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Interview   

Mustasch : être mâle et bien dans sa peau


Ralf Gyllenhammar - Mustasch« Je rêve, je mange et même je chie de la musique » nous explique avec une délicatesse toute masculine le frontman de Mustasch Ralf Gyllenhammar. Eh oui, le mâle viril peut parfois être bourrin. Ce qui ne signifie pas qu’il n’est pas aussi capable d’être sensible et attentionné. Preuve en est cet ode à la masculinité qu’est le nouvel album de Mustasch, explicitement intitulé Testosterone. Car si un tel nom évoque l’image stéréotypée de l’homme musclé, poilu, moustachu, macho et écervelé, Gyllenhammar ne s’en sert que pour mieux se jouer des préjugés et montrer les nuances de la virilité, tout en assumant pleinement les traits de caractères communément considérés comme masculins et se prenant souvent lui-même pour exemple. Un homme plein d’humour qui, comme on peut le constater dans l’entretien qui suit, aime s’amuser avec les limites entre légèreté et sérieux.

Un homme au franc-parler lorsqu’il revient sur le départ du batteur Jejo Perković mais qui n’a, pour autant, pas peur du mea culpa lorsqu’il s’agit d’évoquer l’emprise qu’il a pu avoir sur le groupe pendant des années. Peut-être plus étonnamment, il révèle le fan de Jean-Sébastien Bach qu’il est, ce qu’il a pu montrer tout au long de l’entretien en entrecoupant ses réponses d’envolées pianistiques. Un personnage assurément loufoque, autant qu’il est drôle et attachant.

Mustasch

« C’était le producteur Rikard [Löfgren] qui m’a forcé à faire ça. J’étais là : ‘Hey, Rikard, c’est… C’est… Ça sonne comme si j’étais gay !' »

Radio Metal : Lorsque j’ai demandé au label si nous pouvions faire cette interview via Skype, on m’a répondu que tu n’étais « pas vraiment porté sur la high tech. » Donc vraiment, la technologie ce n’est pas ton truc ?

Ralf Gyllenhammar (chant-guitare) : Une fois je me suis débrouillé pour faire une rencontre via Skype avec une maison de disques et après ça, l’ordinateur est tombé en panne ! Les ordinateurs et les iPhones, oh, je déteste ça ! Lorsque les gens m’envoient des SMS, je leur réponds un message pour dire : « Appelle-moi, pour l’amour de ciel ! Pour qu’on puisse se parler en direct ! » Nous perdons le contact physique. C’est mieux de se parler en direct. Je suis un homme de mots. Si je parle à quelqu’un, j’aime lui parler en face à face, pas par textos. Oh… Aujourd’hui je suis vieux-jeu pour ce qui est de la communication.

Vous avez révélé le nom du nouvel album très tôt, en février cette année. Et le premier single et la vidéo pour la chanson « Be Like A Man » ont été révélés fin avril, alors que l’album est sorti cinq mois plus tard. Pourquoi ces informations et la première chanson sont sorteis si tôt ?

Je ne sais pas ! [Petits rires] C’est la maison de disques qui a voulu travailler comme ça. Nous ne sommes pas impliqués dans ce processus. C’est le côté marketing du business. Nous faisons de la musique, nous tournons et nous buvons de la bière ! Et c’est à peu près tout ! Tu vois ce que je veux dire ? C’est une décision stratégique du label.

En fait, Testosterone sort seulement un an et demi après Thank You For The Demon. Vous ne perdez pas de temps ! Comment se fait-il que ces sorties soient si rapprochées ?

Parce que nous adorons composer de la musique ! [Petits rires] C’est juste ainsi que nous travaillons. Je sais que certains groupes aiment attendre trois ou quatre ans entre les albums mais nous sommes trop… Nous sommes assis sur un paquet de chansons ! Donc pourquoi ne pas les sortir au lieu de les laisser à la maison sur notre planche à dessin ?

Avez-vous l’impression d’avoir le feu sacré en termes d’inspiration ?

Oui ! J’ai tout le temps le feu sacré ! D’ailleurs, je suis justement en train de composer là tout de suite ! [Il joue du piano] Ouais, tu vois, en fait, j’ai un piano à queue chez moi sur lequel je compose les chansons. [Il rejoue du piano] Est-ce que tu entends quelque chose ? Je galère avec Jean-Sébastien Bach, les Variations Goldberg. Ecoute ça ! [Il joue les Variations Goldberg de Bach au piano] Merde, putain c’est tellement… Ah !

