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Interview   

Les mondes de Michael Romeo


La règle voudrait que tout bon guitar hero qui se respecte se lance un jour en solo. Pourtant, il aura fallu vingt-quatre ans à Michael Romeo pour se jeter à l’eau, si tant est qu’on considère la collection de démos The Dark Chapters – qui précède le lancement de son groupe Symphony X – comme un album à part entière. Même son bassiste Mike Lepond s’est lancé en solo, par deux fois, avant lui ! Il faut dire que Romeo est et a toujours été la force créative de Symphony X, lui laissant peu de répit mais aussi peu de désirs inassouvis. D’autant qu’aussi généreux et époustouflant son jeu de guitare puisse-t-il être, pour lui, le shredding doit avant tout s’insérer dans une logique où la composition est reine. Voilà pourquoi, et cela en surprendra peut-être certains, Michael Romeo a principalement choisi un format chanson, accompagné du chanteur Rick Castellano et de la section rythmique composée de John Macaluso et John DeServio, pas si éloigné que ça de son groupe principal pour sa première véritable virée solo.

Ce qui ne veut pas dire que les surprises ne sont pas au rendez-vous de War Of The Worlds Pt. 1, un premier volet qui donc en appelle un second, en grande partie déjà dans la boite. Libre de toute contrainte, Romeo s’est essayé à quelques expérimentations électroniques et emphases orchestrales, laissant libre court à sa passion pour les musiques de films de science-fiction, avec le bon goût et le sens du juste dosage qu’on lui connaît. On en discute avec lui.

« Les riffs, les solos de guitare, le jeu, tout doit se prêter à la chanson. Ouais, on peut dégainer certains plans techniques et tout, mais quand même, il faut penser à la chanson ou même à l’album dans son ensemble, le feeling global. »

Radio Metal : Tu avais sorti un album solo intitulé The Dark Chapter en 1994 mais que tu ne considères pas exactement comme un véritable album, mais plus comme un recueil de démos. Du coup, pourquoi t’as-t-il fallu autant de temps avant de sortir un vrai album solo ? Je veux dire, ce n’est pas comme si Symphony X ne faisait pas de longues pauses entre ses albums…

Michael Romeo (guitare) : Ouais, mais souvent, même les longues pauses ont été passées à composer. Avec Symphony X, nous passons beaucoup de temps sur la composition. Et l’album solo initial que j’ai fait, ouais, c’était un peu des démos que j’avais faites et qui ont menées au groupe. Et une fois que le groupe était lancé, toute mon énergie et tous mes efforts étaient concentrés dessus, et il n’y avait plus vraiment le temps pour autre chose. Ouais, il est clair que le groupe a fait quelques pauses et autres, mais là, il semblait que c’était le bon moment. En fait, l’an dernier le groupe a fait un véritable break – Lepond a fait un album solo, Russ a passé beaucoup de temps dans son autre groupe et tout le monde faisait son propre truc -, donc j’ai sauté sur l’occasion. Au fil des années, c’était quelque chose que j’ai toujours pensé faire, car j’avais toujours des petits morceaux ici et là, je travaille constamment sur de la musique, je compose tout le temps, et comme je l’ai dit, souvent, c’est pour le groupe, mais j’avais aussi des choses pour lesquelles je me disais : « Oh, peut-être que ça ne conviendra pas au groupe. Je vais mettre ça de côté pour plus tard. » J’ai donc accumulé au fil de temps plusieurs idées. Donc, effectivement, c’était une question de timing, et vu que le groupe était en hiatus, j’ai repris certaines de ces vieilles idées. Enfin, la majorité de cet album est constitué de nouvelle musique mais c’était un peu ce qui a lancé le projet.

Il se trouve que cet album est une première partie et qu’une seconde est prévue, qui est en majorité déjà finie. On dirait que tu as débordé d’inspiration !

Ouais. Il y a plein de petites idées, des trucs que j’avais mis de côté au fil des années, peut-être que c’était un riff ou juste une mélodie, ou peut-être un genre de section orchestrale ou autre. Il y avait donc un tas de point de départs. C’est toujours comme ça avec moi : une fois que je commence et que les idées arrivent, tout s’enchaîne. Parfois c’est dur à suivre, le cerveau n’arrive pas à suivre. Là, c’était pareil. J’ai passé, je ne sais pas, quatre ou cinq mois à composer. Chaque jour venait avec une nouvelle idée, et avant que je ne m’en rende compte, j’avais suffisamment de matière pour deux albums. Je ne voulais pas faire un double album, ça fait trop de choses d’un coup. Je me disais : « D’accord, je vais me concentrer sur la première moitié des chansons d’abord et mettre le reste en suspens pendant un petit moment. » Mais nous avons commencé avec l’idée de tout faire. Nous avons fait toutes les batteries, la basse, les guitares rythmiques… Donc, effectivement, une grande partie est déjà faite, mais ensuite je me suis concentré sur la première partie.

