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Interview   

MINISTRY : ENTRETIEN AVEC TOMMY VICTOR



Radio Metal : Ministry est en tournée depuis quelques mois. Ressens-tu une attente particulière de la part du public du fait qu’il s’agisse de votre dernière tournée ?

Tommy Victor (guitare) : Je ne crois pas vraiment que les gens réalisent qu’il s’agisse de la dernière tournée. C’est un peu bizarre mais ils viennent avant tout pour passer un bon moment.

Vous ne ressentez pas une atmosphère spéciale ?!

Pour être honnête, non. Ca peut paraître étrange, mais ce n’est pas un récapitulatif de toute notre carrière. Nous nous sommes plus concentrés sur les derniers albums en fait…

Justement la set-list du concert au Bataclan était très axée sur vos sorties récentes. Le concert à l’Elysée Montmartre sera avec les mêmes chansons (NDLR : Ministry aura fait la même set list sur toutes ses dates…) ?!

Oui, c’est le même set. C’est la façon dont nous voulons le faire. Al croit qu’il faut mettre en avant sur scène le nouveau matériel. Pleins de groupe font ça…

Vous avez jouez partout et cette tournée est très longue. N’est-ce pas difficile physiquement d’encaisser le rythme des tournées ? J’ai cru comprendre que Al n’était pas en grande forme…

Il est un peu faible (NDLR : Al a de gros soucis physiques, d’ordre pulmonaire…) En ce qui me concerne je suis de moins en moins en forme au fur et à mesure des tournées, et dès que je reviens à la maison je retrouve la santé. Pour revenir à Al, il a une forme tip top (sic), mais on boit beaucoup d’alcool et on passe beaucoup de temps à attendre ce qui est usant.

Quand Al t’as demandé de devenir un membre à part entière dans Ministry, comment as-tu réagis : tu as été surpris, heureux, fier ?

En fait, il ne me l’a jamais demandé de manière officielle. Ministry EST Al Jourgensen. J’ai beaucoup participé, mais oui bien sûr, j’étais heureux. […] Al m’a demandé si je pouvait l’aider à écrire l’album « Rio Grande Blood ». J’ai accepté de faire ça puis il m’a demandé de l’accompagner en tournée. Il ne m’a pas dit « je TE veux sur scène ». Mais j’étais un fan du groupe depuis des années….Entre « Filth Pig » et « Houses of the Molé » je n’étais plus vraiment dans le métal. Je ne suis pas rentré dans les albums « Dark Side Of The Spoon » et Animositisomnia ». Quand « Houses Of The Molé » est sorti, là je me suis dit que c’était cool. Que c’était ce qu’on attendait de Ministry. Après ce disque, je voulais les voir en tournée et faire la fête avec eux. Et c’est ensuite qu’il m’a demandé de venir travailler sur l’album suivant. Moi je connais Al depuis des années, depuis 1990.

Tu n’as pas suivi la carrière de Ministry avant 1990 ?

Si, si, bien sûr !


Tommy : « Quand j’ai découvert Ministry, je n’ai pas accroché à leur style que ce soit avec « Twich » ou “With Sympathy”. Et puis avec « The Land Of Rape And Honey » c’est la première fois où j’ai été intéressé par leur musique. C’était une époque où les gens se tournaient vers des choses plus extrêmes. Mais quand « Psalm 69″ est sorti, tout le monde est devenu dingue de ce disque ! »

Parce qu’à l’époque Ministry avait un son vraiment électronique, très pop…

Je ne suis pas sensé parler de cette époque mais tu as raison !

Quelle est ta vision de la première période de Ministry ?

Quand j’ai découvert Ministry, je n’ai pas accroché à leur style que ce soit avec « Twich » ou “With Sympathy”. Et puis avec « The Land Of Rape And Honey » c’est la première fois où j’ai été intéressé par leur musique. C’était une époque où les gens se tournaient vers des choses plus extrêmes. Mais quand « Psalm 69 » est sorti, tout le monde est devenu dingue de ce disque !

« Cover Up » est le dernier disque de Ministry. J’imagine que ça a du être un plaisir d’enregistrer des vieilles chansons comme « Under My Thumb » des Rolling Stones. Cela t’a amusé?

J’ai été impliqué dans « Mississipi Queen et « Space Truckin » pour lesquelles j’ai joué de la guitare et chanté. Al a rameuté pas mal de monde pour cette occasion. Il nous a appelé les co-conspirateurs avec Burton C. Bell, Sin Quirin et Tony Campos. J’ai été impliqué dans tout le projet, mais l’idée est venue quand on a repris « Roadhouse Blues » pour « The Last Sucker » et c’est là qu’on a décidé de faire des reprises. C’était amusant.

Justement pourquoi ce choix de mettre sur le disque des chansons comme « Roadhouse blues » ou « Lay Lady Lay » qui apparaissent déjà sur d’autres albums ?

C’est un plan marketing. On nous a dit de le faire : alors on l’a fait !

Ce disque est dédicacé à Paul Raven qui a aussi joué avec toi dans Prong…

C’est très étrange car on a beaucoup parlé ensemble. On était unis, on parlait d’ailleurs de se réunir avec Prong pour jouer quelques concerts et pour retravailler ensemble. J’ai été très déçu parce qu’il ne prenait pas soin de lui. C’est assez difficile pour moi d’en parler…Quand des gens meurent d’un accident, de quelque-chose, tu vois…Mais si tu as des problèmes de sante c’est différent. J’ai conseillé Paul de commencer par perdre du poids et d’arrêter de prendre de la drogue. Je lui ai dit et j’ai été déçu qu’il ne m’entende pas…

C’est difficile de faire changer les gens…

Non tu ne peux pas. On parle de lui tout le temps, comme si son fantôme flotte autour de nous…

Ok. A ce moment tu étais sur le route avec Prong pour promouvoir « Power Of The Damager » et en France des concerts ont été annulés. A Paris il n’y avait que deux cents personnes. Comment expliques-tu tout ceci ?

Je ne sais pas. C’est la façon dont le marché se porte. Ce sont les labels, ce qu’ils font, la promotion…C’est dur à expliquer. Que va-t-on faire pour que le prochain disque rencontre plus de succès? Je n’en sais rien…

« Cleansing » et « Rude Awakening » ont eu leur succès…

Oui mais on était sur une major à l’époque aussi.

Es-tu heureux que Prong soit considéré comme un groupe culte par les critiques et ses fans? Est-ce une sorte de victoire pour toi ? Car Prong n’a pas rencontré le succès qu’il méritait…

Je ne pourrai jamais expliquer notre carrière. Ca me rend confus toutes ces choses car je joue toujours avec ce groupe. Je fais un peu d’argent et je ne sais pas jusqu’où cela ira. Bien sur j’aurais espéré plus de succès et je crois que tout le monde peut vouloir ça…

D’ailleurs, quand on te voit sur scène avec Ministry, on a l’impression que tu es là depuis le début, parce que tu es parfaitement intégré au reste du groupe…

Ca fait partie de ma mission. Je ne monte pas sur scène en pensant au salaire que je vais ramasser. Je mets mon coeur dans ce que je fais, j’ai fais la même chose avec Danzig : quand il commençait à jouer une chanson je jouais comme si c’était la mienne. Je suis comme ça et c’est ainsi que je fonctionne.

Pour Ministry, c’est la dernière tournée. Que vas-tu faire dans le futur, dans les mois à venir?

Je vais me remettre un peu à Prong mais je regarde aussi pour prendre un tournant dans ma carrière.

Entretien réalisé le 16 juin 2008 à Paris
MySpace Ministry : myspace.com/ministrymusic




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