ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

Live Report   

Monte dans la Machine pour un tour du monde de l’extrême, c’est Morbid Angel qui pilote !


Ce soir, c’est un véritable tour du monde qui nous est proposé à La Machine du Moulin Rouge avec cette tournée automnale des vétérans de Morbid Angel. La tête d’affiche vient de Floride, au pays de l’oncle Sam, Necrophobic est originaire de Suède, de notre bonne vieille Europe donc et Nervecell nous vient de Dubaï, Émirats Arabes Unis. S’il fallait prouver que le monde du metal est international, ce soir, c’est fait.

Mais, même si la géographie est intéressante, l’actualité des groupes l’est tout autant pour aborder cette soirée. Côté Morbid Angel, un album à défendre qui a fait grincer des dents, Illud Divinum Insanus. Certains d’entre vous ont pu les voir en juin dernier à Clisson et c’est une toute autre configuration que nous attendons ce soir, la scène intime de La Machine n’ayant pas grand-chose à voir avec une Mainstage au HellFest. Par ailleurs, les Suédois de Necrophobic n’ont pas d’opus dans leur musette, leur prochain album étant prévu pour la seconde moitié de 2012. Pour autant, ils viennent de signer chez Season Of Mist qui pourraient les sortir du cadre purement underground dans lequel ils évoluent depuis des années. Et Season of Mist est aussi l’écurie de Morbid Angel. Enfin, les plus jeunes, Nervecell, ont un nouvel album dans les bacs, Psychogenocide, sorti en mai 2011.

Un peu chaude cette actualité, non ? Vous voulez savoir comment elle s’est traduite dans les faits ? Montez donc à bord de cette toute nouvelle Machine – qui a fait peau neuve depuis son époque Loco – et attachez vos ceintures en prévision de quelques secousses : ce soir, nous voyageons au pays de l’extrême. D’ailleurs, la tempête Joachim qui traverse ce vendredi 16 décembre le nord de la France d’Ouest en Est, n’est-elle pas la preuve flagrante que quelque chose se prépare ?


Artistes : Morbid AngelNecrophobicNervecell
Date : 16 Décembre 2011
Salle : La Machine du Moulin Rouge
Lieu : Paris

19h10, les portes de La Machine ouvrent et nous sommes dans un premier temps invités à descendre dans les entrailles de la bête car les prestations des deux premiers groupes ont lieu dans la petite salle, en bas. Heureusement, nous remonterons dans la grande salle pour la tête d’affiche.
En ce début de soirée le public reste discret, attiré par le bar, adossé aux murs, laissant vide l’espace proche de la scène.

James Khazaal (Nervecell)

Peu avant 19h30, les musiciens de Nervecell se préparent au beau milieu du public et dès 19h30 ouvrent le bal de l’extrême. La formation, emmenée par son leader James Khazaal, bassiste/chanteur, délivre un death de très bonne facture qui récoltera le premier pogo de la soirée. James est très bavard, dit quelques mots en français et dédicace même un des titres à Benighted – les Français complètent généralement l’affiche de cette tournée sauf ce soir. Khazaal s’avère être un personnage fort sympathique, avec une envie forte de communiquer. Sur un set de trente minutes, d’autres auraient seulement envoyé le son. Pas lui. Il nous expliquera que dans leur pays d’origine, à Dubaï, le metal n’est pas connu et qu’ils doivent vraiment se battre pour exister.

Leur set court et efficace ne s’appuie pas uniquement sur leur dernier opus tout chaud mais puise aussi dans leur album précédent. Le groupe se permettra même une reprise de Bolt Thrower, « Where Next To Conquer ». Nervecell aura proposé une très bonne entrée en matière avec un excellent son contrairement à ce que les premiers essais de batterie pouvaient laisser croire.

Soutenez donc le regard de Necrophobic !

Avec Necrophobic, l’univers change. Regards soutenus par des yeux cerclés de maquillage noir outré, tenue cuir et clous – le chanteur porte une sorte de robe -, nous nous approchons du black metal même s’il n’y a pas les maquillages noir et blanc typiques de ce style. Mais le groupe ne donne pas exactement dans le black mais dans le blackened death metal, si nous nous fions à la catégorie donnée par le groupe lui-même sur internet. Ah, les étiquettes ! Les tatouages en nombre que portent les musiciens accentuent l’impact visuel du groupe qui contraste avec un Nervecell dont les membres, plus simples, affichaient tee-shirts et jeans.