Quand on entend certains riffs, nombre d’entre eux auraient pu être sur un album de Symphony X, et même certaines lignes de chants qui peuvent évoquer Russel Allen ( comme dans « Black » ou « Oblivion »). Qu’est-ce qui t’as fait dire que ces chansons étaient plus adaptées à un album solo plutôt que de les garder pour un album de Symphony X ?

Il y aura forcément des similarités, évidemment. On ne peut pas y échapper. Je veux dire que dans Symphony X, je m’occupe de la majorité de la composition. C’est moi, c’est tout ! J’aime ce que j’aime et je pense avoir mon propre style de riffs et d’idées mélodiques. Mais avec l’album solo, je savais que ce serait différent parce que… Ouais, peut-être que certains riffs et la façon dont je joue sera similaire, mais je me disais : « D’accord, je peux peut-être essayer d’ajouter davantage d’éléments électroniques, d’avoir bien plus de trucs orchestraux, et que la guitare et l’orchestre fassent encore plus de choses ensemble. » Et puis, il y a simplement le fait que ce sont d’autres gars qui jouent avec moi, ça fait la différence aussi.

Probablement que les gens se seraient attendus à un album de guitare typique, bien plus instrumental, de ta part. Or cet album est constitué d’une majorité de chansons avec un chanteur. Te considères-tu plus comme un compositeur au service de la chanson qu’un guitar hero, au sens traditionnel du terme ?

Ça aurait pu prendre les deux directions mais j’aime vraiment écrire des chansons. Je suis un guitariste, donc ouais, faire que des trucs de guitare, c’est marrant aussi, mais je pense que c’est peut-être plus accessible pour les gens, quand on a des chansons, avec une mélodie, un refrain et du chant. Enfin, on peut faire un peu des deux. Les riffs, les solos de guitare, le jeu, tout doit se prêter à la chanson. Ouais, on peut dégainer certains plans techniques et tout, mais quand même, il faut penser à la chanson ou même à l’album dans son ensemble, le feeling global. J’aime tous ces trucs, assembler tout ça et faire ce qui convient, toujours.

Rick Castellano est ton chanteur sur cet album. Il est relativement inconnu mais apparemment c’est quelqu’un que tu suivais depuis un petit moment. Qu’est-ce qui t’as attiré vers lui ?

Avec l’album solo en général, je voulais simplement me réunir avec des amis et des gars dont j’aime le jeu, mais ce sont surtout des bonnes connaissances. JD [John DeServio], nous avons été au lycée ensemble ! Je le connais depuis qu’il était gamin. Nous étions toujours là : « Mec, on devrait faire quelque chose ensemble à un moment donné. » C’était cool. Et [John] Macaluso aussi : ça fait un moment que je suis ami avec lui, nous parlions tout le temps de faire quelque chose. Rick, je l’ai rencontré il y a des années. Je trainais avec des amis et nous jammions sur des trucs, et un ami commun était là : « Oh ouais, je connais ce gars, Rick, il va venir, on va jammer. » Donc c’était juste parce qu’on a trainé ensemble. Je me souviens que Rick était très bon et nous nous entendions bien. J’ai pensé : « D’accord, si jamais je faisais quelque chose dans le futur, je passerais un coup de fil à Rick. » Et voilà tout ! Comme je l’ai dit, c’était juste une poignée d’amis qui se retrouvent pour faire de la musique.

« Les gens connaissent le groupe pour une chose donnée et il faut plus ou moins rester dans ces parages, alors qu’avec un album solo, tu peux un peu sortir du cadre, essayer de nouvelles choses, comme ‘Fucking Robots’, où c’est genre ‘ok, ça c’est différent…’ [petits rires]. »

John Macaluso avait déjà joué en live avec Symphony X, en remplacement de Jason Rullo, donc ce n’est pas trop une surprise de vous voir tous les deux réunis dans un projet. Mais JD, vu qu’il est surtout connu pour son travail très brut et direct dans Black Label Society, il n’est pas forcément le genre de bassiste que les gens s’attendent à voir à tes côtés…

As-tu déjà vu JD jouer ? Je veux dire que ce mec est incroyable ! Je le connais depuis le lycée et je l’ai vu jouer du jazz, de la fusion et du funk, et il déchire ! Ouais, je comprends ce que tu veux dire. Peut-être que dans Black Label c’est dur de… c’est différent, mais je pense que nous tous, nous jouons pour coller à la chanson. Mais comme je l’ai dit, je le connais depuis tout gamin et je sais qu’il est extraordinaire. Il a une sacré technique, mec ! Les trucs qu’il joue là-dedans, ce n’est pas simple à jouer ! C’est juste un bassiste incroyable, avec une technique incroyable. Mais je suis sûr qu’avec Black Label Society, il adore ce qu’il fait et peut-être qu’à côté il travaille sur d’autres trucs. Je ne sais pas. Tout ce que je sais est qu’il voulait que nous fassions quelque chose ensemble et le moment était venu.

Je sais que tu as une super relation créative avec les gars dans Symphony X ; Mike Lepond nous a dit une fois que pour son premier album solo, auquel tu as participé, il n’avait pas besoin de donner beaucoup d’explications, tu savais tout de suite ce qu’il voulait. Cette fois, tu as travaillé avec une toute autre équipe. As-tu retrouvé la même alchimie, ou bien l’idée était-elle justement d’aller vers l’inconnu, à cet égard ?