C’est bien !

Ouais ! Donc je rêve, je mange et même je chie de la musique ! Je ne peux donc pas attendre… Nous composons constamment. Nous composons sans difficultés. Nous adorons faire de la musique. C’est donc pourquoi les albums n’arrêtent pas de venir.

Tu as déclaré que « sur le nouvel album, [tu as] tout laissé tomber. » Est-ce que ça veut dire que tu avais une trop grande emprise sur le groupe et que tu n’offrais pas assez d’espace aux autres avant cet album ?

Ouais, je… On peut dire ça. Je prenais trop d’espace. Maintenant que nous connaissons le résultat, on voit bien que c’était une bonne décision que je me mette un peu en retrait. Ça m’a aussi soulagé de pas mal de stress. Je veux dire que pour s’impliquer dans tout le processus, le chant, la guitare, les paroles, la production, le son… Tout ce que tu veux ! C’est mieux de confier ça à des professionnels. Ok, je suis un professionnel pour ce qui est du chant, de la composition et de l’écriture des paroles. C’est donc ce que je fais. J’ai composé deux chansons sur cet album et c’est suffisant, et elles ne sont même pas les meilleures chansons ! C’est fantastique de voir David [Johannesson] s’épanouir. « Est-ce que tu me laisserais écrire des chansons ? » « Bien sûr ! J’ai été un putain de connard toutes ces années ! Je suis désolé David ! » [Petits rires] Allez ! Ca fait quinze ans que nous sommes là, maintenant nous pouvons durer encore quinze ans de plus ! Il peut écrire des chansons pendant quinze ans, et ensuite nous mourrons dans un grand… Je ne sais pas… Dans un grand concours alcoolique !

Est-ce que tu as découvert des choses sur tes collègues en les laissant avoir plus d’espace ?

Je les connais assez bien mais je ne savais pas que… Je veux dire que David écoute toujours de la musique très dure comme Pantera, il adore vraiment le nouvel album de Jason Newsted… Il adore les trucs durs et je ne savais pas qu’il était capable de composer ces chansons calmes et mélodiques. La première chanson de l’album, « Yara’s Song », c’était du genre : « Quoi ?! ». C’est presque une ballade !

Mustasch - Testosterone

« Les femmes sont comme des Tyrannosaurus Rex ! »

D’ailleurs, tu n’as joué aucune guitare sur l’album…

J’ai toujours joué toutes les guitares rythmiques sur chaque album et lui faisait les solos. Mais ensuite, nous avons fait un soundcheck avec ma guitare dans les enceintes de gauche et la sienne dans les enceintes de droite. Nous avons joué sur la même guitare, c’était une Schekter et nous nous l’échangions. J’ai joué un riff pendant environ trente secondes et ensuite c’était à son tour de jouer le même riff, et je me demandais : « Pourquoi est-ce que la guitare est plus forte dans les enceintes de droite ? » Et le producteur a dit : « Eh bien, c’est la façon dont David joue ! » Et j’étais là : « Wow ! Ça sonne tellement mieux lorsque c’est lui qui joue ! Donc laissons-le tout jouer. »

Quand bien même, ça ne t’as pas manqué de jouer de la guitare ?

Non, pas du tout ! Lorsque David enregistrait les guitares, j’avais du temps pour moi pour développer de très bonnes paroles. Il faudra que nous refassions ça pour le prochain album, car ça me donnait assez de temps pour rendre les paroles aussi bonnes que possible.

D’ailleurs, il y a une jolie diversité vocale de ta part. Sur « Dreamers », on ne te reconnaît presque pas et ça contraste pas mal avec ce que tu fais sur une chanson comme « The Hunter »…

Ouais… [Petits rires] Il faut que je t’avoue que j’étais moi-même choqué par ce que j’ai fait parce que, surtout en ce qui concerne le chant sur « Dreamers », je ne savais pas que j’étais capable de chanter ainsi ! C’était le producteur Rikard [Löfgren] qui m’a forcé à faire ça. J’étais là : « Hey, Rikard, c’est…. C’est… Ça sonne comme si j’étais gay ! » [Petits rires] « Je refuse de chanter ça ! » Mais j’avais promis au groupe et au producteur de ne pas être un tyran cette fois. Donc je l’ai fait. Maintenant, évidemment, j’adore parce que c’est… « Wow ! » Mais comme tu le dis, la première fois que je l’ai entendu, je me disais : « C’est moi qui chante ?! C’est fou ! » Mais non, ça ne l’est pas, ce n’est pas fou. C’est brillant ! Si tu me demandes mon avis.

