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Chronique   

Myles Kennedy – The Ides Of March


Myles Kennedy est réellement omniprésent. Que ce soit avec les poids lourds d’Alter Bridge, Slash And The Conspirators ou même son travail passé avec The Mayfield Four. Surtout, Myles Kennedy a miraculeusement trouvé le temps de lancer sa propre carrière solo en 2018 avec Year Of The Tiger. Un succès qui a entériné le talent de l’artiste et sa polyvalence en présentant une culture musicale diverse. Year Of The Tiger se détachait sensiblement des projets plus heavy de Myles, une sorte d’album concept autour du décès de son père durant son enfance, qui employait à raison un vocabulaire folk et blues. The Ides Of March (référence au Jules César de Shakespeare et à sa réplique célèbre « Beware the Ides of March ») est un tout autre animal. Il veut étancher la soif de Myles Kennedy pour la guitare lead, un domaine dans lequel il ne peut pas toujours pleinement s’exprimer avec ses autres formations. C’est aussi l’occasion de rendre hommage au « geek » de la musique qu’il prétend être en mangeant à tous les râteliers. The Ides Of March est une sorte de kaléidoscope du rock, l’hétéroclite en moins.

Myles Kennedy a effectué quatre mois de démos pratiquement seul avant d’organiser une session avec sa section rythmique, composée du batteur Zia Uddin et du bassiste Tim Tournier, réunis à Orlando avec le producteur Michael « Elvis » Baskette. Les premières secondes de « Get Along » soulignent l’importance cruciale de la guitare travaillée sous toutes ses facettes : riffing hard par excellence, articulations folk et refrains rock FM. Myles s’offre des friandises sous forme de soli courts et d’une multitude de petits arrangements leads. « Get Along » joue le rôle de démonstration de force, un argument de poids en faveur du niveau guitaristique du chanteur. « A Thousand Words » accentue l’approche résolument mélodique de Myles avec à nouveau cet hybride entre mélodies acoustiques et accents rock prononcés. On comprend aisément ce que Myles entend par la libération artistique que lui permet The Ides Of March : il nous rappelle ainsi qu’être chanteur n’était pas sa vocation première. « In Stride » met quant à lui en avant des inspirations blues-country explicites avec le bottleneck en guise de star. Une approche plus « roots » qui se distance de ses prédécesseurs et de leur affect pour les ondes. La voix de Myles parvient toujours à s’attirer la couverture : si le cliché du chanteur rock aux phrasés extravertis existe, Myles l’incarne.

La conjugaison d’un rock FM et d’un blues survitaminé ne suffit pas pour autant à faire de The Ides Of March la présentation éclectique du rock que Myles désire. Une lacune que le titre éponyme de l’album comble, allant jusqu’à incorporer des phrasés de guitare classique et des rythmes à consonances latines. Une pièce maîtresse complexe et mélancolique dont la mélodie principale serait apparue en rêve à l’artiste. Une progression constante qui devient à nouveau prétexte à des solos, d’abord langoureux puis explosifs. Comme si Myles cherchait quelque part à atténuer la frustration de devoir reléguer son premier amour au second plan dans ses autres projets. The Ides Of March prend alors l’allure d’une réunion entre ces deux amants. Personne ne doutait de la capacité de Myles Kennedy à se transformer en crooner folk via « Wanderlust Begins » qui se paie le luxe d’intégrer quelques arrangements de voix soul féminines et fait le lien avec Year Of The Tiger. « Worried Mind » oscille entre le blues crade et le rock enfumé et vient clore l’album d’une manière fort symbolique : la guitare hurle et la voix de Myles la soutient. De quoi gagner le droit d’entrouvrir sa chemise.

Myles Kennedy a effectivement « musclé son jeu » depuis Year Of The Tiger à la thématique plus sombre. The Ides Of March est la réalisation sans faille d’un dessein limpide annoncé par l’artiste : balayer son amour du rock et de ses ramifications, une occasion rêvée de redevenir guitariste avant d’être chanteur. Si l’album se démarque par cette recherche constante de l’arrangement parfait et de ce savoir-faire mélodique imparable, il ne sacrifie aucune facette de Myles Kennedy. Il les place sur un pied d’égalité, les deux s’entretenant mutuellement. Les clichés ont parfois du bon.

Clip vidéo de la chanson « Get Along » :

Clip vidéo de la chanson « The Ides Of March » :

Clip vidéo de la chanson « In Stride » :

Album The Ides Of March, sortie le 14 mai 2021 via Napalm Records. Disponible à l’achat ici



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