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Interview   

Moment de détente avec Tranzat


A l’occasion du Motocultor, qui se déroulera du 15 au 18 août, le festival vient d’organiser une tournée warm-up dans plusieurs villes de France. Sur l’affiche, on retrouvait Angelus Apatrida et Tranzat, deux groupes issus d’univers très différents mais qui savent tous deux transmettre avec brio leurs compositions, le tout dans une ambiance festive. Nous avons échangé avec les membres de Tranzat quelques jours après leur passage au rock’n’eat de Lyon où nous avions pris une bonne claque (un live report de cette soirée est à venir).

Avec deux albums depuis leur création en 2015, le groupe rétro-futuriste venu de Brest est situé entre le rock et le metal progressif. Voyageant à travers les sonorités, il nous présente d’un ton léger et amusant un univers directement inspiré de la science et de la fiction. Mais laissons Nicolas (basse) et Thomas (batterie) nous en dire plus.

« Moi ça ne me fait pas peur la science, je trouve ça même un peu sexy. »

Radio Metal : Le nom Tranzat appelle au voyage, voire au voyage transatlantique, mais à une lettre près, c’est aussi un objet tout à fait banal. Ce décalage était-il voulu pour présenter votre groupe qui oscille entre un univers bien barré qui fait voyager, et les gens comme vous qui souhaitent simplement s’amuser ?

Nicolas Galakhoff (basse) : Le groupe est composé de quatre membres et a été monté par Thomas notre batteur, notre guitariste chanteur et moi-même. Au début nous étions donc trois. Le nom nous est venu assez rapidement car nous voulions quelque chose de simple. Pour ça, je me suis basé sur les noms des groupes des années 70, qui étaient assez simples à retenir. Nous voulions quand même un nom qui sorte un peu du commun et qui soit simple à prononcer en anglais et en français mais l’idée était surtout qu’il soit simple à retenir.

Tranzat n’est pas juste un nom vu que vous avez créé tout un univers autour de votre musique. A quel moment avez-vous développé cet univers ?

Thomas Coïc (batterie) : Cela s’est fait assez naturellement. C’était d’abord un délire entre nous mais nous nous sommes dit qu’il fallait vraiment que nous développions ça dans notre musique et dans nos vidéos. Ça nous a permis de développer notre image car si nous avions essayé de dissimuler ce volet, nous n’aurions pas pu nous permettre d’être nous-mêmes.

Aviez-vous déjà l’idée de cet univers autour de l’espace lorsque vous avez créé le projet ou est-ce que c’est venu plus tard ?

Quand nous avons commencé à écrire les paroles, nous ne savions pas vraiment de quoi parler car ce n’est jamais évident de trouver des thèmes pour les paroles, et vu que les morceaux sont assez longs, nous nous sommes imaginés parler de l’espace. Nous nous sommes rendu compte que c’était aussi une bonne idée pour les vidéos, donc nous avons continué à développer ça. Ça sera moins sérieux dans le prochain album, surtout au niveau des paroles, mais nous allons continuer là-dessus.

Cette image spatiale est très forte, on peut l’entendre dans la musique, comme sur l’intro de l’EP The Great Disaster, c’est aussi présent dans vos visuels, et même dans votre communication. Quel est votre rapport à l’espace et comment cela vous influence artistiquement ?

Benjamin Arbellot (guitare) : Je suis déjà allé une fois dans l’espace quand j’étais petit, c’était l’espace culturel de Landerneau ! Plus sérieusement, je pense que notre rapport à l’espace est assez personnel. De mon côté j’ai été bercé par les films de science-fiction mais je pense qu’un peu tout le monde a été bercé par Star Wars, 2001 l’Odyssée De L’Espace ou ce genre de fictions. Nous essayons de lier tous nos albums à ce thème mais c’est un peu différent à chaque fois. Nous essayons de rester terre à terre dans nos sujets mais le premier album était sur le thème de la folie un peu nulle par exemple. Je pense que ce sont des thèmes assez universels, donc l’idée d’en faire une symbolique assez forte nous est venue assez facilement.