Tu as donc découvert de nouvelles facettes de ta voix que tu ne soupçonnais pas…

Oui ! A l’âge de quarante-neuf ans, ce n’est pas mal ! Maintenant qu’il y a de nouveaux sons et capacités, nous pourrons encore durer quinze ans de plus ! Ah ah !

L’album propose de chouettes arrangements, que ce soit orchestral, vocal ou autre, qui confère un aspect classieux à l’album. Avez-vous voulu prendre un soin particulier par rapport à ça ?

Le fait est que ça vient du producteur Rikard Löfgren. Je veux dire qu’en tant que producteur, il ne s’occupe pas tant du son qu’il n’agit comme un réalisateur de films. Il est du genre : « Je pense que nous devrions avoir des cordes ici. Je pense que tu pourrais jouer du piano. Je pense que tu devrais faire ceci… » Et nous sommes un groupe mais nous aimons beaucoup les musiques de films, nous aimons les grands arrangements orchestraux. Tous les grands producteurs ont ce genre d’apport. Si Bob Ezrin n’avait pas été producteur, Kiss n’aurait jamais fait l’album Destroyer et Pink Floyd n’aurait certainement pas fait The Wall ; c’est sa création. Nous sommes des musiciens de rock, nous savons comment faire la fête, nous savons comment s’envoyer en l’air avec des nanas, nous savons comment jouer de la guitare et crier mais lorsqu’on est en studio, on a besoin d’une aide professionnelle. De nombreux musiciens veulent faire croire aux gens que le musicien est le cerveau de la production mais certainement pas, à l’exception de quelques-uns. As-tu entendu les démos de de John Lennon ? Elles sonnent merdiques ! Et lorsque George Martin s’en est chargé, elles ont gagné un son incroyable, les chansons se sont développées mille fois ! Si tu vois ce que je veux dire…

On entend aussi une voix féminine sur « The Rider ». Qui est-elle et pourquoi avoir choisi une voix féminine sur un album baptisé Testosterone ?

Je ne sais pas ! Demande au producteur ! Il nous a dit : « Eh bien, sur cette chanson je verrais vraiment une voix féminine qui ouvrirait le son. » Et nous avons dit : « Ouais, tu es le producteur ! Fais ce que tu veux ! » Mais le résultat est fantastique !

Apparemment le guitariste David Johannesson et le producteur Rikard Löfgren sont partis à Tenerife pour écrire des chansons. Mais peux-tu nous en dire plus sur le processus de composition de l’album ?

David est effectivement parti à Tenerife pendant que je restais posé chez moi… Je préfère composer de la musique lorsque je suis seul à la maison ou bien, lorsque j’écris des paroles, je roule avec ma voiture et j’écoute la musique, en hurlant, criant et chantant, et les autres automobilistes autour de moi dans la circulation généralement me regardent de façon très étrange ! Lorsque je m’arrête à un feu rouge, je crie et je fais de la batterie sur mon volant, et les gens me regardent, du genre : « Wow ! Ce mec est dingue ! » Et je fais péter le volume à fond… C’est comme ça que je compose ! Il faut que je sois dans ma voiture ou bien chez moi.

Mustasch

« [Jean-Sébastien Bach] a eu quelque chose comme douze enfants, il adorait les chats, il aimait la nourriture et la bière… Comme moi ! »

Cet album s’intitule Testosterone et tu as déclaré que sur cet album tu « parles de [ta] masculinité, dignité et tendresse. » Penses-tu que ces trois termes vont ensemble ?

Ouais. Oh, je ne sais pas… C’est surtout que je veux être provoquant. Je veux dire que si tu es un mec comme nous, nous sommes bruyants, nous sommes grands, nous avons des muscles, nous sommes l’image brute de l’homme, et si tu nommes l’album Testosterone, plein de gens seront provoqués. Ils penseront que ça ne parle que de bière et de voitures de course. Mais en fait non ! Ah ah ! Tu vois ce que je veux dire ? Et bien sûr, en étant un homme, tu peux être bruyant et te saouler mais tu dois aussi être bienveillant avec ta femme et tes enfants. Ce sont comme les deux faces d’une même pièce.

Qu’est-ce qui t’as poussé cette fois à parler de ta masculinité ?

