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Interview   

Mike Portnoy le polygame


Les disques d’Adrenaline Mob et de Flying Colors représentent les deux premières sorties de Mike Portnoy après son départ de Dream Theater. Deux registres totalement différents mais qui peuvent néanmoins être mis en parallèle pour la spontanéité qu’ils véhiculent, tout deux étant présentés par leurs géniteurs comme le résultat d’une alchimie instantanée. Il est facile d’imaginer ces musiciens pris dans une effervescence et une spontanéité telle que la phase d’écriture de ces deux disques fut brève et sans aucun retour en arrière. La simplicité est donc le mot d’ordre ici, autant dans la musique elle-même que dans la manière de l’écrire, ce qui nous amène dangereusement vers cette conclusion facile : ces projets sont autant de moyens éphémères pour Mike Portnoy de se changer les idées suite à son départ de Dream Theater. Mais ce n’est pas si simple.

Musicalement, tout d’abord, l’éclectisme de Mike Portnoy n’est plus à prouver. Côté méthode de travail, ce style d’écriture reposant sur une véritable spontanéité n’a également rien de nouveau pour lui, Dream Theater écrivant – et c’est le reproche principal qui est fait au groupe par les fans – depuis plusieurs années ses albums très vite. « Je me sens comme un homme divorcé qui recommence à profiter de la vie en flirtant avec tout un tas de jolies filles » avait déclaré Portnoy l’an dernier. Une métaphore qu’il a modérée avec nous en interview. Car, en effet, les bimbos, ça occupe un temps, mais la vie de couple finit par manquer au divorcé. A ceux qui voyaient donc en Adrenaline Mob et Flying Colors, projets musicaux aguicheurs, l’équivalent artistique des relations d’un soir qui nous servent à panser nos plaies, Mike Portnoy répond : « En réalité, je suis pour la polygamie ». Pour lui, ces groupes ont un avenir et c’est le message qu’adresse d’ailleurs ce titre d’album, Omerta, qu’il décrit comme le langage codé qu’utilisent ceux qui font partie d’une confrérie. Adrenaline Mob est son nouveau clan.

Après toute séparation, peu importe la bonne humeur que l’on affiche ou nos capacités de persuasion, il est bien difficile de se débarrasser du scepticisme dans l’esprit de nos proches, convaincus qu’il s’agit d’une façade. Peu importe la vérité, peu importe les efforts de Mike Portnoy pour convaincre le public du contraire, le public aura toujours un doute quant à son ressenti par rapport à son départ de Dream Theater. Si nous ne prétendons pas connaître la vérité, nous pouvons comprendre en revanche cette exaspération de sa part.

Et pour ce qui est de la vérité, à moins d’être psychologue, personne ne peut réellement prétendre la connaître. Beaucoup trop de fans se persuadent trop facilement de connaître personnellement leur idole. Ce qui est d’autant plus le cas quand on connaît la franchise et l’importante interactivité que le batteur a développées avec son public. Un choix qui a ses avantages et ses dérives, mais sur lequel Portnoy ne reviendra pas.

Interview.

« [Lors des vacances] que j’ai prises récemment, l’été dernier, on est descendus en République Dominicaine avec ma famille, et ma femme te dirait que je pétais vraiment un câble pendant toutes les vacances. Je ne pouvais pas lâcher mon téléphone ni laisser l’ordi de côté. Je pense qu’elle accepte le fait que, quoi qu’il arrive, je suis comme ça. »

Radio Metal : Tu as toujours été un musicien très prolifique. De l’extérieur, on dirait que tu ne veux avoir aucun regret donc, à chaque fois que tu as une idée, tu fais tout pour qu’elle se concrétise. Es-tu d’accord avec cette analyse ?

Mike Portnoy (Batterie) : Oui, c’est tout à fait ça. Ça fait presque vingt ans que j’ai Carpe Diem tatoué sur le bras et ça veut dire « Profite du jour présent », et c’est exactement comme ça que je vis ma vie. Je ne passe pas trop de temps à regarder en arrière parce qu’on ne peut rien y changer, je me contente de vivre au jour le jour et d’aller de l’avant. Au point où j’en suis dans ma vie, je profite de ma liberté en faisant des tas de choses différentes avec des tas de gens différents, faisant beaucoup de musique.