Non, je savais que tout se passerait bien. Nous étions tous amis et je les connais tous très bien. Evidemment, musicalement, je les connais, mais aussi personnellement. Tu sais plus ou moins quand quelque chose va se passer sans accroc et va fonctionner. Je veux dire qu’avec Symphony X, je passe des mois à faire la composition initiale, et une fois que tu commences à enregistrer ou que les autres gars arrivent pour travailler sur les chansons, ils ont tous une part de liberté pour mettre leur propre grain de sel, et peut-être différentes choses. Alors qu’avec un album solo, généralement, c’est le compositeur qui créé tout, et ensuite quand les autres entrent en jeu, on peut entendre leur voix ; tu peux par exemple entendre les roulements de Macaluso. Les albums solos sont donc un peu différents. Même avec ce que fait Lepond, je suis sûr que la majorité, il l’a écrite tout seul, tout comme moi, et quand il amène les gars, ils apportent juste leur patte. Ce n’est pas comme un groupe où tout le monde travaille sur la musique. C’est un album solo.

L’album s’appelle War Of The Worlds Pt. 1 en référence au roman d’H.G. Wells du même nom. Le dernier album de Symphony X était inspiré de Dante. On sait à quel point le cinéma et les musiques de films ont été importants pour forger ton style, mais à quel point la littérature a joué un rôle dans ton développement artistique, globalement ?

Un petit peu. Toutes ces choses ont leur importance dans notre développement. Lorsque j’étais plus jeune, quand je commençais à peine la guitare, tous les groupes que j’aimais étaient une grande influence et me donnaient une direction dans la vie, tout du moins musicalement. Et ensuite, en travaillant sur des chansons, et essayant de trouver des idées, des thèmes, etc., tu te tournes vers la littérature et ce genre de choses – la mythologie est inspirante, par exemple. Je veux dire que ce sont des choses qui existent depuis longtemps, c’est intemporel, ce qui en dit long. Et même les films : je suis un grand fan de musique de films et même ça a une petite influence. Enfin, tout le monde est différent mais pour moi, ce sont les choses que j’aime et généralement tu es attiré par ce que tu aimes, et tu essayes de les mettre à profit dans ton travail, d’une certaine façon. Je pense donc que tout ceci a eu une petite influence, que ce soit la littérature, les films, différents types de musique classique, pas seulement le metal. Il y a tant de musiques et d’arts différents. Si ça t’inspire, c’est cool ! Fonce !

Toutes les chansons sont liées musicalement, comme si tu racontais une histoire. C’est donc un concept ?

Ouais, War Of The World est de façon très libre basé sur la thématique du roman, mais le titre est vraiment venu de… Lorsque j’ai commencé à composer, je savais que je voulais que ce soit… Evidemment, la différence avec le groupe est qu’il y a bien plus de trucs orchestraux et, comme je l’ai dit, quelques éléments électroniques, mais je pense que l’orchestre était un gros élément, on le retrouve presque partout. Et je savais que je voulais que ce soit un genre de thème de science-fiction, spatial… Tu sais, j’adore John Williams et Star Wars, et ce type de musique de film, donc j’étais là : « Il est clair que je veux retrouver un peu de ça ! » Donc lorsque j’ai commencé, je cherchais un genre de… peut-être un livre, peut-être une œuvre d’art, simplement quelque chose qui était dans cette veine. Ensuite, évidemment, je suis allé voir dans ma bibliothèque ou peu importe ce que je faisais ce jour-là : « Oh ouais, mec, War Of The Worlds ! D’accord, c’est clair que c’est un truc spatial, c’est de la science-fiction… » Donc initialement, c’était l’idée en raison de la direction que je voulais que la musique prenne. Et maintenant, avec les paroles, Rick et moi avons parlé de… Car chaque chanson ne pouvait pas parler d’extraterrestres, de martiens et ce genre de connerie. Alors War Of The Worlds est devenu, disons, la guerre des mondes en politique, ou en termes de religion, et toutes ces autres choses qui se produisent. C’est donc plutôt devenu un « nous contre eux ». Donc la musique a ce feeling et avec les paroles, nous faisons quelque chose d’un peu différent. Ce n’était pas comme si nous racontions à nouveau l’histoire du roman ou autre. C’était un peu plus vague et ça abordait d’autres choses ; des choses comme des conflits. Mais je ne suis pas porté sur la politique, ni sur la religion ou autre. Je ne fais que prendre note. Pour moi, le principal, c’est la musique, et le but était de se faire plaisir avec la musique et être créatif, et peut-être, subtilement, avec les paroles, rentrer dans quelques-uns de ces sujets, et parce que, comme je l’ai dit, toutes les chansons ne pouvaient pas parler de soucoupes volantes et pistolet lasers, car autrement ça serait vite devenu kitsch [petits rires].

