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Chronique   

Monster Magnet – Milking The Stars: A Re-Imagining Of Last Patrol


Monster Magnet a bien compris que quelque chose de magique s’était produit lors de la confection de Last Patrol, leur dernier album sorti l’année dernière. La bande à Dave Wyndorf avait alors (ré)ouvert une fenêtre sur un espace psychédélique d’infinie liberté, où tout était susceptible d’être étendu et décliné. La longue chanson éponyme en était déjà un indice évident en allant se ramifier dans un final plein de couleurs, et Last Patrol, l’album, prenait déjà ses aises. Avec Milking The Stars, Monster Magnet revendique la musique comme un art malléable où toute chanson n’est pas figée. Un artiste comme Robert Plant le montre d’ailleurs, encore aujourd’hui, de manière éclatante via ses groupes solos – les Strange Sensations hier, les Sensational Space Shifters aujourd’hui – et ses métamorphoses, en concert, des classiques de Led Zeppelin. Alors dans un esprit similaire, embarquant dans son vaisseau d’exploration musicale, Monster Magnet emboîte le pas de cet état d’esprit grand ouvert, hérité des glorieuses et audacieuses années 70, pour s’en aller patrouiller aux confins de l’univers qu’il s’est lui-même créé.

Milking The Stars n’a pas la prétention d’être un substitut à Last Patrol. Last Patrol c’est l’album, où les chansons trouvaient encore un cadre et des structures lisibles. Milking The Stars c’est du pur bonus, un plaisir éhonté et égoïste, où l’auditeur n’est pas vraiment pris en considération. « Let The Circus Burn » l’exprime bien, en se proposant comme titre d’ouverture, reprenant la batterie de « Last Patrol » sous une longue instrumentale ambiante et psychédélique. Les bases sont posées, les bonnes pratiques « commerciales » une bonne fois pour toutes fichues à la poubelle. Arrive « Mindless Ones ’68 » pour retoucher un peu terre – mais pas pour longtemps – via ce véritable hit, ici revu à la sauce The Doors, avec cet orgue en hommage à Ray Manzarek qui nous a quittés l’année dernière. « No Paradise For Me » reprend « Paradise » et l’enveloppe dans une couche de fumée, avec cette basse suave et légère pour guide et où Wyndorf joue les déments sous un filtre de vapeurs psychotropes. « End Of Time » dans sa nouvelle version se fait moins tendue, plus dynamique. « Hallelujah » force le trait de l’Amérique profonde. « I Live Behind The Clouds » démarre quasi comme l’originale pour finalement se faire embrouiller par les guitares psychédéliques. « Stay Tunes » se fait plus vaporeuse encore, plus triste aussi sur son refrain abattu et désolé. Pour finir, « The Duke » se différencie essentiellement par l’apport d’une batterie rock en lieu et place des percussions pour lui donner un peu plus de mordant. Au milieu de tout ceci, deux nouvelles chansons ont émergé de l’exercice : « Milking The Stars », plutôt sombre et énigmatique sous des sons venteux, avec une deuxième moitié en forme de tourbillon instrumental pour emporter l’auditeur, et « Goliath Returns », une instrumentale répétitive, hypnotique, presque tribale.

Milking The Stars joue son rôle parfaitement en faisant redécouvrir sous des angles nouveaux certains titres de Last Patrol. Un recueil de chansons hétéroclites, pas toujours cohérentes entre elles, notamment dans leur agencement, mais toutes liées par une ambiance planante voire groggy. Monster Magnet persiste et signe : ce sont bel et bien dans les errements psychédéliques qu’il trouve son bonheur, sa vraie nature. Et il aurait tort de ne pas continuer à s’épanouir sur cette voie retrouvée, étant donné l’élan créatif qu’a, définitivement, constitué Last Patrol.

Ecouter le titre « No Paradise For Me » :

Album Milking The Stars: A Re-Imagining Of Last Patrol, sortie le 14 novembre 2014 chez Napalm Records.



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