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Live Report   

Monster Magnet : à quoi vont bien pouvoir désormais servir les nouveaux albums ?


Mötley Crüe l’a fait avec Dr FeelGood, Judas Priest pour le trentième anniversaire de British Steel. Opeth s’y est prêté aussi et Metallica s’apprête à le faire avec le Black Album. Ce soir, Monster Magnet s’y colle avec Dopes To Infinity.

Mais de quoi parlons-nous exactement ? Eh bien, de jouer un album dans son intégralité en concert. Ces albums emblématiques qui ont marqué l’histoire de notre genre musical préféré ou, plus modestement, la carrière d’un groupe donnent donc lieu à une nouvelle façon d’aborder la musique live avec des tournées qui ne se basent plus forcément sur un nouvel album.

Et l’idée est plutôt intéressante, apportant curieusement, avec du vieux, un sang neuf bienvenu aux prestations live. Clairement cette idée est poussée par les nouvelles façons de consommer (de télécharger illégalement) qui obligent les artistes à tourner plus et donc à faire preuve de créativité pour toujours susciter l’intérêt du public. Ce qui semble fonctionner car la présence en nombre des fans ce soir atteste de leur appétence pour ce genre d’exercice.

Mais avant de suivre Dave Wyndorf dans un voyage musical sous acide, un trip pourrions-nous dire, laissons-nous piquer par quelques araignées noires qui ont traversé la Manche pour déverser leur hard rock de bonne facture, graisseux à souhait et teinté de stoner.

Artistes : Monster MagnetBlack Spiders
Date : 28 Novembre 2011
Lieu : Paris
Salle : La Maroquinerie

Le batteur Tiger Si des Black Spiders

Black Spiders est un groupe anglais qui existe depuis 2008 et qui a sorti son premier vrai album, Sons Of The North, en février 2011 sur lequel s’appuiera en grande partie la setlist de ce soir. En effet, seul « Meadow » n’est pas issu du dernier opus mais de l’EP Cinco Hombres sorti en 2009. La configuration de la scène est particulière avec la batterie des Anglais posée devant celle des Américains, juste devant le nez des spectateurs, et qui coupe la scène en deux laissant très peu d’espace aux musiciens qui se répartiront de part et d’autre. Au moins, le public pourra-t-il profiter du batteur, musicien qui est rarement autant en visibilité. Et Dieu sait que ‘Tiger’ Si a de quoi marquer les esprits. Sa coupe de cheveux que l’on remarque immédiatement : une crête plate qui dénote par rapport aux longs cheveux de ses camarades. Et surtout les mimiques qu’il fait tout au long du set et qui lui donnent un air de possédé et du genre pas commode. Impressionnant aussi quand il se lève, prend appui sur ses cymbales et headbangue comme un fou. Les autres membres du groupe ne se laissent pas non plus démonter par l’espace réduit : certains monteront sur les amplis !

Le public apprécie la prestation énergique des Anglais soutenue par une musique qui peut être vue comme un hard rock survitaminé avec quelques relents stoner. Les premiers pogos font même leur apparition. Pendant le show, Pete ‘Spider’ Spiby invitera le public, majeurs tendus bien haut, à chanter ‘Fuck Black Spider’ et n’aura pas vraiment à insister pour être exaucé et, entre ceux des musiciens du groupe et ceux du public, c’est une foule de majeurs tendus qui pullulent dans la Maroquinerie. Même l’ampli Orange du groupe est orné d’une réplique d’une main qui fait un doigt. Provoc’ attitude !

Apéro time pour les Black Spiders

Mais c’est sur « Meadow » que le moment le plus surprenant se produit. Alors que le chanteur se lance dans des vocalises délirantes, les autres musiciens s’asseyent et se boivent une bière entre eux, tranquilles, trinquent ensemble comme s’ils étaient seuls, sans public, au café du coin. Cool attitude ! Ce moment de repos des musiciens contraste réellement avec la furie qu’ils dégagent quand ils jouent et qu’ils se dépensent sans compter. A 20h40, le groupe quitte la scène après quarante minutes d’une prestation plutôt intéressante et qui aura mis le public de la Maroquinerie sur de bons rails.

Setlist de Black Spiders :

Si, El Diablo
Stay Down
Just Like A Woman
St Peter
Meadow
Kiss Tried To Kill Me
Blood Of The Kings

Dave Wyndorf (Monster Magnet) donne le la

Il est 21h15 quand Monster Magnet monte sur scène et entame son set par le dernier titre de Dopes to Infinity, le quasi instrumental « Vertigo ». Au moins, avec ce premier titre, pas forcément le plus accessible de l’album, tout le monde est prévenu : ce soir, ce ne sera pas du easy-listening, cela vous prendra aux tripes, vous plongera dans une odyssée musicale au long cours, toute de puissance et de pouvoir hypnotique. Nous remarquons tout de suite que le son est très bon. Il en sera ainsi tout au long de la soirée.

