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Interview   

Municipal Waste (sur)vit par la fête


A l’instar d’un Tankard, Municipal Waste fait du thrash, boit, fait la fête, déconne et enflamme son public. Humainement – et on n’en doutait pas une seconde – il s’agit de personnes spontanées dont la carrière en tant que fer de lance du revival thrash n’avait rien de calculé : « Quand on a commencé le groupe, c’était toujours ce genre de musique que j’écoutais, donc la question du style qu’on allait jouer ne s’est même pas posée. ». En backstage comme sur scène, ce sens de la fête est cependant aussi une question de survie pour supporter l’éprouvant rythme de tournée.

A l’occasion de la sortie, le 13 avril prochain, du très bon The Fatal Feast (et non pas fist, comme certains journalistes à l’esprit définitivement mal tourné pourraient croire), album véhiculant la passion du groupe pour le cinéma d’horreur, nous nous sommes entretenus avec le guitariste Ryan Waste. Entretien à la suite duquel notre traductrice Chloé a conclu que nous avions un esprit mal tourné. Ce que Ryan Waste lui-même a confirmé. Et ça, il fallait le faire…

Interview.

« On veut simplement que notre son reflète le son qu’on a en live »

Radio Metal : Apparemment, vous avez arrêté de tourner pendant un an pour écrire The Fatal Feast. Penses-tu que, par rapport à vos albums précédents, ça a eu un effet positif sur le résultat final ?

Ryan Waste (guitare) : Oui, c’était génial de pouvoir se permettre de faire ça parce que, avant, la plupart du temps, on devait se précipiter en studio entre deux tournées, donc ça a été une super expérience de pouvoir enregistrer quelque chose de frais. C’était très agréable et je pense que ça a donné un bon album.

Comme votre musique est vraiment orientée vers le live, n’y avait-il pas un risque de perdre cet esprit en ne faisant pas de concert pendant l’écriture de cet album ?

Je ne pense pas, on joue en live dans le studio, on répète, ça revient à peu près au même. On veut simplement que notre son reflète le son qu’on a en live, qu’on fasse des concerts ou pas. C’est toujours notre son.

Le groupe a quitté Earache Records avec qui vous avez sorti vos trois derniers albums pour signer avec Nuclear Blast. Pourquoi n’avez-vous pas continué avec Earache ?

On voulait tout simplement passer à quelque chose de plus grand, de mieux je suppose. Je n’ai rien de négatif à dire à propos d’Earache mais Nuclear Blast voulait vraiment nous laisser être créatifs. Ils nous laissent même sortir des choses sur d’autres labels, comme le truc qu’on a sorti avec Toxic Holocaust chez Tankcrime Records, un label tenu par l’un de nos amis. Ils sont très ouverts à d’autres disques, d’autres options, donc c’est vraiment stimulant.

Tu aurais déclaré que Fatal Feast est bien plus agressif que Massive Aggressive et que vous essayez de vous surpasser à chaque album pour que ce soit plus intense. Est-ce que tu penses que c’est ce que les gens recherchent dans un album de thrash ?

Tu sais, on écrit avant tout pour nous. On essaie de se dépasser à chaque fois, donc on va plus loin pour chaque album, on met la barre plus haut, et plus ça va, plus on essaie de gagner en intensité. Si ça parle aux gens, très bien, mais avant tout, on le fait pour nous.

N’y a-t-il pas de limite à l’agressivité que les groupes de metal veulent donner à leur musique ? En gros, est-ce que plus c’est agressif, mieux c’est ?

Oui, pour le type de metal qu’on fait, le plus rapide est le mieux. On veut que les gens deviennent dingues et sautent de la scène. On n’y arrivera pas en jouant du soft-rock, tu vois ce que je veux dire ?

