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My Opinion Sucks   

My Opinion Sucks : Les Devil Rollmops vont en studio



My Opinion Sucks – 19 octobre 2010 : Les Studios

NDLR : aussi disponible sur youtube

Salut les metalleux aguerris, salut les petits clous de la dernière averse, les headbangers exaltés, salut aux gothiques convulsifs et black metalleux frénétiques, My opinion sucks se penchera aujourd’hui avec le professionnalisme qui honore toute mon équipe éditoriale… que je tiens à saluer d’ailleurs, car mon succès ne m’appartient pas mais revient à l’ensemble de mes collaborateurs, ces hommes de l’ombre triés sur le volet pour leurs compétences hors-normes, leur sens aigu du journalisme haut-de-gamme teinté d’humour ravageur. Une dreamteam géante et sur-motivée de plus de trois cents personnes, qui sautent avec pétulance hors de leur lit chaque matin à l’aube pour se rendre au 47ème étage de la tour « Matt Kleiber Center » à la Défense, hébergeant les bureaux luxueux en open-space de la pharaonique multinationale « My Opinion Sucks Entertainment Corporation »… tout cela dans le seul et unique but de livrer à Radio Metal, chaque quinzaine, cette émission tourneboulante, véritable condensé d’extrait d’essence pure de divertissement dont vous jouissez, chers auditeurs, avec un bonheur sans bornes et de petites projections de fluide corporel, en ce moment même, et un mardi soir sur deux pendant 7 à 10 minutes, à la faveur de ces quelques instants si délicieux et trop éphémères, capables d’occulter la réalité d’une existence ingrate et d’un cancer imminent…. bon à part ca, je vous ai dit de quoi on allait causer, du coup….?

Non, alors aujourd’hui donc : le studio d’enregistrement!!! Aaaahh! J’entends d’ici votre clameur enthousiaste, bande de fripons incorrigibles. Et tout musicien se réjouit plus que de raison à la simple évocation de ce fabuleux théâtre aux rêves, qui, au-delà de sa simple fonction musicale attestée, nous permet occasionnellement de prononcer notre phrase favorite « on entre en studio la semaine prochaine » cette phrase choc, ultra-valorisante et à l’efficacité plus appréciable encore lorsqu’elle est prononcée à l’endroit d’un rectum féminin encore inexploré dont on envisage un forage à court terme, avec rénovation intérieure, abattage de cloisons et pose de crépi. Car il en porte, des fantasmes populaires, cet endroit! Le studio est l’aboutissement d’une carrière d’artiste. Imaginez une équipe de techniciens-son vous accueillant à bras ouverts, au moment où vous passez la double porte de bois massif, laissant entrevoir une gigantesque table de mixage à 512 pistes, un producteur exécutif penché dessus, casque à l’oreille, en train de tourner des boutons et pousser des faders comme à la télé, avec cet air songeur et pénétré, reflété par l’énorme et immaculée baie vitrée donnant sur les vastes salles de prise parfaitement insonorisées, où se jouera votre glorieuse bataille de musicien, seul face à votre instrument. Tout n’est que luxe, calme et volupté dans ce paradis artistique boisé qui transformera la démo sans envergure, en une superproduction américaine étincelante de gloss, de guitares épaisses et de grosse caisse infernale! Vous allez désormais pouvoir montrer à la face du monde, que…. Non, non, en fait, oubliez, ça n’existe pas…

Car il est lointain le temps des studios géants de marbre et de velours à Piccadilly Circus, elle est révolue l’époque des séances d’enregistrement résidentielles agrémentées de drogues convenables et de putes opulentes, oublié le temps des artistes qui se rajoutent quelques dates au Japon pour pouvoir payer leur parc d’attractions personnel en cash, sans même faire appel au bonhomme tout vert de Cetelem… le studio n’est plus qu’un mythe, une fable poussiéreuse, une légende d’anciens. Le carrosse étincelant s’est transformé en grossière citrouille blette. Et cette citrouille porte le nom de « home studio ». Ainsi, la fameuse phrase magique « on entre en studio la semaine prochaine »… qui, comme un sésame, stimulait les lèvres moites de n’importe quel vestibule féminin, s’est transformée par la force des choses en « la semaine prochaine, on va enregistrer chez un pote qui a un PC et une carte-son dans sa cave, et pis qui touche pas mal niveau son, franchement »… phrase qui a plutôt pour conséquence d’embouteiller le serveur du site youporn.com et d’aggraver la désastreuse solitude sexuelle des musiciens.

