatifs.
    Pour accompagner une talentueuse artiste, il y avait de talentueux
    musiciens. Tout d’abord, on remarque une chorale mixte (5 chanteuses et
    un chanteur lyriques) répondant au nom mystérieux de Dark Whispers Choir
    et qui apporte beaucoup de relief aux morceaux. 2 choristes assureront
    un duo fort sympathique avec Telya sur « Everlasting Child » et
    « Atlantis ». En contrechamp de la voix cristalline de Telya, Vynce
    (également guitariste et orchestrateur) assure des grunts de plus en
    plus maîtrisés conférant la noirceur de l’univers whyzdomien.
    Musicalement, les riffs de guitare (assurés par Vynce et Régis) et de
    basse (assurés par Xavier) demeurent toujours aussi acérés et la
    batterie (avec Nico aux fûts) envoie les rythmes demandés avec beaucoup
    d’à-propos dans les variations de jeu. On n’oubliera pas non plus les
    orchestrations audibles gérées par Marc, claviériste du groupe. Whyzdom,
    c’est du symphonique donnant la part belle à l’orchestre et aux ch?urs
    mais aussi du métal puissant et pêchu, le tout restitué par un son de
    façade acceptable.
    Côté jeu de scène, je relève la synergie coutumière du groupe, occupant
    la grande scène de l’Oktoberhallen avec aisance et haranguant le public
    avec ferveur. Les spectateurs appréciant le groupe n’ont pas manqué de
    montrer leur enthousiasme tandis que ceux qui le découvraient ont suivi
    le set avec attention. 1000 personnes étaient présentes et le succès
    public de la prestation de Whyzdom ne s’est pas démenti durant tout le
    reste de la journée entre Telya et ses camarades de jeux discutant avec
    le public, signant des autographes et se faisant prendre en photo, une
    présence accrue au stand merchandising et une signing session non prévue
    à l’origine mais organisée devant l’importante audience dont a bénéficié
    le groupe. Objectivement, la musique de Whyzdom plaît et l’on ne peut
    que souhaiter au groupe de vivre de nombreux autres moments comme celui-ci.

    Pour le reste, voici mes coups de sans plus/bof bof et de c?ur:
    1/ Sans plus ou bof bof
    A/ Samedi 17 octobre
    * Manic Movement, Krypteria: rien de bien original musicalement et
    scéniquement mais pas mal de personnes ont apprécié ces sets…
    * Midnattsol: les incessants et vite agaçants « You’re so great, so
    amazing » de Carmen ont grandement limité la qualité du set, handicapé
    par les problèmes vocaux (décidément!) de la jeune chanteuse qui n’a pas
    pu monter dans les aigus, donnant de ce fait une performance vocale
    approximative. A revoir dans de meilleures conditions!
    * Delain: musicalement, je trouve les morceaux du premier album
    classiques dans le genre mais bien faits tandis que le deuxième album
    est nettement plus orienté pop/rock sucrée prévisible et bien moins
    symphonique (ce n’est que mon avis). Vocalement, Charlotte a un timbre
    de voix agréable et toujours bien en place, qui ne s’est pas démenti ce
    soir-là, même si je garde un meilleur souvenir de sa prestation
    parisienne à la Scène Bastille le 29 avril 2009. Scéniquement, le groupe
    dégage beaucoup d’entrain et c’est sans doute pour cela qu’il est très
    apprécié en live. Leur succès au MFVF ne s’est pas démenti.
    Personnellement, j’ai trouvé qu’il s’agissait d’une prestation correcte
    de co-headliner mais, selon moi, la set-list enchaînait beaucoup de
    titres homogènes, donnant parfois l’impression d’écouter plusieurs fois
    le même morceau. Le son, trop fort, ne m’a pas permis d’apprécier
    pleinement le set. Je suis tout de même bien rentré dans le très
    fédérateur « The Gathering ».
    B/ Dimanche 18 octobre
    * To-Mera: métal progressif ennuyeux au possible en live, peu aidé par
    une chanteuse statique assurant à peine le minimum syndical dans sa
    communication avec le public.
    * Doro: de l’énergie certes, une voix éraillée proche de Bonnie Tyler,
    un public enthousiaste mais de la musique peu subtile pour mes oreilles.
    Je m’attendais à mieux…
    * Tarja: une voix en or desservie par un son insupportable mettant les
    basses en avant, un batteur qui, bien que virtuose, semble avoir relégué
    le mot « subtilité » au placard, des intermèdes interminables dont un solo
    de batterie suivi d’un duo avec la guitare proprement lassant, une set
    list peu fluide faisant se succéder trop de titres pêchus ou trop de
    ballades… Tarja et ses musiciens sont capables de bien mieux et n’ont
    pas donné un grand final au MFVF. Décevant!
    2/ Coups de c?ur
    A/ Samedi 17 octobre
    * Autumn: le métal atmosphérique du combo hollandais passe très bien le
    cap de la scène et s’avère agréable à l’oreille
    * Epica: le BIG coup de c?ur du festival et sans conteste le meilleur
    show de ces deux journées! Mené par un Mark Jansen déchaîné et une
    Simone bien en voix, le set a enchaîné harmonieusement titres du dernier
    album et « classiques », le tout servi par un superbe light show et une
    pyrotechnie de fort bon aloi. Côté énergie, Epica en a revendre et coté
    musique, également, avec entre autres les soli bienvenus d’Isaac
    Delahaye qui apportent beaucoup d’air aux compositions chargées mais
    subtiles du combo et les grunts d’Ariën Van Weesenbck sur
    l’excellentissime « Kingdom of Heaven ». Autres grands moments: la version
    métal de la Marche Impériale de STAR WARS de John Williams, la
    participation de Floor Jansen et celle d’Ad Sluijter ayant permis à Mark
    de se « libérer » de sa guitare sur le final « Consign to Oblivion » et de
    s’imposer en véritable frontman et showman charismatique, à l’égal de la
    belle mais glaciale et donc parfois agaçante Simone. J’appelle un set
    d’une telle tenue du grand art musical et scénique assuré par des
    professionnels de la scène métal symphonique.
    B/ Dimanche 18 octobre
    * Stream of Passion: excellent set bien trop court mené par la voix
    puissante et chaleureuse de Marcela Bovio
    * Van Canto: la curiosité du festival… Du métal à cappella avec pour
    seul instrument une batterie… Les lignes vocales et instrumentales
    sont assurées par des chanteuses et des chanteurs débordants d’énergie
    et de créativité. Fort sympathique!
    * Trail of Tears: un duo vocal éprouvé chant death masculin/chant clair
    ou lyrique féminin pour des compositions qui cognent fort tout en étant
    très travaillées. Le talent vocal et scénique de Ronny Thorsen et de
    Cathrine Paulsen est indéniable, de même que celui de l’ensemble des
    musiciens formant ce combo gothique norvégien qui gagne à être connu
    dans nos contrées. Le set fut d’un grand professionnalisme, ce qui est
    tout à l’honneur du groupe. Un excellent moment en ce qui me concerne!

    Conclusion: je ne regrette pas le déplacement à cette septième édition
    du MFVF pour voir et encourager Whyzdom, prendre un plaisir de tous les
    instants avec Epica et faire de belles découvertes (Trail of Tears, Van
    Canto,…), ajoutées à des discussions fort cordiales avec des têtes
    connues et inconnues dans le public.

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