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Live Report   

Monolord réchauffe les cœurs


Après plus d’un an sans concerts, la perspective de retrouver les salles sombres, les autres fans, et évidemment les musiciens en chair et en os se fait particulièrement séduisante, mais aussi vaguement improbable. Alors que certains groupes se remettent prudemment en route grâce à l’assouplissement des restrictions imposées par le Covid en Europe, il semble que le moment tant attendu est enfin arrivé. Pour ne rien gâcher, le line-up est tentant : les Américaines de Blackwater Holylight ont fait le voyage pour défendre leur dernier album Silence/Motion, et les Suédois de Monolord, après la tournée avortée qui avait suivi la sortie de No Comfort, faisaient leur grand retour sur scène à l’occasion de la sortie de Your Time To Shine.

Malgré une frayeur de dernière minute – le gouvernement hollandais a décidé de resserrer la vis à une semaine du concert – l’événement, relocalisé – du club DB, il est passé à la salle Pandora du complexe Tivoli Vredenburg à Utrecht – et reconfiguré – le public doit rester assis ! – a bien lieu, et le public a répondu nombreux et enthousiaste à l’appel. Plus qu’un concert, c’est un véritable moment de communion pour une scène metal ankylosée par les confinements et les restrictions qui s’annonce…

Artistes : MonolordBlackwater Holylight
Date : 19 novembre 2021
Salle : TivoliVredenburg Pandora
Ville : Utrecht, Hollande

C’est donc devant un public sagement assis que prennent place les cinq musiciennes de Blackwater Holylight. Venues tout droit de Californie, d’Oregon et du Colorado, rien que ça, elles proposent un mélange atypique de doom et de shoegaze qui associe avec aisance lourdeur et légèreté. Avec un troisième album fraîchement sorti, leurs nouvelles chansons sont à l’honneur : de la langueur mélancolique de « Who The Hell » à la dream pop solaire de « Around You », tout le large éventail de leur univers à la fois grave et psychédélique est représenté. Mais avec une guitariste supplémentaire en renfort, Erika Osterhout, qui prend aussi en charge le growl, c’est à son plus lourd que le groupe brille, des riffs vrombissants de « Delusional » aux passages les plus groovy d’« Every Corner », en raison peut-être d’une sonorisation qui met plus en valeur la batterie d’Eliese Dorsay que la voix menue de la chanteuse/guitariste/bassiste Allison « Sunny » Faris. Faris et la bassiste/guitariste Mikayla Mayhew échangent régulièrement de poste et d’instrument sans perdre le fil de la performance. Si la chanteuse et les musiciennes se montrent réservées, interagissant très peu avec le public, elles terminent un set à la fois sombre et lumineux avec de chaleureux remerciements, sous les applaudissements.

Attendu avec impatience, le power trio de Monolord entre en scène avec un peu de retard devant un public qui ne cache pas sa joie de le voir. Et le sentiment semble réciproque : les musiciens sont radieux et leur enthousiasme ne faiblira pas pendant l’heure et demie du set. Complices, manifestement dans leur élément, ils ne ménagent pas leurs efforts pour satisfaire leurs fans : longs jams, communication chaleureuse – c’est même le public qui choisit la dernière chanson –, tout est là pour sortir dans la joie et la bonne humeur de la longue période d’hibernation de ces derniers mois. À trois, ils parviennent à occuper le terrain, grâce notamment à la générosité de Thomas Jäger au chant et à la guitare, et à un bassiste charismatique au style atypique (lunettes 70s et câble de basse en spirale), Mika Häkki, qui se déchaîne dans sa chemisette flashy. Derrière les fûts, Esben Willems donne le rythme sans faiblir : on peut d’ailleurs saluer au passage une sonorisation remarquable, où les petits défauts qu’on avait pu entendre durant la première partie ont disparu, et où voix, batterie et riffs se mêlent sans jamais s’écraser.

Si le groupe ouvre son set sur « The Weary », le premier extrait de son nouvel album Your Time to Shine, et jouera aussi « I’ll Be Damned », il fera la part belle à son disque précédent, No Comfort, pour lequel il n’avait pas pu tourner (c’est d’ailleurs l’artwork de la pochette de cet album qui orne son backdrop), et revisitera ses classiques Rust et Empress Rising. Alors que les titres s’enchaînent, l’évidence s’impose : c’est en live que le doom inspiré, moins monolithique qu’il n’y paraît du groupe, prend vraiment toute son ampleur. Les morceaux se déploient en longueur (10 en 90 minutes) mais ne laissent jamais place à l’ennui grâce à un sens du timing, une inventivité et une cohésion de groupe remarquables qui tirent le meilleur de sa configuration restreinte. Même l’instrumental « Audhumbla » se révèle captivant. Bref, malgré des paroles sombres voire franchement sinistres, c’est la joie partagée qui domine, et qui culmine sur le classique « Empress Rising », un festival de fuzz et de groove dont le riff imparable fait osciller tous les spectateurs sur leur siège : on voit des points levés, des têtes qui se secouent, bref, les fans trépignent d’enthousiasme. Le break vaut même au groupe une standing ovation en plein morceau !

Après un autre de ses classiques, « Rust », c’est sur le morceau emblématique de No Comfort au titre approprié, « The Last Leaf », que le groupe choisit de terminer la soirée. Avec ses paroles désespérées, son riff vrombissant et ses solos, il synthétise à la perfection tout ce qui fait le groupe. Le public s’en rend bien compte et ne boude pas son plaisir : c’est sous de longs applaudissements que les Suédois quittent la scène. Un retour dans les salles qui a tenu ses promesses, donc, malgré une configuration qui se prêtait plus à un récital qu’à un concert de doom, et même plus : on se prendrait presque à rêver qu’un retour à la normale serait possible. Hélas, il semble bien qu’on doive s’attendre à patienter à nouveau…

Set-list Monolord :

The Weary
Where Death Meets the Sea
Audhumbla
I’ll Be Damned
The Bastard Son
Lord of Suffering
Larvae
Empress Rising
Rust
The Last Leaf



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