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Interview   

Monster Truck : le rock en mode poids lourd


Monster Truck - Jeremy Widerman by Matt Barnes« Why Are You Not Rocking? » La question est d’emblée posée dans le nouvel album de Monster Truck, Sittin’ Heavy. Et quarante-cinq minutes durant, les Canadiens font tout pour qu’à la fin cette question ne se pose plus. Le rock n’ roll, c’est un peu une thérapie pour Jeremy Widerman, chanteur-guitariste de la formation. C’est ce qui le rend heureux, c’est ce qui lui a donné cette vie qu’il a aujourd’hui et qu’il veut à tout prix préserver. Et Monster Truck est un moyen pour lui de partager ce bonheur, d’envoyer des ondes positives par paquets, d’inciter les gens à s’éclater en communion avec eux. Sittin’ Heavy, c’est comme un gospel pour rockeurs ; l’évangile du rock selon St. Monster Truck.

Monster Truck a tout pour peser comme poids lourd du rock dans les années à venir. C’est ce que confirme Sittin’ Heavy qui prend la suite d’un Furiosity qui avait déjà marqué les esprits, leur offrant un Juno Award (cérémonie de remise de prix de l’industrie musicale canadienne) et ouvrant les portes de tournées prestigieuses. Le petit groupe de bar est doucement mais sûrement en train de s’imposer. Nous en discutons ci-après avec Jeremy Widerman, qui nous parle du nouvel opus et de ce qu’est l’état d’esprit Monster Truck.

Monster Truck by Brooks Reynolds

« Quand tu pars en tournée avec des groupes comme Alice In Chains et Slash, il faudrait être fou de ne pas emprunter quelques idées à ces gars-là. »

Radio Metal : Vous avez souvent dit avoir commencé comme « groupe de bar ». Après deux EPs, un album et être partis en tournée avec Deep Purple, Guns N’ Roses, Slash, etc. et avoir gagné un Juno Award, est-ce que vous avez conservé la légèreté d’un simple « groupe de bar » ou bien est-ce que tout cela vous a changé, toi et le groupe ?

Jeremy Widerman (guitare & chant) : Oui, bien sûr, passer du statut d’un groupe de bar à Hamilton à celui d’un groupe qui fait des tournées dans le monde entier a représenté une transition très importante. Nous avons dû très tôt changer et « élargir » la perspective avec laquelle nous abordions ce que nous essayons d’accomplir. Nous avons quitté notre ville natale et parcouru l’Europe et la Grande-Bretagne, nous nous sommes énormément amusés. Ça a parfois été un peu compliqué mais dans l’ensemble nous n’en revenions pas et étions heureux de voir que le succès était au rendez-vous.

Comment avez-vous abordé cet album Sittin’ Heavy, après le succès de votre premier album Furiosity, nominé aux Juno Awards ?

Nous avons vu très rapidement que Furiosity allait être très bien accueilli. Alors, dès que nous avons vu que ça se passait bien pour Furiosity, nous avons su que nous serions sollicités pour lui donner un successeur, c’est pourquoi nous avons presque aussitôt commencé à l’écrire. Nous avons beaucoup travaillé pour écrire et travailler sur de nouvelles chansons pendant que nous étions en tournée pour Furiosity. Lorsque nous avons finalement été prêts pour lancer la production, nous avions déjà beaucoup d’idées en stock, alors nous avons continué à écrire de nouvelles choses tout en travaillant sur ces idées. Même lorsque nous pensions avoir ce qu’il fallait [pour] l’album, nous avons décidé d’aller encore un peu plus loin et de nous remettre à écrire une poignée d’autres chansons pour les rajouter à notre sélection. C’était une considérable entreprise et nous avons utilisé plein de méthodes différentes.

Ayant commencé cet album en pleine tournée, est-ce que tu dirais que l’énergie brute du live se retrouve dans l’album ?

À beaucoup d’égards, oui. À beaucoup d’égards, cet album a été inspiré par tout ce que nous avons appris avec Furiosity et pendant la tournée du disque. Nous avons tenté d’identifier les forces de cet album pour pouvoir les exploiter à nouveau et y ajouter une poignée de nouvelles idées pour le [nouvel] album. Nous avons donc emprunté un chemin différent, d’une certaine manière. En nous assurant d’inclure, par exemple, ces chœurs de gang et de nouvelles idées au piano. Nous avons simplement essayé de proposer un ensemble un peu plus complet sur cet album.