Côté public, il y a déjà plus de monde et la petite fosse est désormais remplie. La moindre des choses pour accueillir un groupe qui œuvre depuis 1989 ! Les fans chauffés par Nervecell réagissent à la musique des Suédois et les pogos se succèdent, assez violents mais en gardant un bon esprit : on ramasse ceux qui tombent et on essaie autant que faire se peut de protéger les photographes qui œuvrent au milieu de ce joyeux bordel.

Côté scène, le groupe est relativement coincé par le manque d’espace mais Tobias Sidegard assure son rôle de leader invitant les fans à payer bières et champagne aux Suédois à la fin du concert. Les autres musiciens headbanguent à tout va. Musicalement, c’est très bon et bien exécuté avec des morceaux aux structures assez complexes. « Revelation 666 », « Celebration Of The Goat » – pièce maîtresse saluée par le public – ou encore « Taste Of Black » sont des titres qui font mouche. « Age Of Chaos » nous replonge même dans les débuts du groupe. La chaleur de l’accueil du public plutôt en forme ne diminuera jamais et le groupe en semble particulièrement heureux, presque surpris.

David Vincent, leader emblématique de Morbid Angel

Il n’est pas loin de 21h quand le set de Necrophobic se termine. Il est temps de rallier la grande scène pour voir si Morbid Angel maintiendra le niveau de cette soirée si bien débutée.

Pour l’instant, un rideau masque la scène. Quelques extraits de la musique d’introduction d’Illud Divinum Insanus nous mettent dans l’ambiance. Aux premiers rangs, collées à la scène, quelques avenantes jeunes filles, curieuses comme toutes les femmes peuvent l’être (comment ça, macho ?!), soulèvent le rideau et nous découvrons… les pieds des musiciens. Dans cette fosse plus grande, le public est plus à son aise. La soirée n’affiche pas complet et l’on circule parmi les fans sans problème. Quelques VIP sont présents parmi lesquels nous reconnaissons Stéphane Buriez de Loudblast et Julien Dottel de Bukowski.

Le rideau tombe enfin et « Immortal Rites » ouvre le bal de l’Ange Morbide. La fosse s’agite et reçoit cette puissante entrée en matière en pleine face. Le son est bon – peut-être à améliorer un tantinet au niveau voix -, les lights assez fournis et la scène est joliment habillée d’un backdrop reprenant le logo du groupe flanqué de deux tentures sur les côtés aux couleurs du dernier album. Le groupe continue sa remontée du temps avec « Fall From Grace », issu de Blessed Are The Sick dont David Vincent rappellera que c’est le vingtième anniversaire (l’album étant, vous l’aurez compris, sorti en 1991). « Rapture », le troisième titre est issu du troisième album mais le défilé chronologique des albums s’arrête là avec « Day Of Suffering ». Cette remontée mécanique devait forcément s’arrêter là car la setlist – jusqu’ici sensiblement identique à celle jouée au Hellfest – évacue les albums auxquels David n’a pas participé.

Destructhor : une allure de guitar-hero bien dans ses bottes.

Le leader emblématique du groupe a bien repris les rênes. L’animation scénique repose d’ailleurs exclusivement sur lui tout comme la communication avec un public clairement acquis à la cause des Américains et qui apprécie la prestation. Les fans sont là et bien là et il suffit que David lève un bras pour qu’ils réagissent. Les autres membres du groupe sont plus discrets. Destructhor enchaîne les postures de guitar-hero, bien campé dans ses NewRock, ses blonds cheveux coiffés d’un foulard noir dans un mélange d’élégance et de puissance. Derrière ses fûts, Tim Yeung martèle la cadence. Quant au maître des lieux, en quelque sorte, Trey Azagtoth, il reste coincé dans son coin de scène, souvent dans l’ombre, donnant l’impression que s’il pouvait encore plus se coller dans le côté de la scène, il le ferait. Même si David Vincent assume parfaitement son rôle de leader, il est dommage que les guitaristes n’échangent même pas une fois leur place histoire que les fans puissent profiter de tous les membres du quatuor. Ceci dit, il en est de Morbid Angel comme d’un Motörhead : en concert, on connaît l’histoire, on sait que cela sera relativement statique. Et pourtant, les prestations n’en sont pas moins remarquables. Une question d’attitude, de charisme, d’alchimie que personne ne contrôle. Dans le cas des Floridiens, la puissance de leur musique aux relents très punks finalement, truffée de solos de guitare hypnotiques, et de breaks improbables qui pourtant font mouche, doit sûrement y être pour quelque chose.