« C’est une époque difficile financièrement, énormément de gens encaissent des coups durs, donc on fait tous ça parce qu’on a adore ça. […] Il faut adorer ce qu’on fait ! C’est la seule chose qui te poussera à continuer. »

Et le fait de connecter les chansons les unes aux autres, c’était ta façon d’en faire une sorte de voyage ?

Ouais, exactement ! Je l’ai pensé comme une seule pièce de musique et un voyage de chanson en chanson. Encore une fois, pour en revenir à la musique de film, c’est comme si on suivait cette… Evidemment, ce n’est pas une histoire, mais on suit l’œuvre, on laisse la musique nous amener quelque part. Je savais que je voulais faire ça, je ne voulais pas que ça s’arrête. Je voulais que ce soit un flot ininterrompu de musique, allant d’une chose à l’autre, en haut et en bas, de façon fluide.

En dehors de ce que tu as expliqué précédemment, War Of The Worlds semble aussi être un titre approprié dans la mesure où dans cet album plusieurs mondes entrent en collision. Il y a évidemment ton style néo-classique, mais on trouve aussi des influences électroniques et dubstep dans la chanson « Fucking Robots » ou des influences orientales plus traditionnelles dans « Djinn ». Est-ce le genre de liberté, pour aller où tu voulais sans restriction, que tu as trouvé en faisant cet album solo ?

C’est complètement ça. L’idée était juste de s’amuser, faire de la musique avec des amis, essayer des choses différentes. Evidemment, avec le groupe, tu as des paramètres que tu dois prendre en compte en travaillant – je ne crois pas, par exemple, que nous pourrions faire une chanson dubstep sur un album du groupe, alors qu’en solo je peux. Je veux dire que Symphony X offre aussi beaucoup de latitude, certains trucs sont très heavy, d’autres très mélodiques… Ce n’est pas hyper restrictif non plus. Mais un groupe s’établit en tant que quelque chose de défini. C’est comme ça. On peut faire quelques trucs un peu différents et peut-être se diversifier un peu, mais les gens connaissent le groupe pour une chose donnée et il faut plus ou moins rester dans ces parages, alors qu’avec un album solo, tu peux un peu sortir du cadre, essayer de nouvelles choses, comme « Fucking Robots », où c’est genre « ok, ça c’est différent… » [petits rires]. Je m’amusais, j’essayais autre chose, c’est tout. Mais ce ne sont que des choses que j’aime. Evidemment, j’aime le metal et la musique orchestrale, et tu te dis « et si je mettais tout ça ensemble et essayais quelque chose de différent ? » Même si avec le dubstep je pousse un peu le bouchon, ou peut-être que j’en fais des tonnes avec les parties orchestrales, je trouve que tout fonctionne. Je pense que si on peut faire quelque chose qui fonctionne dans notre style, alors ça va. Si je mettais une chanson de country là-dedans, ou si Symphony X faisait un morceau de rap, je ne crois pas que ça fonctionnerait [petits rires]. Mais si tu prends un orchestre et tu le mélanges à du metal, ou si c’est un truc progressif et qu’on y met des éléments électroniques, je pense qu’on peut faire en sorte que ça marche.

« Fucking Robots » est probablement la plus grande surprise de l’album. Quelle est ta relation à la musique électronique ?

Le dubstep, la première fois que j’en ai entendue, j’entendais mes enfants en écouter. Au départ, je me disais : « Bordel, c’est quoi cette connerie qu’ils écoutent ? » [Petits rires] Et ensuite, j’ai un peu mieux écouté et je me suis dit « merde, c’est plutôt pas mal ! » C’est différent, mais je peux me rendre compte que ça requiert une part de talent et des compétences, et certains de ces morceaux sont assez heavy. Je donnerais une chance à n’importe quoi à écouter. Mais ouais, je ne suis pas là à écouter des trucs électroniques toute la journée, mais si j’entends quelque chose, je peux me dire « ok, c’est pas mal du tout ! » Donc c’est plus comme ça. Ma discothèque est généralement constituée de metal, de trucs progressifs, de classique et de musique de films. Je n’ai pas beaucoup de musique électronique. Mais pour cette chanson, j’ai travaillé avec un gamin. Il est à fond dans l’électronique, il est très bon avec la programmation, les synthés et tous ces trucs de dingue, il est très doué. C’est mon ami Marco, je le connais depuis un petit moment. En fait, c’est un bon ami de mon technicien guitare, c’est comme ça que je l’ai connu. Mais il se fait connaître sous le nom de Sciatica. Il fait tout un tas de trucs différents. Je suppose que dans la musique électronique, c’est comme ce qu’on connait dans le monde du rock et du metal : il y a plein de sous-genres de death metal, black metal, prog metal… Et j’imagine que dans ce monde, que je connais mal, il y a le dubstep, la trance, je ne sais même pas ! Il y a probablement énormément de choses. Mais bref, avec ce gamin nous échangions des idées. Nous nous sommes beaucoup amusés à faire ce morceau, c’était génial ! Et puis quand j’ai entendu le résultat pour la première fois, ça m’a fait penser à des Transformers en train de faire l’amour [rires], d’où le titre, qui était en fait un titre de travail qui est finalement resté.