Avant d’aller plus loin, un mot sur l’album qui réunit tout le monde ce soir. Dopes To Infinity est sorti début 1995 et n’est pas forcément l’album qui aura fait décoller le groupe comme Powertrip, leur album suivant. Toutefois, les choses ont commencé à bouger à ce moment-là avec le titre « Negasonic Teenage WarHead ».

« I Control, I Fly », « Look To Your Orb To The Warning » enfoncent le clou de cette descente vers ailleurs que nous propose cette musique très évocatrice aux relents parfois très américains et qui, avec ses riffs pesants, ses ambiances et ses déluges sonores, peut susciter des émotions contrastées, très fortes. « All Friends And Kingdom Come », trippant et enivrant à souhait avec ses airs orientaux, nous fait même nous demander si un morceau va nous permettre de reprendre nos esprits, de revenir dans le monde réel de La Maroquinerie où la chaleur est écrasante. A se demander d’ailleurs comment Dave Wyndorf supporte son blouson de cuir.

Monster Magnet : chaleur.

A propos du leader du groupe, sa voix éraillée rappelant celle de chanteurs américains tels que Tom Waits ajoute clairement sa contribution à cette teinte américaine de la musique du groupe. Son attitude, statique mais non sans charisme – peut-être parce que l’homme est clairement habité par sa musique – contraste par rapport aux autres musiciens qui remuent, en particulier le bassiste qui montrera quelques fois que tenir correctement son instrument est très surfait. On retrouve finalement dans ces oppositions de style les contrastes de la musique où quelques plages calmes alternent avec les grosses guitares.

« Ego, The Living Planet », espèce d’instrumental tout en muscle et en lourdeur, continue le voyage et l’on sait que l’on devra rester en apnée, sans oxygène tellement cette musique est parfois asphyxiante.

Le public est très présent, écoutant religieusement les passages instrumentaux, les saluant chaleureusement dès qu’ils finissent. Les pogos sont nombreux et l’on peut aussi voir quelques slammeurs qui, par contre, n’ont pas l’air d’être trop appréciés par le reste des fans. Cette salle est magique par la proximité qu’elle offre entre le public et le groupe, les musiciens pouvant carrément poser leurs instruments sur le public. Pour anecdote, la fan qui a vu sous ses yeux l’exécution d’un solo de guitare était plus qu’aux anges, comme pouvait en témoigner l’émerveillement qui se lisait sur son visage ; elle devait avoir l’impression que le musicien ne jouait ses notes que pour elle, tant le guitariste s’était approché d’elle.

Dave Wyndorf (Monster Magnet)

« Blow’em Off », ultra américain dans ses intonations, presque country, offre une petite plage pour respirer même si l’air reste un tantinet vicié. « Dead Christmas » prolonge un temps la tranquille balade américaine avant que ses grosses guitares ne nous rappellent à l’ordre et que « Third Alternative », stoner ultra barré ne nous remettent la tête sous l’eau.

Au bout d’une heure et quinze minutes époustouflantes, le voyage fait une escale. Tout le monde peut souffler. Pas tant que cela car le public ne reste pas inactif, manifestant pour revoir le groupe.

Monster Magnet revient pour débuter le rituel des rappels sans discours superflu avec « Negasonic Teenage Warhead » et ainsi clore le chapitre Dopes To Infinity du concert. Les pogos reprennent de plus belle et le public chante le refrain avec le groupe. A noter que ce soir, le public est de tous les âges et est aussi très féminin. Monster Magnet a la bonne idée de ne pas terminer le concert sur ce morceau et joue « Hallucination Bomb » de son dernier opus Mastermind avant de conclure avec deux titres de PowerTrip dont l’inévitable « SpaceLörd » où les « motherfucker » auront été soutenus par des majeurs tendus et la ferveur du public.

Avec une heure trois quarts de concert, Monster Magnet aura été particulièrement généreux avec ses fans, les emmenant dans un voyage bien loin de la Maroquinerie, bien loin du XX° arrondissement de Paris, les laissant un peu groggy mais heureux et vraiment satisfait. L’exercice consistant à jouer cet album dans sa totalité a été parfaitement réussi. Le concert n’a jamais connu de moments de flottement, de remplissage ou de baisse de régime. La preuve de la qualité de l’album et des musiciens mais aussi de la sincérité de la démarche.

Setlist de Monster Magnet :

Vertigo
I Control, I Fly
Look To Your Orb For The Warning
Dopes To Infinity
All Friends And Kingdom Come
Ego, The Living Planet
Blow’em Off
Dead Christmas
Third Alternative 
Masterburner
King Of Mars

Rappels :
Negasonic Teenage Warhead
Hallucination Bomb
PowerTrip
SpaceLörd

Photos : Lost



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