Voici venue l’heure du système D et de la polyvalence obligatoire… Tu es chanteur, guitariste, batteur? Dans ta poursuite de cette saloperie de gloire mutine et fuyante, il devient inévitable de cumuler ton talent artistique présumé avec une véritable ingénierie du son, de l’usage des compresseurs multi-bandes, des simulateurs d’ampli, du pré-mastering en format DDP et du placement correct des overhead…. car l’ingénieur-son digne de ce nom a rejoint le maréchal-ferrant, le crémier et le savetier dans les abysses des métiers d’autrefois, quasi-disparus de la surface de la planète. Faute de business… et je ne parle même pas encore de la sous-culture marginale qui nous concerne…. Ainsi, concrètement, à quoi ressemble une session de studio en 2010? Avant tout, chaque musicien doit prendre le chemin du studio (ou pseudo-studio) en se préparant à subir une détérioration violente de son amour-propre. Un peu comme en sortant de l’eau glacée avec un caleçon transparent face à une brochette de touristes suédoises hilares. Car à l’instar d’un lac de montagne à 18°C, le studio laisse paraître au monde entier vos insuffisances les plus honteuses. Adieu au sentiment de dignité teinté de suffisance à la faveur du local de répétition hebdomadaire bienveillant car saturé de décibels entremêlés : un coup de crash ferraille en pleine gueule, doublé d’un ampli qui fait vomir son 4X12 à bout portant et nous sommes tous d’excellents musiciens…. mais seul, à volume normal, écouté/réécouté avec attention, les métastases se font jour. Les aller-retours rythmiques paraissent brutalement dramatiques et foireux, les tagadac-tagadac présumés se révèlent être de vulgaires TaagDaAcc-Dagad disgracieux. Les mauvais musiciens du groupe, qui jusqu’ici, profitaient de la présomption d’innocence faute de preuves, sont débusqués, dos au mur, face à leur incompétence coupable. Et soudain, au sein du groupe Devil Rollmops, qui respirait jusqu’ici la saine camaraderie et la complicité musicale, cristallisées pas plus tard que la semaine précédente par une sortie collective au Parc Asterix, bras dessus, bras dessous, en t-shirt « Devil Rollmops on tour »… les regards se font biaisés et parfois fuyants, les dialogues dérisoires et évasifs, les chuchotements près de la porte des toilettes se multiplient et l’on prépare sans se l’avouer la solution finale, la rafle du musicien bancal… car désormais, le mal est identifié : c’est Jean-Luc et Jonathan qui ne sont qu’un handicap à la réussite, une muraille insolente entre les Devil Rollmops et la gloire éternelle. On leur avait pourtant bien dit, d’arrêter de fumer leur joints avant les répétitions, on les avait pourtant prévenus que le refrain de « My Teacher is son of a bitch » allait être dur à passer en studio, mais non!!!! Ah, pour installer un nouvel autoradio dans la Clio Williams, là, pas de problème, on trouve le temps… mais pour passer son saut de cordes proprement avant de venir en enregistrement là y a plus personne, Hein????!!!!

