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Metalanalyse   

Neal Morse bat le fer tant qu’il est chaud


« Le seul moment où il était possible pour Mike Portnoy d’enregistrer était à la fin du mois de janvier 2012. Mais il y avait un problème : il n’y avait qu’une seule chanson et des bouts de morceaux écrits ici et là. » raconte Neal Morse dans la biographie promotionnelle évoquant la genèse de son nouvel album solo Momentum, sortant le 11 septembre prochain. Le multi-instrumentiste avoue qu’il espérait que l’inspiration lui viendrait avant l’arrivée en studio, deux semaines plus tard, du batteur, puis du bassiste Randy George. « Puis, une explosion de créativité est survenue, dépassant de loin nos attentes ».

Une amitié ne s’explique pas par des arguments logiques tel qu’une somme de points communs par exemple, mais il est difficile de ne pas faire le lien entre la complicité entre Mike Portnoy et Neal Morse et leur commune frénésie créative. Tous deux enchaînent les albums et semblent également les écrire très vite. Et ce même quand il s’agit de massifs albums de rock progressif tels que le récent Testimony 2. Les deux musiciens, à plus forte raison lorsqu’ils travaillent ensemble, écrivent spontanément, immortalisant l’inspiration du moment. Tous deux ayant chacun travaillé pendant des années au sein de formations de prog (Dream Theater pour Portnoy et Spock’s Beard puis ses projets solo pour Neal Morse) ont donc logiquement une facilité d’écriture dans ces registres-là leur permettant de construire rapidement des œuvres complexes. Et ce d’autant plus si l’on ajoute la logique synergie et les automatismes qui se créent à force de travailler ensemble.

Neal Morse entretient dans ses disques solo une dynamique de continuité artistique. « You’ve got some new momentum, you better keep going. » (« Tu as une nouvelle dynamique, tu ferais mieux de continuer à avancer ») dit le refrain du morceau éponyme de l’album, phrase symbolique de l’état d’esprit de Neal Morse souhaitant battre le fer tant qu’il est chaud et continuer sur sa lancée artistique.

Fort de son expérience lui permettant de répondre à cette urgence de planning, mais aussi fort de ce désir affirmé quant à l’orientation de sa trajectoire musicale, Neal Morse écrit instinctivement navigue en terrain connu. Vous reconnaîtrez par conséquent tous les codes de son rock progressif teinté de pop, ses mélodies, sa manière d’orchestrer ses titres épiques, son travail sur les harmonies vocales influencé par les Beatles mais aussi par Queen (« Thoughts Part.5 »), ses sonorités de claviers et globalement cette atmosphère grandiloquente et lumineuse, presque divine, pleine d’espoir que l’on connaît à Neal Morse. Depuis que l’homme a quitté Spock’s Beard pour se consacrer à sa foi religieuse, il traite et essaie de retranscrire en musique l’espoir que cette foi lui a apporté. L’album est diversifié, de l’excentrique « Thoughts Part 5 » (dont le pont est particulièrement intense et technique) au mastodonte de 33 minutes « World Without End » avec, entre, l’acoustique « Smoke And Mirrors » et le titre pop « Freak » où la voix de Neal Morse n’est accompagnée que d’une discrète batterie et de cordes. On notera sur le disque la présence de quelques guests dont un Paul Gilbert avec qui Morse a également travaillé sur Yellow Matter Custard, projet de reprises des Beatles. La manière dont le jeu de batterie de Mike Portnoy s’accorde avec les compos de Neal Morse et contribue à rendre l’ensemble reconnaissable, voire prévisible pour qui connaît bien ne serait-ce que ce qu’ils ont fait ensemble avec Transatlantic.

Momentum est l’expression d’un artiste s’exprimant, volontairement, mais peut-être aussi un peu par contrainte, dans son registre de prédilection, quitte à produire une œuvre parfois téléphonée.

Momentum, sortie le 11 septembre 2012 via Century Media Records



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