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Chronique   

Michael Romeo – War Of The Worlds Pt. 2


Le « Pt. 1 » de War Of The Worlds – l’œuvre solo du guitariste et principal compositeur de Symphony X Michael Romeo inspirée du fameux roman d’H.G. Wells – ne laissait aucun doute quant à l’existence d’une seconde partie qui devait voir le jour peu de temps après. Aléas de l’emploi du temps et Covid-19 oblige, War Of The Worlds Pt. 2 nous a fait patienter quatre ans. En réalité Michael Romeo avait déjà effectué l’essentiel du travail dans la foulée du premier volet. Il s’agissait donc de profiter d’un surplus de temps disponible pour corriger les imperfections et retravailler certaines compositions. War Of The Worlds Pt. 2 reprend là où son prédécesseur s’est arrêté, avec le même goût pour l’orchestration et la grandiloquence, et la volonté timidement avouée de ne pas s’aventurer trop loin.

Le premier volet avait bénéficié de la participation du chanteur Rick Castellano. Michael Romeo a décidé de varier les plaisirs en conviant cette fois-ci le chanteur croate Dino Jelusick dont le timbre se plie parfaitement aux exigences d’un chant heavy aux grandes envolées. Inutile de rappeler que pour Michael Romeo, il est difficile voire vain de composer en dehors du grandiose. « Introduction – Part II » honore la tradition des grandes orchestrations cinématographiques à la croisée d’un John Williams et d’un Danny Elfman qui aurait croisé un Malmsteen aux ardeurs tempérées. Très vite, la progression épique d’« Introduction – Part II » aboutit sur le riffing musclé à la patte immédiatement reconnaissable et les leads pleins de dextérité de « Divide & Conquer ». De quoi présenter toutes les composantes de ce War Of The Worlds Pt. 2. Dino Jelusick est un allié de taille, au grain souvent rugueux – à la croisée de Russell Allen (Symphony X) et d’Apollo Papathanasio (Spiritual Beggars) – pour s’accorder au mordant des guitares, parfaitement à l’aise pour mettre en valeur les refrains de Michael Romeo et suffisamment technique pour suivre la gymnastique du musicien. « Divide & Conquer » se situe au croisement d’un heavy moderne et d’un power metal qui aurait conservé son sens de l’accroche et aux ponctuations néoclassiques. « Destroyer » nous permet de découvrir quant à lui les premières manifestations de la guitare sept cordes version Michael Romeo. De quoi développer sur des rythmiques plus simples et se laisser aller aux variations harmoniques orientales. Quitte à placer un pont que Myrath n’aurait pas renié, saz et oud à l’appui.

L’une des particularités de ce War Of The Worlds Pt. 2 est le désir de ne pas se laisser emporter par les expérimentations et de ne pas survaloriser la profusion d’instruments et d’arrangements. « Metamorphosis » illustre parfaitement l’objectif de Michael Romeo : multiplier les développements et canaliser le tout par un refrain aux relents FM assumés. Il y a même un recours à des mélodies stéréotypées, à l’instar des leads qui ouvrent la pseudo-ballade « Just Before Dawn », un exemple parfait d’effusion sentimentale… Certes, Michael Romeo laisse parler sa technique à de nombreuses reprises – les articulations et les soli d’« Hybrids » en témoignent, sans parler de la sinuosité de certains riffings – mais dans l’ensemble, il y a – paradoxalement – une retenue que l’on peut soit louer, soit déplorer. On en vient à regretter l’utilisation trop éphémère de samples électroniques (pas de nouvelle expérimentation à la « Fucking Robots » en vue) et de ces autres inspirations musicales qui enrichissent pourtant le propos de War Of The Worlds. L’instrumental « Hunted » laisse entrevoir quelques pistes, sorte d’amalgame claudiquant entre musique néoclassique, EDM réchauffé et leads permanentés. Michael Romeo arrive à rendre cette hybridation agréable en l’intégrant à son récit : une prouesse que l’on aurait apprécié retrouver davantage, à l’image du premier volet. Les neuf minutes mouvantes de « Maschinenmensch » suscitent davantage la curiosité que les développements téléphonés – certes efficaces – de « Divide & Conquer ».

War Of The Worlds Pt. 2 est à nouveau une vitrine flatteuse pour le talent de musicien, d’arrangeur et de compositeur de Michael Romeo. Il y a néanmoins une légère pointe de frustration qui subsiste. Ce goût pour la grandiloquence voudrait être accompagné de développements en adéquation. War Of The Worlds le fait, mais lorsqu’il rechigne, il retombe en intensité. War Of The Worlds regorge de plages qui marquent l’esprit mais son déroulement général peine à laisser son empreinte. La virtuosité de la première œuvre peine ici à se distinguer de sa singularité. Peut-être que ce deuxième opus ne bénéficie pas de la caution inédite et nous pousse à faire la fine bouche, tout simplement.

Clip vidéo de la chanson « Metamorphosis » :

Clip vidéo de la chanson « Divivde & Conquer » :

Album War Of The Worlds Pt. 2, sortie le 25 mars 2022 via InsideOut Music. Disponible à l’achat ici



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  • Jean-Yves dit :

    Michael Romeo est un compositeur et musicien guitariste largement sous estimé, inventif et certes virtuose, mais pour notre (mon) plus grand plaisir ! Trop heureux et impatient à la nouvelle de la sortie(enfin !) de ce nouvel album, j’espère qu’une tournée suivra rapidement.

    [Reply]

    Sephaël

    Il n’est pas sous estimé, tout ceux qui le connaissent reconnaissent que c’est un monstre légendaire depuis les années 90.
    Il est méconnu et sa notoriété est bien en dessous de son énorme talent.
    Apparemment, il est trés trés humble et sans histoire.

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