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Chronique   

Michael Romeo – War Of The Worlds Pt. 1


Inutile de présenter en détail Michael Romeo, guitariste et compositeur prolifique de Symphony X. Ce dernier est à l’origine de la majeure partie de l’écriture de la formation, étant inspiré par tout ce qui l’entoure, et surtout, insatiable. Cette fois-ci, c’est par le biais d’un opus solo qu’il trouve de quoi étancher sa soif de musique. War Of The Worlds Pt. 1 est sa première entreprise solitaire, si l’on exclut la collection de démos de 1994 The Dark Chapter. Il est assisté de John De Servio, bassiste de Black Label Society, John Macaluso (Yngwie Malmsteen, Ark) à la batterie et Rick Castellano au chant. War Of The Worlds Pt.1 (inspiré du roman du même nom d’H.G. Wells) a beaucoup de points communs avec Symphony X, si ce n’est un recours encore plus prononcé aux orchestrations et à la musique électronique… En quelque sorte, War Of The Worlds Pt. 1 est une sorte d’album de Symphony X aux cadres plus lâches.

On aurait pu s’attendre à un album de guitar-hero avec une importance considérable accordée aux plages instrumentales. Michael Romeo a au contraire privilégié une certaine narration portée par le chant de Rick Castellano, aux timbre, mimiques et lignes pas si éloignés de Russell Allen. Évidemment, le goût du guitariste pour les ornements orchestraux trouve ici matière à s’exprimer : l’introduction de War Of The Worlds Pt.1 rappelle l’affinité du guitariste avec la musique néo-classique et les bandes originales de films de science-fiction composées par John Williams, entre autres. Le guitariste parvient à créer une véritable atmosphère qui n’a que peu à envier aux films dont il s’inspire, avant de la transformer par la technicité de son jeu de guitare. « Fear The Unknown » aurait pu aisément figurer sur un opus de Symphony X, c’est le chant de Rick Castellano qui excelle sur les refrains qui met la composition sur un piédestal. Les riffs de guitare cavaliers de Romeo voient leur complexité nuancée par l’accroche du chant de Rick. En résulte des titres qui malgré leur aspect technique conservent une énergie résolument heavy. L’introduction de « Black » avec cette rythmique lourde supportée par l’orchestre montre une fusion audacieuse mais réussie entre une musique progressive et des arrangements qui, a priori, auraient pu être pompeux. Encore une fois, Rick Castellano impressionne par la justesse de ses lignes mélodiques et son registre – avec un joli grain hargneux (le rapprochement avec le chanteur de Symphony X est surtout flagrant ici) – qui sied parfaitement à l’écriture de Michael Romeo et reste en tête. De fait, on comprend aisément pourquoi « Black » a été choisi comme single. Malgré l’opulence de ses arrangements, War Of The Worlds Pt. 1 délivre une véritable agressivité, à l’instar de « Differences », titre le plus rapide de l’album qui ravira les shredders en herbe…

L’une des vraies réussites de ce War Of The Worlds Pt. 1 reste l’enchaînement des compositions. Michael Romeo a réussi la prouesse de créer une sorte de flot ininterrompu de compositions audacieuses, aux registres parfois très différents. Ainsi le très progressif et oriental « Djinn » – avec un break instrumental où le trio basse/percussions/orchestre mène la danse – se conclut par un lead de guitare avant d’enchaîner sur les notes de piano mielleuses de « Believe », une envolée aux traits cinématographiques de plus de huit minutes, tandis que la tension créée à la fin de « Differences » amorce celle de l’instrumentale épique « War Machines », aux cuivres très proches d’une saga de science-fiction bien connue… Michael Romeo a en outre laissé libre-cours à quelques envies qu’il ne pouvait pas assumer au sein de Symphony X, à l’image du très étonnant « Fucking Robots », mélange détonnant de metal progressif, d’orchestrations classiques et de… dubstep. À prendre au second degré certes, mais pas forcément si décalé que ça intégré à l’ensemble de l’opus. Et pour ceux qui se le demandent, au milieu de cet apparent titre fourre-tout, Rick Castellano parvient tout de même à tirer son épingle du jeu, ne faisant que chanter le refrain, mais donnant tout son attrait mélodique au titre sans lequel l’auditeur friserait l’indigestion.

War Of The Worlds Pt. 1 est dantesque car grandiose. Malgré la pléthore de points communs avec la musique de Symphony X, l’entreprise solo de Michael Romeo n’est pas une redite, due à l’audace des orchestrations et des arrangements électroniques débridés. Surtout, la performance du peu connu Rick Castellano a de quoi laisser bouche bée. Ce dernier confère toute l’accroche aux titres écrits par Romeo. Il y a une virtuosité instrumentale mais aussi vocale, qui ne dérive pas vers des exercices techniques barbants. War Of The Worlds Pt.1 fait ressentir à l’auditeur tout le plaisir qu’a eu Michael Romeo à le composer, et donne envie de découvrir la suite… quand cette première partie aura été pleinement assimilée !

Lyric video de la nouvelle chanson « Djinn » :

Lyric video de la nouvelle chanson « Black » :

Album War Of The Worlds Pt. 1, sortie le 27 juillet 2018 via Mascot Label Group. Disponible à l’achat ici



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