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Chronique   

Monster Magnet – Last Patrol


Il se détend, s’installe bien confortablement dans son canapé, tire une petite latte sur un joint qui traîne dans le cendrier, une petite gorgée de whisky pour se réchauffer le gosier, se met à l’aise, les mains derrière la nuque et laisse Dave Wyndrof et sa bande venir l’emporter. Voilà le scénario dans lequel on pourrait imaginer un auditeur lambda se délecter de Last Patrol, nouvel album de Monster Magnet. Une petite mise en jambe avec l’introductif « I Live Behind The Clouds » où Wyndorf susurre tel un conteur, sur un lit de douces guitares et quelques discrètes notes de piano, petite hausse de ton au milieu, et c’est le décollage pour la seconde piste. Voilà Monster Magnet loin, loin dans le cosmos, et en même temps tout près, si près de ses racines. L’éponyme « Last Patrol » est une glorieuse composition space rock qui s’étire en longueur : riffs, rythmes et sons psychédéliques hérités des Hawkwind et compagnie, percussions, final instrumental sous psychotropes. A bien des égards, surtout avec une telle chanson et un « End Of Time » hypnotique, bien que plus soutenu dans le tempo, Monster Magnet revient à ses jeunes années.

Mais de manière générale, sur Last Patrol, Monster Magnet prend son temps et ne force pas les choses. Il joue à l’instinct, qu’importe où ça l’emmène. Monster Magnet n’est plus « cool », il est… « cooooool ». Wyndorf et sa bande mettent un pied en Orient – l’Inde, surtout, terre de pèlerinage des beatniks et autres hippies amateurs d’herbe et de psychédélisme – avec les percussions et le sitar du quasi incantatoire « Three Kingfishers ». Empruntent à l’effervescence des messes gospel sur « Hallelujah ». Se font plus ténébreux sur le latent « Paradise ». N’en oublient pas leur pouvoir fédérateur avec un « Mindless Ones » sous forme de tube space rock en puissance. Et terminent le tout avec un « Stay Tuned », à l’allure de générique de fin, qui souffle dans nos oreilles ses sons analogiques.

Monster Magnet n’est jamais aussi bon que lorsqu’il ouvre les vannes et laisse le flot psychédélique couler dans son rock. C’est ce qu’il fait sur scène, il était donc temps qu’un album retrouve plus largement cette composante historique. Last Patrol est cet album. Un voyage plein de couleurs qui fait un bien fou, tout simplement. A quand le Monster Magnet à usage thérapeutique ?

Ci-dessous le titre « The Duke (of Supernature) » et le clip de ‘Mindless Ones’.

Album Last Patrol, sorti le 15 octobre 2013 chez Napalm Records



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