« Ça fait quelques mois déjà, là, en ce moment on bosse sur nos carrières d’acteurs. Tu vois la pochette de l’album ? On a essayé de reproduire ça, mais en vidéo. Donc, normalement, dans pas très longtemps, vous devriez voir un court-métrage de Waste sous la forme d’un clip. »

Municipal Waste a toujours été très influencé par les vieux films d’horreur. Cette fois, on dirait que vous vous êtes tournés plus précisément vers les films d’horreur qui se passent dans l’espace. Est-ce que tu penses que l’épouvante est encore pire dans l’espace ?

Oui, à partir du moment où tu es dans l’espace, tu es coincé, mec ! Tu sais, c’est un peu la fin du monde, tu ne peux plus aller plus loin. On voulait passer dans une dimension supérieure pour cet album, donc l’espace, c’est le premier endroit auquel on a pensé. Pour moi, le meilleur, ça a été d’avoir ces intros au clavier qui sonnent un peu comme les B.O. de films de John Carpenter. Je trouve que ça pose bien l’ambiance de l’album, et après on balance notre thrash implacable. On gagne sur tous les plans !

La plupart des films d’horreur se déroulent sur Terre, avec des zombies ou ce genre de chose. Connais-tu des films d’horreur qui se déroulent dans l’espace ?

Il y en a pas mal, d’où tu sors, mec ? Il y en a plein [rires] ! En général ce sont peut-être plus des films des années 80, comme Galaxy Of Terror, ce genre de truc un peu obscur… Tout le monde pompe Alien, mais pourtant il y a un paquet de films différents. On vient juste d’en faire un ! On a fait un clip pour le titre Fatal Feast et j’ai vraiment l’impression que c’est un film d’horreur, ce qu’on a fait. Ça fait quelques mois déjà, là, en ce moment on bosse sur nos carrières d’acteurs. Tu vois la pochette de l’album ? On a essayé de reproduire ça, mais en vidéo. Donc, normalement, dans pas très longtemps, vous devriez voir un court-métrage de Waste sous la forme d’un clip.

Quels sont tes films d’horreur préférés ?

On a écrit des chansons sur certains d’entre eux ; en ce qui concerne John Carpenter dont on vient de parler par exemple, on a écrit une chanson qui s’appelle « The Thing » fondée sur le remake de John Carpenter du film The Thing From Another World… C’est un de mes films préférés, il date de 1982. Il y a tous ces vieux effets spéciaux super, ceux d’avant la CGI, ce genre de chose. Quand je bossais sur cet album, mon préféré était Blood Diner, un film d’horreur un peu plus kitsch. Il a inspiré la chanson « Blood Hunger ». On a toujours incorporé des thèmes de film d’horreur dans nos chansons. Soit on les invente, soit on s’inspire de films. Ces deux-là sont mes préférés. From Beyond est bien aussi, c’est basé sur une nouvelle d’H.P. Lovecraft… Je pourrais continuer comme ça pendant des heures.

Comme tu l’as dit plus haut, il y a dans Fatal Feast des passages un peu « spacy », notamment dans le premier morceau « Waste In Space » et dans l’intro du morceau-titre. Les deux ont été réalisés par Steve Moore de Zombie, et se marient bien avec la musique du groupe. Est-ce que ça vous intéresserait de développer ce genre d’esthétique à l’avenir ?

Oui, ça donne le ton de l’album, je trouve. On essaie juste d’incorporer des éléments extérieurs au groupe ici et là. On adore les bandes originales, ce genre de son. Donc, oui, c’est possible, on fait souvent appel à des contributeurs extérieurs, on continuera donc sûrement dans cette voie à l’avenir.

En plus de Steve Moore, il y a deux autres guests qui apparaissent dans Fatal Feast : John Connelly de Nuclear Assault et Tim Barry d’Avail, qui chantent chacun sur un morceau. Comment ces collaborations se sont-elles faites ?