Je ne sais pas. Je ne l’avais jamais fait avant ! Il était temps. Je veux dire que tu peux toujours chanter à propos de sexe, drogues et rock n’ roll mais bon…

Penses-tu que le côté très masculin a toujours été une part essentielle du groupe ? Ne serait-ce qu’avec le nom du groupe, Mustasch…

Evidemment ! Nous sommes des hommes ! Nous aimons les voitures de course ! Nous aimons les belles femmes ! Nous aimons les tatouages ! Je suis désolé, je suis un mec ! Et j’ai une énorme moustache aussi, bien sûr ! Et j’aime le football ! Ouais, j’aime les trucs d’hommes ! Je suis désolé ! Je suis un homme ! [Rires] Et je vais te dire, la plupart des femmes… Je veux dire que si tu es une femme hétérosexuelle, tu aimes les hommes. Donc… Voilà.

Tu as déclaré que « la testostérone a, malheureusement, souvent eu une connotation négative. » Etait-ce important de briser les préjugés sur la masculinité ?

Ouais. Je veux dire que certaines personnes disent que les femmes sont le sexe faible. Non ! Nous les hommes sommes le sexe faible ! Si un mec rompt avec une femme, elle trouvera un autre gars dans les deux ou trois jours. Si une fille rompt avec un mec, la plupart des mecs seront brisés, parfois pendant des années ! Les femmes sont comme des Tyrannosaurus Rex ! Je veux dire que les femmes ne sont pas sentimentales. Questionne une femme sur des choses sentimentales, comme : « Tu te souviens de la première fois que tu as embrassé un garçon ? » « Non ! » Elles se souviendront toujours du premier baiser lorsqu’elles ont acheté leur premier rouge à lèvre… Les hommes sont sentimentaux et faibles. Les femmes sont bien plus fortes que nous. Je ne sais pas pourquoi ils disent ce truc à propos du fait qu’elles seraient faibles. Elles ne le sont pas, alors que nous si.

Cet album contient sans doute parmi les passages les plus virils de Mustasch mais aussi les plus émotionnels…

Ouais ! T’as tout compris chérie ! [Rires]

Comme sur la chanson d’ouverture « Yara’s Song » ou « The Rider ». As-tu voulu monter qu’être un homme impliquait aussi une certaine sensibilité ?

Ouais. Je veux dire qu’un homme protège sa famille, c’est un bon charpentier… Ouais, il est viril et il a une grosse moustache mais il peut aussi être sensible. Il faut les deux côtés, je pense. En tout cas, c’est comme ça que je suis.

Plus particulièrement, quels thèmes abordes-tu sur cet album ?

Ça parle de nos défauts… Mais « Yara’s Song », par exemple, parle de… Il y avait une famille à Gaza qui a envoyé leur enfant, Yara, chez des proches en Suède, et cet oncle et sa femme ont fini par tuer cet enfant qui n’avait que huit ans. Ça avait fait grand bruit dans les journaux suédois. Les autorités et la société n’ont pas pu l’aider. Lorsque j’ai lu ça dans les journaux, putain, j’étais hors de moi ! J’ai commencé à pleurer et ces paroles me sont venues. Elle a été complètement trahie par ses parents, par ses proches et par les autorités suédoises. Je veux dire qu’à l’école, ils ont découvert qu’elle avait des bleus sur les bras mais ils n’ont rien fait ! C’était une enfant, elle n’avait que huit ans ! Bon sang ! Voilà pourquoi j’ai écrit cette chanson. Pour ce qui est des autres chansons, « Breaking Up With Disaster » parle de moi, un scénario à la Breaking Bad. « Be Like A Man » parle de la famille, d’être un bon gars ; tu peux prendre une bière et regarder un match de football mais au final, lorsque tu es grand et fort, tu dois aussi être attentionné. « The Rider » parle de moi qui arrête de faire de mauvaises choses et deviens un homme meilleur. « The Hunter » parle de moi… « Testosterone » parle de moi qui parfois explose en testostérone… etc.

Mustasch

« Les batteurs viennent d’une autre planète. Ils doivent certainement venir de la même planète que les femmes. »

Quelle est la chose que tu aies faite ayant requis le plus de testostérone de ta part ?

Je ne sais pas ! Je suis toujours plein à craquer de testostérone ! Ouais ! OUAIS ! [Rires] Je suis constamment un homme. Mais parfois aussi je me pose et je joue du piano classique [il joue du piano]. Désolé…

On dirait que tu es très friand de musique classique !