Ne ressens-tu pas le besoin de ralentir de temps en temps ?

Je ne sais pas ralentir, je m’ennuie très facilement. J’aime être à la maison avec ma femme et mes enfants mais, en même temps, je deviens fou quand je ne suis pas productif et actif. Ce n’est pas quelque chose que tu peux inventer, c’est juste ma personnalité. J’ai toujours été comme ça depuis le début. Tu sais, dans Dream Theater, j’avais un million de responsabilités tous les jours, c’est simplement comme ça que je bosse, c’est comme ça que je suis fait.

Alors à quoi ça ressemble « Mike Portnoy en vacances » ? Qu’est-ce que tu fais quand tu prends des vacances d’une semaine ou deux ? Tu deviens fou au bout de deux jours ?

Ouais. En fait, je n’ai pas eu tant de vacances que ça ces dix dernières années. Mais celles que j’ai prises récemment, l’été dernier, on est descendus en République Dominicaine avec ma famille, et ma femme te dirait que je pétais vraiment un câble pendant toutes les vacances. Je ne pouvais pas lâcher mon téléphone ni laisser l’ordi de côté. Je pense qu’elle accepte le fait que, quoi qu’il arrive, je suis comme ça. Je suis accro au travail et complètement compulsif dans tous les aspects de ma vie et de ma carrière.

« Je ne pense pas que je pourrais un jour être satisfait par l’idée d’être dans un seul groupe pour le reste de ma vie, à jouer le même genre de musique avec les mêmes musiciens. Ce n’est tout bonnement pas le type de musicien que je suis. »

Même lorsque tu étais dans Dream Theater, tu as toujours été un musicien très actif. Mais, au vu de tous les projets que tu as entrepris depuis ton départ de Dream Theater – Adrenaline Mob, Flying Colors, les albums de Neil Morse, etc. – penses-tu que, si tu étais resté dans Dream Theater, tu aurais eu le temps de faire toutes ces choses que tu es actuellement en train de faire ?

J’ai toujours fait des projets en dehors de Dream Theater, tu sais. Pendant tout le temps où j’étais dans Dream Theater, je me suis quand même débrouillé pour faire Transatlantic, les albums solo de Neil, Liquid Tension Experiment, OSI et mes groupes de reprises avec Paul Gilbert, j’ai donc toujours été très actif avec Dream Theater. Donc, maintenant, comme tu peux te l’imaginer, sans Dream Theater, ma vie est en train d’exploser. Avant, je faisais un million de choses, maintenant j’en fais deux millions. Mais ça me va. J’ai besoin d’être productif et actif mais en plus, je peux faire plein de choses différentes. Des choses qui ne sont pas nécessairement enracinées dans la musique progressive. Il y aura toujours des éléments progressifs dans tout ce que je fais, et j’ai toujours Transatlantic et les albums de Neil Morse qui sont très progressifs. Mais, en même temps, j’aime changer d’air : Adrenaline Mob et Flying Colors sont deux groupes qui me permettent de faire des choses très différentes musicalement de ce que j’ai fait par le passé et ça, c’est quelque chose de très important pour moi. Je ne pense pas que je pourrais un jour être satisfait par l’idée d’être dans un seul groupe pour le reste de ma vie, à jouer le même genre de musique avec les mêmes musiciens. Ce n’est tout bonnement pas le type de musicien que je suis.

Adrenaline Mob fait une musique très efficace et metal avec un frontman très à l’aise dans ce registre, Russell Allen. Trouves-tu dans Russell Allen quelque chose qui manquait dans les passages les plus metal de Dream Theater, étant donné le fait que, dans ce registre, James Labrie avait tendance à diviser les fans ?

