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Chronique   

Monster Truck – True Rockers


Les gars de Monster Truck sont désormais bien connus. Il faut dire que Sittin’ Heavy est sorti il y a deux ans et demi, et avait le mérite de mettre les choses au clair : les Canadiens avaient beau prétendre faire du rock n’roll pour se marrer, ils raflent tout ce qu’ils ont à rafler et tournent avec des pointures telles qu’Alice In Chains ou Deep Purple. Monster Truck n’entend pas se reposer sur sa réputation de « groupe de rock plus que sympa ». True Rockers est le troisième album du quatuor et va plus loin dans la sueur, l’ambiance bourbonnée des tables en bois qu’on envoie valser et surtout, de manière moins imagée, le songwriting.

Monster Truck n’est pas un groupe qui va devenir un transfuge. Rien que le nom de leur formation ne permet pas aux canadiens d’explorer des terres moins sauvages. Il s’agit de gros riffs et de rock burné. Très bien. Le dessein derrière True Rockers n’a pas non plus changé par rapport aux opus précédents, on peut entendre le guitariste Jeremy Widerman beugler d’emblée sur « True Rocker » (avec Dee Snider, revêtant ses habits de prédicateur du rock, en guest) et donner le ton : Monster Truck entend défouler sans interruption et faire émerger le côté fêtard bourru présent chez chacun d’entre nous, le tout avec un certain talent. Non, ce qui change, c’est indéniablement l’expérience. Depuis Sittin’ Heavy, le groupe a enchaîné les tournées y compris dans les stades avec Nickelback et Billy Talent. Le groupe sait comment attiser son public et s’est cette fois tourné vers le producteur Dan Weller (Young Guns, Enter Shikari) – faisant une infidélité à Erik Ratz, histoire de vivre une autre expérience – pour forger un son à la frontière entre le grain vintage d’un rock/stoner et des superproductions musicales. Les influences traditionnelles du groupe sont toujours présentes, à l’instar de « Thundertruck » au tempo soutenu, avec cette batterie à la Motörhead et ces notes de clavier lui donnant des airs de Deep Purple qui rajoutent juste ce qu’il faut pour permettre à la chanson de décoller (et de nous gratifier d’une rythmique lourde aussi incongrue qu’efficace en guise de mini-pont). Jon Harvey excelle, capable d’éructer sur « True Rocker » ou de se muer en véritable crooner sur la power-ballade seventies « Undone », et de s’envoler lors des montées en intensité. Le chanteur s’adapte parfaitement aux changements de registres que Monster Truck parvient à insuffler dans sa musique. « In My Own World » a des airs de proto-grunge tandis que « Being Cool Is Over » rappelle les premiers efforts de Queens Of The Stone Age. Tout est réalisé avec brio et une énergie transparente. Surtout, il y a toujours, toujours ce coup de génie mélodique dans les compositions, y compris dans les genres les plus éculés tel que le bluesy « Devil Don’t Care » et son introduction aux sticks et à la guitare qui, avec son shuffle, renvoie aux inénarrables ZZ Top, l’harmonica en prime – qu’on retrouve sur la classieuse ballade sudiste « The Howlin’ », ajoutant à la force de ce titre de clôture.

Là où le groupe passe de très plaisant à impressionnant, c’est lorsqu’il dévoile des compositions à l’agencement et à la production plus mainstream, sans doute influencés par les monstres de scène avec lesquels ils se sont produits et le recours à des figures de la musique mainstream tels que Gavin Brown et Maia Davies, sur « Evolution », « Young City Heart » et « Hurricane ». Ceux qui suivent Monster Truck dès leurs débuts risquent d’être un peu décontenancés par les sonorités plus modernes et léchées mais autant rassurer de suite : les trois titres sont des hits indéniables, destinés à soulever les foules amassées dans des stades. « Evolution » emprunte des gimmicks à la Pop Evil ou autre Fall Out Boy, notamment avec ces accroches vocales aigues sur le refrain bondissant. Certes, Monster Truck s’éloigne des influences 70-80 pour embrasser des horizons plus pop rock dans la philosophie. Impossible de rester de marbre pourtant. « Young City Hearts » et son introduction en nappes de clavier lorgne plus du côté de la pop punk à la Millencolin avec un riff plus chiadé en guise de refrain, tandis qu’ « Hurricane » et son riff tranchant transcende les codes plus habituels du groupe avec un Jon Harvey irréprochable qui fera sans doute scander « Like A Hurricane » à une pléthore d’auditeurs.

True Rockers reprend les acquis de Sittin’ Heavy avec le même niveau d’exigence et davantage de variété dans les styles utilisés. Là où Monster Truck fait de cet opus l’un des plus accrocheurs qui soient en termes de rock cette année, c’est par l’absence de frilosité dès qu’il s’agit d’avoir recours aux astuces de la musique « grand public ». Le groupe ne se laisse pas phagocyter par des recettes qui justement peuvent travestir un groupe à terme. Jamais racoleur, toujours accrocheur. True Rockers est un hit qui contient des hits, il ne faut pas chercher plus loin.

Lyric video de la chanson « Thundertruck » :

Chanson « True Rockers » en écoute :

Clip vidéo de la chanson « Evolution » :

Album True Rockers, sortie le 14 septembre 2018 via Mascot Records. Disponible à l’achat ici



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