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Chronique   

Motörhead – Aftershock


Il est difficile de critiquer Motörhead, surtout si c’est pour les accuser de faire du Motörhead – autrement dit : la même chose – depuis 35 ans. Autant reprocher à la source de ne faire jaillir que de l’eau de la roche. Car de la bande à Lemmy, il ne sortira toujours que du rock burné et sans concession (à la mode ou à la critique), celui dans lequel trempe le metal depuis sa formation. Ainsi, trouver dans un nouvel album du groupe autre chose que la simple alliance de la voix si particulière de son frontman, sa grosse ligne de basse sans chichi, une batterie qui roule comme un hot-rod lancé à toute allure (cf. « End Of Time » sur ce nouvel opus), des riffs et solos bien sentis à tous les étages et qui fileront des fourmis dans les doigts à tous les apprentis air-guitaristes, héritage d’une tradition multi-décennale, mènerait tous les fans a envoyer la chose en labo pour analyse pour être sûr qu’on n’a pas collé le mot Motörhead là-dessus à la va-vite.

Certes, avec cet Aftershock, le groupe se répète, invoquant même, à l’occasion, des souvenirs caractéristiques issus de ces vingt précédents albums, comme ces démarrages sur « Going To Mexico » (qui n’est pas sans rappeler un « Overkill » et dont le titre, en soi, rappelle déjà « Going To Brazil » de 1916) ou « Queen Of The Damned » (avec une intro à la basse « ace-of-spadesienne », véritable signature de Lemmy). Mais dans la répétition, il peut aussi ressortir certaines manies plus rares qui avaient eu un charme particulier en leur temps comme l’ajout d’un piano (qu’on n’avait pas entendu depuis Hammered) bien rock’n’roll ici sur « Crying Shame » (allô, Jerry Lee Lewis ?), le groove bon enfant d’un « Keep Your Powder Dry » ou plus particulièrement, et c’est là ce qui démarquera cet album, par ses incartades répétées dans les racines blues du genre. Ainsi « Lost Woman Blues » (le bien nommé) et « Dust And Glass » doublent un exercice effectué la dernière fois sur Inferno et son « Whorehouse Blues » et enfoncent l’idée que si un jour Lemmy, après un choc médical de trop, devait lever le pied, il sera toujours un parfait candidat pour chanter les femmes perdues comme Elmore James avant lui…

Mais celui qui le clouerait déjà sur une chaise n’a pas entendu « Paralyzed » qui clôture cet album comme Motörhead sait le faire : à une allure d’enfer qui ne craint ni l’essoufflement ni l’arthrite, et surtout pas de faire sauter le tensiomètre.

« Queen Of The Damned » en écoute sur Loudwire.
« Crying Shame » en écoute chez Rolling Stone

Album Aftershock, sortie le 21 octobre 2013 chez UDR Music



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