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Song For The Deaf   

Mike Portnoy : Un homme qui a de la « suit » dans les idées



Pochette non officielle réalisée par Zhaboka (forum officiel de Mike Portnoy)

Mike Portnoy a eu de gros problèmes de dépendance à l’alcool durant les années 90. Il a participé aux séances des Alcooliques Anonymes et son programme en 12 étapes l’a fortement aidé à s’en sortir. « The Mirror » (en 1994 sur l’album Awake) traitait déjà de cette thématique.


The Mirror, prélude de la 12 Steps Suit

En 2002, Portnoy décide d’écrire un morceau fleuve sur sa sortie de l’alcoolisme. Le titre prend le nom de « Twelve Step Suit », en hommage aux 12 étapes sus-mentionnées et s’étend sur 5 morceaux issus de 5 albums différents, chacun renfermant deux ou trois étapes. Formulé de cette manière, ce n’est pas évident à imaginer j’en conviens.
Ce découpage sera plus parlant :

Partie 1 : The Glass Prison [Six Degrees of Inner Turbulence – 2002]
o I. Reflection
o II. Restoration
o III. Revelation
Partie 2 : This Dying Soul [Train Of Thought – 2003]
o IV. Reflections Of Reality (Revisited)
o V. Release
Partie 3 : The Root Of All Evil [Octavarium – 2005]
o VI. Ready
o VII. Remove
Partie 4 : Repentance [Systematic Chaos – 2007]
o VIII. Regret
o IX. Restitution
Partie 5 : The Shattered Fortress [Black Clouds & Silver Linings – 2009]
o X. Restraint
o XI. Receive
o XII. Responsible

Pour la majorité des lecteurs qui, espérons-le, n’ont jamais eu besoin de suivre une des réunions des alcooliques anonymes, en voici une courte présentation. Il s’agit d’un groupe d’entraide fondé dans les années 1930 par Rowland Hazard et Bill Willson (à qui la chanson est par ailleurs dédiée). Ces deux anciens alcooliques voulaient se désintoxiquer. Malheureusement, dans les deux cas, la méthode psychothérapeutique avait échoué et tous deux ont trouvé leur « salut » dans le partage de leurs expériences et la méditation (via des groupes comme celui d’Oxford).

Ils décident alors de monter ce groupe d’entraide et d’écoute. Un groupe uniquement dédié aux alcooliques ayant (ou voulant) arrêter de boire, mais détaché des valeurs catholiques du Groupe d’Oxford. Car bien que Dieu ait une place importante dans la thérapie, celui-ci n’est jamais nommé afin que des alcooliques de toutes confessions puissent se faire aider. Le groupe se voulait (et se veut toujours) anonyme, gratuit et indépendant (les subventions d’autres organismes ou partis politiques y sont refusées). Pour guider les personnes souhaitant s’en sortir, un programme en douze étapes fut créé. Toutes ne peuvent être listées ici, mais elles vont de « Nous avons admis que nous étions impuissants devant l’alcool, que nous avions perdu la maîtrise de notre vie » (ce que Mike Portnoy nomme Reflection dans « The Glass Prison ») à « Ayant connu un réveil spirituel comme résultat de ces étapes, nous avons alors essayé de transmettre ce message à d’autres alcooliques et de mettre en pratique ces principes dans tous les domaines de notre vie » (dernière étape, renommée Responsible par barbe bleue). Ces étapes ne sont qu’un guide et pas une marche a suivre et sont laissées à la libre interprétation de chacun.

Mais revenons-en à nos moutons : le débat sur « The Shattered Fortress ». Là ou certains y voient un final en apothéose reprenant tous les meilleurs moment de la suite, d’autres n’y voient qu’un morceau sans inspiration réchauffant des mélodies déjà utilisées. Cependant, comment juger de ce qui doit être le final d’un morceau sans le replacer dans le contexte dudit titre ? En attendant que le groupe ne publie le live censé contenir la suite dans son intégralité, votre serviteur a tenté, à la manière d’un puzzle auditif, de le reconstruire. Le résultat peut s’écouter ci-dessous.

Dream Theater – Twelve Steps Suit

Premier constat : le morceau est long – plus de 55 minutes au compteur. Il dépasse de plus de 10 minutes le pourtant très long 6 Degrees Of Inner Turbulences. Second constat : il envoie du bois. Si on fait abstraction de « Repentance », on tient là un des morceaux les plus sombres et heavy du groupe.

La Twelve Step Suit a une construction que l’on pourrait comparer à celle du 6 Degrees Of Inner Turbulence sus-cité, l’intro symphonique en moins. On remarque trois parties distinctes : une première partie heavy où tout s’enchaîne sans temps mort, puis un break débouchant sur une partie aérienne (la transition « Remove / Regret » faisant beaucoup penser à celle entre « The Test That Stumped Them All » et « Goodnight Kiss »). Et enfin, le feu d’artifice final qui reprend la plupart des thèmes développés au cours des 40 minutes précédentes.

Parlons-en, de ce feu d’artifice final ! S’il pouvait laisser de marbre, pris indépendamment du reste (comme lors d’une écoute de Black Clouds & Silver Linings), il en devient remarquable une fois inséré dans la Twelve Steps Suit. C’est en quelque sorte la clé de voûte qui maintient la cohérence de l’ensemble. D’ailleurs, plus globalement, le fait que la suite ait été écrite sur 8 ans, découpée sur 5 albums ayant tous une identité propre et qu’elle arrive à rester cohérente de bout en bout relève du tour de force. Portnoy a beau être un excellent compositeur, le pari n’était pas gagné d’avance.

Tout ceci pour dire que, malgré tout ce que l’on peut reprocher à Black Clouds & Silver Linings, « The Shattred Fortress » est un excellent morceau qui clôt parfaitement la saga, en en faisant, par la même occasion, l’une des meilleures compositions du groupe. Même si Dream Theater a édulcoré son propos au cours des dernières années, ils ont encore des choses à dire, ce concept en est une preuve.



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  • Bien sûr que DT a encore des choses à dire. Qui pense le contraire ? Le groupe a toujours su évoluer et proposer à son public des choses différentes…

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