Je dirais que j’ai toujours adoré Russell Allen en tant que chanteur et en tant que frontman, et lorsque Symphony X tournait avec Dream Theater, je les regardais tous les soirs et j’adorais regarder Russell Allen tous les soirs. Lui et moi avons toujours parlé de faire quelque chose ensemble, simplement parce que j’ai toujours adoré sa voix, sa prestance et sa personnalité. Donc je dirais seulement que je suis très, très content d’être enfin dans un groupe avec lui. Je pense que c’était inévitable et il a une de ces voix qui a ce registre et cette puissance incroyable ! J’ai toujours pensé qu’il était comme un Ronnie James Dio moderne. Ce qu’il fait dans Symphony X est génial mais j’ai toujours su qu’il devrait être bien plus connu en dehors des fans de Symphony X. J’ai donc toujours su que Russell Allen avait la possibilité d’être une vraie star. Je suis simplement content de travailler avec lui dans un groupe, c’est un honneur pour moi.

Pourquoi avoir choisi d’intégrer sur ce premier album Omerta les morceaux déjà présents sur l’EP sorti l’an dernier ?

En fait, depuis le début, ces morceaux étaient censés être sur Omertà. On a sorti l’EP un peu par une décision de dernière minute afin de sortir quelque chose parce qu’on faisait une tournée aux États-Unis l’été dernier et on ne voulait pas faire une tournée sans que les gens aient entendu notre musique. Donc l’EP était un peu l’avant-goût pour la vraie attraction qu’est Omertà. C’était juste une sorte d’avant-première.

Cet album s’appelle « Omertà », c’est une sorte de code de silence, à quoi cette métaphore fait-elle allusion ? De quoi n’a-t-on pas le droit de parler ?

Je pense que ça représente un code de silence ou un code d’honneur que tu adoptes quand tu rentres dans une confrérie ou un club. Je pense que ça colle bien pour le premier album d’un nouveau groupe : tu rejoins un club ou une confrérie avec Adrenaline Mob. C’est un peu l’idée du « mob » (NDLR : le « gang ») dans le groupe, on est vraiment comme un gang de frères. Lorsque tu rejoins le club, tu y es pour la vie. C’est à ça que fait allusion le titre Omertà.

Avez-vous des concerts de prévus en Europe ou en France dans les mois à venir (NDLR : entretien réalisé avant l’annonce de la venue du groupe à Paris) ?

Oui, l’emploi du temps est en train de se faire et les dates se confirment petit à petit. On va faire nos premiers concerts en Europe en juin et en juillet, ça sera un paquet de festivals de metal puis nos propres concerts dans des salles entre temps, ça sera notre présentation d’Adrenaline Mob au public européen. À l’heure actuelle, je ne vois pas de date française mais je croise les doigts, j’espère vraiment, parce que j’adore le public français, c’est vraiment un de mes publics préférés en Europe. Donc je croise les doigts pour que ça arrive sur le planning cet été. Si ce n’est pas le cas, nous prévoyons quand même de revenir plus tard dans l’année pour notre propre tournée, donc on verra.

« C’était l’idée de Flying Colors, de faire une musique pop mais avec une vraie approche musicienne et je pense que certains des meilleurs morceaux de pop des années 60 et 70 avaient ça. »

Tu as récemment enregistré l’album de Flying Colors que nous avons écouté et bien que cet album ait des parties techniques et élaborées, ça reste un album simple et pop à l’ancienne, comme dans les années 60 et 70. Penses-tu que la musique Pop d’aujourd’hui est trop simpliste et vous vouliez donc rappeler aux gens que la Pop peut être accrocheuse tout en étant élaborée ?

Eh bien, c’est ça le truc avec l’album de Flying Colors, tu sais, les morceaux sont simples et efficaces, ils ont clairement cette sensibilité pop dans la composition mais, en même temps, c’est joué par Steve Morse, Dave LaRue, moi-même et Neil Morse. Donc, évidemment, il va y avoir un aspect musical ou progressif dans l’application des instruments. C’était l’idée de Flying Colors, de faire une musique pop mais avec une vraie approche musicienne et je pense que certains des meilleurs morceaux de pop des années 60 et 70 avaient ça. Si tu écoutes les plus gros hits de groupes comme Queen, avec « Bohemian Rhapsody » ou de Kansas, « Carry On Wayward Son », dans les années 70, aux États-Unis, tu avais ces morceaux orientés pop mais ils étaient tous joués avec une vraie maturité et une vraie maîtrise. Je pense que c’est ce qu’on essayait de capturer dans Flying Colors, un peu le meilleur des deux mondes.

