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Chronique   

Moonspell – Extinct


Alpha Noir / Omega White était un intéressant exercice de style. Moonspell y avait séparé et isolé les deux grandes composantes de sa musque. D’un côté – Alpha Noir – concentrait son versant le plus sombre et extrême et de l’autre – Omega White – celui plus doux et mélancolique. La démarche n’était pas forcément neuve (on se souvient d’Opeth et ses Deliverance et Damnation) mais n’était pas non plus anodine. En séparant ainsi ces deux traits de caractère, qui se complètent, certes, mais aussi qui s’opposent, Moonspell s’offrait l’opportunité de jauger les ingrédients qui forment sa « recette » de base et pouvoir ensuite y remettre de l’ordre. Grand bien lui en pris, tant son nouvel album Extinct semble avoir bénéficié de l’expérience, rafraîchit et plus maîtrisé et juste que jamais.

L’effet est immédiat. Dès « Breathe (Until We Are No More) » le clair-obscur si cher à Moonspell s’entremêle avec élégance et naturel ; aussi contrasté puisse-t-il être, rien ne semble jamais forcé. En quelques minutes on passe d’une mélancolie lumineuse à une colère noire, de la voix de crooner gothique caractéristique de Fernando Ribeiro à ses hurlements écorchés, d’une sobriété presque pudique à des hauteurs émotionnelles portées par des dorures orchestrales… Moonspell travaille le relief de sa parure et, par un travail d’arrangement – fruit, notamment, d’une collaboration avec un orchestre turque – inégalé dans sa discographie à ce jour, marche clairement dans les pas d’un groupe avec lequel il semble de plus en plus proche et partagera bientôt l’affiche : Septic Flesh. C’est ainsi qu’avec ces violons soyeux et élancés, les Portugais nous font voyager à travers les nuits d’Orient via « Breathe (Until We Are No More) » déjà cité mais aussi « Medusalem », conférant à ces chansons un délicat fumet exotique, ou apportant un élan cinématographique à « A Dying Breed ». De quoi embellir et faire scintiller ce metal gothique aigre-doux, à la fois morbide et plein de romantisme. La thématique de l’opus est d’ailleurs elle-même plutôt ambitieuse, celle de l’extinction, l’extermination, la fin, la mort, etc., souvent intimement lié à l’amour sous la plume de Ribeiro (« Before the lights go out, before our time is gone, the taste of your lips before we go extinct » clame-t-il sur la chanson éponyme ou la valse finale « La Baphomete » chantée en Français). Une thématique ambitieuse mais aussi à double tranchant car, et surtout dans le metal, les clichés ont tôt fait de ressortir, mais Moonspell démontre ici tout son bon goût et sa subtilité, l’utilisant comme un vecteur d’émotion, en nous emportant tantôt sous de douces lueurs d’espoir (« Domina » et ses chœurs réconfortants) et tantôt se faisant transperçant et dramatique (« Maligna »).

L’impression à la première écoute est que Moonspell aurait brûlé ses plus belles cartouches d’entrée de jeu, dans la première moitié du disque, avec une batterie de tube aux refrains et mélodies immédiats et mémorables : « Breathe (Until We Are No More) », « Extinct », « Medusalem », « The Last Of Us ». Mais très vite au fil des écoutes la broderie se révèle derrière les premiers éclats perçus autant que sur le reste de l’opus. Addictif, à la fois spirituel et charnel, facile et raffiné, Extinct présente un Moonspell qui domine son art et les ambivalences qu’il renferme.

Ecouter les morceaux « The Last Of Us » et « Extinct » :

Album Extinct, sortie le 9 mars 2015 chez Napalm Records.



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  • Mwouais, très bon très bon, c vite dit! c un peu la moitié du rock fm et du glam avec le point d’orgue du n’importe quoi de la baphomete! sinon les 1er morceaux dont extinct sont pas mal du tout ! vu en concert il y a 3 semaines, ils mettent pas mal d’ambiance! un point sur lequel on ne revient pas c la p…. de voix du chanteur! 🙂

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