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Chronique   

Metallica – Hardwired…To Self-Destruct


Metallica - Hardwired…To Self-DestructDe quoi déchaîner un peu plus les passions : voilà ce que représente un album de Metallica aujourd’hui, et les 88 minutes d’Hardwired… To Self Destruct ne vont pas déroger à la règle. Entre ceux qui attendent (vainement) un retour aux années légendaires du groupe, ceux qui sont aveuglés par un amour indéfectible et ceux qui ne l’écouteront que pour légitimer brièvement leurs critiques, Metallica, comme à l’accoutumée, suscite une myriade de réactions toutes différentes les unes des autres, de l’indifférence à la véhémence en passant par l’adoration. Pourtant Hardwired…To Self Destruct a de très sérieux arguments et mériterait une élaboration dénuée de préjugés si le groupe ne s’appelait pas Metallica. Peu évidents au premier abord (88 minutes, c’est…long), ceux-ci apparaissent au fur et à mesure des écoutes. Quoi que peuvent en dire certains, les Four Horsemen en ont encore sous la pédale et ne se contentent pas de faire du fan-service.

En premier lieu, Hardwired…To Self Destruct met fin à une règle controversée des derniers opus de Metallica, à savoir des expérimentations dans la production plutôt douteuses. Exit un master sur-saturé et le son de caisse-claire « garage » qui, en dépit de ses quelques défenseurs, ne faisait rien pour aller dans le sens d’une « recherche d’authenticité »… Metallica fait enfin honneur à son statut avec un son digne, une batterie qui a la lourdeur du Black Album et des guitares incisives sans irriter l’oreille et dénaturer l’identité sonore. Merci Greg Fidelman (Red Hot Chili Peppers, Black Sabbath, Slipknot…) ? Sans aucun doute. Surtout, fort d’un son à la hauteur, Hardwired…To Self-Destruct dégage une réelle impression de spontanéité. Comme si le groupe ne se sentait pas acculé par une pseudo-obligation de « faire comme avant », forçant le trait de certains riffs à l’instar d’un Death Magnetic (2008). Alors certes, Metallica n’innove pas (plutôt logique), mais cet opus laisse transparaitre des élans d’inspiration sincères qui donnent naissance à des riffs bienvenus après plusieurs années presque exsangues de ce côté. « Murder One » se permet d’explorer des tonalités peu communes pour les californiens, le tout avec un aplomb bienvenu qui soutient les efforts d’un Kirk Hammett plus inspiré et délivré d’un son de guitare défiguré par la multitude d’artifices lors des soli. « Dream No More » persiste dans ce côté lourd, flirtant avec le grunge, Alice In Chains en tête, et les meilleurs moments de Load (1996). Metallica évite l’écueil principal : celui de barber l’auditeur avec des riffs génériques à rallonge. La construction des titres bénéficie d’une certaine justesse, et James Hetfield ne semble pas accuser le poids des années, et ce même sur les « speedries » à la Kill ‘Em All (1983) comme « Spit Out The Bone ».

Cependant, on peut encore taxer Metallica de faire de l’excès de zèle. Car comme évoqué précédemment, 88 minutes c’est copieux et le groupe n’esquive pas les longueurs (sans aller jusqu’à faire du Death Magnetic). « ManUNkind » vient briser légèrement la cohérence de l’album avec un refrain à la mélodie pataude, peut-être seule erreur de James Hetfield sur cet opus. « Halo On Fire », le titre le plus dense de l’album dépassant les huit minutes est malheureusement l’un des moins entrainants. On ne peut s’empêcher de se rappeler les extraits les moins inspirés, cette fois, de l’ère Load et Reload (1996 & 1997), malgré la volonté de souligner des mélodies heavy à plusieurs reprises. L’ensemble de la chanson s’avère au final plat, voire fouillis. Pourtant Metallica ne rate pas tous ses clins d’œil au passé, en témoigne l’intro « Here Comes Revenge » qui a des airs de « The Shortest Straw » et qui rappelle les progressions d’…And Justife For All (1988) ainsi que l’efficacité du Black Album.

Car au final, ce Hardwired…To Self-Destruct est un parfait mélange des diverses inspirations qu’a eu Metallica tout au long de sa carrière. Ces derniers parviennent à puiser dans leur discographie sans se parodier eux-mêmes. Surtout, ils semblent n’avoir que faire de la pression, de l’immense attente et du « qu’en dira-t-on ? ». Metallica ne prend pas de risque, mais il ne livre pas du réchauffé à tout va. Hardwired…To Self-Destruct propose un amalgame de hard-rock, de heavy et de thrash qui fonctionne, étonnamment bien d’ailleurs. Très bien, Metallica n’a plus ce rôle de groupe novateur capable de bousculer les codes qu’ils ont eux-mêmes établis en grande partie. La fonction revient aujourd’hui à d’autres groupes plus jeunes, qui aimeraient justement toucher du doigt l’aura que les californiens ont désormais acquise. Seulement, Metallica fait partie de ces groupes dont les opus ont jalonné la vie de beaucoup d’entre nous, et ce Hardwired…To Self-Destruct a un mérite essentiel au final : sans impressionner, il ne fera que conforter leur statut d’idole de jeunesse et de titan du metal.

