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Chronique   

Mustasch – Testosterone


Mustasch - TestosteroneAu fil des années (dix-sept depuis la création du groupe) et des albums (ce Testosterone est le neuvième), Mustasch a diversifié son offre musicale, la rendant à chaque fois un peu plus ouverte aux influences diverses… et au grand public. Les postulats de ce genre ont souvent valeur de critique, pourtant Mustasch a accompagné cette mutation par un bagage musical suffisant pour qu’on l’exempte de nombreux reproches sur la qualité de ses sorties. Oui, Testosterone est bourré de refrains accrocheurs, de riffs rentre-dedans addictifs, d’arrangements de piano parfois acidulés et de titres calibrés pour une accessibilité immédiate et universelle. Mais le frontman Ralf Gyllenhammar, qui a décidé de se consacrer exclusivement au chant sur cet album, et ses comparses, ont su greffer à ce neuvième opus la corde sensible qui fait vibrer n’importe quel accroc de rock, une composition exemplaire, et des… « cojones », puisque c’est de Testosterone dont il s’agit thématiquement ici.

Il ne faudra pas s’arrêter à la forme de naïveté mise en avant dans l’introductrice « Yara’s Song » et ses arrangements orchestraux classieux ; Testosterone est une série B façon Tarantino où tout commence avec une histoire d’amour gentillette et se termine dans un bain de sang. Assez vite, les irréductibles des sons du début du groupe devraient retrouver leurs repères : « Down The Earth » verse dans le Mustasch typique, et fera oublier un « The Rider » où le parti pris assez risqué de soutenir le chant principal avec une voix féminine a été fait, dans un titre mélancolique doucereux qui pourrait en faire tiquer plus d’un en dépit de la qualité d’écriture du titre et l’émotion dégagée. Mustasch dévale très vite la pente avec les dix titres qui s’enfilent comme un paquet de bonbons devant un bon film : plus c’est court, et plus c’est bon, n’en déplaise à l’adage qui fait l’éloge du contraire, et ce dans une démarche similaire à celle de leurs compatriotes de Ghost avec le dernier Meliora.

A l’instar de leur précédent Thank You For The Demon, les Suédois tirent leur inspiration de nombreux styles et ressortent ces influences dans un ensemble cohérent qui s’enchaîne avec une certaine adresse. Du heavy, du rock, un riff thrash par-ci, une batterie punk par-là, une ballade… et pourquoi pas un piano progressif ? Mustasch ne se met aucune limite, on trouve de tout, mais pas n’importe quoi. « Dreamers » en particulier, nous fait également profiter du formidable travail vocal réalisé par Ralf, avec une intro complètement Deftones, très inspirée par le chant de Chino Moreno, avant d’atterrir dans un registre hard rock 80’s démentiel et aérien, pour ce qui s’impose certainement comme l’un des morceaux les plus enthousiasmants de l’opus par son originalité. Pas le temps néanmoins de s’appesantir dans des nappes aériennes, les Mustasch reviennent à des sujets terre à terre, et crient pour affirmer la virilité sur le ton de l’humour : « Be Like A Man » sort les muscles, atomise par la puissance des riffs et des sonorités electro qui tabassent (quand elles ne sont pas empruntées à Muse sur le refrain), ainsi que par un chant au grain soudain plus gras.

Voilà le moteur lancé, Ralf et ses compères vont dorénavant garder le cap jusqu’à l’explosion finale. Oubliées les ritournelles grand public du début d’album, l’avancée vers le terme se veut plus complexe (la batterie de « Someone »), pleine de surprises stylistiques et empreinte d’une agressivité renforcée comme ces arrangements d’ « Under The Radar », la rythmique folle et détonante de « Testosterone », ou les passages de double pédale, une nouveauté pour le groupe. Ils ont, à bon escient, gardé leurs cartouches les plus redoutables pour la fin, plaçant l’éponyme en boulet de canon à l’ultime position. On avance avec la conviction que le monde de Mustasch ne ressemble à aucun autre, même s’il emprunte à de nombreux univers, sans toutefois que l’on puisse crier une seconde au plagiat. Impossible de ne pas mentionner également le remarquable travail de production réalisé par Rikard Löfgren, qui s’illustre dans toutes les variations de style en suivant, accompagnant et rehaussant (beaucoup d’idées viennent en fait de lui) parfaitement les folies du groupe en adaptant le son à chaque écart. Mustasch place, notamment par la qualité du travail vocal de Ralf Gyllenhammar et un jeu de guitare impressionnant de diversité et de maîtrise, ce Testosterone – qui expose la virilité dans toute sa subtilité – sur le haut de la pile de leur discographie.

Ecouter l’album en intégralité et voir le clip de « Be Like A Man » :

Album Testosterone, sorti le 18 septembre 2015 via Gain Music Entertainment.



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