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Live Report   

Mr. Big en live, ça nous botte !


Mr. Big doit aimer la fin de l’été parisien, en particulier au Bataclan. En effet, son dernier passage dans notre belle capitale en 2009 a eu lieu un 16 septembre dans la même salle. Depuis, la donne a changé puisque, après avoir marqué leur retour par un opus live enregistré au Japon, les Américains arrivent à Paris avec un nouvel album studio, What If…, dans leur musette.

Un groupe avec un nouvel album et une tournée promotionnelle qui l’accompagne, rien de nouveau pourriez-vous penser sauf que le contexte est tout de même particulier. Le dernier album studio du groupe date de 2001 (dix ans donc), quant au dernier disque avec Paul Gilbert, celui-ci date même du siècle dernier : 1996 (quinze ans) !

Tout de suite, vous trouvez le concert de ce soir plus intéressant et vous avez raison car défendre un nouvel album, même salué par la critique et même doté d’un single intitulé ‘Undertow’ plutôt accrocheur, n’est jamais gagné d’avance. Quand, en plus, vous ajoutez le retour de LA formation, la pression augmente. Et si les nouveaux titres ne passaient pas ? Et si l’essai réussi du Hellfest n’était pas transformé ? Et si nous allions voir tout cela ensemble ?

Artistes : Mr BigYann Armellino
Date : 21 septembre 2011
Lieu : Paris
Salle : Bataclan

19h00, Yann Armellino ouvre le bal devant une salle plutôt vide. Forcément, sur le site du Bataclan, le début du concert est indiqué à 19h30 ! A quoi sert d’indiquer un horaire si ce n’est pas le bon ? Bref, revenons sur scène avec le trio guitare-basse-batterie qui a la particularité de ne proposer que des morceaux instrumentaux.

Yann Armellino

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas monsieur Armellino, le six-cordiste a sorti son premier album en 1999 et Revisited, son sixième et dernier opus en date, a vu le jour en début d’année. Le genre ? Instrumental hard rock et blues. Le public présent ne reste pas impassible face à la prestation du trio et applaudit chaque titre, mais il faut bien avouer que l’ensemble manque d’allant. Les musiciens exécutent leurs morceaux proprement et avec talent, Yann est tout sourire, dit quelques mots entre chaque titre mais peu de chaleur se dégage de cette première partie peu enlevée et il n’est pas certain que ce set de trente minutes ait marqué les esprits.

Big le Bricoleur attaque à la perceuse.

20h00, les lumières s’éteignent et Mr. Big, formation d’origine, attaque son set avec le classique ‘Daddy, Brother, Lover, Little Boy’ et sort les perceuses pour l’intermède bricolage du concert dès le second morceau, autre classique du groupe, ‘Alive And Kickin’’. Nous sommes en terrain connu, les orfèvres du hard rock FM hautement technique sont bien là et Paul Gilbert décoche solo sur solo.

C’est d’ailleurs un peu là que le bât blesse avec Mr. Big. La technique se doit évidemment d’être maîtrisée – même si les Sex Pistols ou les Ramones sont de beaux contre-exemples – et elle l’est assurément chez les Américains. Par contre, la technique pourrait sans doute se faire discrète au profit d’autre chose comme l’émotion ou le fun. Chez Mr. Big, l’impression d’étalage, de démonstration est très présente, appuyée par les soli ou les « je-te-le-joue-sur-le-manche » répétés qui finalement pourraient lasser un public non-technicien. Des titres plus directs, sans fioritures ajouteraient sûrement de l’efficacité à la prestation et rendraient l’ensemble plus chaleureux. Toutefois côté scène, les musiciens sont bien là, présents, assurant chacun leur part d’animation même si Eric Martin est logiquement celui qui bouge le plus.

Les perceuses rentrées, la soirée continue en terrain connu avec ‘Green-Tinted Sixties Mind’ avant que le groupe n’attaque ‘Undertow’, single très efficace de son dernier opus, suivi du plus rapide ‘American Beauty’, lui aussi issu du dernier opus. La setlist intègre six titres de What If… mais, la liste des morceaux proposée étant assez conséquente, le concert ne sera pas teinté « dernier album » pour autant. Les fans retrouvent les standards du groupe, quelques raretés comme ‘A Little Too Loose’ et de sympathiques reprises.

Billy Sheehan (Mr. Big) : et le son coule à flot.

Dans l’immédiat, ‘Take Cover’ voit la première tentative d’Eric pour faire chanter le public, public qui, s’il n’a pas rempli la salle ce soir, montre malgré tout sa présence en répondant aux sollicitations du groupe.

Après un enchaînement de morceaux rythmés, l’introduction plus calme de ‘Just Take My Heart’ offre une jolie pause. Cette balade avec son refrain accrocheur est vraiment taillée « radio US » même si des grincheux pourraient la trouver un peu trop sirupeuse. Le groupe pioche ensuite à nouveau dans son dernier album avec le plus musclé ‘Once Upon A Time’. Curieusement, le public est plus calme, à l’écoute. Peut-être n’est-il pas totalement familier des morceaux de What If… ou a-t-il tout simplement encore la tête dans la ballade précédente ? Peu importe, Paul secoue tout le monde en invitant les fans à applaudir et attaque a cappella le titre ‘For You’ accompagné des voix de Billy Sheenan, le bassiste, et de Pat Torpey, le batteur, avant que les musiciens ne partent ensuite sur un instrumental plus débridé.