Les thèmes scientifiques sont presque devenus un sujet habituel. Ce n’est plus un sujet réservé aux geeks. Comment expliquez-vous cette évolution ? Pensez-vous que les gens ressentent plus le besoin de comprendre cet univers ?

Déjà, il y a le contexte géopolitique qui fait que les gens s’intéressent de plus en plus à ce qui se passe sur la planète, aux solutions pour essayer de survire un peu plus longtemps, etc. La science est vraiment en train de se démocratiser voire d’être désacralisée. Moi ça ne me fait pas peur la science, je trouve ça même un peu sexy.

Pensez-vous que la popularité actuelle de ces thèmes peut vous être bénéfique ?

Thomas : Nous avons joué sur ces thèmes parce que c’est la première chose qui nous est venue à l’esprit, mais pour le prochain album, nous n’aborderons pas forcément les mêmes sujets, et l’esthétique scénique changera certainement aussi.

Benjamin : Je pense qu’à la base c’était un thème qu’on a choisi parce qu’il fallait trouver un thème. Même si nous restons sur un thème général comme celui-ci, il faut surtout trouver quelque chose qui fait la différence avec les autres groupes qui abordent les mêmes idées. Si aujourd’hui je faisais un groupe de stoner, je me demanderais comment faire du stoner un peu original vu que tous les groupes de ce style sonnent un peu pareil.

En écoutant votre musique, on remarque qu’un grand travail a été consacré à la composition et à la création de nouvelles sonorités. Pouvez-vous nous parler de ce travail ?

Ça fait un petit bout de temps que nous jouons ensemble Manu et moi. Il a toujours composé dans une écriture nette et sans bavure alors que moi, j’apporte l’ambiance aux sonorités qu’il a composées. Nous avons tous été inspirés par Devin Townsend mais nous avons aussi d’autres influences comme Converge ou The Ocean. Le travail de production est aussi très important dans la direction artistique, je pense que c’est un point que nous mettons vraiment en avant.

Vous avez récemment sorti une vidéo qui montre votre soirée de nouvel an. Vous avez fait un bon nombre d’autres petites vidéos qui présentent quelques-unes de vos activités. Comptez-vous continuer à développer cette forme de communication ?

Nicolas : Ce sont des choses qui se sont faites assez naturellement, ça ne fait même pas réellement partie de notre communication. Nous allons continuer les courts métrages parce que nous trouvons cela marrant et que ça fonctionne mais nous allons essayer de mieux définir les formats de ces dernières.

« Nous ne cherchons pas à travailler notre humour pour avoir une meilleure approche avec le public, c’est vraiment naturel. »

En mettant en avant une certaine autodérision, vous avez tendance à cultiver une grande proximité avec votre public. C’est quelque chose qui se fait naturellement ou ça fait partie de votre communication ?

Thomas : Nous essayons d’être nous-mêmes. Nous ne cherchons pas à travailler notre humour pour avoir une meilleure approche avec le public, c’est vraiment naturel. Ça nous fait rire et visiblement ça fait aussi rire les autres, donc c’est l’essentiel.

Vous développez aussi votre proximité avec le public pendant et après les concerts ?

Nous aimons faire participer le public ! Nous avons récemment sorti un morceau qui s’appelle « Into The Wood » où nous faisons chanter le public par exemple. Entre chaque morceau nous faisons des sortes de petits sketchs plus ou moins travaillés. Le concept est le même après les concerts, nous restons naturels et nous sommes tout à fait ouverts pour discuter avec le public. Et si les gens n’ont pas aimé le concert, nous les frappons et, des fois, nous les tuons ! [Rires]

Vu que vous mettez très en avant le côté comique, avez-vous déjà pensé à développer de réels sketchs sur YouTube ou pour vos concerts ?