Penses-tu, musicalement parlant, que le fait de tourner aux côtés des plus grands groupes de rock n’ roll a influencé le groupe et ce nouvel album ?

Oui, complètement. Enfin, je veux dire, quand tu pars en tournée avec des groupes comme Alice In Chains et Slash, il faudrait être fou de ne pas emprunter quelques idées à ces gars-là, parce qu’ils maîtrisent parfaitement ce qu’ils font et ont tellement appris durant leur décennie en tournant partout dans le monde. Alors nous leur avons piqué quelques trucs et y avons apporté notre touche personnelle. Qu’il s’agisse de riffs de guitares ou d’idées de chant, il y a toujours beaucoup de choses à apprendre en étant en tournée avec des artistes légendaires comme eux.

Qu’avez-vous appris plus précisément de ces gars-là ?

Avec Alice In Chains, c’était le pouvoir des harmonies vocales. En fait, c’est quelque chose que nous avons toujours plus ou moins su mais que nous n’avions pas vraiment pensé à utiliser tout au long d’une chanson. Alors nous avons décidé d’essayer cette idée et de proposer des chansons avec plus d’un chanteur sur une même chanson. Et que ce soit pour « For The People » ou « To The Flame », nous avons des chansons sur lesquelles John et Steve ou bien John, Steve et moi chantons tout au long de la chanson. Pour ce qui est de Slash, rien de spécifique, si ce n’est la façon dont il nous a inspiré avec son utilisation géniale de la pédale Wahwah. Ça m’a poussé à travailler davantage pour mieux maitriser la pédale Wahwah, à être un peu plus subtil au lieu de simplement appuyer dessus comme un malade d’avant en arrière, à réaliser des mouvements plus subtils afin d’être plus créatif et de bon goût avec cette pédale d’effet.

Tu as parlé de l’impact d’Alice In Chains sur les harmonies vocales de l’album. Sittin’ Heavy propose un peu plus de chansons calmes qui laissent plus de place aux mélodies et harmonies vocales. Étant donné que vous chantez tous les quatre, est-ce que c’était important pour vous d’accorder un peu plus d’importance au chant ?

Oui, complètement. Et ça ne vaut pas seulement pour le chant, mais pour l’ensemble de l’album pour qu’il propose plus de variations. Il est clair que nous ne voulions pas trop nous éloigner du son hard rock que nous avions développé avec Furiosity. Mais nous voulions aussi proposer plus de moments dans l’album où nous calmions un peu le jeu, que ce soit en matière de dynamique ou de tempo. Par effet de bord, nous avons fini par laisser beaucoup plus de place au chant et à des instruments tels que le piano électrique.

Monster-Truck - Sittin' Heavy

« Nous adorons le rock et nous avons du mal à comprendre pourquoi quelqu’un n’aimerait pas ça. »

La dernière fois que nous avons parlé avec Jon Harvey, il nous a dit avec quel naturel vous écriviez, que vous écriviez simplement ce que vous ressentiez. Est-ce que c’est toujours le cas ou bien est-ce qu’il y a eu plus de réflexion cette fois ?

Les deux. Il y a eu beaucoup de chansons sur cet album qui nous sont venues naturellement, en nous amusant avec la guitare, en travaillant dans la loge et en restant très ouverts d’esprit et légers. Et puis, lorsque nous sommes arrivés vers la fin de l’album, nous nous sommes rendus compte que nous n’avions pas assez de chansons. Là, c’est devenu bien plus calculé. Nous avons commencé à réfléchir à ce qu’il manquait et à ce que nous pourrions faire pour terminer cet album, et c’est à ce moment-là que nous avons été beaucoup plus réfléchis et productifs. Nous avons en quelque sorte été mis au pied du mur et sous pression pour écrire quelques autres chansons.

Vous avez une nouvelle fois travaillé avec Eric Ratz. Est-ce que tu trouves que vous formez une équipe gagnante ?

Oui, je le pense. Nous ne nous serions pas [tournés] à nouveau vers lui si nous n’avions pas été satisfaits par le résultat des deux premiers disques. En fait, c’est lui l’architecte en chef derrière le succès de The Brown EP et Furiosity. C’est pourquoi nous avons fait à nouveau appel à lui pour Sittin’ Heavy et je pense que nous tenons là une autre réussite. Je considère que beaucoup de mérite lui revient parce que c’est un accro du travail. Il s’implique vraiment et se soucie réellement de la musique et du groupe. C’est un bon ami et on s’éclate à travailler avec lui. Alors, quand vous avez tout ça et que vous les compilez, on peut dire que c’est une formule gagnante et je pense qu’il est aussi fier que nous de l’album. Ça a représenté beaucoup de travail, mais également beaucoup de plaisir.