Comment penses-tu que tes fans réagiront à cette chanson ?

Je ne sais pas, on verra. Même moi, quand je l’écoute aujourd’hui, ça me fait marrer, ça me fait sourire, genre « oh bon sang, c’est… différent mais c’est plutôt cool. » Et comme je l’ai dit, je ne pense pas que ce soit si extrême. Enfin, ouais, c’est différent mais il y a toujours des éléments metal, il y a toujours des choses là-dedans qui font que ça colle à l’album. Donc ouais, on verra ! J’espère que les gens sont ouverts d’esprit, qu’ils l’écouteront et prendront ça pour ce que c’est. Je l’ai fait écouter à quelques amis et, comme je l’ai dit, ça fait sourire et ça fait rire. Un pote à moi était là l’autre jour, je lui ai fait écouté quelques trucs, il était là : « Oh mec, je n’ai jamais entendu quelque chose comme ça ! C’est un mélange de tout ! » J’étais là : « Oh, super ! » Donc je pense que la plupart des gens l’écouteront pour ce que c’est et avec un peu chance, ils apprécieront.

« Parfois tu as une image en tête, quelle qu’elle soit, et tu te dis ‘d’accord, qu’est-ce que je peux faire avec la musique pour que d’autres gens voient ça ?’ Enfin, tout le monde va voir des choses différentes, si tant est qu’ils voient quelque chose, qui sait ? J’essaye juste de créer un paysage avec la musique et d’y attirer les gens. »

Dirais-tu qu’un album solo c’est plus pour toi, alors que le groupe, c’est plus pour les fans ?

Je pense que c’est les deux. Tu fais toujours un peu pour toi, ou même beaucoup, je dirais. Mais d’un autre côté, tu penses aux fans, à ce que les gens pourraient aimer et ce dont ils ont l’habitude avec le groupe, et ce genre de chose. Et avec un album solo, peut-être que tu peux un peu plus faire comme ça te chante, essayer d’autres choses, mais quand même, je pense qu’il y a toujours ça : je le fais pour moi mais je sais que je veux proposer aux fans quelque chose qu’ils apprécieront, que peut-être ils attendent. Et je pense qu’il y a beaucoup de choses dans cet album auxquelles ils s’attendraient mais il y a aussi des choses auxquelles ils ne s’attendraient pas, et peut-être qu’ils les aimeront beaucoup aussi ! Evidemment, surtout de nos jours dans l’industrie musicale, c’est une époque difficile financièrement, énormément de gens encaissent des coups durs, donc on fait tous ça parce qu’on a adore ça. Donc ouais, il faut le faire pour soi, mais bien sûr, il faut aussi avoir conscience des fans et de ce qu’ils pourraient aimer. Donc c’est toujours du donnant-donnant.

Penses-tu que l’une des conséquences de l’état de l’industrie musicale est que ceux qui restent sont généralement ceux qui font ça pour les bonnes raisons, c’est-à-dire pour la passion plus que pour le succès commercial ?

Ouais, enfin, le succès commercial, je ne sais même pas ce que ça veut dire aujourd’hui ! C’est une notion qui est plus ou moins partie en fumée. Si quiconque fait ça, il le fait parce qu’il adore le faire, c’est tout. A moins que ce soit une super star, un groupe monumental hyper connu partout dans le monde ; il en reste quelques-uns et je suis sûr que même eux continuent à le faire parce qu’ils aiment ça, même si les gros groupes sont petit à petit en train de disparaître, et je ne vois pas beaucoup de nouveaux groupes monter ou devenir le prochain Sabbath, ou le prochain Rush, ou le prochain Slayer. Et je comprends, parce que c’est très dur de gagner sa vie dans ce business. Donc pour revenir à ta question : ouais, si tu n’as pas la passion… Il faut adorer ce qu’on fait ! C’est la seule chose qui te poussera à continuer.

Comme on l’a évoqué plus tôt, si une influence est plus que jamais très présente dans ta musique dans cet album, c’est celle de la musique classique et plus particulièrement, la musique de films. Considèrerais-tu ceci comme une part essentielle de ton ADN d’artiste ?

