ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Interview   

Monster Truck : chaud devant !


Dans le rock n’ roll, s’il y a un musicien qui peut prétendre faire figure d’autorité, c’est bien le guitariste Slash. Alors, lorsque l’ex-Guns N’ Roses, nous balance sa liste de récents coups de cœurs, on l’écoute et on approuve gentiment. Et parmi ces groupes, outre Kvelertak, nos Gojira nationaux, Scorpion Child ou Rival Sons, on retrouve les Canadiens de Monster Truck. Le genre de groupe hard stoner qui fait ronfler son rock comme une grosse cylindrée, couplant la graisse d’un Black Label Society à la carrosserie mélodique d’un Nickelback dans ses jours les plus vitaminés, sans oublier une bonne dose de blues. En somme, Monster Truck c’est un peu comme le cousin nordique d’un Black Stone Cherry. Et les grands du rock ne s’y sont pas trompés en les prenants dans leurs valises pour assurer leurs premières parties : Deep Purple, Guns N’ Roses, Alice In Chains et, évidemment, Slash avec qui ils ont partagé l’affiche en 2012 et partageront l’affiche une fois encore sur la prochaine tournée européenne, dont les 12 et 13 novembre prochain au Zénith de Paris, quelques mois seulement après leur passage à la Flèche D’Or le 29 mars dernier.

Jon Harvey, bassiste-chanteur du quatuor, nous parlait justement de ces expériences enrichissantes auprès de ces artistes poids lourds : « La chose principale que nous avons apprise en jouant avec ces mecs, c’est qu’aucun d’entre eux ne sont des connards. Ils sont tous très sincères et sympathiques. Ce que l’on a avant tout appris d’eux, c’est de ne pas être un con [Rires], d’être aussi sympa que possible et de profiter ! Il faut profiter de la vie ! C’est une super opportunité, donc si tu ne l’apprécie pas, c’est que probablement tu devrais faire autre chose. Et chaque fois que je voyais Slash en tournée, j’allais lui serrer la main et chaque jour j’avais le sentiment qu’il aller me la casser. [Rires] Sa poigne est tellement forte que j’étais là : ‘Ouch !’ Et, au moment où il me serrait la main, je ne pouvais pas le montrer, n’est-ce pas ? Car autrement j’aurais eu l’air d’une mauviette… Mais, mec, chaque jour il m’écrasait la main ! [Rires] Mais c’est super. Et les mecs d’Alice In Chains sont de chouettes types, super sympas. Je suis certain que nous tournerons à nouveau avec eux. On a vraiment sympathisé avec eux, au point que nous traînions ensemble tous les jours. Le gamin de treize ans que j’ai été serait devenu fou ! [Rires] Le gars de trente-deux ans que je suis est devenu fou… J’ai découvert que tous ces mecs que les gens vénèrent tellement sont aussi énormes parce qu’ils sont très sympas et ils se soucient de leurs fans. Ils ne traitent personne comme s’ils étaient moins importants, tout le monde est sur un pied d’égalité et c’est un réel plaisir de faire des choses avec des mecs comme ça. C’est très excitant de jouer avec de gros groupes comme ceux-là. C’était un super objectif que nous avions et désormais on a juste hâte de continuer sur cette lancée ! [Rires] »

Il n’y a pas de mystère, chez Monster Truck ce qui séduit immédiatement, c’est l’authenticité mais aussi l’énergie débordante. « Ça sort vraiment naturellement », nous dit Harvey, « car nous sommes juste excités de ce que nous faisons. J’ai donc le sentiment que cette énergie est une part essentielle de ce que nous faisons. […] L’énergie contenue dans nos chansons gonfle vraiment les gens à bloc. C’est super et je suis vraiment content que les gens entendent cette énergie parce qu’après avoir joué, je suis vraiment fatigué. [Rires] » Tout est là chez Monster Truck : le plaisir, le côté défouloir, et c’est le cas depuis leurs débuts, lorsque le groupe s’est créé sans grande prétention un peu comme un groupe à bière comme ils aimaient se définir, sans s’imposer de but ou de règle : « C’est ça grosso modo l’idée lorsque nous avons débuté, s’était de s’éclater. Je veux dire que c’est vraiment la seule chose à laquelle je pense. Nous avons essayé auparavant d’avoir du succès mais chaque fois que nous essayons ça ne semble pas fonctionner, alors que lorsque nous n’essayons pas ça va plutôt bien. […] Je pense qu’aujourd’hui on se prend un peu plus au sérieux. Je veux dire qu’on s’amuse toujours beaucoup, on aborde ça toujours avec la même mentalité, comme si nous étions un groupe à bière, mais je pense que nous faisons un peu plus attention à ne pas boire autant que nous en avions l’habitude. »