Comment a évolué votre relation comparée à votre précédente collaboration sur Furiosity ?

Elle n’a pas vraiment évolué, tu sais. C’était un ami avant, il l’est toujours. Il n’y a rien eu de dramatique, ni de stress. Nous avons appris quelques nouvelles petites astuces en studio, mais rien qui ne change vraiment la donne. Honnêtement, il nous a un peu manqué, tu sais. En ayant fréquenté autant quelqu’un pendant une période si longue – et cette fois nous avons réalisé l’album en six, sept mois -, c’était juste génial de travailler à nouveau avec lui et de retrouver cette même énergie d’avant.

Qu’est-ce qu’il apporte au son de Monster Truck que peut-être un autre producteur ne pourrait pas apporter ?

Je dirais qu’il y a une chose qu’il nous apporte vraiment… Bon nous n’avons jamais eu à travailler avec d’autres producteurs, donc je ne peux pas dire qu’un autre producteur ne ferait pas la même chose, mais je peux affirmer que l’une des choses positives qu’il apporte à l’album, c’est son éthique de travail. Il n’arrête jamais de travailler, il a l’oreille musicale et il sait comment caler le plus de son dans l’espace, dans la palette de couleurs de l’album. Tu peux le voir, posé devant la console de mixage, à chercher le moyen d’équilibrer chaque instrument, pour que chacun ait sa place sur l’enregistrement, pour que tout existe et coexiste, que tout fonctionne ensemble pour créer le paysage musical que vous avez entendu sur Furiosity, The Brown EP et maintenant sur Sittin’ Heavy.

En réalité, dans votre biographie, il est crédité en tant que coproducteur, est-ce que cela signifie que le groupe s’est davantage impliqué dans la production ?

Nous avons [énoncé] les crédits de la même manière sur Furiosity. Nous le faisons parce que chacun d’entre nous a vraiment la mainmise sur la façon dont son instrument est enregistré. Je ne peux parler qu’en mon nom sur ce sujet, mais, tu sais, quand je me mets à travailler sur mes parties de guitare, je fais un gros travail sur les amplis et la façon de les associer. Nous utilisons plein d’amplis de guitare différents à l’unisson pour avoir un son énorme. Ratz et moi, nous travaillons ensemble pour composer ce son. C’est un gros travail d’équipe, que ce soit pour l’écriture des chansons ou la production du son en elle-même. Comme je l’ai dit, pour les musiques, il vient et travaille dessus avec nous et nous aide à les arranger. Il est aussi impliqué que n’importe quel autre membre du groupe.

Pensez-vous qu’à l’avenir vous allez continuer à travailler avec Eric ou bien aimeriez-vous essayer de travailler avec un autre producteur pour avoir une nouvelle perspective sur votre musique ?

Je trouve que c’est une question très compliquée parce qu’avec Ratz, tu sais ce que tu vas avoir [Petits rires]. J’aime bien faire cette analogie : tu sors manger quelque part, tu peux soit aller dans le restaurant où tu es allé cent fois, où tu sais que tu mangeras [ton plat préféré] et où tu sais que tu vas te régaler ou bien tu pourrais essayer ce nouveau resto au bout de la rue où tu n’es jamais allé, en prenant le risque de détester. C’est assez flippant de penser à ça. Ce n’est pas une question que nous voulons nous poser aujourd’hui parce que c’est assez précoce. Mais c’est une question pour l’avenir, et il est difficile d’y répondre à cause du succès que nous avons rencontré avec les autres albums et à cause des risques que nous prendrions en faisant appel à quelqu’un d’autre. Mais on ne sait jamais, tu peux essayer de travailler avec quelqu’un d’autre et apprendre tout un tas de nouvelles astuces en studio et cela pourrait apporter quelque chose de complètement neuf, et nous ne sommes pas complètement opposés à cela non plus.

