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Live Report   

My sinths gone wild


Artistes : Front 242My Own Private Alaska
Salle : La Laiterie – Strasbourg
Date : 16.10.2010
Public : environ 400 personnes

En ce samedi humide et glacial, Strasbourg est l’hôte d’une soirée particulière. Pourquoi ? L’explication est simplissime et tient en cinq lettres et trois chiffres : Front 242. Les Belges électriques, pères de la musique électronique, fondateurs de l’Electro Body Music, font étape dans la cité alsacienne pour un samedi soir fiévreux. Histoire de faire corps avec leurs fans. D’ouvrir leur esprit. De les électriser.

16 octobre 2010, ce soir les étoiles ne brillent pas… c’est plutôt un crachin frigorifique qui accueille les invités de la Laiterie. Avant nos Biomen préférés, nous avons la chance, l’honneur, le plaisir, de constater que le metal, c’est avant tout un esprit… Je dis ça car on s’y perd un peu, dans le monde du metal actuel. Et My Own Private Alaska aura quarante-cinq minutes pour en convaincre la salle.

Mika (My Own Private Alaska)

Une salle médusée par tant de finesse, de brutalité, d’émotion, de rage ou encore de désespoir. MOPA (ça va plus vite comme ça), ce sont trois mecs qui en foutent plein la vue. Pas par leur dégaine. Non, non, non. Trois Toulousains qui envoient le pâté (le cassoulet ?) avec classe, panache, brio, que sais-je encore. La magie – simple – du piano, du chant et de la batterie. Une alchimie incroyable, supervisée par un piano aérien. Les vocalises sont elles aussi impressionnantes de justesse. On est transporté très vite et très loin par la voix du chanteur, douce, grave, éraillée, hurlante. Un peu tout à la fois. Jamais le bordel, mais jamais carré non plus ; la structure laisse à penser que l’improvisation conserve aussi sa part.
Tristan (My Own Private Alaska)

MOPA a pu démontrer l’étendue de son jeune talent avec des morceaux que l’on ne saurait trop vous conseiller, comme « Just Like You And I », « Anchorage », « I Am An Island » (et son final complètement déjanté) ou la reprise de « My Girl » (remise au goût du jour par Lead Belly et popularisée par Nirvana). Sautez sur leur MySpace et profitez-bien d’Amen, leur premier album, produit par Ross Robinson (Korn, Limp Bizkit, Fear Factory, etc).

Setlist MOPA :

Amen
Anchorage
After You
My Girl
Ego Zero
Just Like You And I
I Am An Island

Front 242, l’extase électronique

Voilà, c’est fait. Le public est prêt. Ou pas… Ce soir il y a des gens qui veulent en prendre plein les esgourdes – et c’est tant mieux car MOPA les a bien chauffés – et il y a ceux qui veulent prendre du Front 242 dans la face. Et justement, ceux-là ne le savent pas, mais ils vont en prendre pour leur grade. Front 242 c’est juste trente ans au service de l’électro. Mettons les choses au clair : cela fait plus d’une quinzaine d’années que les Maîtres n’ont rien produit d’original. C’est justement le côté vintage des concerts que le public cherche. 242 ne cherche aucunement à créer. Simplement à donner du plaisir, et bougrement bien. Pas de nouveauté, mais de l’originalité, du beat, du visuel, de l’énergie.

Cette énergie, on la sent monter, alors que commence le concert. « 98 (Shout It Loud) » entame la performance ; le ton est donné. Richard 23, seul en scène pour cette entame, bondit dans tous les sens, comme à son habitude. Il est vite rejoint par Jean Luc De Meyer sur « Tragedy For You ». C’est toujours impressionnant de constater que les titres-phares conservent autant de punch et d’attrait pour le public. Une invitation à danser, bouger tout son corps et son esprit vers cette musique simple, hypnotique et diablement efficace.

Front 242

C’est surtout « Circling Overland » qui marquera la fin de l’échauffement. Nappes de synthé oppressantes, beat lourd et voix apocalyptique de JLDM (oui, les raccourcis, c’est bien). Là on entre dans l’univers martial et minimaliste de 242. S’ensuivent les mythiques « Religion », « Welcome To Paradise »… et l’hymne d’une génération que les moins de vingt ans peuvent difficilement appréhender : « Funkhadafi ». Avec ce sample du Colonel, repris en chœur par le public, « We, who are oppressed, love those who fight against oppression and the oppressors ! ». Les années 80 à l’état brut.

L’esprit 80’s envahit progressivement tout le monde, à grand renfort des synthés et samplers de Patrick Codenys qui, s’il reste silencieux sur son estrade, n’en pense pas moins. On peut finalement penser que ce concert est un best-of comme les autres : on y entend ce qu’on aime, ce qui a composé trois quarts des succès du quatuor électronique. Qu’on ne se méprenne pas : ils y mettent du cœur à l’ouvrage. Proches du public, bondissants (cauchemar des photographes !), usant de postures évocatrices (« Religion » !), de vidéos explicites (« Body To Body »). Même la batterie électronique, bien chétive, remplit son rôle à merveille. Du talent, point.

Front 242

La fin du set s’amorce sur du très lourd. Les morceaux les plus appréciés de la formation sont au rendez-vous : « Take One », « Im Rythmus Bleiben », « Headhunter » (magistral). Nous serons gratifiés d’un bonus imprévu, « Operating Tracks », qui accentue le côté « fin de combat » de cette ambiance qui secoue la salle. Époumonés, trempés de sueur, sourire aux lèvres, les fans demandent plus de 242. Et 242 donne. Ambiance de fin du monde. Synthés qui résonnent tels des cloches d’Apocalypse. « Kampfbereit », morceau de clôture du premier album (Geography, si ça vous tente), met tout le monde d’accord avec son rythme lancinant et poétique. Agrémenté d’une résurgence kraftwerkiste, un passage par Radioactivity transporte littéralement le public, finalement peu nombreux mais bel et bien cinquième membre du groupe.

Une soirée chaude, intime, chargée d’émotion en Alsace. Si le choix de la première partie avait de quoi dérouter, il devient maintenant évident. A leur façon, My Own Private Alaska et Front 242 ne sont pas des musiciens. Ce sont des architectes du son, des Artistes. Deux visions de la musique, deux façons d’exprimer l’émotion. Pour une fois que le temps ne détruit pas tout, laissons-le nous transporter loin grâce à ces artistes qui auront captivé – et sérieusement secoué – la Laiterie en ce samedi d’automne.

Setlist Front 242 :

98 (Shout It Loud)
Tragedy For You
Together
Moldavia
Circling Overland
Religion
Welcome To Paradise
Funkhadafi
Commando Remix
Triple X Girlfriend
Quite Unusual
Body To Body
No Shuffle
Take One
Im Rythmus Bleiben
Headhunter
Operating Tracks

Rappel : Kampfbereit

Radio Metal remercie chaleureusement La Laiterie et Anne-Sophie.



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