Et le son dans tout cela ? Honnêtement, il y a eu mieux dans cette salle. Pour un groupe avec de telles qualités, dommage de ne pas proposer un meilleur son. Car quand on parle de « qualités » chez Mr. Big, le terme n’est vraiment pas galvaudé. Preuve en est encore quand Billy entame d’une grosse voix éraillée le chant du très bluesy ‘A Little Too Loose’, bientôt rejoint par la voix d’Eric ; nous profitons alors d’une belle paire de vocalistes et savourons les talents multiples des membres du Monsieur Gros. Le morceau est salué par le public et, après cet intermède blues, le groupe revient à du big rock plus musclé avec ‘Road To Ruin’ suivi de ‘Temperamental’ où Eric n’oubliera pas de faire chanter les fans présents.

Toutefois, la soirée ne s’emballe pas. C’est très léché, très propre – trop peut-être – et les breaks musicaux empêchent le tout de décoller car finalement ils incitent plus le public à écouter qu’à se lâcher. A propos de breaks, Paul est maintenant seul sur scène, casque tombé, et attaque un solo de guitare apprécié à juste titre car le guitariste exécute un morceau très plaisant, moins technicien et démonstratif que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Cela ne sera pas le cas du solo de basse, long et démonstratif, que Billy proposera plus tard dans le set. Dommage.

Paul Gilbert (Mr. Big) : parce que ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de voir un guitariste jouer avec les dents… et avec talent.

Le solo de Paul terminé, le groupe revient sur scène pour le très enlevé ‘Still Ain’t Enough’ où bassiste et guitariste profiteront de breaks pour montrer leur talent. Encore ! Mais faut-il donc être avant tout musicien et technicien pour apprécier ce groupe ? L’autre alternative est peut-être d’être Japonais au vu du succès que le groupe rencontre là-bas. Un succès finalement pas si étonnant que cela d’ailleurs : Mr Big propose une musique mélodique, technicienne, truffée de breaks. Et que fait X Japan ? Évidemment chez le groupe fleuron du rock japonais, breaks et digressions sont poussés à l’extrême mais il y a là un parallèle intéressant à effectuer.

‘Price You Gotta Pay’ montre encore une facette des qualités contenues dans ce groupe quand Eric passe derrière Billy pour assurer la basse alors que le bassiste joue de l’harmonica. Le concert continue et ‘Addicted To That Rush’ en conclut la première partie au bout d’une heure quarante cinq tout de même ! Eric confirmera au public que Mr. Big est bien de retour, plus fort que jamais et descendra même dans la fosse des photographes pour saluer ses fans de plus près.

Eric Martin (Mr. Big)

Dès que le groupe quitte la scène, le public se manifeste et les Américains ne font pas durer inutilement le suspens en revenant presque immédiatement. Après la présentation des membres, Mr. Big attaque la superbe, la magnifique ballade ‘To Be With You’, titre injustement méconnu du grand public. Là aussi le groupe montre ses qualités : peu de combos ont un tel niveau dans les harmonies vocales !

Et à cet instant du concert, se produit un moment magique, un de ces moments exceptionnels que seules les prestations live peuvent offrir. Paul est à la batterie, Pat a pris la basse, Eric la guitare et avec Billy au chant, Mr. Big attaque ‘Smoke On The Water’ de… Non, mais, franchement, vous avez besoin qu’on vous dise de qui ?! Là, la technique sert directement le fun. Et puis, hop, Eric prend la basse, Billy la guitare pour jouer – comme si c’était une évidence – le solo de Ritchie Blackmore.

Aucun doute là-dessus, ce groupe est pétri de talent. Qu’il soit exploité d’une manière discutable est un autre débat. En attendant, vous aurez remarqué que si Eric a récupéré la basse, alors Pat doit avoir les mains vides. Que nenni, il est au chant ! Précision importante : à aucun moment cette reprise n’a paru mal jouée ou mal chantée.

‘Shy Boy’ termine le concert avec chaque membre du groupe à sa bonne place et c’est après plus de deux heures de spectacle que public et groupe se séparent, contents à juste titre de leur soirée. Mr. Big est revenu et a réussi son retour, offrant aux fans présents une prestation généreuse d’une durée assez exceptionnelle pour être saluée. Le groupe doit clairement être remercié pour cela et d’autres artistes feraient bien de s’en inspirer…

Setlist de Mr. Big :

Daddy, Brother, Lover, Little Boy (The Electric Drill Song)
Alive And Kickin’
Green-Tinted Sixties Mind
Undertow
American Beauty
Take Cover
Just Take My Heart
Once Upon A Time
For You / Hoedown
A Little Too Loose
Road To Ruin
Temperamental
Solo de guitare
Still Ain’t Enough For Me
Price You Gotta Pay
Take A Walk
Around The World
As Far As I Can See
Solo de basse
Addicted To That Rush

Rappels :

To Be With You
Colorado Bulldog
Smoke On The Water (Reprise Deep Purple)
Shy Boy (Reprise de David Lee Roth)

Photos : Loïc « Lost » Stephan



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