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Live Report   

Moonspell + SepticFlesh : autopsie contradictoire


monspellsepticfleshlyon2015Et de deux ! Après le set d’Ensiferum donné la veille qui s’était déroulé à guichets fermés, le Ninkasi affiche à nouveau complet ce soir. Il faut dire que l’affiche proposée est de choix puisque la ville de Lyon était une étape de la tournée Moonspell/SepticFlesh. Impatiente de découvrir en live les deux derniers albums en date des artistes précités, la foule s’est donc massée tôt devant les portes de la salle pour assister à ce set d’ailleurs filmé (pour un éventuel futur DVD ?).

SepticFlesh entre sur scène avec emphase et grandiloquence sous des lumières bleues et violettes, une constante durant le show. Les membres du groupe grec pénètrent un à un sur les planches alors qu’une intro orchestrale résonne dans la salle. Le combo regarde la foule du haut de son autel qu’incarne la scène. L’audience a même l’impression d’être défiée par des musiciens complètement pénétrés par leur jeu de scène et qui la regarde de haut. Le show de SepticFlesh, bien plus qu’un simple concert, est une performance artistique globale où tout est domination et annihilation.

Artistes : MoonspellSepticFlesh
Date : 23 mars 2015
Salle : Ninkasi Kao
Ville : Lyon [69]

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Septic Flesh refroidit l’atmosphère

Le décor de scène sombre et sobre des Grecs et leur death metal toujours aussi froid marquent les esprits par la tonalité mortuaire qui se dégage du show. On a l’impression que les membres de SepticFlesh ne jouent pas avec leurs instruments mais qu’ils les martyrisent. Comme si leur musique – grand déversoir de ressentiment – n’était finalement qu’un prétexte, un outil, pour véhiculer un message qui va plus loin que le simple cadre musical. Pour autant, voir SepticFlesh en live c’est assister à la prestation d’un quatuor qui donne dans le même temps le sentiment d’être disciple de sa propre musique, d’être à son service. Ce qui est sûr en tout cas c’est qu’un aspect transcendantal fort se dégage d’un concert de SepticFlesh.

Le son est bon mais les quelques fans plus anciens ont pu regretter l’impasse totale faite sur toute la discographie du groupe d’avant 2008, celui-ci ayant exclusivement concentré sa setlist sur les trois derniers albums du combo. Trois titres chacun pour Communion (2008) et The Great Mass (2011), soit seulement deux de moins que le nombre de chansons extraites de Titan (2014) le dernier album de SepticFlesh en date. Pourtant les six premiers opus du combo, dont la carrière s’étend désormais sur vingt ans, possèdent leur lot de perles. Et que certains membres de l’assistance réclament avec insistance un « Esoptron » n’y fait rien. C’est d’autant plus regrettable que Season Of Mist, le label du groupe, s’est récemment lancé dans une vaste entreprise de rééditions.

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Un excellent concert

Mais le choix de se concentrer sur son œuvre récente a sûrement été motivé par le succès renouvelé et inégalé que rencontre le groupe depuis 2008, et sans doute que stratégiquement ce choix était le meilleur pour parler au plus grand nombre. Et c’est bel et bien sur le morceau « Titan » que les premiers slammeurs apparaissent. Seth (chant/basse) engage la foule à faire les cornes du Diable ce qui prend vraiment tout son sens dans un contexte aussi maléfique où l’audience à la sensation de participer à la célébration d’une grande messe noire. Car vous l’aurez saisi, ce soir le noir est omniprésent : dans la musique des Grecs, dans les tenues de tous les membres du groupe mais aussi dans les paroles de ce dernier. « Prototype » continue d’atomiser une audience très réceptive au death metal pompeux des Grecs même si ces derniers proposent des compos nettement plus agressives que la tête d’affiche du soir.

Le partage aura été réel entre les Grecs et leur public et ce malgré le côté froid du set qui aura probablement surpris les néophytes. Quand bien même, Seth n’aura pas hésité de temps à autres à échanger avec le public en présentant les morceaux ou en l’engageant à taper dans ses mains. C’est d’ailleurs le frontman qui restera le plus longtemps sur scène pour remercier et applaudir la foule tout en présentant Kerim « Krimh » Lechner, le nouveau batteur du groupe qui n’a pas démérité ce soir.

Setlist Septic Flesh :

War In Heaven
Communion
Order Of Dracul
A Great Mass Of Death
Pyramid God
Titan
Prototype
The Vampire From Nazareth
Lovecraft’s Death
Anubis
Prometheus

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Un soleil appelé Moonspell

Est-ce vraiment étonnant que les lumières du Ninkasi s’éteignent à nouveau alors que le morceau « Love You To Death » de Type O Negative continue de résonner jusqu’à son terme dans les enceintes ? Sûrement pas ! Car le décès de Peter Steele, le leader de Type O Negative, a été un tel choc pour Fernando Ribeiro, le charismatique frontman de Moonspell, qu’il a fait partie des raisons qui ont poussé le groupe portugais à choisir la thématique de l’extinction pour son dernier album en date, le bien nommé Extinct sorti en début d’année, comme l’expliquait de manière approfondie le musicien dans notre interview.

