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Live Report   

Morbid Angel : vingt bougies joliment soufflées !


Ce soir, une fois n’est pas coutume, la setlist est connue d’avance, une grande partie en tout cas. Covenant, album majeur de la discographie de Morbid Angel sorti en 1993, est à la fête. En effet, pour ses vingt ans, le groupe qui l’a créé lui rend hommage en le jouant dans son intégralité. La promotion de cette tournée indique par ailleurs que des classiques seront joués ensuite. De quoi ravir les fans de la bande de David Vincent. Mais avant de déguster le plat principal, goûtons voir ce que la région bordelaise peut nous offrir en termes de gros metal qui tâche. Et oui, ce soir, promo sur le bordeaux car vous avez le droit avec Ad Patres et Gorod à deux crus de cette belle région girondine pour le prix d’un. Côté vins, la région ne nous a pas habitués à de la piquette, mais qu’en est-il côté metal ? Bonne question, n’est-ce pas ?

Alors, ouvrons donc les portes de la taverne Trabendo et goûtons voir si le vin, ah, non, le metal, est bon !

Artistes : Morbid AngelGorodAd Patres
Date : 28 novembre 2014
Salle : Trabendo
Ville : Paris

Ad Patres

Ad Patres signifie tuer, exterminer, envoyer dans l’autre monde. Des termes forts. Pas totalement en rapport avec la prestation délivrée ce soir. Honnête mais rien d’exceptionnel, rien qui risque de nous…tuer. Le démarrage est d’ailleurs un peu perturbé par des problèmes de batterie. Arnaud Pecoste, le bassiste, fait signe au chanteur Axel Doussaud de meubler pendant ce temps mort qui ne dure heureusement pas très longtemps et permet au groupe d’envoyer trente minutes de son death qui seront en tout cas exécutées avec beaucoup de cœur.

Gorod

19H50, Gorod investit la place devant un Trabendo encore à moitié rempli. Les Bordelais proposent une prestation correcte qui explore l’ensemble de leur discographie. Leur dernier album datant un peu (A Perfect Absolution est sorti en 2012), rien de plus normal même si le groupe jouera un nouveau morceau, « Celestial Nature ». Les musiciens sont vraiment en place au niveau exécution. Toutefois, on aura vu meilleure prestation de leur part. La faute à cette scène assez petite qui limite les mouvements ? Peut-être. Les deux guitaristes sont coincés dans leur coin, headbanguant sans relâche. Benoit, à la basse, reste le plus mobile dans ce petit espace. Côté public, le calme presque plat règne même si les spectateurs se manifestent quand Julien les y invite. Côté lumières, quelques stroboscopes soulignent la prestation mais dans l’ensemble, les Bordelais ne bénéficient pas de gros moyens. Première partie oblige !

« On va enchaîner vite » déclare d’ailleurs Julien au chant, ce qui prouve que le timing du concert devait sûrement être très serré. Mais le dire à l’audience lui donne un peu l’impression que le groupe à un train prendre ! Au bout de quarante minutes, Gorod quitte la scène. Il y aura eu de la qualité musicale, et ce sans aucun doute possible, avec une musique élaborée et qui s’écoute des deux oreilles. Trop manifestement pour secouer le public de ce soir. Peut-être qu’un peu plus de variation sur ce concert aurait permis un plus grand impact, que ce soit au niveau de la voix de Julien ou dans la prestation scénique du groupe qui pourrait être plus dynamique.

David Vincent (Morbid Angel)

Le son, sa qualité, sa texture, autant d’éléments qui sont la marque de fabrique de Morbid Angel. Et qui claquent dès les premières notes de « Rapture ». Vous allez rétorquer que ces propos s’appliquent à tous les groupes. Sauf que tous les groupes ne peuvent se targuer d’avoir une telle empreinte et que ces éléments prennent particulièrement forme en live ! Il suffit d’être au Trabendo ce soir pour s’en convaincre. Et quand David Vincent s’adresse au public, sa voix grave, sourde, captivante achève de vous prendre dans les mailles du filet des Floridiens. Le public est largement plus fourni, les pogos montrent le bout de leur nez tout comme les slammeurs qui donneront maille à partir à la sécurité qui essaiera de les repousser et les gérera avec bienveillance ce soir.