Ouais, c’est bon ça, mec, j’aime bien : l’ADN ! [Rires] Ouais, j’adore ces trucs et je pense que, même quand j’étais jeune, même quand je commençais à jouer de la guitare, ça a eu une forme d’impact. Car je me suis toujours intéressé à ce type de film, ceux de science-fiction, les films de Godzilla, L’Île Mystérieuse, ceux avec des dinosaures en argile et tout ça datant d’il y a longtemps. Et toute cette musique, encore aujourd’hui, je m’en souviens en grande partie parce que je sais que c’était de Bernard Hermann. Il a fait Psycho, il a fait plein de trucs de Hitchcock et ce type de films, et il y avait toujours quelque chose dans cette musique, ça sortait de l’ordinaire, c’était mystérieux… Et même quand j’étais gamin, ça me faisait ressentir quelque chose. Ensuite, quand j’ai commencé à jouer de la guitare, évidemment j’étais dans le metal et ce genre de chose, mais quand même, je pense que c’était, comme tu l’as dit, dans mon ADM, ça reste en toi. Et plus j’apprenais à la guitare et sur la musique, plus je commençais à m’intéresser à la musique classique, et puis il y a des choses que tu apprécies au fur et à mesure, comme Stravinsky, Holst, Ravel, et pas mal de choses classiques plus contemporaines. Et ensuite je suis revenu en arrière et je me suis ré-intéressé à des musiques de film, et j’ai compris quels étaient ces accords, et tout ce qu’il y avait derrière. Tu assimiles ça et puise dedans. Quand on écoute différentes musiques et qu’on aime différentes choses, je pense que ça reste en toi, des petits bouts ici et là. Tu essayes d’intégrer ça à ton travail, d’une certaine façon. Donc peut-être que je mettrais une progression d’accord qui sonne très Bernard Hermann ou quelque chose dans le style de John Williams, et c’est parce que j’adore ça. C’est un peu comme un hommage, un peu coup de chapeau, peut-être. Mais c’est partout, avec chaque musicien, je pense. Je peux écouter certains de mes riffs et je me dis « d’accord, je sais où j’ai eu ça, c’est un truc de Iommi, ou c’est un truc d’Ygnwie. » Tu sais à peu près où ça a pris racine. Donc avec tous les passages orchestraux, c’est genre « ouais, je sais d’où ça vient. » Ça vient des gars qui m’ont inspiré. On pourrait parler de ça pendant deux heures ! [Petits rires]

Est-ce que tu vois un film dans ta tête quand tu composes des chansons ? Est-ce que ça crée des images dans ta tête ?

Ouais, un petit peu. Pour celui-ci, je savais ce que je voulais pour la musique ; on parle du côté spatial et science-fiction épique, à la Star Wars ou Star Trek. Je veux dire que tu as un titre, ou au moins un thème, et ça aide, et parfois tu as une image en tête, quelle qu’elle soit, et tu te dis « d’accord, qu’est-ce que je peux faire avec la musique pour que d’autres gens voient ça ? » Enfin, tout le monde va voir des choses différentes, si tant est qu’ils voient quelque chose, qui sait ? J’essaye juste de créer un paysage avec la musique et d’y attirer les gens. Je pense que tu l’as dit plus tôt : c’est un genre de voyage.

« Russ a eu son accident [avec Adrenaline Mob], ce qu’il a vécu a été très dur ; ça a été très dur pour toute cette équipe. Nous avons parlé la semaine dernière et… Je sais que ce qu’il a traversé l’a chamboulé ! C’est beaucoup à encaisser. Je lui donne un peu d’espace pour respirer. Je suis certain que quand quelque chose comme ça se produit, toutes tes priorités dans la vie changent un peu. »

Tu as déclaré que la chanson « Constellations » « a probablement pris le plus de temps de toutes les chansons de l’album. » Pourquoi ? Qu’y avait-il de si compliqué dans la conception de cette chanson ?

Ce n’était pas la composition. Je pense que la composition, globalement, a été assez rapide. J’ai fait presque deux heures de musiques en quatre ou cinq mois ; j’avançais très vite. Mais celle-ci, cette description comme quoi elle a pris le plus de temps, c’est juste de manière général, ce n’était pas non plus incroyablement démentiel. Je me souviens quand même que c’était un certain défi, parce qu’il y a beaucoup d’orchestrations sur tout ça ; il y a un peu de chant au début et à la fin, et ensuite il n’y a que le groupe et l’orchestre qui jamment, plus ou moins. La programmation de l’orchestre, la composition et son arrangement, c’est ce qui prend du temps. Ça prend quand même du temps de faire que ça sonne aussi humain et réel que possible. La moindre partie, la moindre petite mélodie et autre doit avoir sa propre intension, et ensuite t’enchaîne avec la suivante, tu assembles le tout et ça commence à respirer. Et je me souviens que pour celle-ci, j’étais là : « Oh mon Dieu ! » Il s’y passe tellement de choses. Il me semble qu’il y a de l’électronique, il y a un paquet de conneries là-dedans ! C’était fastidieux mais marrant à faire ! Donc c’était plus ça, le fait de lui donner vie, qui a pris le plus de temps.

Ce n’est même pas la chanson la plus longue dans l’album ! On aurait pu croire que « Djinn » ou « Believe » auraient été les chansons les plus longues à concevoir…

