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Live Report   

Neal Morse poursuit son évangélisation


11 avril 2019. Le Neal Morse Band pose ses valises pour la première fois à Lyon, dans la petite salle du CCO, finalement tout à fait adaptée à un grand moment de communion comme sait le faire Neal Morse. Et le public répond présent à l’événement, impatient de voir ces historiques du prog’ déballer leurs mélodies épiques. Bien que l’orientation prise par Neal Morse depuis son départ de Spock’s Beard ait beaucoup divisé, voire rebuté nombre de ses fans, exaspérés par son discours religieux, l’invitation était en effet trop belle pour faire l’impasse.

C’est donc un CCO comble qui accueille le quintet US pour deux heures trente de show dirigé de main de maître par un Neal Morse survolté. La setlist est simple mais efficace : l’intégralité du dernier album, The Great Adventure, suivi d’un medley retraçant la carrière de Neal Morse en solo (exit donc la période Spock’s Beard).

Artiste : Neal Morse Band
Date : 11 avril 2019
Salle : CCO
Ville : Lyon [69]

Pas de première partie, le show débute avec Bill Hubauer aux claviers et Neal Morse, capuche sur la tête, pour entonner les premières lignes de l’album, tel un prophète débarquant dans un territoire à conquérir. Suivent Eric Gillette à la guitare, Randy Georges à la basse et l’inévitable compagnon de jeu Mike Portnoy derrière les fûts. L’« overture » annonce la couleur : on va en prendre plein les yeux et les oreilles ce soir. Le groupe est superbement en place, et dégage, comme toujours quand on parle de Neal Morse, une énergie et un plaisir à chaque instant. Si Georges, Hubauer et Gillette restent un peu sur la réserve, les deux monstres que sont Neal et Mike sont là pour s’éclater et s’amuser ce soir. Mike passe son temps une baguette entre les dents à faire des grimaces, et Neal saute de partout, comme d’habitude.

Randy Georges se pose comme un totem sur le côté de la scène avec son air sombre, mais n’est pas le dernier à se joindre à la grande déconnade de ses deux collègues, notamment en se faisant courir après par un Neal Morse haut en couleur sur « Vanity Fair ». Eric Gillette enchaîne ses solos et ses parties de chant avec une maîtrise impressionnante, et l’on ne peut s’empêcher de penser à un John Petrucci (époque cheveux courts évidemment) dans sa façon d’être. Les échanges guitaristiques avec Neal Morse sont également une belle force de ce groupe, Eric ayant un son et un jeu plus froids et cliniques, Neal plus chaud et rond. Deux approches très complémentaires qui rajoutent déjà à la grande richesse des compositions qui s’égrainent devant nous.

Bill Hubauer n’est pas en reste non plus, très en place avec ses claviers, et avec son chant si caractéristique. Irritant pour certains, mais qui donne plus de volume aux harmonies vocales si chères à Neal Morse. Car rappelons-le, tout le monde passe derrière le micro, même si Randy Georges ne s’y éternise pas. Bref, tout le monde est à fond, et, même si l’on peut regretter de ne pas bien entendre la grosse caisse de Portnoy (du moins de là où votre serviteur se trouvait), le son est très clair et puissant, sans pour autant être assourdissant. Dans l’assistance, un seul mot d’ordre : le sourire.

On prend un plaisir fou à voir ces cinq lascars enfiler les riffs et les mélodies imparables, avec une maestria certaine. Car là est bien le propos : les compositions de ce dernier album passent impeccablement l’épreuve du live, et force est de constater, comme à chaque fois, que ce vieux Neal est toujours très fort pour composer des hymnes alliant une technicité certaine et une mélodie qui ne ressort plus de la tête. C’est toujours la même recette, mais c’est diablement efficace.

Paradoxalement, même si le groupe est très expressif en jouant, et entraîne le public dans le plaisir qui se dégage, les interactions sont finalement assez limitées. Deux ou trois interruptions, pour dire quelques mots, et surtout constater que c’est leur première fois à Lyon (ce qui est en partie faux puisque Neal et Mike étaient déjà passés au Transbordeur avec Transatlantic pour le Whirlwind Tour). Le concert passe à une vitesse folle, et déjà The Great Adventure touche à sa fin en apothéose, sur un « A Love That Never Dies » qui donne des frissons. Un retour sur scène sous les vivats, et le groupe enchaîne un medley évoquant tour à tour chaque album de Neal Morse depuis Testimony jusqu’à Similitude Of A dream.

Le tout se termine sur les dernières paroles de Similitude Of A Dream, sensiblement les mêmes que celles d’ouverture de The Great Adventure. La boucle est bouclée, le groupe peut désormais se retirer, éreinté pour avoir tout donné à des fans qui sortent forcément ravis. Espérons pouvoir faire confiance à Mike Portnoy : « Ladies and gentlemen, last but not least, for the first time in Lyon, and not the last time : Mister Neal Morse! »

See you soon Neal, Lyon t’attend pour la suite.

Setlist :

Overture: The Great Adventure
The Dream Isn’t Over
Welcome To The World
A Momentary Change
Dark Melody
I Got To Run
To The River
The Great Adventure
Venture In Black
Hey Ho Let’s Go
Beyond The Borders
Act 2
Overture 2
Long Ago
The Dream Continues
Fighting With Destiny
Vanity Fair
Welcome To The World 2
The Element Of Fear
Child Of Wonder
The Great Despair
Freedom Calling
A Love That Never Dies
Encore Medley
The Land Of Beginning Again
Reunion
The Temple Of The Living God
The Conflict
Leviathan
It’s For You
Momentum
The Call
Broken Sky / Long Day (Reprise)



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