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Chronique   

Nanowar Of Steel – Italian Folk Metal


Composer et jouer de la musique sérieusement nécessite un investissement où la discipline est de mise, du petit groupe amateur au grand professionnel. Dans les deux cas, on peut être amené à décompresser en réalisant « n’importe quoi » et en s’amusant des clichés musicaux le temps d’un instant. Nanowar Of Steel ne s’occupe pas de choses sérieuses. Il est resté bloqué à cet instant de la répétition où la fatigue a pris le pas, reléguant la réflexion et l’application au placard. Tournant en dérision toute forme de musique jusqu’à se moquer effrontément de certaines « pointures », Nanowar Of Steel se laisse aller au gré de ses envies, aussi loufoques soient-elles. Italian Folk Metal est la dernière en date : Nanowar Of Steel s’est mis en tête d’associer « musique folk italienne » et heavy metal avec toute la dextérité, le talent d’écriture et l’idiotie qu’on lui connaît. La botte comme vous ne l’avez jamais connue.

Comme évoqué précédemment dans un communiqué parodique rédigé par le groupe, Nanowar Of Steel a pour intention de se produire à Sanremo (festival de chansons italien très populaire) et de remporter l’Eurovision… De quoi légitimer ce présumé hommage vibrant à la musique traditionnelle italienne pris au sens immensément large. Les chœurs de « Requiem Per Gigi Sabani In Re Minore » sont un premier indice de l’ingéniosité déployée par Nanowar pour évoquer grossièrement les ficelles de ce qu’il entend par musique traditionnelle italienne. De quoi atterrir brusquement sur ce mélange de guitares testostéronées et de ritournelles de violons sur « L’Assedio Di Porto Cervo » qui accueille la participation de Francesco Paoli de Fleshgod Apocalypse. Le titre est aussi déluré que brutal et Nanowar surjoue ses envolées lyriques, quitte à faire passer Rhapsody Of Fire pour une formation de free-jazz minimaliste. Justement, « La Mazurka Del Vecchio Che Guarda I Cantieri » permet à Alessandro Conti de Luca Turilli’s Rhapsody de s’illustrer. Nanowar reprend l’accordéon endiablé cher à la mazurka : comme prévu, Nanowar ratisse vraiment large en ce qui concerne le prétendu folklore italien… Au moins jusqu’à la Pologne.

Nanowar Of Steel profite évidemment de ce chant en italien et de ces titres à rallonge propices à la dérision. Le power-metal de « La Maledizione Di Capitan Findus » fait écho à son jumeau allemand « Der Fluch Des Kapt’n Iglo » et se permet de marcher sur les plates-bandes d’Alestorm sans nécessairement démériter. Nanowar s’amuse avec les poncifs du langage, mettant en exergue la sévérité de la phonétique allemande ou en accentuant l’exubérance des phrasés espagnols avec la valse affligeante de « El Bale De Viejo Que Mira Las Obras ». « Folk » est synonyme d’instruments traditionnels utilisés avec le moins de subtilité possible pour Nanowar. Outre les prouesses d’accordéon disséminées tout au long de l’opus, on trouve des pseudo-cornemuses qui viennent souiller les codes du punk festif de Dropkick Murphys le temps d’un « Il Signore Degli Anelli Dello Stadio » inarrêtable. De quoi réutiliser toute l’élégance des hymnes de stade aux constructions soignées et aux progressions harmoniques louables… « Scugnizzi Of The Land Of Fires » s’amuse quant à lui des coutumes de la variété italienne et de ses atours langoureux. De quoi s’adonner à une gymnastique de six-cordes alléchante. Car quoi qu’on en dise, Nanowar Of Steel ne laisse jamais la technique de côté et fait preuve d’une maîtrise instrumentale certaine. Même lors de la power-ballade « Rosario » qui – pas besoin d’en douter – rend la sémantique du terme « cliché » insuffisante en alternant solos permanentés et progressions de piano de gare.

Nanowar Of Steel vit dans son propre monde. Celui où la « musique folk italienne » est partout. Le groupe s’en sert de prétexte pour reprendre des poncifs et les accentuer sans limites en abusant d’instruments dits « traditionnels ». Il se donne les moyens de sa bêtise via sa technique et une production soignée : l’éloquence nécessaire aux meilleures vannes. Italian Folk Metal se parcourt avec amusement et sied parfaitement à toute ambiance festive houblonnée, celle où la musique n’est jamais une fin mais un moyen. L’art des frasques à l’italienne.

Clip vidéo de la chanson « Gabonzo Robot » :

Album Italian Folk Metal, sortie le 2 juillet 2021 via Napalm Records. Disponible à l’achat ici



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