Monster Truck by Matt Barnes

« Le rock n’ roll m’a sauvé la vie grâce aux moments formidables [que j’ai vécus] et aux amis que je me suis faits pendant la tournée, et parce que le rock n’ roll a vraiment rendu ma vie meilleure. »

Apparemment, il y a une histoire derrière le titre « Sittin’ Heavy », avec votre batteur Steve Kiely qui aurait déclaré « Oh man, I’m sitting heavy » (NDT : « Mec, je pèse lourd ») après avoir bien profité d’un buffet à volonté. Est-ce que tu peux nous en dire plus ?

Le truc c’est qu’il n’y a pas vraiment d’histoire croustillante derrière cela ! C’est quelque chose qui nous est venu comme ça, nous avons aimé la façon dont ça sonnait. Nous voulions évidemment un titre que personne n’avait utilisé jusqu’alors et qui reflétait le son de l’album. Comme pour le nom du groupe, nous n’y avons pas énormément réfléchi et nous ne nous sommes pas pris la tête, nous aimions juste la façon dont ça sonnait. Et maintenant que nous l’avons mis sur la jaquette, avec les patchs sur la pochette, nous aimons aussi son apparence. Encore une fois, c’est juste quelque chose qui est censé être amusant et également représentatif du son de l’album, et puis nous ne saurions même pas expliquer pourquoi nous aimons ce titre. C’est juste qu’il nous paraissait cool et que nous avons pensé qu’il pourrait fonctionner, qu’il était original et c’est pourquoi nous sommes partis là-dessus.

Êtes-vous toujours aussi spontanés dans vos choix ?

Un peu oui mais, tu sais, nous avons trouvé ce titre d’album il y a environ un an avant de commencer la production de Sittin’ Heavy, alors c’est un titre que nous avions sous le coude depuis longtemps. Nous nous sommes dit que ça pourrait être une bonne idée pour le nom du nouvel album et ensuite nous nous sommes donnés un peu plus d’un an pour nous y faire et voir s’il nous venait une meilleure idée. Et aucune autre idée ne nous est venue et en fait nous n’avions jamais eu de problème avec Sittin’ Heavy, alors nous avons décidé de partir là-dessus. Une chose que nous avons toujours faite dans notre groupe, c’est de se fier à notre instinct, à notre première impression, parce que cela semble toujours être la meilleure solution, alors nous nous [y] fions et nous en sommes toujours aussi contents aujourd’hui, maintenant que nous voyons que la promo est lancée.

Puisque l’expression « Sittin’ Heavy » vient de l’un d’entre vous après un repas, c’est presque un titre gastronomique. Est-ce que vous considérez votre musique comme de la gastronomie rock n’ roll ?

[Rires] Oui, on peut dire ça ! Il y a tellement de façon de le voir. Je trouve qu’il y a tellement de façon d’utiliser notre groupe, que ce soit pour le sport, si tu veux faire une référence gastronomique, pour les jeux vidéos, les films ou les émissions télévisées. Nous trouvons qu’il a une résonnance dans presque n’importe situation. Si tu veux le voir d’un point de vue gastronomique, tu es libre de le faire et nous espérons qu’il est possible de le considérer avec des angles très différents.

L’album commence avec la chanson « Why Are You Not Rocking? ». À qui est adressée cette question ?

À tous ceux qui ne s’éclatent pas sur du rock ! Nous voulons savoir pourquoi tu ne t’éclates pas avec le rock. Ça peut être adressé à un groupe qui faisait du rock et qui n’en fait plus. Ça peut être adressé à un public pendant un concert qui ne s’amuse pas. Ça peut vraiment être employé par n’importe qui pour n’importe qui, qui devrait s’éclater et qui ne le fait pas.

Considères-tu que le rock soit essentiel à la vie ?

[Rires] Il l’est pour nous ! Nous le considérons d’un point de vue très personnel, à savoir que nous adorons le rock et nous avons du mal à comprendre pourquoi quelqu’un n’aimerait pas ça. Encore une fois, comme tout le reste avec notre groupe, c’est censé être taquin et drôle. Nous ne prenons rien trop au sérieux, c’est une incitation qui est censée être drôle que tu dois crier à plein poumon chaque fois que tu penses que quelqu’un devrait se bouger un peu plus.

Je t’ai lu critiquer les personnes qui utilisent leur téléphone pour filmer les concerts auxquels ils assistent, ce qui fait qu’ils ne s’éclatent pas. Penses-tu que tous les écrans et les appareils électroniques ont tendance à distraire les gens et à les empêcher de vivre pleinement des moments de vie tels qu’un concert de rock ?

