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Chronique   

Nachtmystium – The World We Left Behind


Nachtmystium ne pouvait pas être plus clair. Ce nouvel album est bel et bien son dernier, son testament. Son ultime chapitre qui se clôt ainsi, avec ce The World We Left Behind, qui près de quatorze ans après Holocaust Of Eternity, première démo de Blake Judd et de sa bande, marque le point final de l’aventure. Si la vie interne du combo et la toxicomanie de Judd sont ce qui a conduit le groupe a être démantelé pièce par pièce, Nachtmystium n’a que rarement déçu ses fans par ses œuvres de qualités, dont la dernière en date, Silencing Machine sorti en 2012. Puis vient ce nouvel opus, écrit, produit et joué (guitares, synthé et chant) par Blake Judd lui-même, alors que la basse est ici tenue par John Porada et la batterie par Sam Shroyer. Quatre semaines à l’été 2013 auront permis au chanteur et multi-instrumentiste de pondre en musique le dernier souffle de Nachtmystium. Et le moins que l’on puisse dire c’est que du cœur a été mis dans cet ouvrage.

Tout débute sur « Intrusion », introduction instrumentale de deux minutes qui pose une mélodie ravageuse dans un premier temps avant de déboucher sur un riff béton au groove certain et indéniablement efficace. Nachtymsium ne compte pas léser ses fans sur la marchandise. Après un an de maturation, The World We Left Behind est plutôt soigné (une production très claire mais légèrement « sèche », accentuant le côté incisif de l’opus), paré d’hymnes aux mélodies poignantes : « In The Absence Of Existence », « The World We Left Behind » et surtout le somptueux final d’inspiration Pink Floydienne « Epitaph For A Dying Star », ses vocalises soul et son lead de fin qui prend aux tripes. Tantôt surprenant par ses choix comme sur « Fireheart », titre très heavy dans son fond mais ouvrant sur un rythme plutôt « dansant » et jonché de passages plus atmosphériques, tantôt plus traditionnel avec « Voyager », Nachtmystium s’impose, à l’aise comme jamais avec sa propre musique. L’album avance sans temps morts à travers cet univers black metal insolite et quelque peu psychédélique, à l’image de « Into The Endless Abyss » qui fonce droit devant, épique et jalonné de discrets arrangements synthétiques space rock. Nachtmystium vire même presque électro à mi parcours de « Tear You Down ». Et là où un titre commencerait à traîner en longueur surgit un solo aux envolées lyriques et fichtrement mélodieuse (« The World We Left Behind »). Là où une certaine routine semblait s’installer déboule un « On The Other Side » rock n’ roll sombre qui a tout pour être un des tubes (si ce n’est le tube) de cet album.

The World We Left Behind est une oeuvre paradoxalement, contenu du contexte, enthousiasmante. Si Judd, à travers les paroles de cet opus, ne cesse de rappeler à l’auditeur que c’est la fin de l’aventure, la musique se veut, elle, moins angoissante, plus lumineuse, plus aérienne mais toutefois emprunte de mélancolie. Un choix artistique qui fout un coup au capital nostalgique déjà intense de cette galette. A la lumière de ses problèmes Nachtmystium ne pouvait plus vivre, mais c’est la tête haute que Blake Judd quitte le navire. A la manière de funérailles pagan, Nachtmystium brûle et s’envole vers d’autres cieux. Nachtmystium repose en paix et son leader rend ainsi un ultime et vibrant hommage à son propre enfant.

Ecouter le titre « Voyager » :

Album The World We Left Behind, sortie le 5 août 2014 chez Century Media Records.



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