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Chronique   

Michael Schenker Group – Immortal


Cinquante ans de bons et loyaux services. C’est ce dont peut se targuer Michael Schenker devenu l’un des guitaristes les plus influents de sa génération, source d’inspiration pour Kirk Hammett, Dave Mustaine, Dimebag Darrell ou encore Slash. L’ancien guitariste de Scorpions et UFO a amorcé sa carrière solo il y a une quarantaine d’années en créant le Michael Schenker Group, son terrain d’expression privilégié. Le retour de ce patronyme marque justement son cinquantième anniversaire en tant que musicien, treize ans après In The Midst Of Beauty (2008). Michael Schenker profite de l’élan créé par la réception de Resurrection (2018) et Revelation (2019) parus sous l’appellation Michael Schenker Fest pour revigorer son premier projet en employant une formule similaire. Immortal se présente ainsi comme une déclaration : celle d’un artiste qui refuse de vieillir.

Immortal a effectivement une vocation de célébration. Michael Schenker a convié pléthore d’invités prestigieux pour l’occasion. On retrouve d’illustres chanteurs tels que Ralf Scheepers (Primal Fear), Ronnie Romero, Joe Lynn Turner (Rainbow, Deep Purple) et Michael Voss (Mad Max) qui a une nouvelle fois endossé la casquette de producteur. Steve Mann vient prêter main-forte à la guitare et aux claviers, tout comme Barry Sparks (Yngwie Malmsteen, Ted Nugent, Dokken…) à la basse et la triplette de batteurs Bodo Schopf (Michael Schenker Fest), Simon Phillips (Toto) et Brian Tichy (Whitesnake). Une liste non exhaustive : Michael Schenker conçoit Immortal comme une fête réunissant tous ses ex-collègues et amis rencontrés au long de sa carrière. L’ouverture « Drilled To Kill » voit Ralf Scheepers s’exprimer, évidemment à l’aise au sein d’une composition qui doit beaucoup à Judas Priest, mis à part le jeu de questions-réponses entre Michael Schenker et le clavier de Derek Sherinian (Sons Of Apollo, Black Country Communion). « Don’t Die On Me Now » joue moins sur la frénésie que la mélodie, Michael Schenker nous faisant profiter d’une panoplie d’articulations rythmiques. Joe Lynn Turner se veut davantage fédérateur, quitte à doubler ses voix pour aboutir à quelques effets de chœur. Michael Schenker utilise à de nombreuses reprises cette alternance entre titres agressifs et mélodiques sur le déroulé d’Immortal. « Knight Of The Dead » et Ronnie Romero emboîtent le pas, faisant écho à « Drilled To Kill » avec sa rythmique qui n’accuse aucun temps mort. Michael Schenker décline plusieurs fois le même exercice, la variété étant apportée par la performance des chanteurs qui en font, paradoxalement, le principal intérêt.

Le guitar hero se prête inévitablement au jeu de la power-ballade via « After The Rain », l’archétype de la guitare cheveux au vent de la fin des années 70. On regretterait presque une forme de timidité de la part de Michael Schenker qui se contente de suivre langoureusement le chant de Michael Voss, parfois à la peine dès que le timbre monte trop haut. En cherchant à respecter l’identité de « groupe », Michael Schenker semble ne pas embrasser pleinement son statut de guitariste iconique. On en vient à souhaiter davantage, comme s’il lui manquait une certaine fougue. Celle qui refait surface lors du solo de « Sail The Darkness », morceau que n’aurait pas renié Ronnie James Dio, avec sa rythmique à la « Holy Diver » et la prestation de Romero qui flirte avec l’hommage à son idole. Le groove rock de « The Queen Of Thorns And Roses » est quant à lui sauvé de l’obsolescence par sa cadence entraînante. Il peine toutefois à tenir la comparaison face au riffing et au chant hard rock plus francs, typés eighties et truffés de petites accroches de « Come On Over ». « Sangria Morte », avec ses élans à la Iron Maiden, quoiqu’un peu répétitif, a le mérite de forcer Michael Schenker à moins respecter les clichés d’un hard rock parfois poussiéreux. Ironiquement, la revisite de « In Search Of Piece Of Mind », un titre datant de son adolescence, présente un Michael Schenker à l’ambition intacte multipliant les soli sans se soucier d’une quelconque bienséance. Comme si le souvenir était le seul et unique moyen de parvenir à l’immortalité.

Le talent fuit le poids des années et reste intact. Par contre, il ne peut parfois se détacher de l’époque où il s’est illustré en premier lieu. Oui, Michael Schenker sera à jamais un grand guitariste et n’a pas à changer sa recette. La nostalgie et le souvenir sont en revanche très proches de l’emprisonnement par endroits sur Immortal, menant à la caricature d’un heavy ou d’un hard rock générique si ce n’est timoré ou peu inspiré. Immortel et actuel ne vont pas nécessairement de pair.

Lyric vidéo de la nouvelle chanson « Sail The Darkness » :

Clip vidéo de la nouvelle chanson « After The Rain » :

Lyric vidéo de la chanson « Drilled To Kill » :

Album Immortal, sortie le 29 janvier 2021 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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