C’est un bon exemple. Oui, parfois c’est un peu frustrant d’être sur scène et de voir les gens du premier rang qui utilisent leur téléphone alors qu’ils devraient peut-être plutôt se concentrer sur l’artiste, que ce soit nous ou un autre groupe. Et je pense, en effet, que ça a tendance à distraire. Tu sais, je pense que tout le monde est un peu coupable à certains niveaux, surtout moi parfois, je suis vraiment trop sur mon téléphone. La plupart du temps, c’est pour le travail lié au groupe, mais à d’autres moments… Il y a des moments où il est approprié d’être sur son téléphone pour le travail et il y en a d’autres où on devrait juste s’éclater !

Il y a un passage dans la chanson « Why Are You Not Rocking? » dont les paroles sont : « Rock ‘n’ roll might save your life » (NDT : « Le rock ‘n’ roll pourrait te sauver la vie »). Est-ce que le rock ‘n’ roll t’a déjà sauvé la vie ?

[Rires] Maintenant que tu le dis, oui ! Parce qu’à une époque de ma vie, je ne m’amusais vraiment pas, je travaillais trop, je faisais un travail que je n’aimais pas et je me demandais même pourquoi je faisais ce que je faisais. Je ne m’amusais pas du tout et je ne profitais pas de l’argent que je gagnais parce que je n’avais même pas de temps pour le faire ou pour faire quoi que ce soit avec. Je ne profitais pas de la vie. Alors, d’une certaine manière, le rock ‘n’ roll m’a sauvé la vie grâce aux moments formidables [que j’ai vécus] et aux amis que je me suis faits pendant la tournée, et parce que le rock ‘n’ roll a vraiment rendu ma vie meilleure.

Le rock ‘n’ roll est donc une bonne thérapie.

Il l’est pour moi. Vraiment, nous faisons tout pour essayer de préserver cette vie et continuons à travailler dur afin de pouvoir continuer à profiter de la vie que nous avons actuellement car nous nous éclatons vraiment.

Monster Truck by Brooks Reynolds

« Nous voulons nous éclater, passer du bon temps et nous cherchons à partager cet esprit positif et l’idée qu’il faut profiter de la vie et du moment présent. »

Il y a ensuite le premier single « Don’t Tell Me How To Live », qui est une déclaration simple mais forte. Est-ce qu’on t’a déjà dicté ta façon de vivre ?

Pas pendant longtemps. J’ai commencé à tracer mon chemin il y a longtemps et cela fait longtemps que je peux mener ma vie comme je l’entends. Mais je pense que c’est une idée qui est vraiment universelle et qui parle à tous. À un moment donné, tout le monde s’est vu dicter un mode de vie que ce soit par une petite amie, un petit ami, un patron ou un parent. Je pense que c’est une émotion universelle que tout le monde a déjà ressentie et voulue crier haut et fort à un moment donné. C’est en partie pour cela que nous tenions à écrire cette chanson et aussi pour cela que c’est la première chanson que nous avons dévoilé du nouvel album.

Estimes-tu que cette simple remarque « Don’t Tell Me How To Live » exprime l’essence même du rock ‘n’ roll ?

Oui, complètement. Ça a toujours été une forme de musique rebelle. Surtout le style de rock que nous jouons qui prend vraiment racine dans le classic rock des années soixante-dix, au moment où il y avait beaucoup de bouleversements et de révolte dans le monde du rock ‘n’ roll. Nous sommes heureux d’en faire un peu partie aujourd’hui.

Jon Harvey a déclaré que « le rock ‘n’ roll devrait être une célébration » et que « chaque moment de la vie devrait être célébré. » Penses-tu que cette philosophie est compatible avec la société moderne et nos modes de vie ?

Je crois que ça devrait être compatible, je ne pense pas que ça le soit toujours et je ne crois pas que… Il y a évidemment toujours des moments où on ne peut pas se réjouir de la vie, mais on devrait toujours essayer de le faire. Je pense qu’il devrait toujours y avoir des moments dans la vie où on devrait contempler ce que l’on a et s’en réjouir. Il y a toujours une chose pour laquelle on peut être reconnaissant, à un moment donné. En particulier, dans le monde dans lequel on vit, où quelque chose d’horrible peut arriver à tout moment. C’est quelque chose qui… Quand on vit un de ces moments où on regarde autour de soi et qu’on profite de ses amis ou de sa famille ou bien même lorsqu’on passe un bon moment tout seul, c’est toujours quelque chose dont il faut se réjouir ; c’est une idée très importante pour notre groupe. Nous sommes très reconnaissants des expériences [que nous avons vécues] et des personnes que nous avons rencontrées, pour ne pas un jour regretter de ne pas avoir chéri ces moments.

