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Chronique   

Municipal Waste – Slime And Punishment


Le thrash se porte bien, merci pour lui. Que ce soit à travers l’apparente immortalité de ses plus vieilles icônes comme Anthrax et Testament ou des nouvelles pousses comme Lost Society, le genre semble immuable. Pourtant il aurait de quoi sentir le formol, tant ses composantes sont connues de tous et ses recettes éprouvées. C’est oublier que la vigueur de sa musique repose avant tout sur l’énergie et l’implication de ses groupes, qui, lorsqu’on parle de Municipal Waste, semble sans limites. Slime And Punishment est le sixième album studio du groupe originaire de Richmond, cinq ans après The Fatal Feast. Pas de suspense possible, Municipal Waste ne s’est pas mis au rock progressif.

C’est bien simple, les quatorze titres de l’album s’enchaînent à toute allure pour une moyenne de deux minutes par composition. « Breathe Grease » se charge d’ouvrir le bal sans laisser le temps à l’auditeur de s’installer. Municipal Waste se mue ainsi en Slayer des temps modernes, la voix brute de décoffrage de Tony Foresta étant son plus bel apparat (sorte d’hybride entre Tom Araya et Mike Muir). Ce dernier n’a rien perdu de sa fougue, les lignes de chant paraissent même plus épurées et rentre-dedans que sur les précédents efforts du groupe. Les cinquante secondes d’ « Enjoy The Night » et son riff de basse est un condensé de la philosophie des américains : pas de temps à perdre. Toutefois Municipal Waste ne livre pas au jeu de l’ « album speedrun » : le groupe prend soin de chiader certains passages qui parviennent à émerger au milieu de la cavalcade continue. Ainsi, « Poison The Preacher » rappelle les premières heures de la formation avec son pont plus contenu ; « Bourbon Discipline » (titre ô combien pertinent lorsqu’on connaît l’ambiance live proposée par Municipal Waste) nous gratifie d’un riff de fin au rythme binaire bien plombé. Mention spéciale à « Shrednecks » qui de ce point de vue remporte la palme avec aisance. Municipal Waste apprivoise sans peine la dualité rythmique du thrash, où les seules bouffées d’air sont justement ces riffs plus massifs et ces batteries plus lourdes. À noter l’intégration du guitariste Nick Poulos depuis 2015, qui vient confirmer un fait majeur : les musiciens de Municipal Waste montrent avec Slime And Punishment une maitrise technique sans précédent dans leur discographie.

Là est peut-être le principal point de contention. Slime And Punishment est un véritable train à grande vitesse, éprouvant. Le groupe n’a que faire de pratiquer une musique hermétique aux nouveaux venus : son album est à réserver aux initiés du genre et se veut moins accessible qu’un Braindead de Lost Society par exemple. Il faut attendre le groove du titre de clôture « Think Fast » pour retrouver une légère accalmie rythmique. Les éclaircies mélodiques sont seulement présentes lors de lignes de basse ou des soli (mention spéciale à l’intervention heavy sur « Low Tolerance » et les envolées d’ « Under The Waste Command ») On s’y attendait sans vraiment être prêt, Municipal Waste ne distingue pas réellement le travail studio de la prestation live. Sa musique est viscérale, son audition relève d’une épreuve physique dans le bon sens du terme. Slime And Punishment sent bon l’alcool et la sueur.

Municipal Waste honore ainsi la tradition de l’ « In your face ». Sans concessions, fort d’une meilleure technique musicale et d’une culture thrash digérée comme il faut, les américains endossent un statut de vétéran du genre (en activité depuis 17 ans maintenant…) sans broncher. Slime And Punishment n’est pas à confier entre toutes les mains. Débridé sans être décérébré, il ancre définitivement un fait : le thrash se fiche du temps qui passe.

Chanson « Slime And Punishment » en écoute :

Chanson « Amateur Sketch » en écoute :

Album Slime And Punishment, sortie le 23 juin 2017 via Nuclear Blast. Disponible à l’achat ici



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