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Nouvelles Du Front   

N’allez pas tout dépenser d’un coup…


« Ça me désolerait d’être un jeune groupe aujourd’hui. Je ne sais pas comment on peut gagner de l’argent en vendant des disques. C’est quasiment impossible. Je dis donc aux jeunes groupes que si j’étais eux, je ferais en sorte d’être les meilleurs sur scène dans leur pays. C’est ce que vous devez viser car, ça, ils ne pourront pas vous l’enlever. Par contre, pour les enregistrements, je ne vois pas comment qui que ce soit peut se faire de l’argent. » Alice Cooper, en interview avec le Cherokee Tribune, le 14 décembre 2011.

Venant de Vincent Furnier, alias Alice Cooper, 63 ans, dont les deux tiers dans le circuit musical, et malgré l’immense respect que nous avons pour lui, ça fait presque radotage de vieux bourlingueur nostalgique. Mais, en fait, venant de n’importe qui ça peut avoir l’air d’un vieux refrain rabâché toutes les deux semaines. Il ne se passe pas quinze jours sans qu’un artiste ait son mot à dire sur la question de l’industrie du disque que de plus en plus d’artistes traînent comme un poids mort qui les tire vers le fond. Ce problème omniprésent fait peu à peu tellement partie du paysage, semble si évident à chacun que, parfois, on n’y fait à peine attention. Et comme souvent une bonne image-choc en dit plus qu’un long discours, vous pouvez contempler ci-contre le dernier chèque de royalties de Matt Heafy, frontman de Trivium.

Le musicien a publié ce cliché via son compte Twitter accompagné du message suivant : « Cher état de l’industrie musicale, tous mes remerciements pour cet énorme chèque de royalties. » Un chèque, comme vous pouvez aisément le constater, d’un montant colossal de 1,31$. Qu’importe que Trivium ait vendu cent ou cent mille exemplaires d’In Waves, son dernier opus en date, ce chèque ressemble quand même à une mauvaise blague. Il n’empêche que, nous, ce qui nous fait le plus rire sur cette image, c’est la mention, tout en bas du chèque : « Une signature est requise pour tout montant de plus de 10000$ » ; on imagine combien ça doit arriver souvent…

Dans les années 60, Serge Gainsbourg parlait de « marchands de sucettes » en parlant de l’industrie musicale ; aujourd’hui, cette dernière ne file plus à ses artistes que l’argent de poche pour d’autres friandises. Malheureusement, à ce tarif-là, tu n’achètes même pas deux chansons sur iTunes. Et encore, ce n’est même pas une très bonne alternative. Aujourd’hui, nous apprenons aussi que le guitariste Peter Frampton poursuit la maison de disque A&M Records, filiale du groupe Universal, et réclame des dommages et intérêts pour royalties impayées sur ses ventes au format digital, rupture de contrat et concurrence déloyale ; le litige prenant source avant tout dans la manière particulière dont sont calculées les royalties sur les musiques vendues en téléchargement. Frampton soupçonne la maison de disque de « tentatives délibérées de le priver de parts de ses royalties ».

Et pourtant, Peter Frampton n’est pas un de ces « jeunes groupes » dont parlait Alice Cooper, loin de là. Parler de « sortir de la tourmente grâce au numérique », comme l’affirme Pascal Nègre, PDG d’Universal Music France, n’est pas là pour décrire des lendemains qui chantent pour les musiciens. La solution d’avenir n’est pas là mais plus dans les mots d’Alice Cooper : contentez-vous d’être les meilleurs dans ce que vous savez faire de mieux : la musique, la scène ; c’est comme ça que la musique a commencé. Ne vous attendez pas à ce que ce soit les « grands esprits » du music-business qui révolutionnent le système ; ils ne sont qu’une parenthèse dans l’histoire de la musique.

Animalement vôtre.



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  • non mais y’a qd même un truc qui cloche là.
    le système de rémunération des musicos au states est peut être ultra pourri, mais alors je me demande comment peuvent faire fortune toutes ces stars qui vendent des millions d’albums (tout en n’étant qu’interprètes bien souvent).
    parce que Trivium c’est pas un obscur groupe de satanic brutal black metal originaire d’un village mormon en Utah; ils vendent qd même un bonne pelle de rondelles.

    peut être que M heafy, avec ses super lunettes trop stylées, n’a pas bien lu ce pourquoi il a touché ces 1 dollars et des poussières.

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  • Si l’industrie du disque est en crise, comment se fait-il qu’on revienne au vinyle ? Qui se taille une belle part dans les rayons Virgin et Fnac (pour citer ces grandes enseignes).

    Si la musique ne se vend plus, pourquoi depuis plusieurs années on a droit à une édition simple, et une édition deluxe ? Ça coûte d’éditer 2 éditions d’un album, même si ça doit compenser au niveau de la quantité à produire.

    Depuis le temps que le compact disc s’est démocratisé, un nouvel album est toujours dans la même tranche de prix. Aussi bien qu’à l’époque du franc, que de nos jours avec l’euro.
    L’industrie n’a fait aucun effort à ce niveau.

    J’ai arrêté d’acheter les nouveautés de certains artistes dès la sortie, un an après et parfois moins d’un an, certaines enseignes font des promos (4CD pour 20€ ou 7€ à l’unité). Moi aussi je veux faire des affaires, acheter sans (trop) me ruiner pour ma passion.

    Puis il faut reconnaître qu’il n’y a pas de relève. Ou certains ont été porteurs d’espoirs sur 1 ou 2 albums pour ensuite s’écrouler.
    Si les poids lourds se lançaient à la recherche de jeunes loups aux dents longues, la scène musical pourrait se régénérer. Parce que c’est pas le music-business qui va s’en charger.

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  • Complètement d’accord avec MyW.
    Et puis il y a tellement d’artistes qui se sont sortit les doigts du cul, et qui ont trouvé des solutions alternatives plus que viables, mais ça fait mauvaise pub de parler d’eux bien sûr. Et ça ferait perdre toute crédibilité à ce genre d’articles, donc personne ne le fait. Ce serait comme crier haut et fort qu’internet tue le cinéma, sortir des lois, et annoncer à la fin de l’année qu’on a battu un record d’entrée en salle vieu de plus de 45 ans ! Oh wait, c’est arrivé cette année.

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  • On le sait et on l’a toujours su, c’est la scène qui fait vivre les artistes ! Les albums font vivre les maisons de disque et permettent aux artistes de se faire connaitre du public (pour avoir du monde à leurs concerts). Le piratage et/ou le digital n’ont jamais tué la musique, au contraire, par contre, Universal fait la gueule oui, ça, c’est clair !

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  • C’est quand même désolant…

    P.S.: « Qu’importe que Trivium -AIT- vendu cent ou cent mille exemplaires d’In Waves »

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    Merci pour la correction. 😉

    screamingformetal

    C’est COLOSSAL!!!

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