D’ailleurs, l’album commence avec un enregistrement de l’ambiance du studio avec vous, en train de discuter comme si vous ne saviez pas où le morceau allait aller. Était-ce une manière de parler de la spontanéité avec laquelle a été enregistré ce disque ?

Je pense que la vraie idée derrière mettre la piste du studio là, au début de l’album, c’était de dire que ceci est un vrai groupe, par opposition à tant de « projets » qui se font ces jours-ci, où c’est juste des gens qui s’envoient des enregistrements par courrier ou par e-mail, des sessions ProTools, qui ne se rencontrent jamais vraiment. Ce n’est pas le cas de Flying Colors. C’était important d’établir dès la première seconde de ce CD qu’on était tous les cinq ensemble dans la même pièce à faire de la musique. Toute la beauté de cette collaboration était que c’était justement une collaboration : nous avons travaillé ensemble, tous les cinq. C’était la chose la plus importante à faire comprendre dès le début de ce CD.

Sur cet album, tu as joué avec Steve Morse, c’est un des guitaristes qui a le plus influencé John Petrucci. Je suppose que ça a dû être facile de travailler avec lui, vu les similitudes entre son jeu et celui de John Petrucci.

Ouais, c’est marrant, pendant qu’on composait j’arrêtais pas de dire à Steve : « Mon Dieu, ça sonne vraiment comme John ! » et je sais que c’est parce que Steve est le guitar-hero numéro un de John. C’est donc intéressant de faire de la musique avec un des plus grands héros de John parce que j’entendais beaucoup l’influence qu’a eu le style et le jeu de Steve sur celui de John pendant toutes les années où on travaillait ensemble. Ceci étant dit, Steve est également un de mes guitaristes préférés de tous les temps. J’ai grandi en l’écoutant dans les Dixie Dregs ou le Steve Morse Band, ou quand il a joué dans Kansas dans les années 80. Il a donc également eu une très grosse influence sur moi, c’est un de mes guitaristes préférés. Le fait de jouer dans le même groupe que lui est donc un vrai honneur. Je connais Steve depuis des années parce qu’on a tourné avec les Dixie Dregs et avec Deep Purple, mais c’est la première fois que Steve et moi faisons de la musique ensemble. Voir de mes propre yeux non pas ce qu’il est capable de jouer, puisque je le savais déjà, mais voir sa créativité, dans sa façon de composer et de penser, c’est vraiment génial, il est vraiment un génie de la musique à ce niveau-là.

Avais-tu parfois l’impression de jouer à nouveau avec John Petrucci ? Une impression de déjà-vu ?

Comme je disais, il y avait des fois où je pouvais fermer les yeux et on aurait dit John, simplement parce que Steve Morse a eu une énorme influence sur John. Flying Colors est le premier projet que j’ai entrepris en 2011, c’était donc assez logique que mon premier vrai groupe après Dream Theater soit avec Steve Morse. Ça avait du sens. Sans parler du fait qu’avoir Neil Morse et Dave LaRue était également un grand réconfort parce que j’ai une longue histoire avec ces deux mecs. Donc ça semblait vraiment être le line-up parfait avec qui travailler, en sortant de toutes ces années avec Dream Theater.

« Je ne dirais pas que j’ai envie d’être célibataire pendant le reste de ma vie, musicalement. Je pense que je veux plutôt être polygame. « 

Dans une interview, tu t’es comparé à un homme divorcé qui profite de la vie et rencontre de nouvelles femmes. Mais ça ne dure que quelques mois ou quelques années, après ça, la vie de couple commence à manquer à l’homme divorcé. Penses-tu un jour ressentir la même chose et d’ici quelques temps avoir un groupe principal ?