Nicolas : Nous voulons quand même faire de la bonne musique avant tout. Nous voulons pouvoir nous améliorer sur le plan technique, artistique, et pouvoir faire les meilleurs choix possible dans nos productions. Tout ce qui est humour est à côté. Il y aura toujours ce petit grain de folie mais je ne pense pas que nous allons en faire notre ligne de communication. Ce qui nous plaît avant tout, c’est de faire de bons albums. Pour le prochain, nous allons essayer de faire un pressage vinyle, un bel artwork, bosser avec des gens réellement inspirés, etc. L’humour sera toujours présent mais ça ne sera jamais notre ligne directrice, nous ne voulons pas devenir un groupe de metal parodique. Le bon compromis serait de faire une communication à la Frank Zappa, mais aujourd’hui, c’est quelque chose que l’on retrouve très peu.

Vous n’êtes donc pas friands des groupes de metal parodique comme Ultra Vomit par exemple ?

Ça nous fait rire mais je pense qu’il faut laisser ça aux groupes qui développent aussi la parodie dans leur musique. Si on prend l’exemple de « Pipi VS Caca », c’est clair que ça ne serait pas du tout ce que nous jouerions.

Vous êtes actuellement en tournée pour le Motocultour, comment ça se passe ?

Ça se passe très bien ! C’est notre première tournée, donc nous sommes très contents d’être là. Nous voyageons dans de bonnes conditions avec notre ingénieur son et avec deux femmes qui travaillent au Motocultor. Nous sommes bien entourés, ça nous fait des petites vacances au final !

Comment cette tournée a été programmée ? Quel est votre lien avec le Motocultor festival ?

Thomas : Le Motocultor proposait de participer au festival avec un concours. Nous avons commencé à faire pas mal de petites vidéos qui ont attiré leur attention. De fil en aiguille nous avons pris contact. Ils nous ont d’abord invités à jouer avec Kadavar, Ende et Angelus Apatrida, c’était d’ailleurs la première fois que nous les avons vus. Ils nous ont ensuite proposé de venir jouer au festival et le partenariat s’est créé au fil du temps. C’est très fructueux et cela nous aide aussi à cadrer notre travail en prévoyant les choses à l’avance pour se projeter dans le futur.

A propos de futur, vous avez évoqué le prochain album à plusieurs reprises. Savez-vous déjà quelle direction musicale va prendre l’album ?

Benjamin : Nous avons apporté deux nouveaux morceaux qui feront partie de notre prochain album à notre tournée actuelle. Nous travaillons sur des morceaux plus courts de quatre à six minutes. C’est pratique car ça nous permettra de changer de setlist plus facilement. Nous garderons tout de même l’esprit prog mais nous voulons essayer de rassembler encore plus le public tout en faisant des choses plus variées. Nous n’allons pas hésiter à insérer un peu de jazz fusion entre deux morceaux de death metal.

Quand on parlait de vos influences quant à l’espace, on pense notamment à Jodorowsky. Un documentaire est sorti l’an dernier sur le film Dune qu’il voulait réaliser en 2013 et une nouvelle adaptation de Dune est en train d’être réalisée. Que pensez-vous de ce projet ?

Jodorowski était trop ambitieux en voulant réaliser un film de huit heures. Pourtant, son œuvre a tout de même inspiré des centaines d’autres films comme Alien ou Blade Runner. Ça a créé de nouveaux visuels qui sortent de la zone de confort de Hollywood. Tout le monde met un peu de Dune dans les films aujourd’hui. Notre groupe c’est notre projet, notre passion, c’est un peu notre Dune à nous. Ça fait un peu nietzschéen dit comme ça mais nous voulons continuellement nous surpasser pour nous améliorer et mener à bien ce projet.

Est-ce que vous croyez aux extraterrestres ?

Nous sommes des extraterrestres, en fait, mais ne le répète surtout pas !

Interview réalisée par téléphone le 25 mars 2019 par Philippe Sliwa.
Introduction & retranscription : Thomas Gall.

Facebook officiel de Tranzat : www.facebook.com/tranzatmusic



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