Ainsi, je vous le dis, le studio ne fait que concrétiser les plus cruelles désillusions et les rancoeurs internes. Notons, dans le même registre, les crises d’égo déclenchées par les cache-misère de technique et d’équipement : « C’est bizarre, j’ai strictement le même kit de batterie que Nicko Mac Brain, en Premier Elite Custom, avec des baguettes Vic Firth… et pourtant sur l’album, ça sonne pas pareil du tout »…. sachez que pour ma part, j’ai le même vélo qu’Eddy Merckx… et bizarrement j’ai pas encore gagné le Tour de France, mais logiquement, ça devrait pas tarder en théorie…
Parmi les déconvenues de studio qu’il faudra affronter, il convient d’évoquer également, les conflits de groupe nés des interprétations personnelles de l’oeuvre… ainsi, voilà un Enter Sandman de Metallica joué par Jonathan le guitariste au bord de l’éviction de son groupe…. et le voilà flanqué d’un batteur épileptique…. ou par celui qui ne peut pas s’empêcher d’en foutre partout pour impressionner son concurrent local du groupe Vaginal Purulence…. ou encore, par celui qui est simplement à côté de la plaque… ayant pris un peu trop de cours de Bossa Nova dans l’optique de varier son jeu. Les chanteurs ne sont pas en reste : car si, en studio, votre instrument se révèle être votre pire ennemi… lorsque vous êtes vocaliste, le mal se trouve être tapi dans vos propres entrailles!!!! Tel un mélange de méthane et de dioxygène excessif dans votre intestin grêle au lendemain d’une soirée Fajitas, vous allez être contraint de l’expulser face à tous vos proches, en provoquant l’écœurement général. Ainsi, à titre illustratif, voilà un extrait du bonus caché de l’album des Devil Rollmops : un titre acoustique inspiré et composé à la grâce de la performance vocale et des paroles engagées…

Pour conclure plus sérieusement, Bibi, votre serviteur, vient d’achever son quatrième album studio avec Karelia… en 8 années de création effrénée, tantôt symphonique, tantôt électro-indus, mais toujours ardue et compliquée, en opposition permanente aux résistances et aux nullités humaines qui ont toujours eu à cœur d’enrayer ma rigueur de production maladive, et mes exigences de qualité, par simple négligence, par incompétence ou encore par malveillance pure… malgré la passion et le bonheur des accouchements artistiques et des sorties en magasin couronnés de petits succès d’estime que j’ai eu l’honneur de rencontrer ponctuellement, je ne peux m’empêcher de penser, en lançant un bref regard sur l’étagère de mon salon où prennent la poussière mes petites œuvres personnelles, que ces 4 petites galettes et l’addition d’énergie colossale qu’elles représentent, m’ont sans doute coûté 4 à 5 ans d’espérance de vie. Ainsi, en imaginant que mon petit vécu de briscard mitigé puisse présenter un intérêt aux yeux des jeunes générations, voilà un conseil : vous avez prévu un budget sur un livret A commun pour enregistrer en studio? Retirez tout, allez au Zoo, aux putes, au resto gastronomique, partez aux Bahamas en pension complète, achetez un barbecue multifonctions, un plasma 3D, une douche hydro-massante, un épilateur-laser, un abonnement à Picsou, un stock de Jack Daniel’s ou une couette en plumes d’oie! … et attendez patiemment l’invention de la machine à compter sur les autres!



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  • Super comme d’habitude^^ perso je pense que t’a rien gâché sur tes 4 galettes vu que personellement je penche a croire que Karelia déchire^^
    bonne continuation :p

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  • Excellent encore une fois un bon fou rire, ça fait toujours du bien par où ça passe !!!
    Ne reste plus qu’a attendre le prochain, la 4ème galette et de te voir passer en jaune sur ton vélo…. 😉

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  • Alors là Matt, je di bravo, les deux premirs volets étaient d’enfer, mais alors celui-là… j’en ai encore les larmes ax yeux, tellement j’a ri. Merci à toi, à ton humour cinglant mais tellement vrai. A bientôt, Christine.

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  • Léopard Sourd dit :

    Allez !! le troisième n° a encore fait mouche !! bravo Matt !!
    En tous cas, je me délecte de tes paroles et de tes propos !! ce fût le coup de grâce;
    Merci, tu es excellent, et tu as l’art et la manière de faire passer les messages doucement, mais surement ^^
    Bisous bisous, Matt, je serai là, pour le 4ème volet de la saga « My Opinion Sucks » du mois prochain.

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  • Ce mec est vraiment trop fort…

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