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Chronique   

Mörglbl – The Story Of Scott Rötti


Mörglbl. Tout est dans le nom. Pour ceux qui n’ont pas encore eu vent de la formation de jazz metal créée en 1997 et emmenée par le guitariste Christophe Godin, le bassiste Ivan Rougny et le batteur Aurelien Ouzoulias, Mörglbl est un groupe instrumental extravagant, motivé par un sens de l’humour idiot mis en valeur par une maîtrise instrumentale hors norme. 2018 était l’année des vingt ans du groupe, qui donnera lieu à un live, justement précédé de leur septième album, The Story Of Scott Rötti. Une fois n’est pas coutume, Mörglbl délivre à nouveau sa science à deux niveaux, celle des jeux de mots déconcertants et celle d’une musique hybride débridée.

S’approprier l’univers de Mörglbl lorsqu’on n’y a jamais été confronté n’est pas chose aisée. Le mieux que l’on puisse faire, c’est de le rapprocher de ce qu’on connaît déjà, Primus en tête. Les deux premiers titres de l’opus, « 2 Flics Amis Amish » (doit-on expliciter le jeu de mots ?) et « Anarchytektür » sont caractéristiques de la philosophie musicale de Mörglbl, à savoir une science du riff acéré et une recherche constante du groove, entrecoupé de plages plus jazz, à l’instar de la succession de solos des trois instruments sur « 2 Flics Amis Amish ». Il faut reconnaître à Mörglbl que derrière sa virtuosité évidente, le groupe sait respecter l’auditeur en privilégiant les accroches mélodiques (toutefois très propres au groupe, à ce titre les leads de « Döner Dörgazm » se démarquent, penchant du côté d’un Steve Vai) au paluchage technique. La qualité d’écriture de Mörglbl se révèle davantage sur « Les Légions Du Rhum » et son riffing très grave qui contraste avec des lignes de guitare aiguës appuyées, le tout intégré à une pléthore de rythmiques fusions sur lesquelles Aurelien Ouzoulias s’en donne à cœur joie. Mörglbl a en outre un don pour créer des atmosphères à la frontière du crédible et du second degré, à l’image des arpèges sombres à l’incipit de « Dark Vädim ». Sur le plan guitaristique, « Dark Vädim » est l’un des piliers de l’album, avec des interventions de lead entêtantes et parfaitement bien intégrées.

Lorsque Mörglbl applique sa formule désormais bien établie, il satisfait pleinement l’auditeur avide de groove et de riffs alambiqués : « Döner Dörgazm » rappelle les grandes heures de Living Colour mais qui aurait rencontré Joe Satriani, embauché pour jouer la bande originale de Beverly Hills. Mörglbl c’est tout ça à la fois. On se laisse volontiers surprendre par des riffs aussi incongrus qu’efficaces, tel le break de « The Story Of Scott Rötti », ou l’introduction lourde et rentre-dedans de « Prog Töllog », avant de reprendre un groove funky plus léger. Toutefois, le véritable attrait de cet album réside dans les escapades plus osées de Mörglbl. « La Lèpre à Elise » (meilleur calembour de l’album) contient des éléments funk alliés à des incartades quasi djent, qui tranchent avec les structures habituelles de la formation. « Panzer Kökötier » fait office de métal festif, interrompu de manière abrupte par un break d’un tout autre registre.

The Story Of Scott Rötti est une nouvelle prouesse d’inspiration de la part de Mörglbl. Les auditeurs avides d’une musique instrumentale qui privilégie les agencements de structure tout en s’amusant avec les styles y trouveront leur compte. Mörglbl est une influence majeure du style porté par quelques autres musiciens virtuoses aujourd’hui, tels The Aristocrats. Mörglbl mêle humour et audace musicale sans trembler, avec un goût qui n’a rien de douteux. On est attirés pour les titres, on reste pour la musique, aussi déroutante soit-elle.

L’album en écoute intégrale :

Album The Story Of Scott Rötti, sortie le 1er février 2019 via Free Electric Sound. Disponible à l’achat ici



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