Plus généralement, quelle est la place du rock ‘n’ roll aujourd’hui selon toi ?

Je pense qu’il est toujours fermement ancré dans la place qu’il a toujours eue. Peut-être qu’il n’est plus aussi influent qu’avant mais je trouve que ça revient. Je crois que c’est quelque chose d’important à considérer pour un groupe comme nous. En gros, le rock aujourd’hui, comme nous en parlions un peu, c’est un moyen de lâcher prise, de s’amuser, de passer du bon temps avec ses amis et d’apprécier la musique que l’on aime. Nous sommes heureux de faire partie de tout ça. C’est toujours sympa de rencontrer des groupes qui pensent comme nous, que ce soit… Tu sais, nous avons eu cette discussion avec Rival Sons. C’est essentiel de considérer la musique comme un moyen de s’échapper, que ce soit pendant un moment difficile ou bien après une dure journée au travail. C’est toujours un bon moyen de lâcher un peu prise.

Jon Harvey nous a parlé « de tous ces groupes produits par les radios qui […] utilisent le mot “rock ‘n’ roll“ bien plus à la légère qu’[il] ne le souhaiterait. » Considères-tu que les gens ont oublié ce que le rock ‘n’ roll est censé représenter ?

Je le pense, oui. Je trouve que ce terme est balancé un peu à toutes les sauces. Il y a des circonstances qui font qu’on peut appeler un groupe un « groupe de rock ‘n’ roll », mais je ne veux vraiment pas tenir le rôle de la police du rock ‘n’ roll, tu sais. Je pense que les gens qui savent ce qu’est vraiment le rock ‘n’ roll n’ont aucun problème à différencier le vrai rock de ceux qui jouent autre chose. Encore une fois, ce n’est pas à moi de juger, ce n’est pas à nous de jeter le blâme. Nous essayons juste de faire de notre mieux en tant que groupe et nous essayons de proposer notre meilleure version du rock ‘n’ roll et nous laissons ces débats- là à d’autres.

Il y a beaucoup de messages très positifs dans votre musique. Est-ce que c’est important pour vous de partager cet esprit positif, de donner de la force aux gens, en particulier dans l’âge sombre dans lequel nous vivons ?

Oui. C’est plus ou moins l’idée que nous avions quand nous avons monté le groupe, nous voulions être un groupe positif et fait pour s’amuser. Je ne dis pas qu’il ne devrait pas y avoir d’autres groupes qui proposent autre chose. Je pense que les groupes qui proposent un message plus sérieux ou peut-être [qui] sont engagés ou [qui] écrivent des chansons tristes pour un public qui traverse des moments difficiles, je trouve qu’ils ont tous leur place. Mais ce n’est pas ce que nous essayons de faire, nous voulons nous éclater, passer du bon temps et nous cherchons à partager cet esprit positif et l’idée qu’il faut profiter de la vie et du moment présent. Et nous essayons de vous proposer la bande sonore pour le faire.

Il y a beaucoup de soul dans cet album, surtout sur une chanson comme « Black Forest ». Est-ce que tu penses que la soul et le rock ‘n’ roll ont en commun leurs ondes positives ?

Oui, et je pense que sur ce sujet, des groupes avant nous nous ont pavé la voie, que ce soit avec le blues ou autre. C’est une bonne association. Nous n’y avons pas recours très souvent, mais quand c’est le cas, nous essayons de le faire bien. « Black Forest » est une chanson que nous avons écrite très tôt et c’est une bonne chose parce qu’il nous a fallu très longtemps pour travailler dessus et l’arranger comme nous le souhaitions. Nous sommes donc très contents d’avoir une telle chanson sur l’album.

Interview réalisée par téléphone le 2 décembre 2015 par Nicolas Gricourt.
Retranscription et traduction : Daphnée Wilmann.
Photos promo : Matt Barnes (1 & 4) & Brooks Reynolds (2 & 5).

Site officiel de Monster Truck : ilovemonstertruck.com.



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