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Chronique   

Monster Truck – Sittin’ Heavy


Monster-Truck - Sittin' HeavySi vous invitez un jour les Monster Truck à une soirée, prenez bien garde : ils seraient du genre à débarquer en collant un coup de pied dans la table, vous prendre la bière que vous aviez dans une main ainsi que la fille que vous teniez avec l’autre, sans que vous trouviez quoi que ce soit à y redire. Ils sont comme ça, les Canadiens. Ils nous disent qu’ils font du rock’n’roll pour rigoler et en trois années d’existence, ils raflent un Juno Award (en quelque sorte les Grammys canadiens), tournent avec Deep Purple et Alice In Chains, se font adouber par Slash himself, et placent trois de leurs morceaux dans des jeux vidéos à grand succès. Autant dire que quand ces barbus du Grand Nord nous envoient leur deuxième offrande dans la face, ils n’y vont pas de main morte, et balancent un brûlot heavy au son massif, qui sent plus le bitume craquelé, la poussière et le Bourbon du Sud que les grandes prairies souvent glacées de l’Ontario.

D’entrée, Jon Harvey et ses potes motards vous chopent par le colback pour vous demander : « Why Are You Not Rocking ? ». Vous, pas bégueule, vous vous exécutez. Il faut dire que demandé avec une conviction pareille… Transporté par le déversement de groove et de riffs mastodontes entre hard rock viril et blues de serpents à sonnettes, ivre de vieilles recettes rock’n’roll qui fonctionnent toujours, de gammes pentatoniques déclamées avec passion, d’hymnes beuglés d’une voix rauque, l’ambiance tourne vite à la fête. Pas de prise de tête à prévoir : des textes enthousiastes et décidés (« Don’t Tell Me How To Live »), des appels à l’unité (« For The People »), des incitations à la débauche musicale rock constante, et une tonne d’emprunts à divers styles (folk, rock sudiste, blues…) qui rendent l’ensemble excessivement attractif, Sittin’ Heavy pousse les attraits d’un Furiosity, sorti en 2013 et déjà franchement convainquant, un cran plus loin.

Monster Truck va se balader avec dextérité des 70’s aux 90’s à l’aide de pianos électriques (« Black Forest », « Things Get Better »), d’une voix magistralement calée entre celles de Robert Plant, Ian Gillan ou de Chris Cornell, et de guitares tour à tour fuzzées (« She’s A Witch »), sous chorus à la RATM (« Another Man’s Shoes ») ou évoluant dans des saturations éclectiques aux effets subtilement dosés. Le dynamisme rythmique exulte constamment, comme sur ce duo extatique piano-guitare de « Things Get Better » excellemment soutenu par une basse-batterie imparable, ou ce « The Enforcer » fédérateur aux accents rythmiques de « The Beautiful People » de Manson : Sittin’ Heavy suinte d’enthousiasme et de vitalité dans tous ses recoins, et embarquerait dans sa folie jusqu’aux plus frigides de l’excitation rock.

Et pourquoi pas balancer un petit pavé desert rock fuzzé là-dessus ? On vous l’avait dit, ces Canadiens ne respectent rien. Et voilà qu’ils se pavanent même avec une incartade à la Kyuss, un délire « désertique » géré avec toupet où ils trouvent même le moyen de dégoter un refrain accrocheur (« To The Flame »), avant de délivrer une jolie sucrerie en guise de dessert, une petite ballade histoire de montrer à la belle que derrière les gros muscles, il y a un cœur qui bat là-dedans (« Enjoy The Time »). Eh ouais chérie. Balaise mais romantique, le Jon Harvey nargue l’assistance en psalmodiant « I am a lucky man » (« je suis un homme chanceux »)… On le serait à moins. Les Monster Truck ont une classe d’enfer, et vous l’envoient en pleine figure avec ce Sittin’ Heavy destructeur. Heureusement pour eux qu’ils sont costauds : on aurait limite pu mal le prendre.

Le clip vidéo de « Don’t Tell Me How To Live » :

Les chansons « The Enforcer » et « Things Get Better » :

Album Sittin’ Heavy, prévu le 19 février 2016 chez Mascot Records.



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