Ce sont de vraies relations. Les relations que j’ai commencé avec Flying Colors et avec Adrenaline Mob ont toutes les deux le potentiel de durer des années, tout comme lorsqu’on a commencé avec Transatlantic en 1999. Maintenant on a fait trois albums et trois tournées. Je vois des choses similaires avec Flying Colors et Adrenaline Mob. Je ne dirais donc pas que j’ai envie d’être célibataire pendant le reste de ma vie, musicalement. Je pense que je veux plutôt être polygame. Quelqu’un qui a plusieurs femmes. Je pense que c’est plutôt ça que je cherche. Je n’ai jamais été le genre de mec qui veut continuer de jouer un type de musique pour le reste de ma vie avec le même groupe de personnes. Ça marche pour certaines personnes, mais pour moi, j’ai des goûts musicaux tellement variés que – sans vouloir manquer de respect aux mecs de Dream Theater, il y en a plusieurs parmi eux que j’aime et qui me manquent réellement – j’ai besoin de changer d’air et de jouer avec des gens différents. Je ne peux pas garder le même chanteur dans mes groupes pour le reste de ma vie, je veux essayer de jouer avec des personnes différentes et des styles de musique différents et des musiciens différents. J’ai des goûts musicaux très variés, je ne veux pas devoir jouer un style de musique pour toujours. Je suis désolé, on ne vit qu’une seule fois, et bien que j’aime les mecs de Dream Theater et qu’on a commencé quelque chose dans les années 80, je ne veux pas forcément penser que c’est la seule chose que je puisse faire pour le reste de ma vie. Je veux explorer et changer d’air, travailler avec d’autres personnes.

Mais penses-tu que tu auras un projet où tu seras aussi impliqué que tu l’étais avec Dream Theater ?

Je ne sais pas, ça reste à voir. Dans Dream Theater, j’étais vraiment aux commandes pour chaque décision. Ça allait de la musique, aux paroles, aux mélodies, à la production, à la direction, aux sites internet et aux fan-clubs. Je chapeautais chacun de ces éléments simplement parce que Dream Theater était mon bébé et j’avais passé tellement longtemps à construire ce groupe que je pense que j’en suis devenu très, très possessif. Donc, les années passant, je m’assurais que tout était toujours d’une certaine façon afin de maintenir l’intégrité du groupe, je pense que c’était important. J’étais donc très à l’aise au poste de leader dans ce groupe parce que je pense que c’est juste ma personnalité. Tu sais, les autres gars de Dream Theater n’avaient pas vraiment ce type de personnalité. Ils sont un peu plus en retrait avec une personnalité à rester en arrière plan. Donc je pense que dans Dream Theater, j’étais naturellement le leader. Par contre, je ne sais pas si j’aurais un jour autant de contrôle dans mes groupes à venir. Je ne sais pas. Il faut que je m’adapte à des situations différentes, des personnalités différentes, des musiciens différents et des alchimies différentes. Dans Transatlantic et Flying Colors, tout se fait en collaboration. Dans ces deux groupes il y a beaucoup de musiciens qui ont l’habitude d’être les leaders dans leurs propres groupes. Donc, dans ces cas-là, il faut travailler ensemble et partager la charge de travail. Dans Adrenaline Mob, je suis arrivé un peu après les autres parce que Mike Orlando et Russell Allen ont commencé le groupe avant que j’arrive et je voulais juste venir et faire la batterie. Mais, avec le temps, ils m’ont demandé de m’impliquer plus et de contrôler plus de choses, parce qu’ils se tournent vers moi en tant que guide et leader. Donc, s’ils me le demandent, je suis près à le faire. Ensuite, il y a d’autres situations, comme quand je fais les albums solos de Neil Morse où, tout simplement, je viens pour faire la batterie, c’est aussi ce que j’ai fait avec Avenged Sevenfold. Je suis très à l’aise dans ce rôle également. Donc, dans des groupes différents, avec une alchimie différente, il faut que j’aie un rôle différent. Pour répondre à ta question, à savoir si j’aurais un jour un groupe où je contrôle tous les aspects : je ne sais pas. Mais, à l’heure actuelle, ce n’est pas ce que je cherche. Peut-être que ça sera possible à l’avenir mais pour l’instant je veux plutôt collaborer.