La setlist propose un bond en avant dans le temps avec les morceaux du dernier album. Curieusement, David Vincent annoncera que le groupe va jouer des titres d’Illud Divinum Insanus. Comme s’il prévenait. Curieux aussi cette façon d’ enchaîner les trois titres de cet opus à la suite sans les répartir dans la setlist. Du coup, ils ressortent un peu comme une espèce de passage obligé. Pourtant, ils passent très bien l’épreuve du live et tiennent la route en face des classiques. En introduisant « I Am Morbid », David invitera le public à entonner des « Morbid ! Morbid ! », invitation à laquelle les fans répondront avec entrain.

Trey Azagtoth : le maître a aussi le don de la discrétion.

« Chapel Of Ghouls » clôt la première partie du set et l’excellent « Where The Slim Lives » ouvre les rappels suivi du lourd « God Of Emptiness ». Le concert se termine au bout d’une petite heure quinze. Un tantinet court tout de même, indépendamment de la qualité de la prestation et de la soirée en général, surtout quand on regarde les setlists des autres concerts de la tournée. Néanmoins, Morbid Angel a vraiment quelque chose de particulier et un impact profond en concert. En un mot comme en cent, ils décoiffent ! Petit bémol peut-être concernant l’animation scénique qui repose sur un seul homme et qui limite le groupe, créant une certaine routine. Mais c’est un petit bémol que l’intensité de la musique efface assez facilement.

Un dernier mot tout de même avant de nous quitter. Un mot pour dénoncer, vilipender le comportement de ceux qui avaient en charge la sécurité de la scène. Et même cracher sur leur attitude irresponsable. A priori, ces hommes, deux en l’occurrence, ne revêtaient pas le blouson de la sécurité de la salle. Peut-être faisaient-ils partie de l’entourage du groupe. Quoi qu’il en soit, rejeter les quelques fans montés sur scène avec un tel manque de discernement, sans scrupules, au mépris total de la sécurité des slammeurs et des fans en dessous relèvent de la pure inconscience. Merde, ce n’est pas comme s’il s’agissait du premier concert de metal au monde, ni du premier concert du groupe ! Tout le monde sait comment cela va se passer, à quels jeux inoffensifs vont se prêter les fans. Et puis, malgré tout le respect dû aux membres du groupe, aucun d’eux n’est la Reine d’Angleterre. Alors, malgré tout cela, comment de telles attitudes sont-elles encore possible ? Pousser sans ménagement, dans le dos, sans aucune tape en guise d’avertissement, est difficile à croire tellement c’est stupide et pourtant, c’est bien ce dont il s’est agit. Extreme Music, for Extreme People ? With extreme security !

Setlist de Morbid Angel :

Immortal Rites
Fall From Grace
Rapture
Day Of Suffering
Blasphemy
Maze Of Torment
Existo Vulgoré
Nevermore
I Am Morbid
Angel Of Disease
Lord Of All Fevers And Plague
Chapel Of Ghouls

Rappels :
Where The Slim Lives
God Of Emptiness
World Of Shit

Photos : Lost



Laisser un commentaire

  • J’y étais à Sarrebruck, avec Bengihted, un bon concert, tous les groupes ont fait une très bonne prestation.

    [Reply]

  • J’y était le 15 décembre !!!
    Morbid Angel juste énorme et le chanteur de Necrophobic juste… un gros con !

    [Reply]

  • Benighted ne jouait pas ce soir là ?

    [Reply]

    Eh non, malheureusement, il n’y avait qu’une seule date où ils n’étaient pas présents et c’était celle de Paris.

    Seb

    Dommage… enfin, avec Kikou qui joue dans Nervecell, Benhghited était en partie sur scène : )

  • Arrow
    Arrow
    Trivium @ Villeurbanne
    Slider
  • 1/3