ENVOYEZ VOS INFOS :

CONTACT [at] RADIOMETAL [dot] FR

CR De Festival   

Motocultor 2015 : les coups de coeur de la rédac’


Une petite escouade Radio Metal s’est rendue en Armorique cet été afin de prendre la température (et le crachin) de Saint-Nolff qui accueillait pour la troisième année consécutive le Motocultor et ses fidèles. Armé d’une nouvelle scène et bien décidé à régler ses problèmes de déficit, le festival progresse petit à petit et prend en compte les remarques faites en amont. Naturellement des petits couacs et dysfonctionnements d’organisation sont encore présents, notamment sur la restauration, mais rien de dramatique à noter.

La programmation quant à elle, variée et dotée de jolies têtes d’affiche, semble avoir satisfait la grande majorité du public qui a pu profiter d’un plus grand nombre d’artistes sans pour autant souffrir d’une foule trop présente. Aussi, Yann Le Baraillec et son équipe semblent avoir atteint un juste milieu qui, on l’espère, permettra à l’événement de se pérenniser. Enfin et sans plus tarder, voici les concerts nous ayant le plus marqués au cours de ce long week-end…

MARS RED SKY
En ce premier jour de Motocultor, après le gris d’un temps qui s’est voulu un moment pluvieux, il fallait une lumière pour réchauffer les cœurs. Elle est venue de la toute nouvelle Massey Ferguscène, à travers quelques notes de guitares éthérées vite transformées en une solide basse Fuzz qui dézingua tout sur son passage : « The Light Beyond », la bien-nommée, porte Mars Red Sky au firmament, sous un chaleureux soleil qui revient comme par magie. Les Français ravissent, et sidèrent, tellement l’audience par l’assurance dégagée par leur trio, la qualité du son et ce grain tellement « désertique » qu’on entend le questionnement réitéré des novices sur la provenance d’outre-Atlantique de ces Martiens bien de chez nous. L’oncle Sam ne nous retirera pas ça. Les Français ont créé une bulle planante au cœur même du bruyant Motocultor où les férus de Stoner viennent déjà se ressourcer en ce début de festival, en dépit du son de la Supositor Stage où joue All Out War qui couvre l’intro spatiale du groupe, nécessaire à la mise en condition du spectateur pour l’envol vers les cimes. La Massey Ferguscène, la « Valley » du Motocultor, devait être sous un chapiteau, le show de Mars Red Sky fait vite comprendre pourquoi : un certain isolement phonique s’avère nécessaire lorsque deux groupes jouent en même temps sur le site comme c’est très souvent le cas. Pas grave, il en faudrait bien plus pour atténuer la performance des Mars Red Sky qui régalent à coups de riffs profonds et d’une batterie captivante qui hypnotise à la fois le public connaisseur et les profanes. Aux acclamations du public en fin de set, on comprend rapidement que les Bordelais ont décidément placé la barre haut sur la Massey Ferguscène en ce début de Motocultor.

RISE OF THE NORTHSTAR
A cette édition 2015 du Motocultor Festival, pas moins de vingt groupes français étaient présents sur les soixante-six composant l’affiche, et ça fait plaisir. La scène française regorge de groupes excellents et qui méritent de se faire connaître, et certains d’entre eux se sont déjà fait une place dans le milieu. C’est le cas des Parisiens de Rise Of The Northstar, qui nous ont délivré une performance d’une puissance jouissive en ce vendredi après-midi. Défendant leur dernier album, Welcame, sorti en 2014, le quintet s’est montré sur scène avec une rage et une passion du hardcore hors du commun, malgré les problèmes de dos du chanteur qui assumait complètement son rôle de frontman charismatique. Enchaînant les titres et les bassdrop à foison (on les ressentait depuis l’entrée du site), les circles pit et un magnifique wall of death, l’excitation était à son summum et le public en redemandait sans cesse. Sur des titres comme “What the Fuck”, “Welcame”, “Again and Again” et j’en passe, les mosh pit ne s’arrêtaient jamais. La prestation scénique était agréable à regarder, leur look reflétant à merveille la passion pour le Japon qui fait leur identité, tout était réuni pour un des concerts les plus puissants de la journée. On n’oublie pas surtout de rappeler les origines : « Ça fait plaisir de rejouer en France au bout de six mois ! Ça fait plaisir de pouvoir parler français ! Vous êtes géniaux ! » lançait le chanteur au public surexcité, qui répondait présent à l’appel de la baston. Niveau son, un régal, rien à dire. Une prestation qui nous aura laissé les bras ballants, qui fait en redemander plus, et qu’on ira revoir sans hésitation à leur prochain passage. Avec Rise Of The Northstar, le made in France s’est fait respecter.

