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Chronique   

Mr. Big – …The Stories We Could Tell


Vraiment sale coup pour Mr. Big de voir son talentueux batteur Pat Torpey contracter la maladie de Parkinson, alors que le quatuor vit depuis 2009 un retour flamboyant et heureux. Et c’est précisément au cours de l’enregistrement de ce nouvel album, …The Stories We Could Tell, qu’il n’a plus été possible de cacher cette maladie et qu’il a fallu qu’elle soit ne serait-ce que révélée au groupe, forcément abasourdi. Si ce dernier a pu songer à tout plaquer là, refusant de sortir quelque musique que ce soit sans son batteur historique et ami, le combo s’est finalement relevé, allant chercher toute sa force de volonté dans son for intérieur pour le soutenir et l’aider à venir à bout de ce nouvel opus, mais aussi pour surmonter la maladie, lui donner de l’espoir et goût à la vie. …The Stories We Could Tell était donc une sorte de processus de guérison morale, à défaut de pouvoir se substituer à la médecine. Car, qu’on se le dise, à aucun moment le malheur qui frappe le groupe n’a impacté le résultat contenu dans l’album.

Au contraire, Mr. Big, dont les musiciens ont fait, dans leur œuvre, de la bonne humeur, du plaisir et des élans musicaux pleins d’enthousiasmes une marque de fabrique, prouve plus que jamais à quel point la musique, et le hard rock en particulier, peut être un fabuleux remède contre la sinistrose. « Gotta Love The Ride », au titre évocateur, montre bien dès l’ouverture de l’opus un groupe embrassant la vie à pleines dents. Et s’il retient son souffle sur le hendrixien et ultra-catchy « I Forget To Breathe », s’est bien parce qu’il n’a pas perdu sa capacité de s’émerveiller, un peu comme lorsque l’on voit Paul Gilbert lui-même s’étonner de ce qui sort de sa propre guitare. Après plus de vingt ans, Mr. Big sonne toujours aussi frais et spontané. Toujours aussi bluffant techniquement avec les envolées et prouesses du duo Gilbert / Sheehan, mais aussi le groove de Torpey dont Parkinson n’a su avoir raison et un Eric Martin qui ne prend pas une ride avec son élasticité vocale. Toujours aussi porté sur la musicalité, avec une bonne dose de blues (« What If We Were New ») et des chansons qui rentrent par les oreilles pour rester fermement ancrées en tête. Et puis il y a les ballades, obligatoires depuis le succès international de « To Be With You », toujours agréables, presque naïves, même si aussi un peu dispensables car plutôt formatées.

Dans le fond, rien de neuf sous le soleil de Mr. Big. Comme si les points de suspension qui débutent le titre de l’album étaient là pour rejoindre ceux terminant le précédent, What If…, dans une continuité qui relieraient les deux albums, et à plus forte raison la discographie du groupe. Une stabilité rassurante, qui donne du baume au cœur quand à la santé du quatuor, malgré celle de leur collègue dont ils devront malheureusement se passer pendant la tournée. Un album de plus dans le palmarès de Mr. Big qui parvient à promouvoir l’excellence musicale – avec des musiciens « héros » dans leurs domaines respectifs – sans jamais, surtout, perdre de vue ce qui rend une chanson rock si excitante. Croisons les doigts pour que l’histoire ne s’arrête pas là.

Ecouter « The Monster In Me » et « Gotta Love The Ride » :

Album …The Stories We Could Tell, sortie le 26 septembre 2014 chez Frontiers Records.



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  • C’est ton avis….perso les albums que tu cites comme très, très moyens sont mes préférés….et puis je connais une patate de groupes qui aimeraient sortir des albums aussi « moyens »….ils ont maintenus la barque malgré des périodes « sans »(kotzen…)et actuellement ils en traversent une très délicate aussi, autant les encourager car sur scène ils restent effectivement des demi-dieu non?

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  • « Un album de plus dans le palmarès de Mr. Big qui parvient à promouvoir l’excellence musicale… »

    On en parle justement du « palmarès » ??

    1 seul album incontournable, le 1er.
    1 album excellent, « What if ».

    A part ça : 2 albums ratés avec Kotzen, « Get over it » et « Actual size ».
    3 albums très, très moyens, « Lean into it » et « Hey man » et « Bump ahead ».

    En ajoutant 3 « best of » et une palanquée d’albums live plus ou moins « réussis » et « opportunistes » (8 quand même), mais ça mets du beurre dans les épinards me direz-vous…

    En espérant que le nouvel album soit dans la même veine que « What if » donc.

    J’aime bien Mr. Big, mais de là à les faire passer pour des dieux du rock…

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