Clip vidéo de la chanson « Hardwired » réalisé par Colin Hakes & The Artist :

Clip vidéo de la chanson « Atlas, Rise! » réalisé par Clark Eddy :

Clip vidéo de la chanson « Now That We’re Dead » réalisé par Herring & Herring :

Clip vidéo de la chanson « Moth Into Flame » réalisé par Tom Kirk :

Clip vidéo de la chanson « Dream No More » réalisé par Tom Kirk :

Clip vidéo de la chanson « Halo On Fire » réalisé par Herring & Herring :

Clip vidéo de la chanson « Confusion » réalisé par Claire Marie Vogel :

Clip vidéo de la chanson « ManUNkind » réalisé par Jonas Åkerlund :

Clip vidéo de la chanson « Here Comes Revenge » réalisé par Jessica Cope :

Clip vidéo de la chanson « Am I Savage » réalisé par Herring & Herring :

Clip vidéo de la chanson « Murder One » réalisé par Robert Valley :

Clip vidéo de la chanson « Spit Out The Bone » réalisé par Phil Mucci :

Clip vidéo de la chanson « Lords Of Summer » réalisé par Brett Murray :

Album Hardwired…To Self-Destruct, sorti le 18 novembre 2016 via Blackened Recordings. Disponible à l’achat ici.



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  • Vraie ! Un album trop long ! Je l’ais raccourci de 2 titres ! Et c’est impeccable comme ça !!

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  • Je le trouve très agréable cet album.
    Il s’écoute tout seul.
    Bien sûr, on arrive pas au niveau du Big 4 (Kill, Ride, Master, Justice) mais c’est pas mal. J’aime particulièrement Dream No More.
    C’est bon de revoir Cthulu de retour!

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  • En 2 semaines, le nouvel album de Metallica s’est vendu plus que les 4 derniers albums de Korn réunis depuis 6 ans. Tout est dit.

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  • « et ne se contentent pas de faire du fan-service »
    Def Lep, si vous nous lisez…

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  • Toujours fidèle à Metallica depuis leur début, jamais déçu, même sur st anger. Du bon, du très bon Metallica que ce nouvel album. Longue vie au métal !

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  • Gregdevil666 dit :

    Pas accroché. L’album est dans la continuité de Death Magnetic.

    A part Hardweid et Spit to the Bone qui arrachent le reste est bateau, biensur quelque riff, solo par ci par la mais pas de quoi casser 4 pattes à un Donald. Je trouve que pour un groupe qui a(avait ?) le talent de Metallica c’est décevant.

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  • certainement ce qu ils ont sorti de mieux depuis 20 ans

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  • ALEXMETALMANIAC dit :

    la critique est facile et l’art difficile , mais très bonne analyse qu’est la votre .MOI JE SUIS UN ACCRO DE METALICA donc pas très objectif mais qu’on aime ou pas faut bien admettre qu’ils sont pas moisi ….J’ai pas encore le cd mais comme je suis sage je devrai l’avoir pour noel long live rock & roll … long live METALICA …..

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    bernard pivot

    Suis un accro…. tu sais meme pas l’ecrire nounouille.

  • Je pense que James baisse au niveau voix ….et quelque peu en créativité des airs-chants….. le temps passe. Lars n en finit pas de régresser et nuit à l énergie des titres…

    Sinon ça passe encore bien, donne encore la pêche …

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    Faraben

    Tu viens de résumer parfaitement ce que je pense de cet album : James peu inspiré vocalement, et Lars qui n’en branle plus une.

    Dommage car mis à part ça, l’album poutre bien dans l’ensemble.

    PS: Où est la basse? ^^’

  • T'as la motte enflammée dit :

    Pour moi 10 titres au top et deux qui sonnent load/reload que je n’aprécie pas vraiment= Am I savage & Halo on fire.

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  • Très juste critique, bravo ! Je pensai à peu près la même chose aux premières écoutes, maintenant je suis accro, ça tourne en boucle dans ma bagnole ! Ca faisait longtemps que j’avais pas pris autant mon pied en les écoutant, belle cure de rajeunissement !

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  • La critique est objective, je crois que tout à été dit! Bon travail!

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  • Je débute l’album, du très bon jusqu’à la 4eme et à partir de la 5eme comment dire, le soufflé retombe. Non pas que l’album est mauvais, mais au vu des 4 premières je m’attendais à mieux pour la suite.

    Sur ce, je retourne écouter le dernier Testament.

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  • WhoDoYouThinkIAm dit :

    Excellente chronique d’un trés bon album.

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