SOLSTAFIR
C’est en 1950 que le rock commence à exploser en Islande, cette terre froide et hostile, d’où viennent les post-métalleux de Solstafir. Le concert du groupe créé en 1995 s’annonce être un grand moment d’hypnose. Les quatre garçons arrivent sur scène coiffés de chapeaux, portant des lunettes de soleil et vêtus de cuir… tout un programme. Composés de morceaux très longs, les concerts de Solstafir sont un peu comme un voyage dans le temps à chaque fois. Avec le premier morceau « Svartir Sandar », extrait de l’album éponyme, les bases sont posées et on voit tout à fait ce qui va se passer pendant l’heure à venir. Cette musique très particulière, lente, parfois même un peu vide, peut paraître ennuyeuse pour certains mais Solstafir arrive sans troubles à satisfaire une grande partie du Motocultor venue en nombre assister à ce set. C’est maintenant le moment pour le groupe de défendre son dernière album Otta avec le morceau éponyme. Ce titre, particulièrement transportant, nous montre toutes les facettes mélodiques du combo et la voix imposante de Aðalbjörn Tryggvason, ainsi que la puissance de la rickenbacker de Svavar Austman qui sonne incroyablement bien. Un grand moment de musique. Après cette séquence mélancolique, la très longue « Náttmál » (plus de onze minutes) montre une autre facette de la personnalité du groupe, plus entreprenante et plus explosive. La célèbre « Fjara » ressemble un peu à « Otta » en termes d’intensité puisque ces montées en régime sont la marque de fabrique de Solstafir. Cinquième et dernier morceau, « Goddess Of Ages » tiré de l’album Köld vient conclure le show sur des derniers riffs prenants et un dernier larsen de guitare. En soixante minutes, Solstafir et ses musiciens talentueux ont réussi à imposer leur retenue et leur puissance.

SICK OF IT ALL
Avec la création de la troisième scène cette année, le Motocultor avait promis la présence de gros noms du hardcore. Et avec Madball et Sick Of It All, le festival est en effet allé dénicher deux des plus grands noms du hardcore du monde. Plus la peine de présenter Sick Of It All, trente-cinq ans de carrière et une popularité toujours au top, qui a débarqué au Motocultor avec toute son énergie pour tout démolir.

Les News-Yorkais démarrent leur set par deux morceaux de l’album Death To Tyrants, l’impérial « Uprising Nation » qui est un très bon choix pour un début de concert, et « Machete » dont la ligne de basse en impose. Rien de mieux que de continuer sur « Road Less Traveled », morceau du dernier album The Last Act Of Defiance, un morceau rythmiquement impeccable et qui met un bordel incroyable dans le mosh. Toujours d’une grande sympathie pour la France, le grand Lou Koller partage, comme à son habitude, beaucoup avec le public. Il répétera plusieurs fois dans la soirée le lieu de naissance du groupe, New-York, le fléau du hardcore. Les classiques « Clobberin’ Time », « In Justice System », « World Full Of Hate » continuent sur la même intensité, on assiste à une grande prestation des Américains ce soir. Sick Of It All varie très bien ses musiques, en utilisant une grande partie de ses albums. L’enchaînement « My Way » et « Take The Night Off » est parfait, pas de défaillance de son et une très bonne répartition des instruments. Nos quatre compères vivent un concert parfait avec un public plutôt nombreux et très réceptif. Le frérot de Lou, Pete Koller saute comme un cabri, comme à son habitude. « DNC », deuxième extrait du dernier album, démontre le bon accueil de ce dernier, avec un public reprenant avec le groupe en cœur le fameux refrain: « DNC… Oi,oi,oi ». Quel spectacle ! Le concert passe mais l’énergie des hardcoreux reste la même, comme le démontre « Sanctuary » et « Get Bronx ». Il est temps de lancer les chevaux avec l’habituel Wall of Death sur « Scratch The Surface », un véritable massacre. Un grand nombre de mains se lèvent au moment où Lou demande qui a déjà assisté à un concert du groupe. Une fois cette information prise en compte, il est temps de donner une claque de plus; et non ce n’est pas fini: « Do you know Step Down? » lance Lou. Craig Setari démarre le riff de basse et c’est parti pour le chaos où les choeurs omniprésents dans cette musique accompagnent la mélodie et la rythmique incroyables du morceau. Les titres de l’album Nonstop, « Friends Like You » et « Us Vs Them », permettent quant à eux au public de lancer les derniers « hey,hey » du concert et viennent conclure ce véritable show, aussi réussi que spectaculaire.