(A propos de Dream Theater) « Je ne pense pas que ça veut dire qu’ils préfèrent les choses comme elles le sont actuellement, ou qu’ils auraient voulu que ce soit comme ça quand j’étais dans le groupe, je pense qu’ils font avec ce qu’ils ont et ils s’adaptent aux circonstances. »

Cela dit en passant, tu viens de dire que tu étais naturellement le leader dans Dream Theater et que ça faisait partie de l’alchimie du groupe, que les autres étaient plus en retrait. Mais actuellement, lorsqu’on regarde les interviews de Dream Theater, ils disent que les choses ont changé et que le travail est plus collaboratif et que cela leur plaît. Penses-tu que, peut-être, certains d’entre eux te trouvaient trop présents ?

Eh bien, pendant toutes ces années, les mecs de Dream Theater ont toujours dit qu’ils étaient très contents par rapport au fait que je dirige, contrôle et chapeaute le groupe. Personne ne s’en est jamais plaint et tout le monde pensait que je me débrouillais très bien là-dedans. Je pense donc que tout le monde était très content de me laisser faire. Donc maintenant qu’ils partagent la charge de travail et les décisions, je ne pense pas que ça veut nécessairement dire que c’est comme ça qu’ils voulaient que ce soit ou que c’est comme ça qu’ils le préfèrent. Je pense qu’ils le font principalement à cause des circonstances, parce qu’ils y sont obligés. L’alchimie dans le groupe est différente de ce qu’elle était, donc ils ont besoin de s’adapter à la nouvelle alchimie, ce qui signifie que tout le monde doit assumer un rôle différent de ce qu’ils devaient faire par le passé. Je ne pense pas que ça veut dire qu’ils préfèrent les choses comme elles sont actuellement, ou qu’ils auraient voulu que ce soit comme ça quand j’étais dans le groupe, je pense qu’ils font avec ce qu’ils ont et ils s’adaptent aux circonstances.

« Les gens qui postent des commentaires sur Blabbermouth sont des abrutis mais je suis sûr que la moitié d’entre eux sont des gamins de douze ans qui vivent encore chez leurs parents et qui prennent plaisir à faire tourner les gens en bourrique et à les énerver. »

Tu utilises beaucoup Facebook, Twitter et ton forum pour interagir avec tes fans et tu l’as beaucoup fait lors de ton départ de Dream Theater. Maintenant, à chaque fois qu’on entend parler de toi sur Blabbermouth et qu’on regarde les commentaires, on voit des réactions du type « Mike Portnoy, le pleurnichard », etc… Qu’est-ce que tu en penses ? Penses-tu que tu t’es peut-être un peu trop ouvert publiquement à un tas d’inconnus sur internet ?

C’est le danger d’avoir une relation ouverte avec ses fans : tu ouvres la porte aux critiques. Et les gens qui postent des commentaires sur Blabbermouth sont des abrutis mais je suis sûr que la moitié d’entre eux sont des gamins de douze ans qui vivent encore chez leurs parents et qui prennent plaisir à faire tourner les gens en bourrique et à les énerver. Donc, oui, les gens comme moi sont très ouverts dans nos relations sur internet, on devient des cibles faciles parce qu’on parle franchement ; je ne mens à personne, je n’ai pas de langue de bois et je n’essaie pas d’être politiquement correct. Je vois ça avec énormément d’autres musiciens qui se font également critiquer. Mais ce sont les avantages et les inconvénients d’internet et, honnêtement, bien que ça m’énerve et que ça me dérange quand je vois des commentaires négatifs comme ça, d’un autre côté, je me contente de les ignorer, je ne vais pas changer. Je ne vais pas fermer ma relation avec mes fans. Il y a beaucoup de gens abonnés à ma page Facebook, sur mon compte Twitter et ça a de la valeur pour moi. J’ai toujours été une personne ouverte qui aime partager, je pense que c’était une des grosses forces de Dream Theater et je ne vais pas changer ça maintenant que je ne suis plus avec eux. J’aime cette relation ouverte, j’aime être en contact avec les fans et garder un œil sur ce qu’ils disent et sur ce qu’ils veulent. C’est comme ça que j’ai construit la relation de Dream Theater avec ses fans pendant toutes ces années et ça ne changera pas maintenant.