Il n’a pas fallu longtemps pour que Monster Truck commence à attirer l’attention sur lui, avec seulement deux EPs et un album, intitulé Furiosity, dans sa besace. « Nous voulions sortir quelque chose parce que les gens nous demandaient de sortir quelque chose, » nous explique-t-il. « Alors on a décidé que nous devions sortir quelques EPs juste pour préparer le terrain pour l’album et ensuite sortir l’album pour donner aux gens une idée complète de ce que nous voulons faire. » Un album au son organique, intemporel, qui renvoit aux Led Zeppelin et Deep Purple des années 70 : « Ouais, on voulait quelque chose qui sonne plus comme ça sonnait auparavant, parce que j’ai toujours trouvé que ces albums sont ceux qui sonnent le mieux. Les nouveaux disques sonnent trop léchés, trop travaillés, alors que ça devrait venir naturellement. Je pense que c’est ce que nous avons voulu faire avec cet album et je trouve que, dans les grandes largeurs, c’est clairement un succès. » Monster Truck, un groupe attaché aux traditions, comme notamment le fait de produire encore des vinyles : « Je dirais que nous sommes juste attachés au son avec lequel nous avons grandi, à rendre les choses aussi organiques que possible, comme si l’auditeur était dans la pièce avec nous en écoutant l’album. Nous essayons vraiment d’être aussi honnêtes que possible avec ce que nous faisons. »

Dans la biographie du groupe il est inscrit que « le terme rock n’ roll est collé de manière un peu hasardeuse. On pourrait aller jusqu’à dire que ça s’est abâtardi au point qu’on ne peut plus le reconnaitre. » Harvey nous précise cette pensée : « Je pense que c’est parti dans tous les sens. Il y a beaucoup de musique aujourd’hui qui est inclassable, alors les gens appellent ça juste du rock n’ roll parce que c’est ce qu’il y a de plus simple à dire. A mon avis le rock n’ roll ça sonne comme les Stones ou Led Zeppelin ou Grand Funk Railroad, ce sont ces groupes-là qui sonnent comme du rock n’ roll pour moi. Je trouve que de nombreux groupes produits pour passer à la radio utilisent clairement ce terme avec plus de légèreté que nous aimerions qu’ils le fassent. [Rires] » Alors, plus précisément, quels groupes revendiquant cette étiquette qualifierait-il « pas rock n’ roll » ? « On pourrait sans doute en citer à peu près cent ou deux cents. [Rires] Je dirais que si tu utilises des pistes pour t’aider à l’enregistrement, alors c’est que tu as perdu tout l’esprit de ce qu’est le rock. » Monster Truck clarifie-t-il donc, selon lui, ce qu’est le rock n’ roll ? « Je pense que nous essayons d’en donner notre propre interprétation, comme le fait de dire ‘Voici ce que nous pensons être le rock n’ roll’. D’autres peuvent bien avoir des opinions différentes et ce n’est pas un problème, mais nous essayons de donner le meilleur de nous-mêmes à essayer de faire pas forcément du classic rock mais un bon rock qui rend hommage à la manière dont les gens avaient l’habitude de le faire. Nous sommes juste quatre types qui jouons sur scène. Pour nous c’est surtout une question d’y aller et de s’éclater. » On en revient donc toujours à la même chose… Pourtant il y a bien une mode dans le rock aujourd’hui qui consiste à revenir aux années 70 : « Je trouve ça fantastique » nous dit-il, « Ca me donne plus de musique à écouter ! [Rires] Je crois qu’il y a une progression naturelle. Lorsque les choses deviennent trop fades, les gens voudront toujours revenir aux origines. Et ça montre presque le nouveau visage du futur du rock ; ce sera un peu plus honnête et sincère. »