Oui, effectivement !

Pourquoi ne mets-tu pas un peu de musique classique dans la musique de Mustasch ?

Je ne sais pas ! Peut-être pour le prochain album, en fait ! Nous n’avons jamais fait ça. Mais merci ! Envoie-moi une facture pour l’idée ! [Rires] [Il se remet à jouer du piano]. C’est du Bach, putain de brillant ! [Il continue à jouer du piano] Oh, c’est magnifique ! Allez, faut qu’on finisse cette interview, je dois m’entraîner ! [Rires]

Est-ce que Bach est ton compositeur préféré ?

Oui. Mon préféré de tous les temps. Il était très productif. Il a écrit des tonnes de musiques ! Comment est-il possible d’être aussi talentueux ? Et il a eu quelque chose comme douze enfants, il adorait les chats, il aimait la nourriture et la bière… Comme moi ! C’était un père sévère mais c’était aussi un père affectueux. Moi aussi : je suis sévère mais je suis juste avec mes enfants, et avec tout le monde. Il faut être juste, c’est très important pour moi. Il ne faut pas être comme une femme : elles peuvent être confuses, à courir partout [il imite une femme qui crie], ce n’est pas ce qu’un homme devrait faire. La mère est gentille et douce avec ses enfants mais les enfants devraient pouvoir sentir que… Bon, mon père peut être sévère et bruyant mais on peut lui faire confiance. S’il dit quelque chose, alors tu peux être sûr que ça arrivera.

En août, vous avez annoncé le départ du batteur Jejo Perkovic, qui a été dans le groupe seulement trois ans. Aucune raison n’a vraiment été avancée, si ce n’est qu’il est parti pour « poursuivre d’autres défis. » Que s’est-il donc passé ?

Nan ! Il ne voulait pas jouer de batterie dans notre groupe [petits rires]. Pour plein de chansons il était là : « Ah, je refuse de jouer cette chanson ! Je refuse de jouer cette chanson ! Je n’aime pas cette chanson ! » « Mais eh, pourquoi est-ce que tu joues dans ce groupe ?! Dégage ! Fais autre chose ! » [Rires]

Mais est-ce qu’il a enregistré l’album ?

Ouais. Et nous lui avons donné carte blanche, tout du moins, je lui ai donné carte blanche. Mais il était déjà sur le point de partir après le dernier album. Il m’a dit : « Oh, Ralf, tu es un putain d’idiot ! Je ne peux pas jouer avec toi ! » Je veux dire que nous ne nous entendions pas très bien. Du coup c’est mieux de se séparer. Si tu travailles avec un collègue que tu n’aimes pas, l’un des deux doit partir. Et je ne peux pas partir parce qu’autrement il n’y aurait plus de groupe.

Avez-vous déjà trouvé un remplaçant ?

Nous sommes en train d’essayer un gars en ce moment mais il est super. Il a trente ans, il s’appelle Robban Bäck et c’est l’ancien batteur de Sabaton. Je ne sais pas si tu as entendu parler de ce groupe. Il a quitté Sabaton et il nous a désormais rejoints, tout du moins, j’espère. S’il nous apprécie et si nous l’apprécions, il aura le job. Mais il faut que nous fassions un peu de tournée d’abord. C’est le test ultime pour un nouveau membre du groupe.

Il sera le quatrième batteur de Mustasch. Qu’est-ce qu’il se passe avec les batteurs dans ce groupe ?

Je ne sais pas ! Je vais te dire : c’est quoi le problème des batteurs ?! Ils sont fous ! Les batteurs viennent d’une autre planète. Ils doivent certainement venir de la même planète que les femmes.

Vous avez collaboré avec la marque Honda pour sortir un modèle de moto Mustasch Testosterone. C’est assez inhabituel. Comment l’idée est-elle venue ?

Deux gars dans le groupe s’intéressent aux motos. Un ami à nous a acheté une Honda et j’étais avec lui lorsqu’il l’a achetée, et le vendeur a dit : « Wow, Mustasch ! » Je suis pas mal connu en Suède… Et il a dit : « Est-ce que tu vas aussi acheter une moto ? » Et c’est ainsi que ça a commencé, par hasard en fait !

Interview réalisée par téléphone le 28 septembre 2015 par Nicolas Gricourt.
Retranscription et traduction : Nicolas Gricourt.
Photos promo : Patric Ullaeus.

Site officiel de Mustasch : www.mustasch.net.



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