Tim d’Avail vient de Richmond, en Virginie, comme nous. Il était dans le coin quand on enregistrait et, sur ce coup, notre chanteur Tony [Foresta] nous a un peu fait la surprise. Il avait une idée dont il ne voulait pas parler et Tim est venu au studio sans même qu’on sache qu’il y avait d’autres groupes qui s’y trouvaient. Il a chanté quelques passages et on était à la fois très surpris et très impressionnés. Ça colle vraiment bien à la chanson : c’est une chanson un peu politique, du coup, avoir un punk engagé dessus allait bien. En ce qui concerne John Connelly, on le connaît depuis des années, on est amis avec tout Nuclear Assault depuis longtemps, ce sont des mecs vraiment cool. Quand on lui a proposé de chanter sur l’album, il a été très content de le faire. Les avoir sur notre disque, c’est une manière de rendre hommage à deux de nos plus grandes influences.

Quelle est l’histoire derrière le titre « Residential Disaster » ? Il paraît que quelqu’un a cru que c’était le nom de votre groupe…

Oui [rires]. Ça n’a pas de rapport avec la chanson, mais un ami à moi qui vit au Canada m’a raconté que quelqu’un lui avait demandé : « C’est quoi ce groupe Residential Disaster ? », et il lui a répondu « Euh, tu veux dire Municipal Waste ? », et il était là « Ha, oui, c’est ca ! » Ça arrive tout le temps, mais là on trouvait que ça sonnait comme un titre de Municipal Waste, donc c’est devenu le titre de la dernière chanson de l’album.

« Quand on gagne sa vie en faisant des tournées, il faut se divertir les uns les autres, sinon on devient dingues. […] Si on n’était pas dingues en permanence, on n’y arriverait pas, on deviendrait tous cinglés. On s’en fout, de toute façon au fond de nous on est resté une bande d’ados abrutis. »

Vos concerts sont une grosse fête sur scène et vous avez un sacré sens de l’humour. Cet aspect est une des caractéristiques du style de Municipal Waste mais est-ce que tu penses que vous réussirez à conserver cet état d’esprit quand le groupe sera plus vieux ? Les groupes de thrash des années 80 sont tous devenus bien plus sérieux avec l’âge…

[rires] Je pense qu’on aura toujours notre sens de l’humour. Quand je monte sur scène, j’ai envie de briser la glace avec le public, je veux le mettre à l’aise. Je pense que c’est ça le but, tu vois ce que je veux dire ? Si tu laisses les gens avec le sourire aux lèvres après un concert de metal, ils vont se souvenir de ton groupe. On considère nos concerts comme du divertissement, c’est ce qu’on veut faire. En plus, je bois beaucoup, et plus je bois, plus je parle sur scène. Parfois ça a un double effet et ça rend les choses un peu compliquées pour moi… C’est l’aspect le plus compliqué de nos plans [rires].

On vous a vu en backstage au Hellfest l’année dernière : vous trainiez et faisiez des conneries comme des ados. Vous avez l’air d’être une bande de mecs indisciplinés qui aiment faire n’importe quoi…

Euh… Merci ! [rires]

Quelle est la chose la plus stupide que vous ayez faite pendant une tournée ?

Pendant le Hellfest, on a tourné un court-métrage qui s’appelle « Destinations » dans lequel on se balade vers différentes destinations backstage. Tout le monde nous a un peu aidés, il y a même Schmier de Destruction qui fait une apparition à la fin de la vidéo. On aime juste s’amuser. Ce que je veux dire, c’est que quand on gagne sa vie en faisant des tournées, il faut se divertir les uns les autres, sinon on devient dingues. Il n’y a rien de spécialement fou qui me vient à l’esprit parce que si on n’était pas dingues en permanence, on n’y arriverait pas, on deviendrait tous cinglés. On s’en fout, de toute façon au fond de nous on est resté une bande d’ados abrutis, donc…

D’ailleurs Tony Foresta avait de drôles de lunettes de soleil au Hellfest… C’était quoi l’idée exactement ? Où est-ce qu’il a pu trouver des lunettes aussi moches ?