Le message de Sick Of It All est sacrément bien passé ce soir.

LITTLE BIG
Vendredi soir, une heure du matin. Une journée chargée en hardcore vient de passer, et un groupe pour le moins atypique au thème du festival se prépare à faire son entrée. Les Russes de Little Big se sont décidés à venir retourner le Motocultor dans un cadre absolument loufoque. Un mec, une naine, un DJ et un clown, voilà la composition du groupe venant du pays de la vodka qui monte sur scène sous les applaudissements du public. On avait tous entendu la célèbre chanson « Everyday I’m drinking » devenue célèbre sur Internet, mais beaucoup de spectateurs étaient intrigués de la nature du reste du répertoire du combo loufoque.

Et la réponse était sale : de l’électro-dubstep au kick énervé et au chant alternant énergie et douceur dans l’exécution. Mais surtout. Surtout. Du loufoque à n’en plus finir. Un écran géant posté derrière la scène nous projetait des images de clips, d’animations, et de gifs de licornes à n’en plus finir. La chanteuse naine, sexy dans sa robe moulante (incroyable mais vrai), servait de back vocal avec, ne nous mentons pas, pas mal de playback et d’auto tune parfois un peu trop prononcé. Mister clown, arrivé au milieu du set, rajoutait une couche dans cet aspect bizarre, voire malsain, du groupe russe qu’est Little Big.

La prestation fut une fin de journée splendide. Tout le monde repartait en chantant la jolie chanson de mister clown qui faisait scander à tout le public les simples paroles. « Je vais te péter la rondelle mon ami, je vais te péter la rondeeeeelle. » C’était bizarre, c’était méchant, c’était malsain, c’était une fin de soirée en bonne et due forme. Chapeau les Russes.

KLONE
Quatre ans après leur passage sur la Supositor Stage, Klone était cette année de retour au Motocultor. Quatre années durant lesquelles le combo de Guillaume Bernard a emprunté une étonnante et audacieuse direction artistique qui, a contrario d’altérer l’identité tout particulière du groupe, lui a permis d’élargir son spectre musical et son public. Le premier morceau joué et issu du dernier opus Here Comes The Sun, « Immersion », est très révélateur de cette évolution. A l’instar du « Nebulous » qui sera jouée bien tard dans la setlist, cette chanson ravira les fans du dernier opus mais laissera également certains festivaliers interdits face à l’absence de growl et de saturation extrême. Bien sûr le concert alternera avec des titres plus pêchus qui montreront l’autre face des musiciens qui scéniquement semblent toujours plus incisifs et à l’aise au fil des années. On notera d’ailleurs la prestation du guitariste Aldrick Guadagnino, juste déchaîné sur les riffs de « The Rocket Smoke » ou « Give Up The Rest ». Une fois de plus, les Poitevins enterreront leur set avec la reprise pachydermique d’ « Army Of Me » de Björk, juste monstrueuse de groove. En bref, une claque. As usual.

SODOM
Un groupe de thrash peut en cacher un autre, à peine sorti du pit de Tankard il est déjà l’heure d’aller se positionner sur la Dave Mustage écouter leurs compères allemands de Sodom. Il est 19H passées et c’est sous un soleil radieux que les Allemands démarrent leur set avec leur titre le plus connu, « Agent Orange ». Pas de demi-mesure, le pit se transforme en une fosse aux lions dès les premières notes. La puissance du son et la prestance des trois musiciens lance le concert sur les chapeaux de roues. Que de classiques en ce début de set ! C’est par ailleurs avec le sourire jusqu’aux oreilles que Bernd Kost lance le riff de guitare de « The Vice Of Killing » suivi de l’incontournable « Outbreak Of Evil » extrait de l’Ep In the Sign Of Evil de 1984, époque où le groupe évoluait dans un style thrash/black. Sans doute un des morceaux les plus rapides du groupe. Après quelques interventions bien placées du charismatique Tom Angelripper, la formation démarre le medley habituel de « Surfin’Bird » et « The Saw Is The Law », toujours aussi bien déballé par les thrasheux qui sont en forme aujourd’hui, quelle énergie ! Les trois patrons balancent l’artillerie lourde avec « Sodomy And Lust », la brutalité est au rendez-vous dans ce morceau qui est suivi du très thrasheux « Stigmatized », seul morceau du set qui provient du dernier album Epitome Of Torture (2013), un titre carré et qui laisse une place remarquable à la basse. « City Of God », morceau adulé par le public, et « Ausgebombt » viennent clôturer la prestation.