Alors qu’une intro avec une femme qui parle résonne dans le Ninkasi, le batteur Miguel Gaspar pénètre avec son foulard sur la tête sur les planches et va se placer derrière ses fûts. Puis viens le tour des autres musiciens avec un Fernando Ribeiro qui sera le dernier membre du combo à entrer sur scène. Ce dernier, toujours aussi élégant et charismatique, n’hésitera pas à tenter de manier la langue de Molière pour s’adresser à la foule au cours de ce set. Une volonté de communication et de partage toujours appréciable. Après le redoutable « Extinct » et ses jets de fumée, Fernando remerciera d’ailleurs de la sorte le public avec son charmant accent portugais : « Merci beaucoup, très gentil Lyon ».

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Une prestation de haute volée

Contrairement au set de SepticFlesh qui l’a précédé, Moonspell propose une grande variété de jeu de lumières. Les lights rouge sont d’ailleurs à l’honneur sur les tubes que sont « Opium », toujours très attendu par la foule, ou « Awake ! » tous deux extraits de l’album incontournable Irreligious qui fêtera ses vingt ans l’année prochaine. Des rendus qui prouvent (mais en était-il réellement besoin ?) que Fernando Ribeiro est décidément un excellent chanteur et qu’il assure remarquablement bien en live. A l’instar de ses collègues plein de dextérité comme son guitariste Ricardo Amorim qui, s’il ne bouge pas énormément, assure avec une grande agilité les solis du combo. Un statisme d’ailleurs compensé par les sourires et le caractère plus extraverti de son compère bassiste Aires Pereira à fond dans son concert.

Mais ce qui frappe également lors du show de Moonspell est la richesse de sa setlist qui balaye avec finesse un large pan de sa carrière, n’hésitant pas à remonter jusqu’à ses premiers albums. Mais si le groupe sait regarder en arrière, des morceaux comme « Breathe (Until We Are No More) » ou « The Last Of Us » figurant sur la nouvelle galette Extinct – dont pas moins de huit chansons sur dix ont été jouées, ce n’est pas un hasard – prouveront sans difficultés que le groupe à encore de très beaux jours devant lui et a largement le potentiel pour partager ses hymnes gothiques fédérateurs et efficaces encore pendant de longues années. A l’image d’un Paradise Lost, Moonspell continue de tracer son propre chemin tout en ayant comme mission première d’évoluer avec toujours au rendez-vous une qualité de composition sans failles.

Le public le sait bien et c’est à l’unisson que les 550 personnes présentes ce soir font le signe des cornes du diable sur le maléfique « Mephisto » où des jets de fumée sont projetés de la scène à chaque fois que le terme est scandé dans le refrain. La différence principale entre les sets de Moonspell et SepticFlesh se situe précisément ici : là où SepticFlesh proposait une atmosphère glaciale, le show de Moonspell est on ne peut plus chaleureux comme le souligne d’ailleurs ce joli décor de scène – un énorme crâne bovin qui orne la batterie et des tubes métalliques ornant le clavier, rappelant les ornements de Tuomas Holopainen (Nightwish) – presque trop grand pour une salle comme le Ninkasi Kao. Quelle communion entre la foule et ses fans sur ce véritable tube qu’est « Alma Mater » !

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Des musiciens qui ont la classe

Le temps est passé vite et il est déjà 22h50 lorsque sonne l’heure des rappels. Après avoir remercié Christian Bivel d’Adipocere – qui avait le premier signé le groupe en 1994 avec son EP Under The Moonspell – c’est sur un hypnotique « Full Moon Madness » aux jets de fumée réguliers que Fernando Ribeiro et ses acolytes se retirent.

Il est 23h10 et le public vient d’assister à un grand concert d’un groupe carré, impliqué et hyper professionnel bien loin de montrer les signes d’une quelconque extinction prochaine.

Setlist Moonspell :

Breathe (Until We Are No More)
Extinct
Night Eternal
Opium
Awake!
The Last Of Us
Medusalem
…Of Dream And Drama (Midnight Ride)
Funeral Bloom
Malignia
Mephisto
The Future Is Dark
Domina
Vampiria
Ataegina
Alma Mater

Rappels :

Wolfshade (A Werewolf Masquerade)
Full Moon Madness

Live report : Amaury Blanc.
Photos : Nicolas Gricourt.

A voir également :

Galerie photos Moonspell.
Galerie photos SepticFlesh.



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