« Djinn », c’est un peu un jam plus libre. C’est assez ouvert avec cette tonalité orientale. Il y a un orchestre là-dedans, mais il ne défonce pas tout. Je veux dire qu’il y a pas mal d’espace là-dedans. Celle-ci est plus portée sur l’atmosphère. Ouais, la chanson est longue mais elle respire ; toute cette section au milieu respire, alors que « Constellations » ne s’arrête jamais. « Believe » un peu aussi : il y a un peu la même chose dans celle-ci que dans « Constellations ». En fait, peut-être que j’étais cramé à la fin [petits rires] à force de faire toute cette programmation et ces modifications, peut-être que j’étais complètement grillé, qui sait ? Le truc normal c’était : nous faisions toutes les batteries d’abord, évidemment, et ensuite les guitares rythmiques, et j’examinais les parties orchestrales, ici et là. Nous avons fait la basse, et ensuite encore un peu plus de parties orchestrales, peut-être un peu plus de programmation au synthé et autre. Ensuite j’ai passé beaucoup de temps avec Rick et nous avons fait tout le chant. Donc au final, s’agissant de la dernière chanson, je devais faire toute l’édition et les arrangements orchestraux pour « Constellations », et j’étais probablement cramé et je me disais « Bordel de merde ! Il y a un paquet de trucs là-dedans ! »

A quoi peut-on s’attendre dans la seconde partie de War Of The Worlds ?

C’est similaire mais, évidemment, les chansons sont différentes. Il y quelques petits trucs différents mais tout a été écrit en même temps. Je suis sûr qu’écouté l’un à la suite de l’autre, ça donnerait l’impression d’un véritable grand morceau de musique. C’est pareil mais différent [rires].

Est-ce qu’on va y retrouver d’autres surprises comme « Fucking Robots » ?

Je ne sais pas ! Peut-être qu’on verra en fonction de l’accueil que recevra cet album parce qu’une chanson comme celle-là ne prend pas beaucoup de temps. Il n’y a pas d’énormes parties orchestrales, des pages et des pages de paroles. C’est plus une question d’électronique. Donc ouais, qui sait ? Car la seconde moitié reste un livre ouvert. Peut-être que nous ajouterons quelque chose. Ça n’est pas grand-chose. La majorité est faite, de toute façon, mais peut-être que si les gens sont là « oh merde, ‘Fucking Robots’ est géniale ! J’espère qu’il y en aura une autre sur le second… » Pour revenir à ce qu’on disait, c’était « d’accord, on a va être créatif et on le fait pour nous-même, mais on le fait aussi pour les fans. » Et si on se dit « oh ce serait cool s’il y avait quelque chose comme ça », alors ce serait « d’accord peut qu’on essaiera un autre truc comme ça sur le second. » Merde, rien qu’en t’en parlant là maintenant, je me dis « mec, peut-être que ce serait bien d’avoir un truc dans la veine de ‘Fucking Robot’, » pareil mais différent [petits rires].

Et quel est le calendrier pour la seconde partie ?

Ca dépend de beaucoup de choses. Ca dépends de si cet album est bien reçu. J’ai parlé aux gars de Symphony X et nous essayons de déterminer ce que sera notre planning, ce que nous allons faire… Je prends les choses au jour le jour. J’ai fini ça, donc je vais me détendre un peu, voir comment il est reçu, voir les réactions. Tout est un peu en suspens. La seconde partie sera probablement la chose la plus rapide à faire vu que quatre-vingt-dix pour cent est déjà terminé. Donc si ce premier album marche bien, s’il est bien reçu et que les fans l’apprécient, alors je me dirais « d’accord, peut-être que je vais prendre un peu de temps pour sortir celui-ci. » Mais rien d’arrêté pour le moment.

« Si ça marche bien, nous faisons des concerts, super, je suppose que nous verrons comment nous ferons en temps voulu. Mais c’était plus ‘d’accord, je vais faire un projet solo, appeler quelques potes… six parties de guitare, ça ne pose pas de problème. Il y a des trucs orchestraux, du synthé… ouais, mon gars, vas-y empile !' »

En parlant de Symphony X, trois ans se sont écoulés depuis la sortie d’Underworld, le dernier album du groupe. As-tu encore des ressources créatives après avoir travaillé sur deux albums solo ? Est-ce que ça n’a pas pompé toute ta créativité ?

Nan ! Parce que, généralement, je peux être inspiré par… Ça pourrait être n’importe quoi ! Ce pourrait juste être le fait de voir War Of The Worlds, en tant que titre, et alors je me dis « d’accord, j’arrive à voir ce que ça pourrait donner musicalement, je peux entendre dans ma tête ce que ça peut donner. » Et ça lance tout le truc. Et une fois que tu es lancé – enfin, ça a été le cas jusqu’à présent, Dieu merci -, ça ne s’arrête plus ! Je ne sais pas si ça se passera toujours ainsi. Mais c’est dur ; Symphony X est dur. C’est le cas avec n’importe quoi, je pense, parce que tu veux que ton travail soit vraiment excellent, tu ne te contentes pas de le faire machinalement, tu y mets tout ce que tu as. Tout prendra toujours un peu de temps. Mais pour ce qui est de la créativité, il y a toujours quelque chose pour t’inspirer, en tout cas pour moi, je peux toujours trouver quelque chose qui m’inspire et me lance, et une fois que tu commences à travailler, alors ça prend sa propre direction, je suppose, un peu comme si tu étais en pilote automatique à partir de là, les choses commencent à se produire et arriver, et tu essayes de faire que tout se tienne, que les idées se tiennent. Enfin, ça arrive à tout le monde d’avoir le syndrome de la page blanche de temps en temps. Donc ça peut avoir du mal à démarrer, tu peux te retrouver embourbé, mais généralement une fois que c’est parti, c’est parti.