Puissance et plaisir sont les deux mots d’ordre du groupe. Quelle bonheur de voir des « papis » du metal s’éclater autant sur scène. Une telle complicité entre ses membres et son public : ça n’a pas de prix !

GUTALAX
Quand on parle de grindcore, on imagine toujours la petite scène dans une cave dans le fin fond du 78 devant cinq personnes qui se tapent dessus. Et pourtant, en ce dimanche après-midi, Gutalax était un des groupes dont on parlait le plus. En effet, le groupe est connu pour sa débilité scénique et musicale, qui bizarrement réunit les fans de tous styles confondus pour passer un moment jovial et dantesque. Programmés pour le vendredi à 14H30, il nous avait été annoncé par l’organisation que le van du groupe était tombé en panne sur la route pour le festival et qu’ils allaient essayer de les reprogrammer pendant le week-end. Comment ? Pas de Gutalax ? Impossible ! Mais pour le plus grand bonheur des fans et des festivaliers en état second d’ébriété, ils y sont arrivés. Et la joie était là.

C’est sur la Massey Ferguscene que le quartet était attendu par le public impatient. Avant même leur arrivée, des lancers intempestifs de ballons de plage se faisaient entre les spectateurs qui criaient haut et fort leur amour pour les excréments et le metal (qu’a-t-on besoin de plus me direz-vous). Une bouteille géante gonflable de bière se balade transportée par le public dans la fosse, tout le monde attend de pouvoir bouger au rythme de la musique. Et ça y est ! Ils sont là ! Vêtus de leurs combinaisons de médecins légistes recouvertes de (on espère) fausse matière fécale, le groupe monte sur scène en jetant des rouleaux de papier toilette dans le public qui se donne à cœur joie le rôle de relancer ce divin papier. Ce début de concert nota le lancement du plus beau regroupement de comportements improbables du festival sur 100m2 : des paillettes dans tous les sens, du pq à foison, un festivalier en couche pour adulte, tout était là pour passer un bon moment.

Parlons du son à présent. Nous connaissons tous les vertus du grindcore et de sa technicité, sa qualité sonore notoire, et sa mise en place irréprochable (haha). Et bien les Tchèques de Gutalax ont fait taire tout le monde. Composés d’une guitare, une basse, un chant et une batterie, le son et la prestation étaient divins. Audible, lourd et en place : absolument rien à redire. Et c’est ça la force de Gutalax. Des compositions d’une minute cinquante-quatre dont on n’a pas grand-chose à dire, mais qui sont parfaitement exécutées. La mention spéciale de ce concert revient aux cent cinquante personnes assises par terre exécutant les gestes de rameurs pendant que des slammeurs leur passaient dessus sur les riffs sales du groupe. Juste. Imaginez-le. Ce concert était magique.

THE OCEAN
Dire que The Ocean nous a convaincus serait un doux euphémisme. The Ocean nous a estomaqués, purement et simplement. Puissance, classe et envoûtement étaient au programme du concert des Allemands qui nous ont fait une démonstration de leur talent scénique et artistique. D’ « Epipelagic » à « Benthic The Origin Of Our Wishes » en passant par « Bathyalpelagic I: Impasses » ou « Abyssopelagic I: Boundless Vasts », les musiciens nous ont joué quasiment l’intégralité de leur dernier opus Pelagial (2013) qui, avouons-le encore une fois, est un sacré chef d’œuvre. Remarquablement mise en valeur par les vidéos projetées en arrière-plan, la prestation du combo transpirait le lâcher prise, la fureur sortie tout droit des tripes. Frontman inconstestable, Loïc Rossetti se rua plusieurs fois dans la foule, continuant de chanter alors qu’il était porté et malmené dans tous les sens. Autre point positif, la qualité sonore de la Massey Ferguscene : plutôt équilibrée, celle-ci a su rendre justice à la richesse musicale de The Ocean et aux nombreux détails qui la composent. Seul point négatif au tableau, la perte d’une oreillette du chanteur au cours d’un slam particulièrement vigoureux…