La recette est ultra connue, David en figure de proue, Trey Azagthoth dans l’ombre, sur le côté, planqué derrière ses longs cheveux, Destructhor de l’autre côté, campé solidement sur ses deux jambes. Mais pourquoi changer une recette qui ravit vos papilles auditives ? « Blood On My Hands » est salué tandis que le morceau « Angel Of Disease » secoue un peu plus la fosse sur ses passages rapides. Que de changement de rythme sur ce titre et que c’est bien fait !

Trey Azagthoth aime se cacher derrière ses cheveux

Les pogos continuent avec un noyau dur d’irréductibles, David Vincent est impressionnant de charisme, la soirée fait du bien aux oreilles et continue avec « God Of Emptiness ». Quelle voix d’outre-tombe ! On en frissonnerait presque. « Everybody show me here the slime live ! » tonne le chanteur avant de lancer « Where The Slime Live », titre qui marque la fin de Covenant et bascule le concert dans les classiques. En concert, dans Morbid Angel, il y a évidemment David. Mais il y a aussi Trey Azagthoth et ses solos ! Des flèches qui touchent leur cible à chaque coup, inspirés, courts et efficaces. Un bonheur !

« Where The Slime Live » remporte un beau succès auprès du public. « It sounds that you have a good fuckin time » remarque d’ailleurs Vincent. Les spectateurs ne sont pas les seuls à apprécier la prestation. Au stand merchandising, Julien, chanteur de Gorod, ne cache pas son enthousiasme quand « Ageless, Still I Am » résonne dans le Trabendo dans toute sa lourdeur tandis que « Curse The Flesh » révèle ensuite tout le côté hypnotique dont les compos des Américains peuvent se parer. « Are you guys tired ? » demande Vincent. « You promise ? ».

Le public salue « Existo Vulgoré » issu du décrié Illud Divinum Insanus. Le groupe tient donc à ancrer cet album dans son histoire en jouant ce titre dans la partie du concert consacrée aux classiques. Ce soir, au Trabendo, personne ne semble en prendre ombrage, bien au contraire. En introduisant « Immortal Rites », le chanteur rappelle que l’album Altar Of Madness fête ses vingt-cinq ans. Sur ce titre, les pogos reprennent de plus belle et les fans soutiennent de leur voix cet énorme morceau sur lequel David prouve que l’on peut aussi haranguer le public tout en jouant de la basse !

Destructhor bien campé sur ses jambes

Le groupe termine sur l’énergique « Fall From Grace » avec une fin de concert très abrupte. En effet, dès la fin du morceau, la sono de la salle envoie de la musique signifiant qu’il est temps de partir. Un peu rude d’autant que le concert n’aura duré qu’une heure vingt et que nous aurions bien aimé goûter un petit peu plus de ce death magnifique en concert. Pour le reste, que du bonheur même si l’on pourra regretter que Trey ne bénéficie pas d’un peu plus de lumières au moins quand il exécute ses solos. Vivement la célébration des vingt-cinq ans de l’opus Altar Of Madness ! A moins que les Floridiens ne repartent sur d’autres titres et d’autres aventures. A suivre en tout cas même si la seconde option semble de mise.

De toute façon, comptez sur nous pour vous tenir au courant !

SetList Morbid Angel :

Rapture
Pain Divine
World Of Shit (The Promised Land)
Vengeance Is Mine
The Lion’s Den
Blood On My Hands
Angel Of Disease
Sworn To The Black
Nar Mattaru
God Of Emptiness
Where The Slime Live
Bil Ur-Sag
Ageless, Still I Am
Curse The Flesh
Existo Vulgoré
Immortal Rites
Fall From Grace

SetList Gorod :

Here Die Your Gods
Diverted Logic
Harmony In Torture
Smoked Skulls
The Path
State Of Secret
Birds Of Sulphur
Celestial Nature
Disavow Your God

SetList Ad Patres :

The Lock
In Vivo
Emphasize Nihility
To The Fathers
Circles Of Red
Scorn Aesthetics
Scars Of Compromise
All That Remains

Live report et photos : Lost.

A voir également :

Galerie photos Morbid Angel.
Galerie photos Gorod.



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