Est-ce que vous avez décidé quelque chose avec Symphony X ?

Rien de précis pour l’instant. L’an dernier, Russ voulait investir beaucoup plus de temps dans son groupe, évidemment Lepond faisait son truc solo, et j’ai décidé de faire ceci, donc nous avons tous fait une petite pause. Et ensuite Russ a eu son accident [avec Adrenaline Mob], ce qu’il a vécu a été très dur ; ça a été très dur pour toute cette équipe. Nous avons parlé la semaine dernière et… Je sais que ce qu’il a traversé l’a chamboulé ! C’est beaucoup à encaisser. Je lui donne un peu d’espace pour respirer. Je suis certain que quand quelque chose comme ça se produit, toutes tes priorités dans la vie changent un peu. Comme je l’ai dit : rien de précis, nous ne faisons que parler et donner à Russ du temps pour voir comment il veut faire pour avancer – je peux complètement le respecter. Nous sommes en train d’organiser ça entre nous. Quoi qu’il arrive avec Symphony X, dès que nous nous réunirons, que nous repartirons, je suis sûr que les idées commenceront à arriver. C’est comme ce qu’on a dit plus tôt, tu trouves quelque chose dans lequel puiser, au niveau inspiration ou créativité, et après c’est parti. Ça ne m’inquiète pas. C’est pareil. J’ai vu Lepond l’autre jour, nous trainions ensemble, nous parlions même de quelques idées, mais rien d’arrêté à ce niveau, parce que parfois tu te dis « oh, on doit faire ça, » ensuite tu commences à composer et en fait c’est plutôt « oh mec, ça prend cette direction, allons là-dedans. » Parfois les choses changent et vivent leur propre vie.

Tu as dit que Russell avait besoin d’un peu d’espace pour respirer après l’accident : est-ce que ça a remis en question sa participation dans un groupe de tournée comme Symphony X ?

Ce n’est pas à moi de le dire mais si ça avait été moi, la réponse aurait été oui. Comme je l’ai dit, quand quelque chose comme ça arrive, tes priorités ont tendance à changer, et c’est compréhensible. Nous avons parlé, nous tous, tout le groupe, et nous comprenons tous ce que Russ a vécu. A un moment donné, il va vraiment falloir que nous nous réunissons et nous remettions au travail, donc il faudra voir quand ce sera.

As-tu l’intention d’amener ton groupe solo sur les planches ?

Au début, quand j’ai commencé tout ce truc solo et à composer, ça n’était jamais vraiment l’intention. Avec le groupe, souvent, quand nous enregistrons et faisons des chansons, c’est toujours quelque chose que nous avons un peu à l’esprit. Genre : « D’accord, il ne vaut mieux pas mettre six parties de guitare dans cette chanson parce qu’en live ça ne va pas bien sonner. » Tu as donc toujours un peu conscience de ça, de ne pas en faire trop. Là, c’était l’opposé : si quelque chose se passe, si ça marche bien, nous faisons des concerts, super, je suppose que nous verrons comment nous ferons en temps voulu. Mais c’était plus « d’accord, je vais faire un projet solo, appeler quelques potes… six parties de guitare, ça ne pose pas de problème. Il y a des trucs orchestraux, du synthé… ouais, mon gars, vas-y empile ! » C’était plus une question de son, d’être créatif et de construire ce truc. Mais si nous devons le reproduire en live… Encore une fois, comment ce sera accueilli et quelles seront les réactions, ça jouera un rôle là-dedans aussi. Ça pourrait se faire. Peut-être qu’il nous faudrait un orchestre et quelques gars au clavier. J’aurais le sentiment de devoir rendre justice à cette musique. Quatre ou cinq gars essayant de faire sonner ça comme ça, ça ne sera pas possible. Il en faudra plus que ça. Mais encore une fois, au jour le jour.

Est-ce que c’est l’expérience qui te fait sans arrêt dire « au jour le jour » et être prudent ?

Ouais ou honnêtement, le fait de n’être vraiment pas sûr. Je pense que, maintenant, tout dans l’industrie musicale te pousse à voir où ça va, comment les choses évoluent, quelles sont les réactions. C’est vraiment au jour le jour parce que personne ne sait vraiment. Si ça fonctionnait vraiment bien et que ça décollait, qu’il y avait vraiment de l’argent permettant d’embaucher un ensemble orchestral et faire quelque chose comme ça avec, ouais ! Mais dans le cas contraire, alors ça sera sans doute difficile d’y parvenir et il faudra surement faire des compromis. Enfin, on peut faire des compromis jusqu’à un certain point. Mais encore une fois, au jour le jour ! [Petits rires]. Je ne suis pas extralucide.

Interview réalisée par téléphone le 8 juin 2018 par Nicolas Gricourt.
Transcription & traduction : Nicolas Gricourt.
Photos : Danny Sanchez.

Site officiel de Michael Romeo : michaelromeomusic.com

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