AGALLOCH
Agalloch débarque sur la Massey Ferguscène en ce dimanche soir, juste après Sepultura. D’aucuns diraient que la succession pourrait s’avérer ardue pour les Américains, mais lorsque les résidents de l’Oregon débarquent avec leurs dix-neuf années de carrière et un large public déjà acquis à leur cause, la magie opère quasi-instantanément. Le public adhère au contraste saisissant : John Haughm, guitariste-chanteur extrême, cheveux longs, voix typique black metal et lourdes rythmiques d’un côté, Don Anderson, look de professeur de faculté et guitare soliste aux sonorités profondes et effets variés, de l’autre. Etrangement, c’est bien Don Anderson, le soliste, qui tire son épingle du jeu sur scène, car il se démène comme un beau diable, harangue systématiquement le public pendant les morceaux, les incitant très souvent à taper dans leurs mains ou lever les poings en l’air, ce qui est plutôt rare dans un genre qui se veut souvent introspectif et renfermé lors des prestations live. Mais le mélange de progressif, black, folk et post-Rock d’Agalloch est définitivement à part, et les titres joués de l’excellent dernier album sorti l’année dernière dont l’épique « Plateau Of The Ages » sont une exquise représentation du mélange attrayant et avisé de l’univers musical des Américains. Une plongée vers le premier album du groupe (« Hallways Of Enchanted Ebony », extrait de Pale Folklore, sorti en 1999), une autre vers Ashes Against The Grain, à travers le titre « Falling Snow », et le public s’aperçoit vite de la richesse discographique et musicale du groupe, qui n’aura même pas eu à piocher dans l’album culte, The Mantle, pour s’assurer d’un succès en ce début de soirée à Saint Nolff. Agalloch aura à la fois ravi son auditoire et frustré les plus fanatiques, les cinquante minutes allouées au groupe se révélant bien courtes quand on connaît l’arsenal de titres exceptionnels dont dispose le groupe. A revoir, évidemment.

OPETH
Opeth, tête d’affiche et ultime groupe à s’exprimer sur la grande scène du Motocultor, s’il fallait une preuve de l’à-propos des organisateurs du festival en termes de qualité de programmation pointue, la voilà toute trouvée. On oublie les aspects parfois chaotiques de l’organisation du festival, la fatigue accumulée de trois jours intenses, la pluie bretonne qui a parfois fait son apparition, et on se jette à corps perdu dans le monde de Mikael Akerfeldt, qu’il a décidé de nous évoquer à travers six titres de cinq albums différents, plusieurs époques aux inspirations diverses. Démarrant avec le présent et le petit dernier Pale Communion à travers l’introducteur « Eternal Rains Will Come » et le single « Cusp Of Eternity », le Suédois nous emmènera avec habileté vers Blackwater Park (« The Drapery Falls », le progressif 70’s Heritage avec « The Devil’s Orchard », et enfin le grand bain dans le passé avec deux pièces maîtresses d’Opeth, l’une de Ghost Reveries (« The Grand Conjuration ») et l’autre éponyme et épique « Délivrance » pour achever le set avec brio. Encore une fois, difficile de faire une promenade significative dans les onze albums du groupe en une heure dix, néanmoins la sélection des titres a permis un aperçu plutôt intéressant. Malheureusement le son du groupe n’était pas à la hauteur de la grandiloquence et de l’exigence des titres, la basse étant réglée infiniment trop forte, elle a couvert pendant une bonne partie du show les parties de guitares, l’élément essentiel du groupe, atténuant ainsi le rendu de l’expérience live. Dommage, car Akerfeldt s’était révélé plutôt enthousiaste lors de l’interprétation des morceaux, se laissant même aller à quelques blagues bien placées entre les titres. Et il restait encore un public fervent dans la fosse malgré la programmation tardive du groupe, qui a ainsi subi le départ d’un certain nombre de festivaliers en cours de soirée, bien avant le début même du concert. Quoi qu’il en soit, la présence d’Opeth en tête d’affiche au Motocultor restera un moment fort dans l’histoire du festival, et les Suédois ont fait honneur à cette place privilégiée.

Reports : Valentin Istria, Philippe Dory, Julien Peschaux et Alexandre Covalciuc.
Crédits photos : Pavillon 666 et Bénédicte Duval. (merci à eux !)



Laisser un commentaire

  • Arrow
    Arrow
    Hellfest - Warzone - Jour 3
    Slider
  • 1/3