Tu continues de dire dans la presse que tu aimerais vraiment jouer à nouveau avec tes anciens collègues, mais à l’inverse, Dream Theater continue de dire que Mike Mangini est maintenant le batteur de Dream Theater et que ça sera permanent. Comment vois-tu la possibilité pour que Mike Portnoy joue à nouveau avec Dream Theater ?

Je n’en ai pas la moindre idée, ce n’est pas quelque chose que je peux contrôler donc je n’y pense pas. Je pense à où j’en suis aujourd’hui et à la musique que je fais aujourd’hui avec tous les différents groupes et projets que j’ai dans ma carrière. Il ne faut pas dire « Fontaine je ne boirai pas de ton eau », si l’opportunité se présente à l’avenir de jouer à nouveau avec ces mecs, je l’accueillerais à bras ouverts parce que je n’ai jamais eu l’intention de quitter le groupe, mon intention c’était de prendre une pause. C’est ce que je fais maintenant. Donc, quoi qu’il arrive à l’avenir, je verrais quand ça viendra, en attendant ce n’est que de la spéculation.

Dernière question, la question stupide de l’interview. Il y a quelques mois, en écrivant un article sur toi et en faisant une faute de frappe dans ton nom je me suis rendu compte qu’en inversant deux lettres, ça donne « Porn Toy » [NDLR : Jouet pornographique]. Sur le moment je me suis dit : « Comment est-ce que je n’ai pas pu voir ça plus tôt ? » Te fait-on souvent cette blague ?

[Rires] Ouais, j’ai vu ça sur le Net. Je pense qu’il y a même un connard sur Youtube qui poste des choses sous ce nom. C’est toi ?!

Non, je t’assure ! [rires]

Eh bien, il y a quelqu’un qui utilise ce nom sur Youtube et qui se fait passer pour moi. Je suppose que c’est marrant quand les gens font des blagues mais quand les gens se font passer pour toi et font des choses en ton nom pour ternir ta réputation, ça m’énerve. J’essaie d’être quelqu’un de très positif et j’essaie toujours de voir le bon côté des choses, donc quand les gens déforment mes propos ou parlent en mon nom, quand ils font quelque chose sur internet qui va avoir un impact négatif, ça me dérange vraiment.

Interview réalisée le 29 février 2012 par téléphone

Retranscription et Traduction : Stan

Site internet de Mike Portnoy : www.mikeportnoy.com
Site Internet d’Adrenaline Mob : adrenalinemob.com
Site Internet de Flying Colors : flyingcolorsmusic.com

Album d’Adrenaline Mob : Omerta, sorti le 12 mars 2012 via Century Media Records.
Album de Flying Colors : Flying Colors, sorti le 26 mars 2012



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  • Le concert du 24 juin à La Maroquinerie s’annonce pas mal je pense !

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  • J’écoute Flying Colors et je trouve ça bon !

    [Reply]

  • M’sieur Portnoy, pour mémoire, avait donc proposé aux membres de DT de faire un « break » plus long que d’habitude…
    Mais m’sieur Portnoy nous assure pourtant que c’est un maniac du taf, il peut pas s’arrêter une seconde!!
    Bref, m’sieur Portnoy se fout un peu de la gueule du monde, s’il voulait faire un break plus long avec DT c’est surtout parce que le groupe n’était tout simplement plus sa priorité.
    En tout cas ça fait du bien parce que franchement, Portnoy aux compos quasiment à lui tout seul avec DT ça commençait à sérieusement lasser.

    [Reply]

    Stan

    Bah c’est surtout qu’il avait pas pri de vacances depuis 10 ans à causes de DT. S’il voulait faire un break c’était pour pouvoir se concentrer sur d’autres projets et pour se changer les idées… imagine de bosser non stop sur un même projet, la même musique et les mêmes musiciens pendant aussi longtemps, au bout d’un moment c’est évident que t’aies besoin d’une pause, surtout quand c’est toi qui gère tous les aspects du groupe

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