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Chronique   

My Indigo – My Indigo


Sharon Den Adel n’a plus rien à prouver à personne. La figure de Within Temptation bénéficie d’une renommée internationale, Within Temptation arpente les scènes du monde entier depuis un bout de temps déjà. Nécessairement, on est intrigués lorsque cette dernière évoque la première sortie de son projet solo, My Indigo. Sharon semble avoir essuyé une passe difficile pour raisons personnelles à l’issue de la tournée de l’album Hydra (2014), en résulte des compositions plus intimistes, un abord des thèmes avec une fonction quasi-thérapeutique. My Indigo n’a pas grand-chose à voir avec Within Temptation. Il n’a d’ailleurs que très peu à voir avec le metal. L’album respecte intégralement la direction que laissait entrevoir le premier single « My Indigo » : une sorte de pop aux accents de world music laissant toute la place nécessaire pour que le chant de Sharon soit mis en valeur.

Difficile d’aborder My Indigo tant il s’éloigne des platebandes de la musique rock. Cela va encore plus loin, My Indigo s’éloigne radicalement de l’image que dégage la chanteuse habituellement : pas de glam, de mise en scène grandiloquente. À l’inverse elle est à l’image de la pochette d’album, un apparat simple et la mise en scène d’un rapport avec la nature. Les arpèges folks du début de « My Indigo » donnent le ton : la musique se veut minimaliste dans ses arrangements avant d’être complètement subordonnée à la voix de Sharon qui démontre une aisance dans le registre de la pop pure. L’efficacité des compositions repose sur l’accessibilité, ainsi on comprend le recours permanent aux codes de l’EDM (rythmiques binaires, voix doublées avec reverb, accroches mélodiques simples). La différence avec les opus du genre provient évidemment de l’approche vocale de Sharon qui reste plus organique et démonstrative de son timbre, à l’image des aigus d’ « Crash And Burn » ou du refrain cathartique de « Black Velvet Sun » supporté par des « wouhouhou » en filigrane. Une certaine variété des registres empêche l’album de se reposer sur une formule unique : on trouve des accents reggae sur « Indian Summer » ou encore un mimétisme d’Adele sur une bonne moitié d’ « Out Of The Darkness ». Il y a en outre des légers changements d’intensité au sein de My Indigo, à l’instar d’un « Safe And Sound » plus dynamique. « Where Is My Love » se veut le point d’orgue de l’album, où Sharon assure quant à ses capacités à toujours supporter des refrains plus grandiloquents.

La démarche de Sharon Den Adel, à savoir un album plus personnel, éloigné de Within Temptation est inattaquable. En revanche, au terme de l’écoute de My Indigo, une impression de juvénilité dans l’approche des thématiques subsiste. Certes, le recours aux codes de l’électro et de la pop commerciale (avec quelques subtilités comme des arrangements de violons sur « Black Velvet Sun », des voix trafiquées/auto-tunées très dans l’air du temps sur « Indian Summer » ou des cuivres smooth jazzy et autres samples sur « Crash And Burn ») est à propos, cependant Sharon Den Adel se trouve à mi-chemin entre Adele, London Grammar et Skylar Grey (oui) sans véritablement avoir cette capacité à prendre aux tripes. Malgré quelques différences et des tentatives bienvenues d’arrangements audacieux, les instrumentations semblent toutes calées sur le même tempo et créent une redondance absolue. En outre, la conjugaison d’une électro suave et de certaines paroles à l’instar de « tell me the words and I’ll paint the sky… » lorgnent, parfois, vers une mièvrerie qui ne rend pas justice au talent vocal de Sharon Den Adel. Celle-ci est d’ailleurs irréprochable sur ce point, peut-être plus desservie par l’orientation musicale que par son interprétation.

Les fans absolus de Within Temptation pourront sans doute apprécier My Indigo, Sharon Den Adel se livre davantage et offre des nouvelles perspectives aux auditeurs amateurs de son timbre. Seulement, My Indigo rentre dans le cadre d’une électro-pop extrêmement accessible qui pêche par un manque de moments forts et qui sombre dans une parodie de catharsis. Elle oscille entre douceur sincère et exubérance forcée pour signifier un dépassement de soi, quand elle n’est pas mielleuse.

Lyric video de la chanson « Someone Like You » :

Lyric video de la chanson « Crash And Burn » :

Lyric vidéo de la chanson « Where Is My Love » :

Clip vidéo de la chanson « My Indigo » :

Album My Indigo, sorti le 20 avril 2018 via BMG. Disponible à l’achat ici



Laisser un commentaire

  • Sharon n’a jamais caché ses goûts pour la pop voire la dance. Elle n’est pas une chanteuse de Metal.
    j’avais accroché sur les 2e et 3e albums de WT à leurs sorties. C’était la grande vague de groupes à chanteuses avec Nightwish en N°1 incontestable. Lacuna Coil valait aussi le coup à l’époque.Respect pour Sharon et son talent.Par contre ,très rapidement on constate les limites de la formule notamment les capacités techniques et créatrices de ces musiciens qui cachent leurs lacunes sous des couches de claviers et autres bandes orchestrales qui finissent par faire mal aux oreilles. La chanteuse porte tout. WT,LC,Epica, After Forever (RIP) … Encore une fois , seul Holopainen sait le faire dans une bonne mesure. Je n’ai toujours pas compris à quoi sert le deuxième guitariste hollandais, voire les deux. Idem pour LC qui a finit par en utiliser qu’un.
    Donc rien d’étonnant de voir Sharon faire ce style de musique car je pense que c’est dans ce domaine qu’elle se sent le mieux et où elle s’épanouie beaucoup plus. C’est plutôt bien fait, parfois ennuyeux mais ça tient la route. Son groupe a lui aussi tenter des incursions dans la pop commerciale ce qui n’ a rien d’étonnant. LC a essayé. Quant à Epica , idem. Ils n’ont toujours pas compris qu’il faut que Jansen cesse d’ouvrir la bouche. Il ruine tout. Quand on a Simone avec un micro dans le groupe , on oubli de vouloir contre-balancer le coté mélodique avec un growl hors contexte mais c’est un autre dossier.
    Bonne chance à Sharon qui semble aussi traverser des moments difficiles sur un plan personnel , cet album lui servant échappatoire.

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