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Chronique   

Motörhead – Bad Magic


Motörhead - Bad MagicS’il y a bien un sujet qui a fait parler de lui ces dernières années au sein de la communauté hard/metal, c’est bien la santé de Lemmy, qui a connu des fatigues à répétition, lui qui avait toujours paru solide comme un roc, lui dont on a toujours pensé qu’il finirait comme le dernier des dinosaures, au point que désormais tout le monde retient son souffle au moindre pépin, au moindre rhume. Pourtant, si le groupe a dû déclarer forfait sur certains concerts, il ne loupe jamais ses rendez-vous pour offrir de nouvelles salves de son rock n’ roll patenté. Preuve que, santé ou pas, Lemmy n’a jamais perdu de vue ce à quoi il a dédié sa vie. Fidèle à son rythme d’un album (plus ou moins) tous les deux ans, voilà le célèbre trio qui revient avec son vingt-deuxième album, à la pochette qui s’inscrit dans les standards du combo et un titre, Bad Magic, essentiellement là parce que ça sonne « cool ». Les prises de tête ne sont pas le genre de la maison, comme le démontre également le contenu du disque.

Le démarrage a capella de « Victory Or Die », immédiatement rattrapé façon uppercut par les instruments, montre que Lemmy a encore du mordant en réserve. Il va même chercher son grognement le plus grave et menaçant sur « Evil Eye », terrifiant sur la diabolique « Chocking On Your Screams ». Avec « Victory Or Death », l’entêtant « Thunder And Lightning » ou les très classiques « Electricity » et « Teach Them How To Bleed », ça file droit et ça balance dans le plus pur style Motörhead. Mickey Dee, tête baissée, enfonce la cadence de sa frappe franche et précise sans jamais se retourner. Phil Campbell fait valser ses riffs par-dessus la basse grognarde et envoie du lead qui fait mouche. On va aussi chercher les fondamentaux avec un petit blues n’ roll des familles, bien chaleureux à la façon d’un ZZ Top gonflé aux hormones, avec « Fire Storm Hotel » ou bien le final de « Teach Them How To Bleed ». Un shuffle qui swingue sur « When The Sky Comes Looking For You ». Un peu de lourdeur avec « The Devil »…

On sait parfaitement ce qu’on va chercher chez Motörhead, fidèle à sa ligne de conduite. Il y a bien ce break sombre au milieu d’ « Evil Eye » qui annonce une surprise, mais vite avortée. « Shoot Out All Of The Lights », en dépit de sa structure redondante, pourra titiller les oreilles avec un riff de couplet tricoté de manière assez alambiquée, sèchement cassé par un refrain tapageur au rythme droit et binaire. La power ballade « Till The End », mélancolique au possible, elle aussi sort un (tout petit) peu des sentiers battus, avec un Lemmy plaintif, dans l’émotion comme on l’a rarement entendu, et un solo dégoulinant de Campbell. En guise de petite sucrerie, le guitariste de Queen, Brian May, vient pour sa part poser un solo de son cru sur « The Devil », ce qui fait forcément son petit effet. Et l’opus se termine sur une reprise d’un grand classique : « Sympathy For The Devil » qui, là encore, pousse Lemmy à montrer son visage plus mélodique (il s’agit là sans doute d’un de ses albums les plus variés vocalement) et se voit finement réappropriée par le trio – Campbell fait encore des merveilles à balancer du lead à tout va -, ne serait-ce que parce que Motörhead, de base, est une marque de fabrique qui ne sonne en rien comme les Rolling Stones.

Motörhead a, certes, l’art de proposer sans cesse la même tambouille mais il parvient toujours à nous convaincre d’y goûter, et finalement nous attabler, grâce à une recette maîtrisée du bout des doigts et ces pincées d’épices qu’il saupoudre ici et là. Reste que ce Bad Magic donne par moment la sensation d’être vite expédié, même selon les standards de Motörhead, avec des titres ultra basiques (« Electricity », « Evil Eye »), souvent sous les trois minutes au compteur. Il est certain que le trio ne se foule pas toujours, mais ils sont Motörhead et ils viennent bel et bien nous botter les fesses. C’est l’essentiel, non ?

Ecouter la chanson « Thunder And Lightning » et voir le vidéoclip pour « Electricity » :

Album Bad Magic, sortie le 28 août 2015 chez UDR Music.



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  • Album excellent, compos efficaces, n’a rien perdu de son originalité.
    Je recommande sans réserve (4.92/5)

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  • J’ai hâte de l’avoir, j’ai commandé la boxset !

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  • Thunder and Lightning balance bien , sachant malgré tout que le groupe ne peut plus jouer à cette vitesse sur scène .
    Triste de voir Lemmy rattrapé par son age , confondre les paroles D’ Overkill avec celles d’ Ace of Spades à Glastonbury . il dit lui-même qu’ il a besoin d’ une canne pour se déplacer tellement ses jambes le font souffrir . Putain de vieillesse.
    Mais la légende est éternelle. Lemmy fait partie des Intouchables.

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  • Vus au HELLFEST, show triste par l’etat de santé de Lemmy qui en dit long sur des années « ROCK » arrosées et enfumées! C’est du bon Motorheau franchement alors que le concert n’augurait pas d’un futur joyeux! Je suis quand même curieux d’entendre les critiques pour la prochaine tournée au regard de notre Lemmy. J’ai même du mal à croire qu’il va tenir le coup, ou alors il se dope comme Froome!!!

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    Dignou

    Ouais enfin les années rock, Lemmy a 70 ans, certains sans clopes ni drogues ne sont pas aussi bien que lui à cet âge

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