C’étaient des lunettes très bizarres, je dois dire. Personnellement j’aime beaucoup les grosses lunettes de soleil et il en voulait aussi donc… C’est son style, mec, j’y peux rien moi !

J’ai entendu dire que Tony avait été arrêté et mis en prison parce qu’il avait volé une table de pique-nique. Ça semble assez fou… Pourquoi il a fait ça ?

Je crois que c’est un truc qu’il a inventé [rires].

Est-ce vous vous sentez proche d’un groupe comme Tankard qui est aussi du genre à boire et à faire la fête sur scène et en tournée ?

Oui. Quand j’ai vu le service de Nuclear Blast, on a écouté du Tankard, d’ailleurs. Ouais, j’adorerais tourner ou même faire quelques concerts avec eux parce que c’est l’un des premiers groupes de thrash que j’aie écouté. Je pense sincèrement qu’on a toujours été influencé par Tankard. Maintenant qu’ils ont signé chez Nuclear Blast, peut-être que ça va être possible de tourner ou de jouer ensemble…

On a parlé aux mecs de Tankard et ils nous ont dit qu’alors que la plupart des groupes font de la musique pour les filles, ils faisaient de la musique pour la bière. Vous aussi ?

Non, je préfèrerais… Je choisirais les filles. La bière va avec en même temps… Je crois que je prendrais les deux [rires].

« C’est un honneur que les gens disent que c’est nous qui avons remis ça au goût du jour. […] Quand on a commencé le groupe, c’était toujours ce genre de musique que j’écoutais, donc la question du style qu’on allait jouer ne s’est même pas posée. C’est cool de voir de jeunes groupes commencer et monter leur groupe pour de bonnes raisons. »

De nos jours, vous êtes considérés comme les pionniers du revival thrash metal : beaucoup de groupes vous ont suivis et on essayé de ressusciter l’esprit du crossover-thrash des années 80. Qu’est-ce que ça t’inspire ?

C’est un honneur que les gens disent que c’est nous qui avons remis ça au goût du jour. En ce qui me concerne, par rapport à mes goûts musicaux, je trouve que ça n’avait jamais disparu de toute façon. Quand on a commencé le groupe, c’était toujours ce genre de musique que j’écoutais, donc la question du style qu’on allait jouer ne s’est même pas posée. C’est cool de voir de jeunes groupes commencer et monter leur groupe pour de bonnes raisons. Ils savent d’où tout ça vient. J’espère qu’ils comprennent bien que ce n’est pas nous qui avons inventé ça, on perpétue seulement cet esprit. On joue la musique au son de laquelle on a grandi, c’est tout ce qu’on fait.

Maintenant, voilà la question la plus stupide de l’interview : peut-être ai-je l’esprit mal tourné, mais la première fois que j’ai dit le nom de l’album « Fatal Feast » à l’antenne, ça m’a tout de suite fait penser à « fist » [poing]. Est-ce que par hasard ce serait un jeu de mots ?

Genre quelqu’un qui se ferait fister analement ? [rires] Tu sais quoi ? Tu as vraiment l’esprit mal tourné parce que je n’y avais jamais pensé comme ça. Cela dit c’est vrai que ça peut sûrement être fatal, si c’est vraiment trop [rires]…

Interview réalisée le 2 mars 2012 par téléphone par Metal’O Phil
Questions par Spaceman et Metal’O Phil
Introduction par Metal’O Phil

Retranscription et Traduction : Chloé

Site Internet de Municipal Waste : www.facethewaste.com

Album : The Fatal Feast, sortie le 13 avril 2012 via Nuclear Blast Records.



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  • « En backstage au Hellfest l’année dernière » = Page 404, Error…

    [Reply]

    Spaceman

    Le lien est bon maintenant !

  • J’ai pas dit que vous aviez l’esprit mal tourné (je serais mal placée pour faire des réflexions), j’ai dit que vous sembliez avoir une fascination certaine pour le fist-fucking, nuance. Mais c’est pas grave, hein, chacun son truc 😛 !

    [Reply]

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