Pour autant, il ne faut pas croire que Monster Truck reste coincé dans le rock mais au contraire, fait preuve d’une certaine ouverture lorsqu’il s’agit d’aller chercher des influences : « Si tu ne tires pas d’influences de tout type de musique, eh bien que fais-tu à jouer de la musique ? C’est aussi très important de savoir d’où vient la musique pour avoir une solide opinion sur ce qu’il y a aujourd’hui. Je pense que, clairement, le r n’ b et le blues ont toujours fait partie du rock n’ roll et c’est un peu comme si à l’époque il y avait une limite bien plus fine qui séparait les genres. Aujourd’hui, il y a tant de genres différents qu’il devient difficile de savoir dans quoi on peut te caser. Selon moi, on est juste en train de faire du rock, mais de manière très, très ouverte, et je pense que nous avons de nombreuses influences, allant de la musique pop au r n’ b, à la saoul, au gospel, au blues, etc. C’est essentiel pour ce que nous faisons. »

Et, indéniablement, la recette Monster Truck fonctionne. Pour preuve, déjà, l’intérêt qu’a pu porter l’industrie du jeu vidéo à leur égard, avec la chanson « Sweet Mountain River » incluse dans Rocksmith 2014 d’Ubisoft et « Seven Seas Blues » dans NHL 13 d’EA Sports. Harvey nous en parle : « Pour ‘Sweet Mountain River’, c’est le jeu qui est venu à nous : ils nous ont dit qu’ils voulaient inclure la chanson dans le jeu Rocksmith 2014, alors nous avons dit ‘bien sûr !’ Pour ce qui est du jeu de hockey, NHL 13 d’EA Sports, c’est en fait nous qui en avons fait la demande. Nous sommes allés les voir et avons demandé : ‘Hey, est-ce que ça vous dirait de mettre cette chanson dans le jeu ?’ Et ils ont fini par dire oui ! Ça nous a vraiment aidés à avancer dans notre carrière, parce que les jeux vidéo représentent le média qui vend le plus dans le monde. » Mais c’est surtout le prix pour le groupe de l’année remporté aux Juno Awards 2013, prestigieuse cérémonie de remise de prix de l’industrie musicale canadienne, qui a vu Monster Truck acquérir une belle reconnaissance. « Nous étions totalement surpris ! » s’exclame Harvey, « C’était juste incroyable et nous étions très, très excités parce que remporter un Juno, c’est super important pour nous au Canada. Je suis sans voix là tout de suite. […] La reconnaissance d’une nation est toujours importante et nous avons le sentiment d’être très, très chanceux que notre pays nous apprécie ainsi. » A noter que cette année Monster Truck était à nouveau nominé, mais cette fois ci pour le prix de l’album de l’année, qui a finalement été remporté par Matt Mays et son album Coyote. Harvey, incrédule, jugeait d’ailleurs que s’ils avaient fini par remporter à nouveau un prix, ç’aurait été « juste ridicule ». Le producteur Eric Ratz a toutefois remporté le prix de l’ingénieur de l’année pour son travail sur leur album Furiosity.

Alors, à partir de là, que peut-on espérer pour les « Truckers » canadiens ? « Je ne sais pas. Dans ce business, pour ma part, tu ne sais jamais vraiment ce qui va se passer. Nous avons obtenu la plupart de nos tournées, en particulier avec les gros groupes, [à la dernière minute]. Nous avons obtenu la petite série de dates avec Deep Purple à peu près une semaine avant de partir. J’ai espoir pour de grandes choses. J’espère que les choses continueront sur cette lancée et si c’est le cas, alors je suis un homme heureux. »

Rendez-vous donc les 12 et 13 novembre prochain !

Interview réalisée par téléphone le 29 mars 2014 par Amphisbaena.
Retranscription : Thibaut Saumade.
Traduction, fiche de questions et texte: Spaceman.

Site internet officiel de Monster Truck : www.ilovemonstertruck.com.



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Judas Priest @ Vienne
    Slider
  • 1/3